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EAN : 9782757856451
624 pages
Points (12/05/2016)
4.37/5   577 notes
Résumé :
Traduit de l'anglais par Odile Demange

"Quand j'ai repris mes esprits, je me trouvais chez cet homme, dans la chambre à coucher. Debout dans un coin de la pièce, je serrais étroitement contre moi le tchador blanc dont on m'avait affublée avant de me conduire dans cette maison.


J'essayais de ne faire aucun bruit, espérant qu'il ne remarquerait pas ma présence. Dans ce silence absolu, les larmes coulaient jusque sur ma poitrine. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
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Qu'est-ce qui les fait tenir debout ?
Quelle est cette force et ce courage qui les poussent à dépasser toutes les entraves, toutes les adversités, à ne jamais courber totalement l'échine et à ne pas renoncer à lutter pour protéger ce qu'elles ont de plus cher ?

Le voile de Téhéran est l'histoire des sans-voix, des fantômes à voiles, de toutes les femmes contraintes à vivre une vie qu'elles n'ont pas choisi, à dormir à côté d'un homme qu'elles n'aiment pas, à enterrer leurs rêves et leur soif d'apprendre au nom de la religion, assujetties à la volonté des hommes, au nom du pouvoir patriarcal où la notion d'honneur et de réputation priment sur la notion de liberté.

Parinoush Saniee livre dans ce roman autobiographique un portrait effarant d'une société en proie au poids de la tradition.
C'est aussi l'histoire d'une culture et d'une mentalité tellement enracinées qu'il faudra plusieurs générations pour que toute trace soit effacée, lavée, remplacée.

Ce roman poignant et interdit pendant longtemps en Iran remplit parfaitement le dessein de faire connaître au monde la condition des femmes dans certains pays.
L'auteure parvient à entremêler avec beaucoup de talent les thèmes, les sensations et les sentiments.

La force de cet écrit est de nous emporter dans son récit personnel tout en réussissant à tout moment à dénoncer une réalité encore bien présente !


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Des regards qui se croisent, des bouches qui se sourient…la naissance d'un amour…
Massoumeh a seize ans lorsqu'elle tombe amoureuse de Saïd. Sa famille n'est pas très religieuse mais, en Iran, on ne plaisante pas avec l'honneur. En se compromettant avec un jeune homme, la lycéenne a déshonoré les siens et sa vie va en être bouleversée. Ses frères se chargent de Saïd qui doit quitter Téhéran la peur au ventre et Massoumeh est contrainte au mariage. le choix se porte d'abord sur un affreux boucher, mais grâce à une voisine, c'est finalement Hamid qu'elle épouse. Un inconnu. Loin d'être un mari traditionnaliste, Hamid s'est rangé pour faire plaisir à sa famille. Il pousse Massoumeh à poursuivre ses études, à penser par elle-même. Souvent absent, il fait partie d'un groupe de rebelles qui combattent la politique du Shah. Les époux vivent dans le respect et l'harmonie, la famille s'agrandit, la liberté est à portée de mains. Pourtant, ils sont trahis par Khomeiny et c'est l'intégrisme religieux qui succède à la dictature.
Quand Hamid est emprisonné, Massoumeh devient le pilier qui porte la famille à bout de bras. Femme, épouse et mère, elle est prête à tous les sacrifices pour les siens, elle poursuit ses études, travaille, nourrit ses enfants dans une société où les femmes ne sont rien et où les hommes se font la guerre.

Courageuse Massoumeh qui a eu la mauvaise idée de naître femme, l'outrecuidance de vouloir étudier, la naïveté de tomber amoureuse…
Le voile de Téhéran est son histoire et celle de son pays où le poids des traditions, la religion et la politique ne sont pas favorables aux femmes. Massoumeh plie mais ne rompt pas. Petit à petit, l'innocente jeune fille mariée de force devient une combattante prête à tout pour les siens. L'épouse, la mère, puis la grand-mère subit les soubresauts de l'Histoire, de la dictature du Shah à la guerre avec l'Irak, avec toujours l'idée d'avancer, de se faire une place, de protéger sa famille, sans faire de vagues.
Entre résilience et sacrifices, Massoumeh est une héroïne forte et attachante mais elle n'est qu'une femme, c'est-à-dire pas grand-chose. Quelqu'un dont la bravoure, le travail, les qualités ne sont pas reconnus. Quelqu'un qui passe après ses frères, son mari, ses enfants. Quelqu'un fait passer le bonheur des autres avant le sien. Quelqu'un qui doit mettre ses rêves de côté pour ne pas offenser, heurter, déshonorer tous ceux qui pensent qu'elle n'est qu'une femme, c'est-à-dire, pas grand-chose…
Un récit émouvant, bouleversant et surtout révoltant.
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« Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d'autres »
Massoumeh rêvait de poursuivre ses études, mais une simple rumeur due à quelques mots échangés avec un homme, a poussé ses parents à arranger un mariage rapide, pour sauver sa « réputation ».
Hamid, le mari qui lui est imposé est un homme cultivé qui n'a pas plus envie qu'elle de se marier. Massoumeh commence alors une étrange existence ; son mari dont elle ne sait quasiment rien la pousse à continuer ses études et fait lui-même partie d'un groupe de rebelles, des activistes contre le Shah qui mènent de dangereuses actions.
A la chute du Shah c'est l'intégrisme religieux, la guerre civile n'est pas loin car, nous dit l'auteur, les Iraniens n'avaient pas appris à faire usage de la liberté. Puis vient la guerre contre l'Irak.
Ce livre est passionnant de bout en bout. A travers l'histoire de Massoumeh, l'auteur nous propose de suivre les soubresauts de l'histoire Iranienne durant trente-cinq ans.
Beau portrait de femme qui se bat pour la liberté d'esprit car, dit-elle, « l'idéologie pure est un piège, elle engendre des préjugés, des a priori, elle fait obstacle à la réflexion et aux opinions personnelles, et surtout elle transforme les gens en fanatiques incapables de faire la part des choses ».






