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EAN : 9782757856451
624 pages
Points (12/05/2016)
4.33/5   380 notes
Résumé :
Traduit de l'anglais par Odile Demange

"Quand j'ai repris mes esprits, je me trouvais chez cet homme, dans la chambre à coucher. Debout dans un coin de la pièce, je serrais étroitement contre moi le tchador blanc dont on m'avait affublée avant de me conduire dans cette maison.


J'essayais de ne faire aucun bruit, espérant qu'il ne remarquerait pas ma présence. Dans ce silence absolu, les larmes coulaient jusque sur ma poitrine. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
4,33

sur 380 notes
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Roggy
  25 janvier 2022
Qu'est-ce qui les fait tenir debout ?
Quelle est cette force et ce courage qui les poussent à dépasser toutes les entraves, toutes les adversités, à ne jamais courber totalement l'échine et à ne pas renoncer à lutter pour protéger ce qu'elles ont de plus cher ?
Le voile de Téhéran est l'histoire des sans-voix, des fantômes à voiles, de toutes les femmes contraintes à vivre une vie qu'elles n'ont pas choisi, à dormir à côté d'un homme qu'elles n'aiment pas, à enterrer leurs rêves et leur soif d'apprendre au nom de la religion, assujetties à la volonté des hommes, au nom du pouvoir patriarcal où la notion d'honneur et de réputation priment sur la notion de liberté.
Parinoush Saniee livre dans ce roman autobiographique un portrait effarant d'une société en proie au poids de la tradition.
C'est aussi l'histoire d'une culture et d'une mentalité tellement enracinées qu'il faudra plusieurs générations pour que toute trace soit effacée, lavée, remplacée.
Ce roman poignant et interdit pendant longtemps en Iran remplit parfaitement le dessein de faire connaître au monde la condition des femmes dans certains pays.
L'auteure parvient à entremêler avec beaucoup de talent les thèmes, les sensations et les sentiments.
La force de cet écrit est de nous emporter dans son récit personnel tout en réussissant à tout moment à dénoncer une réalité encore bien présente !
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isabelleisapure
  20 septembre 2015
« Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d'autres »
Massoumeh rêvait de poursuivre ses études, mais une simple rumeur due à quelques mots échangés avec un homme, a poussé ses parents à arranger un mariage rapide, pour sauver sa « réputation ».
Hamid, le mari qui lui est imposé est un homme cultivé qui n'a pas plus envie qu'elle de se marier. Massoumeh commence alors une étrange existence ; son mari dont elle ne sait quasiment rien la pousse à continuer ses études et fait lui-même partie d'un groupe de rebelles, des activistes contre le Shah qui mènent de dangereuses actions.
A la chute du Shah c'est l'intégrisme religieux, la guerre civile n'est pas loin car, nous dit l'auteur, les Iraniens n'avaient pas appris à faire usage de la liberté. Puis vient la guerre contre l'Irak.
Ce livre est passionnant de bout en bout. A travers l'histoire de Massoumeh, l'auteur nous propose de suivre les soubresauts de l'histoire Iranienne durant trente-cinq ans.
Beau portrait de femme qui se bat pour la liberté d'esprit car, dit-elle, « l'idéologie pure est un piège, elle engendre des préjugés, des a priori, elle fait obstacle à la réflexion et aux opinions personnelles, et surtout elle transforme les gens en fanatiques incapables de faire la part des choses ».



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indira95
  16 juin 2016
Massoumeh ne rêve que d'une chose : étudier et à l'égal des hommes, avoir une vraie carrière, devenir quelqu'un d'important, d'admiré. Après tout, quoi de mal dans tout ça ? le seul hic et pas des moindres, est qu'être une jeune femme en Iran dans les années 60, avant même l'avènement des mollahs, pose problème : une femme quitte son père et ses frères pour rejoindre le giron d'un époux, lui pondre 3 / 4 marmots dans la foulée, être obéissante, aimante, dire amen à tout avec le sourire cela va de soi, voir grandir ses enfants et finir vieille, épuisée avant l'heure. Sacré destin !
