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ISBN : 2917084502
Éditeur : Attila (30/08/2012)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 69 notes)
Résumé :
La ville de Catane, en Sicile, au début des années 30. Le fascisme se déploie sur l’île, quand une enfant ressort exaltée d’une salle de cinéma de quartier.
Elle a la démarche chaloupée, une cigarette imaginaire au bec et l’œil terrible. Elle vient de voir le film Pépé le Moko et, emportée par cette incarnation du désir et de l’insoumission, elle n’a désormais plus qu’une idée en tête : être Jean Gabin.
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  11 août 2016
Apres avoir lynche Grazia Deledda (tres injustement je dois dire; je demande pardon a ses manes) J'avais besoin d'un livre sur lequel je ne pourrais dire que du bien. Avec "Moi, Jean Gabin" c'est tout trouve. En plus l'auteure est aussi italienne, et j'espere ainsi calmer La Botte, qui n'arretait pas de m'envoyer des coups de pied rageurs, meme si virtuels.
Une pure merveille. Un court morceau d'autobiographie romancee. Quelques jours de la vie d'une fillette a Catane, en Sicile. En ce court laps de de temps tout defile, les rues de la ville, tout un quartier avec ses nombreux pauvres et ses quelques familles plus aisees; les "modes" vestimentaires; les mets locaux et comment on les consomme; la maison familiale, antre prodigieux ou regne la debrouillardise et l'entraide des nombreux enfants d'une famille recomposee; les parents, grands militants antifascistes (c'est les annees trente) qui ont plus de temps pour leurs oeuvres et leurs luttes que pour leur progeniture. Et en dessous, et par dessus, et autour de cette petulante tranche de vie, on sent les grands clivages politiques et sociaux de l'Italie du Duce.
Une ecriture fringante, exuberante. A l'image de la petite fille endiablee et courageuse qui veut etre Jean Gabin pour savoir se mesurer aux requins, aux "apaches" de son entourage.
Une ecriture? Une chevauchee vertigineuse plutot. Alors accrochez vous bien et bonne lecture!
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pyrouette
  25 juin 2018
Si Natacha, bibliothécaire de mon village n'avait pas présenté ce livre lors du cercle de lecture, je serais certainement passée à côté d'une pépite. L'art de la joie vous dit quelque chose ? C'est le même auteur ou plutôt la même autrice.
Elle raconte quelque jours de sa vie, enfant. Goliarda, garçon manqué, vit avec son ami virtuel Jean Gabin qui incarne le courage et liberté pour cette fillette. Elle passe tout son temps dans la salle de cinéma du quartier la Civita ou elle vit avec sa famille fantasque. Sa mère, militante et adorée, son père avocat des pauvres, sont à la tête d'une tribu nombreuse. L'éducation libre mais non sans principes, donne beaucoup de temps libre à Goliarda. Un de ses frères est chargé de son éducation scolaire.
En sortant de la salle de cinéma, elle bouscule une fillette et sa mère. Elle doit gagner son argent de poche et le remettre à cette femme en dédommagement, conseil de sa propre mère. Goliarda va nous entraîner dans son quartier populaire, quêtant du travail ou des pièces pour honorer sa dette. Quand elle daigne rentrer, souvent, quelques membres de sa famille ont été arrêtés. Entre la mafia et le fascisme, cette famille garde le cap malgré les représailles.
La lecture de ce récit, oh combien, beau et enlevé donne envie de faire partie de cette famille haute en couleurs, libre et chaleureuse. L'ambiguïté de certaines scènes qui se veulent réconfortantes nous donne une autre version de la réalité si nous sommes capables de lire entre deux lignes. Les faits sont effleurés. La biographie en fin de livre nous éclaire un peu plus sur la vie au sein de cette famille.
