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ISBN : 2370551194
Éditeur : Le Tripode (09/03/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 58 notes)
Résumé :
« Au début de l’été 58, dix ans exactement après notre première rencontre et trois après la fameuse nuit ivre de confessions, de silences et de parfums, je reçus une carte postale géante de New York avec une vue nocturne de Manhattan (entre nous s’était instauré un championnat de ‘‘mauvais goût’’, qui consistait à dénicher ce qu’il y avait de pire, dans l’ancien comme dans le moderne, dans ce moyen de communication), où la petite écriture précise, un peu ostentatoir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
gavarneur
  12 décembre 2017
Soyez persévérants !
Pendant pas loin de quatre-vingts pages, j'ai été déçu par ce livre, qui met tellement de temps à décrire un double coup de foudre : pour un village et pour une femme étrange. C'était déjà le cas pour l'Art de la Joie : en l'abordant j'avais oublié la mise en garde à propos du début (mise en garde que j'ai aussi oublié de transmettre, dans mes recommandations enthousiastes). Mais j'avais résisté au malaise, peut-être nécessaire pour que par contraste la suite de la narration me remplisse de bonheur.
Dans Rendez-vous à Positano, l'effet est moins fort : c'est un beau livre, à la fois joliment descriptif, puissant dans le récit central, et plein de délicatesse mêlée d'intelligence. Et le début est juste plus fade, sans heurter. Donc, soyez persévérants, évitez comme je l'ai lu ici de vous arrêter au bout de soixante pages, et d'en penser qu'il s'agit des émois d'une « actrice lesbienne », mot lus comme une injure. Goliarda Sapienza prend du temps pour introduire cette amitié raffinée, parler de ce village dont le charme lui semble ensuite dégradé par le tourisme, et de ses habitants, discrets mais si attachants.
La vie de son amie Erica* est le sujet central du livre, par le récit qu'elle en fait, et par les suites que ce récit a dans la relation entre les amies. Ne m'en veuillez pas si je refuse de dévoiler le récit, très fort et prenant, et si j'insiste seulement sur le lien que crée cette confidence. Rien que la description subtile de cette amitié profonde rend le livre prenant ; le reste (amour de Positano, petites histoires du village racontées avec tellement de coeur) est donné comme supplément de plaisir.
J'ai juste été un peu gêné par la richesse d'Erica. Goliarda Sapienza, antifasciste et socialiste aurait-elle malgré tout une fascination pour ces milieux, non seulement nobles de coeur et intellectuellement riches, mais aussi menant grand train de vie ?
*La narratrice garde le nom de l'auteure, mais ce personnage n'a pas le nom de son amie, et peu importe si sa vie est réelle ou inventée.
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Pasoa
  07 avril 2019
Au sud de la ville de Naples, sur la Costiera méditerranéenne, bâti à flanc de falaise, le village de Positano est encore à la fin des années 50, avec ses rues étroites et escarpées un village retiré où les touristes n'affluent pas en nombre.
Pour les besoins d'un film en projet, Goliarda se rend dans le petit village côtier. le travail de repérages s'avère vite inutile. Selon Goliarda, Positano et tous ses alentours ne répondent pas au cadre du scénario. Autorisée à poursuivre son séjour en bord de Méditerranée, Goliarda fait un jour à l'improviste la rencontre d'Erica. Elle est à l'instant séduite par sa beauté et son élégance. Les deux femmes lient conversation et très vite, elles se découvrent une vraie affinité l'une pour l'autre. Résidant depuis sa jeunesse à Positano, Erica offre à Goliarda de venir s'installer dans sa maison. de là, va naître une amitié entre elles qui ne cessera plus.
Dans Rendez-vous à Positano, Goliarda Sapienza célèbre, dans une écriture élégante et lumineuse, l'amitié mais aussi la beauté féminine. Les mots sont magnifiques qui décrivent les paysages escarpés, les chemins qu'il faut traverser pieds nus, la vaste étendue de la mer toute proche qui vous saisit tout entier, la chaleur du soleil et du vent qui donnent sa couleur et son parfum à la peau, etc. Mais dans le creux de cette belle harmonie, se nichent des silences, des douleurs liés à la féminité et au féminin, des secrets que seul l'attachement viendra mettre à jour, révélant le bonheur de vivre une amitié mais aussi ses contraintes, ses difficultés lorsqu'il s'agit de la protéger, de la préserver.
Rendez-vous à Positano (Appuntamento a Positano) est une histoire touchante, sensuelle, écrite avec une très belle justesse dans le style et le portrait de ses personnages.
Un très beau moment de lecture.
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Jeannepe
  21 août 2019
Rendez-vous à Positano est un fragment de vingt ans de la vie de Goliarda Sapienza. Récit d'une rencontre, d'une amitié totale, d'un amour qui ne se formule pas si clairement mais qu'elle écrit sans réserve et qui forme une facette de son oeuvre autofictive dense (pas tant pas le nombre de ses ouvrages que par leur force). La lire me laisse à chaque fois un peu plus impressionnée : par son charisme et l'atmosphère que ses mots parviennent à rendre palpable.