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Massoumeh ne rêve que d'une chose : étudier et à l'égal des hommes, avoir une vraie carrière, devenir quelqu'un d'important, d'admiré. Après tout, quoi de mal dans tout ça ? le seul hic et pas des moindres, est qu'être une jeune femme en Iran dans les années 60, avant même l'avènement des mollahs, pose problème : une femme quitte son père et ses frères pour rejoindre le giron d'un époux, lui pondre 3 / 4 marmots dans la foulée, être obéissante, aimante, dire amen à tout avec le sourire cela va de soi, voir grandir ses enfants et finir vieille, épuisée avant l'heure. Sacré destin !

Mais Massoumeh, en dépit de toutes ces barrières, est une personne brillante, passionnée et bien qu'obéissante envers sa famille, n'en désire pas moins poursuivre ses rêves. le sort en décidera autrement pour elle et là voilà à 17 ans mariée à un homme qu'elle n'a jamais vu. La messe est dite. Mais voyons le bon côté des choses : un mari, même inconnu, ne vaut-il pas mieux qu'une famille faussement pieuse et intolérante, des frères jaloux et violents et une mère dévouée à l'asservissement de la femme. Entre la peste et le choléra comme on dit…Dans son malheur, notre petite veinarde tombera sur un époux, Hamid, aux idées modernes quant à la place de l'homme et de la femme : si elle souhaite poursuivre ses études, grand bien lui fasse, au contraire ! Activiste communiste entièrement dévoué à sa cause, à savoir faire tomber le Shah d'Iran et mette en place une démocratie communiste, égalitaire et laïque, Hamid voit dans ce mariage une contrainte à laquelle il n'a pu se dérober, mais qui lui met une sacrée épine dans le pied. Comment fonder une famille quand on met sa vie en danger quotidiennement de par son statut d'opposant politique jugé élément subversif ? de Massoumeh il n'en veut pas et mise à part quelques coïts par ci par là, on ne peut pas vraiment affirmer qu'ils forment un couple modèle. Massoumeh grandit, élève 3 enfants quasi seule, s'en occupe avec dévotion et amour, poursuit courageusement ses études, bref une vraie wonderwoman iranienne. Mais que d'épreuves !

Parinoush Saniee nous offre un superbe portrait de femme, une vraie saga familiale sur plus de 40 ans. 600 pages d'un destin fabuleux, celui d'une femme courage, épouse dévouée, mère digne, aux prises avec le poids de l'histoire qui a tant bouleversé l'Iran. Impossible de lâcher ce roman qui conjugue le souffle du romanesque avec l'Histoire et nous fait découvrir un pays dont on sait peu de choses au final. L'amour que voue Parinoush Saniee à son pays aimé saute aux yeux à chaque page c'est très émouvant. Un pays si riche culturellement, si fier, dévoyé par la bêtise des hommes.

Le voile de Téhéran ou un livre à mettre entre les mains de toutes les femmes, les jeunes comme les moins jeunes, d'autant plus important au regard des tristes événements de ces derniers mois et de la dégradation du statut de la femme ces dernières années. Et oui j'assume ces paroles.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Une saga familiale qui m'a totalement envoûtée. Pendant trois jours ce livre m'a accompagné du matin au soir. Dès que je sortais le nez de ce livre je n'avais qu'une hâte c'était de m'y replonger. Plus qu'un beau roman ce livre est une vraie pépite!