Goliarda, fillette à l'esprit vif et imaginatif, deviendra une femme tourmentée et angoissée.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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sandrine57
  05 octobre 2012
Un quartier populaire de Catane, La Civita, une famille socialiste recomposée, les Sapienza, une éducation très libre, une tripotée d'enfants et parmi ceux-ci, Goliarda, la petite dernière. C'est elle qui raconte une enfance des années 30, dans une famille engagée politiquement à gauche sur une île, dans un pays, où le fascisme monte en flèche. Goliarda, gamine insouciante, passe plus de temps à déambuler dans sa ville que sur les bancs d'une école qui de toute façon lui polluerait l'esprit. C'est son grand frère Ivanoé qui est chargé de son éducation. Et pour la vie, c'est Jean Gabin qui lui transmet les vraies valeurs. Au cinéma où elle dépense l'argent qu'elle gagne à la sueur de son front, elle dévore, avec les yeux et avec le coeur, l'acteur français aux yeux bleus clairs qui devient son modèle. C'est décidé! Goliarda sera Jean Gabin ou ne sera pas!

Quelle gamine cette Goliarda! Effrontée, rebelle, mature, débrouillarde, ce garçon manqué n'a pas la langue dans sa poche. Elle n'est pas de ces bécasses qui s'émeuvent d'un rien, elle n'est pas amoureuse de Jean Gabin, non, elle veut ETRE Jean Gabin. Comme lui, elle veut affronter la vie avec courage et sauver des demoiselles en détresse. Son franc parler, ses espiègleries, ses rêves, ses questions nous la rendent tellement attachante! Drôle et touchante, elle sait se faire sa place dans une famille pour le moins atypique. le père, Giuseppe, est l'avocat des pauvres, la mère Maria est une féministe, militante socialiste très active. Tous deux ont connu plusieurs mariages, ont eu beaucoup d'enfants et ont fait des séjours en prison au nom de leurs idées. Ils élèvent leurs enfants dans la liberté, le respect et bien sûr l'anti-fascisme. Chez les Sapienza, chacun est libre d'agir à sa guise, l'école n'est pas obligatoire, l'argent de poche se gagne en travaillant. Goliarda grandit au milieu des domestiques qui sont tous d'anciens clients que son père a fait libérer, dans un foisonnement d'idées politiques, amoureuse de son quartier et de ceux qui le peuplent.
J'ai vraiment eu un gros coup de coeur pour ce livre qui est comme un rayon du soleil de Sicile.
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PetiteBalabolka
  18 mai 2015
L'effet d'un oxymore (enfin presque), ce titre associé à la photo de couverture. Quel rapport entre cette fillette costumée et "Gueule d'amour"? La petite fille de la photo est bien l'auteur du livre, Goliarda Sapienza. Elle revient dans ce roman autobiographique, écrit dans les dernières années de sa vie, sur son enfance singulière à Catane, en Sicile, dans les années 30. Elle grandit au sein d'une famille d'intellectuels, socialistes pour les uns, anarchistes pour les autres, davantage préoccupés de choses "importantes et vitales" telles que "Le Bien du peuple", "le Progrès", "la Douleur du monde" que des contingences domestiques. Entre une mère militante et fascinante, un père avocat des pauvres, charismatique et séducteur, une tribu de demi-frères et soeurs, Goliarda grandit assez libre, mais non sans principes (gagner son argent de poche, ne pas s'en remettre à quelqu'un, notamment un homme, pour résoudre ses ennuis...). Elle fréquente assez peu l'école, gangrénée par la propagande fasciste mais se nourrit des lectures de la bibliothèque familiale, tente de comprendre Diderot et Voltaire avec l'aide d'Ivanoé, le demi-frère chargé de sa formation intellectuelle. Quel rapport, disais-je, entre Goliarda enfant et le célèbre acteur au regard bleu acier ? C'est une fascination en forme d'identification, à croire que la demoiselle, biberonnée à l'idée d'insoumission, cherche à se démarquer de tous les modèles que sa famille entend lui proposer. Elle qui évolue dans le quartier populaire de la Civita où son père est tenu informé de ses moindres faits et gestes, a trouvé dans cette identification à l'acteur, un espace de liberté et de rêve. Elle analyse sa vie et ses émotions à l'aune de ce que Gabin aurait dit ou fait, elle transpose son moi sur cet homme à la fois doux et viril. Il l'accompagne et la rassure quand ses proches semblent oublier qu'elle n'est qu'une enfant. Elle ne se contente pas d'aller voir ses films au cinéma, elle les étudie pour mieux se l'approprier.