Mais Massoumeh, en dépit de toutes ces barrières, est une personne brillante, passionnée et bien qu'obéissante envers sa famille, n'en désire pas moins poursuivre ses rêves. le sort en décidera autrement pour elle et là voilà à 17 ans mariée à un homme qu'elle n'a jamais vu. La messe est dite. Mais voyons le bon côté des choses : un mari, même inconnu, ne vaut-il pas mieux qu'une famille faussement pieuse et intolérante, des frères jaloux et violents et une mère dévouée à l'asservissement de la femme. Entre la peste et le choléra comme on dit…Dans son malheur, notre petite veinarde tombera sur un époux, Hamid, aux idées modernes quant à la place de l'homme et de la femme : si elle souhaite poursuivre ses études, grand bien lui fasse, au contraire ! Activiste communiste entièrement dévoué à sa cause, à savoir faire tomber le Shah d'Iran et mette en place une démocratie communiste, égalitaire et laïque, Hamid voit dans ce mariage une contrainte à laquelle il n'a pu se dérober, mais qui lui met une sacrée épine dans le pied. Comment fonder une famille quand on met sa vie en danger quotidiennement de par son statut d'opposant politique jugé élément subversif ? de Massoumeh il n'en veut pas et mise à part quelques coïts par ci par là, on ne peut pas vraiment affirmer qu'ils forment un couple modèle. Massoumeh grandit, élève 3 enfants quasi seule, s'en occupe avec dévotion et amour, poursuit courageusement ses études, bref une vraie wonderwoman iranienne. Mais que d'épreuves !
Parinoush Saniee nous offre un superbe portrait de femme, une vraie saga familiale sur plus de 40 ans. 600 pages d'un destin fabuleux, celui d'une femme courage, épouse dévouée, mère digne, aux prises avec le poids de l'histoire qui a tant bouleversé l'Iran. Impossible de lâcher ce roman qui conjugue le souffle du romanesque avec l'Histoire et nous fait découvrir un pays dont on sait peu de choses au final. L'amour que voue Parinoush Saniee à son pays aimé saute aux yeux à chaque page c'est très émouvant. Un pays si riche culturellement, si fier, dévoyé par la bêtise des hommes.
Le voile de Téhéran ou un livre à mettre entre les mains de toutes les femmes, les jeunes comme les moins jeunes, d'autant plus important au regard des tristes événements de ces derniers mois et de la dégradation du statut de la femme ces dernières années. Et oui j'assume ces paroles.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Aujardinsuspendu
  28 février 2015
Une saga familiale qui m'a totalement envoûtée. Pendant trois jours ce livre m'a accompagné du matin au soir. Dès que je sortais le nez de ce livre je n'avais qu'une hâte c'était de m'y replonger. Plus qu'un beau roman ce livre est une vraie pépite!
Dès le premier chapitre mon attention a été d'emblée captée par ce qu'il arrive à la jolie Massoum âgée de 16 ans à peine. Alors qu'elle n'échange que quelques regards innocents avec le jeune garçon qui travaille à la pharmacie, son frère découvre qu'il se trame quelque chose entre eux. Pour lui sa soeur a déshonorée la famille et doit payer pour cela. Elle est battue presque à mort. Toute sa famille lui tourne le dos même son père qui est pourtant le meilleur d'entre tous. Voici un passage qui m'a particulièrement marquée:
"Que Dieu me fasse la grâce de te voir à la morgue, sur la table d'autopsie. Quelle honte! Quel déshonneur! Qu'est-ce que je vais dire à ton père et à tes frères?"
