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EAN : 9791028111571
307 pages
Éditeur : Bragelonne (16/01/2019)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.89/5 (sur 891 notes)
Résumé :
Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (211) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  19 mai 2018
Je n'aurais jamais pensé lire un jour ce livre. Il aura fallu tout le pouvoir de persuasion d'une amie polonaise (que je salue au passage) avec laquelle je parle d'ordinaire plutôt de Witold Gombrowicz ou de Bruno Schulz. « Tu t'intéresses aux auteurs polonais, me dit-elle, et tu ne connais pas XWVZMQHOIEBBJHFZ CNDKLHSYQIUTBZLOUSKWXI ? » (Amis polonais, excusez-moi, mais les noms des auteurs polonais prononcés en polonais étaient, sont et demeureront, j'en ai peur, à jamais incompréhensibles et imprononçables pour mes oreilles et ma langue profanes.)
Effectivement, les jeux vidéo et la Fantasy n'ont jamais spécialement été mon jardin mais, contrairement aux lourds a priori que j'ai eus en découvrant la couverture, je n'ai pas détesté, loin s'en faut. En fait, je trouve ce livre plutôt bien écrit — sans toutefois me pâmer sur son style — et les très nombreux emprunts ou détournements de contes traditionnels y sont amusants.
J'y ai perçu notamment des clins d'oeil aux Métamorphoses d'Apulée, aux contes de Grimm ou encore aux contes des Mille et Une Nuits. Je trouve particulièrement savoureux les détournements de Blanche-Neige et du Pêcheur et le Djinn.
L'ouvrage se présente sous une forme un brin bâtarde, mi-roman, mi-recueil de nouvelles. (On dit " fix-up ", paraît-il en pareil cas, bien que je répugne à utiliser ce mot. " Assemblage " sonne mieux à mes oreilles et rappelle l'opération vinicole qui consiste à produire un vin standard et acceptable à partir de cépages pas tous exceptionnels.) C'est, à mon avis, un défaut car chacune des six nouvelles (Le Sorceleur, Un grain de vérité, le moindre Mal, Une question de prix, le Bout du monde et le dernier Voeu) sont amalgamées les unes aux autres par une sauce fade et poussive de quelques pages à chaque fois intitulée La Voix de la raison, numérotée de 1 à 7.
Ce liant me paraît tout à fait inutile d'un point de vue littéraire ; d'un point de vue éditorial, à l'époque de la parution, il était peut-être plus facile de faire avaler un roman (même bricolé) plutôt qu'un recueil de nouvelles. Ceci pouvant peut-être expliquer cela. Je n'en sais rien, je n'ai pas creusé davantage la question et peu importe.
L'auteur, Andrzej Sapkowski, a donc pour projet de nous présenter un héros, Geralt de Riv, exerçant le délicat métier de sorceleur, une profession qui se situe en quelque sorte à mi chemin entre le chasseur de primes (façon Sergio Leone), le samouraï, le moine Shaolin et le prêtre exorciste, le tout évoluant dans une sorte de Moyen-Âge fantasmé mittel-européen peuplé de créatures aussi fantastiques qu'effrayantes.
Tantôt destructeur de monstres abominables, tantôt désenvoûteur d'honnêtes citoyens métamorphosés en affreux sanguinaires par l'effet d'un charme, tantôt sage conciliateur de parties inconciliables, tantôt conseiller des puissants, tantôt hors-la-loi, tantôt allié de druides et de magiciens, tantôt opposé à eux, tantôt indéfectible ami, tantôt gardien d'une certaine forme de moralité, tantôt rustre, tantôt raffiné, etc., etc. Enfin, vous voyez le tableau, quoi…
L'ensemble est plutôt bien conduit même si, d'après moi, il y a quelques faiblesses, notamment quand l'auteur essaie de faire passer des pseudo messages qui n'ont pas beaucoup d'envergure. La forme narrative choisie (héros très typé récurrent dans chaque nouvelle) empêche justement ce héros d'évoluer véritablement. C'est très pratique si l'on souhaite écrire beaucoup de volumes, ce qui semble être le cas, mais cela reste, d'après moi, d'un intérêt limité car ce qui me passionne en littérature, c'est de voir évoluer les personnages une fois qu'ils ont été bien campés.