Dès le premier chapitre mon attention a été d'emblée captée par ce qu'il arrive à la jolie Massoum âgée de 16 ans à peine. Alors qu'elle n'échange que quelques regards innocents avec le jeune garçon qui travaille à la pharmacie, son frère découvre qu'il se trame quelque chose entre eux. Pour lui sa soeur a déshonorée la famille et doit payer pour cela. Elle est battue presque à mort. Toute sa famille lui tourne le dos même son père qui est pourtant le meilleur d'entre tous. Voici un passage qui m'a particulièrement marquée:

"Que Dieu me fasse la grâce de te voir à la morgue, sur la table d'autopsie. Quelle honte! Quel déshonneur! Qu'est-ce que je vais dire à ton père et à tes frères?"

Un livre qui est le témoignage brûlant de ce qu 'est la condition des femmes en Iran. Pas toutes, mais de beaucoup oui. Dans la famille de Massoum on tient aux traditions. La femme a donc un piètre avenir qui s'offre à elle. Quand ces jeunes filles sont mariées de force elles n'ont qu'à prier pour tomber sur un homme bon qui ne les battront pas. Autant oublier de suite l'école et le travail intellectuel. C'est ce qui qu'arrive à Massoum qui a pour seul rêve de pouvoir continuer à aller à l'école. Dès que la découverte de cet amour naissant est faîte, elle peut tout oublier.

"Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d'autres."

Dès lors, nous suivons Massoum pendant une grande partie de sa vie qui sera jonchée d'obstacles et d'humiliations. Mais, cette femme possède un courage et une détermination incroyable. Son rêve de pouvoir étudier la poursuivra toute sa vie.
Outre le fait que ce roman parle de la condition des femmes il traite aussi des conditions de vie en Iran qui est en pleine tourmente à cause de la guerre. J'ai appris de nombreuses choses sur ce pays et cette époque.
Je suis passée par toutes sortes d'émotions avec ce livre et c'est à regret que j'ai terminé cette lecture poignante et magnifique. Un livre qui me rappelle pourquoi j'aime lire. Je ne suis pas prête de l'oublier et le conseille vraiment. C'est un coup de coeur absolu.
Lien : http://aujardinsuspendu.blog..
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Je ne me rappelle pas avoir prononcé le mot « oui » au cours de la cérémonie de mariage. Mère me pinçait le bras en chuchotant : « Dis oui. Dis oui. » Finalement, quelqu’un a dit oui et tout le monde a poussé des cris d’allégresse. […]

Quand j’ai repris mes esprits, je me trouvais chez cet homme, dans la chambre à coucher. Assis au bord du lit, il me tournait le dos et dénouait sa cravate. […] Dans ce silence absolu, les larmes coulaient jusque sur ma poitrine. Mon Dieu, comment comprendre ces mœurs ? Un jour, ma famille voulait me tuer sous prétexte que j’avais échangé quelques mots avec un homme que je connaissais depuis deux ans, sur lequel je savais beaucoup de choses, que j’aimais et que j’étais prête à suivre au bout du monde, et le lendemain elle prétendait m’obliger à coucher dans le même lit qu’un étranger dont j’ignorais tout et qui ne m’inspirait que de la terreur.

 
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Les croyances dont vous parlez et avec lesquelles vous perdez votre temps ne sont que des superstitions. Elles vous rendent dépendante de quelqu’un d’autre que vous-même. Et tout cela n’a qu’un but : vous faire peur pour que vous vous contentiez de ce que vous avez et renonciez à vous battre pour obtenir ce que vous n’avez pas. Et vous faire espérer que tout ce que vous souhaitez vous sera accordé dans l’autre monde. Tout cela n’est qu’inventions créées pour vous exploiter. C’est la définition même de la superstition.
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- Ça suffit ! a-t-elle crié. Je ne veux plus t’entendre parler d’honneur et de réputation. J’en ai plein le dos ! D’abord, tu devais penser à l’honneur de ton père, puis à celui de tes frères, à celui de ton mari, et maintenant à l’honneur de tes gosses… Je te jure que si, je t’entends prononcer ce mot encore une fois, je me jette par la fenêtre !
- Ah oui ? Quelle fenêtre ? ta maison est de plain-pied.
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Et moi, qui ai-je été en réalité ? L'épouse d'un rebelle et d'un traître ou celle d'un héros qui se battait pour la liberté ? La mère d'un dissident ou celle d'un combattant de la liberté ? Combien de fois m'ont-ils portée au pinacle avant de me précipiter au fond de l'abîme ? Je n'ai pourtant mérité ni l'un ni l'autre. Ils ne m'ont pas vénérée pour mes compétences et mes vertus, et ne m'ont pas condamnée non plus pour mes propres erreurs.
C'est comme si je n'avais jamais existé, comme si je n'avais jamais eu de droits. Quand ai-je vécu pour moi-même ? Quand ai-je travaillé pour moi-même ? Quand ai-je eu le droit de choisir et de décider ? Quand m'ont-ils demandé : "Que veux-tu ? "
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L’idéologie pure est un piège, elle engendre des préjugés et des apriori, elle fait obstacle à la réflexion et aux opinions personnelles. Et surtout, elle transforme les gens en fanatiques incapables de faire la part des choses.
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