Un livre qui est le témoignage brûlant de ce qu 'est la condition des femmes en Iran. Pas toutes, mais de beaucoup oui. Dans la famille de Massoum on tient aux traditions. La femme a donc un piètre avenir qui s'offre à elle. Quand ces jeunes filles sont mariées de force elles n'ont qu'à prier pour tomber sur un homme bon qui ne les battront pas. Autant oublier de suite l'école et le travail intellectuel. C'est ce qui qu'arrive à Massoum qui a pour seul rêve de pouvoir continuer à aller à l'école. Dès que la découverte de cet amour naissant est faîte, elle peut tout oublier.
"Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d'autres."
Dès lors, nous suivons Massoum pendant une grande partie de sa vie qui sera jonchée d'obstacles et d'humiliations. Mais, cette femme possède un courage et une détermination incroyable. Son rêve de pouvoir étudier la poursuivra toute sa vie.
Outre le fait que ce roman parle de la condition des femmes il traite aussi des conditions de vie en Iran qui est en pleine tourmente à cause de la guerre. J'ai appris de nombreuses choses sur ce pays et cette époque.
Je suis passée par toutes sortes d'émotions avec ce livre et c'est à regret que j'ai terminé cette lecture poignante et magnifique. Un livre qui me rappelle pourquoi j'aime lire. Je ne suis pas prête de l'oublier et le conseille vraiment. C'est un coup de coeur absolu.
Lien : http://aujardinsuspendu.blog..
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JeanPierreV
  15 juin 2019
«Le problème, c'est que je ne sais pas ce que signifie le mot “bonheur”» dira Massoum.
Oui, le bonheur est un état d'âme bien rare dans ce livre, bien bref, si l'on considère le bonheur des femmes de ce roman....C'est tout autre chose si on prend en considération le lecteur qui trouvera certainement qu'il est bien difficile de fermer ce livre le soir, qui éprouvera le bonheur d'une lecture qui le transportera vers d'autres mondes, vers d'autres époques, qui l'indignera et le percutera de plein fouet.
Massoumeh Sadeghi, appelée Massoum par les siens, est la narratrice et le personnage principal du roman. C'est une jeune femme aux yeux verts dont je suis tombé amoureux...Le texte et ...l'image de la couverture en sont la cause. Nous la suivons pendant plusieurs dizaines d'années, au fil des évolutions politiques de l'Iran, évolutions qui n'apportent aucune révolution dans la mentalité de la majorité des hommes. Au contraire..
Massoum est l'image, une porte-parole conçue par l'auteur, des femmes iraniennes.
L'expression "porte-silence" serait plus adaptée. Il faudrait inventer cette expression pour évoquer la dure condition de ces femmes..."tais-toi et fais ce que nous les hommes nous attendons de toi. Obéis ".
Heureusement il y a quelques exceptions dans le genre masculin iranien.
Dans les premières pages, Massoum est encore une adolescente qui croise le regard de Saïd, collaborateur du pharmacien, en allant au lycée. Leur coeur fait boum, et chacun ne pensera plus qu'à l'autre. Impossible de se rencontrer, alors ils échangeront des lettres par porteurs interposés. Tout serait simple et beau si Ali l'un des frères de Massoum ne les avait pas surpris en train de se sourire, alors que Saïd soigne Massoum...Rien de plus grave. Pas de flirt, bas de baiser entre eux, pas de caresse ou de mouvement équivoque. Rien. Uniquement un sourire. Alors l'honneur doit être lavé au couteau. Et l'avenir de Massoum sera décidé par d'autres. Finie l'école...elle sera mariée à Hamid, qu'elle ne connaîtra que par sa photo.
Un homme qui n'a rien à voir avec ses frères... Cet homme rare mais trop absent ne la frappe pas, lui laisse beaucoup de liberté. La liberté du peuple iranien est son combat. Il se bat contre le Shah et sa dictature, contre ses exécutions, contre ses prisons. Il aime Massoum et la Révolution, revendique la liberté du peuple et celle de Massoum.
Jusqu'au jour où...