On l'aura compris, le matériau de ce livre est riche et pourtant, j'ai eu le sentiment de passer un peu à côté (surtout dans la première partie). L'écriture est belle, c'est indéniable mais par moment, j'ai été quelque peu perdue dans le propos, notamment dans certains passages où elle emploie "nous" pour parler d'elle et du Jean imaginaire à ses côtés. La relecture que j'ai entreprise atténue cependant cet effet. L'identification entre la fillette et l'acteur m'a semblé, de prime abord, un peu artificielle ( le livre débutant en trombe sur cette idée) mais il faut reconnaître qu'elle est bien défendue, nourrie, argumentée tout au long du roman et que j'ai fini par l'intégrer.
En somme, c'est un livre que j'ai appris à apprécier pleinement, en le relisant, en y repensant, ce qui est peut être préférable à un enthousiasme immédiat suivi de peu d'effets.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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nilebeh
  08 mai 2015
« Ne crois pas aux balivernes libérales de ton père et de ta mère ! Balivernes ! Utopies d'intellectuels viciés ! de la misère à la gloire...Personne ne sort de la misère, synonyme d'ignorance, et ne devient un génie, Si tu n'y crois pas, va voir d'où viennent tous leurs écrivains, peintres, musiciens, de familles aisées, sinon riches, aisées ! Tu comprends ? Pour ne rien dire de ta mère qui était d'une famille riche, Ton père aussi, qui se vante tant de son origine populaire,tu le sais comment il est arrivé à sortir de l'esclavage de l'ignorance ? Tu le sais ? »
"Tu ne dois jamais te soumettre à personne et moins que quiconque à ton père ou à moi. Si quelque chose ne te convainc pas, rebelle-toi toujours."
" Nous ne sommes pas affamés! Et si parfois nous n'avons pas d'argent, c'est que nous n'exploitons personne, cher oncle. Et puis Marx aussi souffrait de la faim pour écrire le Capital."

En quelques extraits nous cernons l'expérience de la petite Goliarda, fillette grandie un peu comme une herbe folle au milieu d'intellectuels anarcho-socialistes dans la Sicile des années 30, le Duce menace déjà de faire marcher l'Italie au pas et jette les opposants en prison. La mère de Goliarda, Marie, avec ses sept enfants d'un premier mariage auxquels s'ajoutent ceux du second compagnon puis les petits derniers, a fait de la prison pour incitation à la grève. Giuseppe, le père, est un avocat (instruit grâce au sacrifice de ses frères, cf ci-dessus) qui s'est mis au service des pauvres. Au milieu de la tribu, Goliarda grandit, instruite par son frère Ivanoé (on se méfie de l'enseignement, probablement très bien-pensant). Toute jeune elle connaît les philosophes et argumente pour défendre ses idées. Dans la famille, on ne crie pas, on ne punit pas : on explique. On ne donne pas l'argent des petits plaisirs : on le fait gagner par de menus travaux.
Et de l'argent, Goliarda en a besoin pour aller voir son idole au cinéma, ce Jean Gabin auquel elle s'identifie, carrure, démarche, ton, arguments, elle tente de tout copier. Puis elle « vend » sa narration du film aux gamins du voisinage,
L'histoire est amusante, intéressante, elle restitue la Sicile des années fascistes et le monde libertaire qui a tenté de s'y opposer, La gamine est vive, drôle, pétillante, sa famille plutôt originale et sympathique, Mais...comment dire ? C'est presque « trop », Trop gentil, trop bien écrit, trop sympathique, bref on n'a pas vraiment l'impression qu'il s'agit de souvenirs mais d'un récit largement idéalisé,
Goliarda a reçu le prénom (Goliardo) d'abord de son frère aîné, mort bien avant sa naissance et fils seulement de Giuseppe, puis celui de Goliarda, la petite soeur morte très peu de temps après sa naissance : comment trouver sa vraie place, sa vraie identité, c'est déjà tellement difficile certainement dans une fratrie si nombreuse. Et quand on sait que Giuseppe a eu des relations incestueuses avec deux de ses belles-filles, le tableau se ternit quelque peu,
En conclusion, un livre agréable à lire et intéressant mais auquel, pour ma part, je n'ai pas tout-à-fait accroché,
Je remercie le Tripode pour cette découverte qui va maintenant m'inciter à lire « L'art de la joie » dont j'entends le plus grand bien !