Positano, Erica et Goliarda sont les trois personnages de ce texte : la sensation que chacun·e permet aux autres d'exister pleinement. Il y a un quelque chose dans l'oeil de Goliarda Sapienza qui est bien éloigné des manières traditionnelles de regarder et d'interagir, entre le détachement apparent et l'implication totale, sans demi-mesure possible. Pas de grandes péripéties ici, mais un absolu dans l'émotion. Les escaliers du village prennent vie, et l'on se laisse émerveiller par les histoires et la personnalité de cette Erica mise en mots, quand bien même sa réalité pourrait nous laisser de marbre.
Les livres de cette grande autrice présagent d'une existence trépidante et profondément engagée, alors qu'il s'en dégage un calme assourdissant et une perception du temps malléable. Goliarda Sapienza paraît briser les carcans sociétaux et relationnels d'un souffle, même lorsqu'il n'en est rien. Elle est déconcertante. Elle m'intimide presque mais, surtout, me fait du bien.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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nath45
  06 mai 2017
Un grand roman sur l'histoire d'une amitié et d'un lieu. le village de Positano, un personnage de ce récit qui était le refuge de l'auteur, et Erica, cette amie qui deviendra sa soeur de coeur.
Je découvre avec ce livre l'écriture de l'auteur, elle nous décrit cette relation intense et intime qui s'établit au fil des années entre les deux femmes et elle arrive à nous faire ressentir la beauté de ce village. Une ode à la liberté, à l'amitié et à la magie d'un lieu. Une très beau roman qui me donne envie de découvrir l'oeuvre de Sapienza.
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Antoine_Libraire
  09 mars 2017
Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions le Tripode pour m'avoir envoyé ce merveilleux livre qu'est « Rendez-vous à Positano » de Goliarda Sapienza.
Ceux qui ont lu « l'art de la joie » se replongerons avec délice dans l'écriture de Goliarda Sapienza, une poésie de combat, délicate et solaire. Les autres, qui découvrirons l'auteur avec ce livre ne peuvent que se réjouir d'aborder cette oeuvre qui ne s'encombre pas d'entrée principale, mais est ouverte aux quatre vents. Pas de « petite porte » dans la création de Goliarda Sapienza, mais des invitations à la suivre dans cette célébration de l ‘art de la joie.
Tout commence dans les années 50. Alors assistante du cinéaste Francesco Maselli, son compagnon, Goliarda découvre Positano, village à flanc de montagne, les pieds dans l'eau, tout en verticalité, aux escaliers innombrables. Et où l'on se doit de marcher pieds nus. Les repérages devant servir à voir si ce village pouvait servir de décor à un film en cours de préparation ne durent pas longtemps. « Mais quelques heures avaient suffi pour nous convaincre que l'endroit était trop beau et empreint de magie pour une histoire comme la nôtre. »
Mais Goliarda reste. Car dans ce village qui l'a conquise, elle rencontre Erica. Naît devant nous une amitié, une complicité entre soeurs d'âme qui durera 20 ans.
Et Goliarda de nous raconter, en plan serré, en scènes courtes et solaires, cette amitié.
Son écriture a quelque chose de cinématographique. Ses orages font trembler nos propres corps, la sensation du sel sur la peau quand, après un bain de mer, nous nous séchons au soleil. Et en tendant l'oreille, nous pourrions entendre les ressacs de la mer.
Rien ne prédomine chez Goliarda Sapienza. Ou, pour le dire autrement, et peut-être mieux, tout y est merveilleux. Son style est aussi lumineux que sa personnalité est éblouissante. J'ai retrouvé la sensation que m'avait procuré « l'art de la joie », de me perdre parfois, d'être pris par l'écriture et d'en perdre, presque, le récit.
Quelle merveille pour un libraire de pouvoir conseiller un livre comme celui ci !
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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critiques presse (1)
Telerama   08 mars 2017
Eblouie par la station balnéaire italienne et par l'une de ses habitantes, l'auteure de L'Art de la joie leur consacra son dernier roman. Un récit intense, comme sa vie et son oeuvre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Sol_PetchorineSol_Petchorine   12 mars 2017
C’est la difficulté de raconter sa vie aux autres : les choses douloureuses sont prises globalement et deviennent insupportables, alors qu’il n’en est pas ainsi. Parce que dans la douleur aussi il y a de la vie, et puis les douleurs sont diluées dans le temps, avec des parenthèses de parfait bonheur, de sérénité et de satisfactions.