Un grand voyage de plusieurs années dans cet Iran aux mains du Shah, combattu par ses opposants qu'il emprisonne et exécute, cet Iran aux mains des Islamistes, cet Iran en guerre contre l'Irak...cet Iran moderne...Les temps changent, les hommes de pouvoir aussi, mais l'état d'esprit des hommes, des mâles n'évolue que très peu...un état d'esprit qui sauf exception semble lié à ce foutu chromosome Y...Au fil des pages rares sont les hommes qui sortent du lot, qui attirent la sympathie...les dernières pages apporteront-elles une surprise aux lecteurs ??
Presque cinquante années de la vie de l'Iran, parcourues au travers de la vie d'une de ses femmes, ces femmes qui donneront leurs fils à la Révolution, aux guerres, à l'Islamisme...des hommes tous nés d'une femme, rien de nouveau sous ces cieux, mais qui font bien peu de cas du bonheur des femmes, qu'elles soient leurs filles, leurs épouses, ou leur mère, qui les cachent sous des voiles, ou des tchadors, qui les frappent, les humilient très souvent.
Les beaux yeux verts de Massoum, femme déterminée et combative, son regard sur son pays, m'ont séduit et retourné !
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
lailasamburulailasamburu   27 mars 2015
Les croyances dont vous parlez et avec lesquelles vous perdez votre temps ne sont que des superstitions. Elles vous rendent dépendante de quelqu’un d’autre que vous-même. Et tout cela n’a qu’un but : vous faire peur pour que vous vous contentiez de ce que vous avez et renonciez à vous battre pour obtenir ce que vous n’avez pas. Et vous faire espérer que tout ce que vous souhaitez vous sera accordé dans l’autre monde. Tout cela n’est qu’inventions créées pour vous exploiter. C’est la définition même de la superstition.
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RoggyRoggy   30 janvier 2022
- Ça suffit ! a-t-elle crié. Je ne veux plus t’entendre parler d’honneur et de réputation. J’en ai plein le dos ! D’abord, tu devais penser à l’honneur de ton père, puis à celui de tes frères, à celui de ton mari, et maintenant à l’honneur de tes gosses… Je te jure que si, je t’entends prononcer ce mot encore une fois, je me jette par la fenêtre !
- Ah oui ? Quelle fenêtre ? ta maison est de plain-pied.
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lailasamburulailasamburu   27 mars 2015
L’idéologie pure est un piège, elle engendre des préjugés et des apriori, elle fait obstacle à la réflexion et aux opinions personnelles. Et surtout, elle transforme les gens en fanatiques incapables de faire la part des choses.
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JeannepeJeannepe   17 juin 2018
– Tu veux dire que tu n’avais pas l’intention de me marier ?
– Si, bien sûr. J’ai prié mille fois pour qu’un homme convenable se présente, qu’il te prenne par la main et t’emmène loin de cette maison qui était devenue une prison pour toi. Crois-tu que j’ignorais combien tu étais triste et malheureuse ? Tu maigrissais et tu jaunissais à vue d’œil. Mon cœur saignait chaque fois que je te regardais. J’ai prié, j’ai fait des promesses à Dieu pour qu’il te trouve un bon mai et te permette de t’évader. J’étais dévorée de chagrin pour toi.
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AurelieRAurelieR   24 septembre 2019
Et moi, qui ai-je été en réalité ? L'épouse d'un rebelle et d'un traître ou celle d'un héros qui se battait pour la liberté ? La mère d'un dissident ou celle d'un combattant de la liberté ? Combien de fois m'ont-ils portée au pinacle avant de me précipiter au fond de l'abîme ? Je n'ai pourtant mérité ni l'un ni l'autre. Ils ne m'ont pas vénérée pour mes compétences et mes vertus, et ne m'ont pas condamnée non plus pour mes propres erreurs.
C'est comme si je n'avais jamais existé, comme si je n'avais jamais eu de droits. Quand ai-je vécu pour moi-même ? Quand ai-je travaillé pour moi-même ? Quand ai-je eu le droit de choisir et de décider ? Quand m'ont-ils demandé : "Que veux-tu ? "
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