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   03 janvier 2018
« Alessandro, là-haut devant la ferme, il y a ces messieurs [des milices fascistes] avec leurs matraques qui terrifient nos paysans, vas-y et vois ce que tu peux faire ». Alessandro remonta à l'air libre, ôta la matraque des mains de l'un de ces messieurs et avec cette même matraque leur fracassa le crâne, à lui et à ses camarades. Quand Alessandro eût fini de donner une leçon à ces messieurs, sa grand-mère, tenant, de son bras tendu la lampe haut au-dessus de sa tête pour éclairer la scène – la nuit était tombée entre-temps -, cria aux paysans qui avaient assisté en cercle, muets et tremblants, au combat : « Et maintenant, nettoyez le terrain de toute cette saloperie qu'Alessandro a dû faire à cause de votre lâcheté. Allez, au travail ! »
Page 16
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gavarneurgavarneur   18 décembre 2017
Elle le dit avec un tel désir de confirmation que je ne me sens pas de la décevoir. Jean ne le ferait jamais, de décevoir une femme fragile sans défense. Un petit mensonge est toujours préférable à une vérité cruelle, comme dit mon père, et je m'entends dire :
-Eh oui, je suis triste que tu t 'en ailles.
J'avais l'intention de dire un mensonge mais, complexité de la nature humaine !, en le disant je comprends que c'est vrai, ça me rend triste, et en un clin d’œil, exactement comme au cinéma, je me retrouve enlacée à ses énormes épaules – on dirait des coussins, oh -, à sangloter et, chose vraiment honteuse, à l'implorer de ne pas partir, de ne pas nous laisser dans la poussière qui à chacun de ses départs s'accumule sur le sol, sur les meubles, sur mon corps même.
Page 96
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gavarneurgavarneur   15 décembre 2017
Il semble que dans un village lointain, au plus profond de l'intérieur de l'île, au milieu de montagnes si hautes que les habitants des vallées ne voyaient jamais le soleil, il y ait eu un château plus ancien que tous les châteaux du monde, habité par un vieux monsieur sans âge au frais visage d'enfant et aux membres tordus de vieillesse séculaire. Cet homme, pour se garder en vie, avait besoin de la chair fraîche d'une jeune innocente, très belle et sans tache. Il ne faisait rien à cet enfant quand ses serviteurs – ils étaient plus de mille, lâchés dans l'île entière – la lui amenaient. Il ne faisait que dormir enlacé à elle, mais dans le sommeil il rajeunissait et elle, tout doucement, au fur et à mesure que le jour se levait, vieillissait rapidement, jusqu'à expirer à midi, décrépite, aveugle et sans plus un souffle dans son âme glacée.
Page 54
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gavarneurgavarneur   11 janvier 2018
Voilà comment la bourgeoisie émissaire du pouvoir corrompt ceux qui les divertissent, les corrompt avec des gâteaux de riz. Ce n'est pas qu'elle vous dire : si tu me racontes ce que je veux de façon à ce que ça m'amuse, je te donne, mettons, mille lires... Comme ça ce serait facile parce que toi, l'artiste, tu répondrais : eh non ! Je te raconte ce qui m'amuse, moi, et je ne me vends pas. Mais avec le croquant frit passé ensuite dans le miel fondu doré comme la soie...
Page 120
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gavarneurgavarneur   12 février 2018
Allez, allez à l'école, vous ! Que pouvez-vous faire d'autre sinon vous trouver un petit ou grand emploi de fonctionnaire et engraisser obscènement en compagnie de tous les parasites, voleurs légalisés, de l’État fasciste ! Moi, au moins, j'avais un père rebelle, même s'il n'était pas de la stature de Jean [Gabin], et une mère aussi, qui, ce n'est pas pour dire, avait également été – et à plusieurs reprises – en prison pour le bien des pauvres et des opprimés.
Page 29
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Videos de Goliarda Sapienza (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Goliarda Sapienza
http://www.librairiedialogues.fr/ Delphine de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Littérature étrangère : "Rendez-vous à Positano" de Goliarda Sapienza (Le Tripode), "Seul le grenadier" de Sinan Antoon (Actes Sud) et "Quand monte le flot sombre" de Margaret Drabble (Bourgois). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Élise le Fourn.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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