Mais une fois au moins il faut tout raconter de soi, si on a la chance de trouver quelqu’un en qui on a confiance. Personne ne peut garder le silence sur soi-même toute sa vie, sous peine de folie. De fait, je dois te remercier : si je ne t’avais pas rencontrée, je serai presque sûrement à l’asile aujourd’hui. Et puis la vie est toujours un roman non écrit si elle reste ensevelie en nous, et je crois dans la littérature. Seul ce qui est écrit reste et avec le temps devient vie, la seule vie lisible, bien que ce soit à partir d’innombrables points de vue et, même si ça peut paraître un paradoxe, la seule véritable dans l’absolu. Ce petit sermon t’est dédié, Goliarda, à toi et à ton problème dont tu as voulu me faire part : donne-toi au métier de raconter, ne te laisse pas effrayer par la misère qui poursuit toujours celui qui s’apprête à entreprendre ce métier, et ne t’attriste pas. Qui sait d’ailleurs pourquoi, à chaque fois qu’on parle de toi, tu deviens triste ! Ça t’inquiète de ne pas avoir la certitude d’être Gertrude Stein ? Tu m’as dit toi-même qu’une Peverelli*, c’est toujours mieux qu’une écrivaine castrée par trop de conscience critique. Sortons de cet absolu catégorique et pour une fois au moins soyons pragmatiques. Essaie, au moins. Et sache que ce conseil que je te donne est intéressé : malgré toutes mes défaillances, je suis assez narcissique pour désirer ne pas disparaître complètement une fois morte. Peut-être qu’avec le temps, dans vingt, trente ans, tu écriras sur moi. Où que je me trouve alors, il me plairait de revenir à travers ton esprit et de me montrer aux autres. On ne vit pas que pour soi, c’est peut-être ce qui nous distingue des animaux… Voilà que tu me fais un petit visage apeuré à la Iuzza. Laisse tomber ce diminutif et lance-toi dans le royaume des adultes, en quelque lieu qu’il doive te conduite.

* Luciana Peverelli (1902-1986) était un auteur à succès de romans sentimentaux policiers
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gavarneurgavarneur   13 décembre 2017
Superbe petite possédée, Wally : elle voltige d'un bout à l'autre de la grande piste de danse, et déjà quelques effluves de haschich et de marijuana palpitent parmi des bouffées d'émotion, d'enthousiasme, parfum si semblable à celui du foin qui vient d'être fauché, et qui comme un vent permanent égayait les murs, les tonnelles, les marches inondées de soleil au matin et du lait immaculé de la lune en ces nuits de ciel sans limite.
Page 28
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JeannepeJeannepe   21 août 2019
Comme si elle avait senti mon malais, elle se lève et vient vers moi, les bras ouverts. Quand nous nous embrassons, tout devient clair. Erica a vraiment changé ; pas seulement : c’est la première fois qu’elle m’embrasse et de façon si chaleureuse et enveloppante qu’elle a de quoi faire basculer cette sensation de mal de mer en un nœud d’angoisse, comme de perte imminente. Sottises, me dis-je tout de suite, en m’abandonnant à cette embrassade, je m’attendais à l’Erica habituelle, affectueuse certes mais formelle, et toute cette chaleur, cette plénitude qui émane de ses membres et des lumières nouvelles sur sa peau, dans ses yeux, m’a prise à contre-pied ; je suis jalouse, il est clair que la métamorphose est due à la présence d’un homme de haute taille qui entre-temps s’est levé et maintenant sourit patiemment, attendant que l’effusion entre les deux femmes s’arrête.
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gavarneurgavarneur   24 décembre 2017
Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre sur ce trio positanien insouciant et oublieux du monde qui, comme toujours, commettait pendant ce temps des crimes et en préparait de plus raffinés au-delà de ces monts, frontière métaphysique entre le rêve et le réel créé, qui sait pourquoi et par quel dieu farceur, pour s'amuser à jeter de temps en temps quelques poignées de paix aux hommes. Mais seulement pour leur rappeler combien on pourrait être heureux, et avec peu, de façon à centupler la peine après, au moment du réveil.
Page 197
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Sol_PetchorineSol_Petchorine   12 mars 2017
Positano guérit de tout, vous ouvre l’esprit sur les douleurs passées, vous éclaire sur les présentes, et vous préserve souvent de tomber dans l’erreur. C’est curieux, mais parfois j’ai l’impression que cette conque protégée à l’arrière par les bastions des montagnes oblige, comme un « miroir de vérité », à se regarder bien en face, avec devant soi cette grande mer presque toujours limpide et calme, qui, elle aussi, pousse à la révision de ce que nous sommes. C’est pour ça que les couples de vingt ans arrivent là en croyant être heureux et en quelques semaines se séparent, ou qu’au contraire des gens restés seuls depuis des années et des années trouvent ici un compagnon. Des hommes persuadés d’être des mâles à cent pour cent se découvrent amoureux d’un garçon. Oui, pour les problèmes moraux c’est la même chose, ici, on ne peut échapper à l’impulsion de la vérité. Lorenzo appelle Positano le tombeau de l’amour et il a raison, mais bien souvent la vérité ne peut éclore qu’en passant à travers la mort absolue de ce que l’on était auparavant, ou croyait être.
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