Donc une impression d'ensemble assez bonne, sans plus, pas un mauvais livre, pas un chef-d'oeuvre, juste un agréable divertissement, ce qui n'est déjà pas si mal. D'ailleurs, n'ayant jamais eu l'honneur ni l'avantage de voir sortir un quelconque génie d'une quelconque amphore me sommant de lui soumettre trois voeux, je me contenterai d'en formuler un seul (ce sera le dernier, promis). le voici : ne prenez pas cet avis trop au sérieux, ce n'est qu'un simple avis, c'est-à-dire pas grand-chose.
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Sachenka
  11 mai 2017
J'adore le genre Heroic Fantasy mais je lis peu de romans qui y appartiennent car j'ai l'impression de toujours tomber sur la même histoire : quête menée par des individus de races différentes, lutte entre le Bien et le Mal ou bien contre un être maléfique qui veut étendre sa domination sur le monde connu. Et souvent, ces histoires peu originales sont racontées par des auteurs à l'écriture très ordinaire. Eh bien, avec le sorceleur, me voici comblé. Un grand merci à Andrzej Sapkowski. Exit le naïf héros annoncé par une prophécie, pareillement pour sa longue mission ardue. Geralt de Riv appartient à la race des sorceleurs, ces êtres au physique étrange (cheveux blancs, yeux félins, etc.) qui le distingue des autres hommes, qui provoque le rejet, occupe la « profession » de tueur de monstres, de la succubes au plus terrifiant des ogres. Toute une spécialité ! Mais il a son code d'honneur qui lui est propre, ne pensez pas à lui demander de neutraliser un humain, non ! C'est aussi un individu solitaire mais il est capable de tisser des liens et il a son histoire, qu'on apprend petit à petit, au fil des rencontres. Par exemple, son amourette avec la magicienne Yennefer, son amitié avec le barde Jaskier, etc.
Un héros troublé, vous me direz, ça s'est déjà vu, et vous avez raison. L'autre façon dont cet ouvrage se distingue, c'est qu'il s'agit en fait d'un recueil de nouvelles. Geralt de Riv ne passe pas 400 pages à essayer de remplir une seule mission, le bouquin est constitué d'une dizaine de petites histoires, autant de « commandes », de monstres à éliminer. Et elles ne sont pas liées les unes aux autres. C'est donc rapide à lire, on ne perd jamais le fil.
Aussi, j'ai adoré les clins d'oeil aux contes merveilleux dans plusieurs de ces histoires. La première nouvelle faisait plusieurs références à la Belle et la Bête. J'ai retrouvé un peu plus loin les Sept Nains et ainsi de suite. Il ne s'agit pas de pastiche ni de parodie, ces éléments sont intelligemment insérés à la trame que l'auteur raconte. C'était drôle et rafraichissant. Et le style de Sapkowski est supérieur à beaucoup de romans de Heroic Fantasy. Un vocabulaire recherché, des dialogues intelligents, un bon sens du suspense, des descriptions suffisantes qui ne freinent pas l'histoire. Sur ce point, j'aurais aimé en voir un peu plus pour aider à créer une ambiance, à visualiser son univers, mais je suppose qu'il ne faut pas trop en demander…
Toutefois, là où les autres auteurs que je pourfendais un peu plus haut gagnaient des points, c'était dans la création d'un monde complexe. J'ai un peu l'impression que Sapkowski ne sait pas plus que ses lecteurs où son imagination l'entraine. Je ne sens pas une vision globale. D'ailleurs, il n'y a pas de cartes géographiques ni d'annexes ni quoi ce que soit pour nous aider à nous y retrouver. Quoique, ce n'était pas le but et rien ne l'y oblige, s'il peut délaisser certaines conventions, pourquoi pas celle-là aussi ?
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CasusBelli
  03 juillet 2020
J'aime décidément cette littérature et la variété de styles et d'univers qu'elle propose !
Il est amusant de constater que cette saga du "sorceleur" aura trouvé son lectorat essentiellement grâce à un jeu vidéo et une série sur Netflix, et si cette lecture était dans ma PAL depuis longtemps, je dois pourtant avouer que j'ai joué au jeu avant d'en tourner la première page.
C'est donc avec le sentiment de connaître un peu Jéralt de Riv que j'ai commencé cette lecture.
Le "dernier voeu" est un recueil de nouvelles (six) qu'il est préférable de lire (avec l'épée de providence) avant de commencer la saga proprement dite car elle "pose" le décor et le contexte de cet univers résolument "fantasy".
En passant, le "dernier voeu" est le titre de la sixième nouvelle, le moment où Jéralt fait la connaissance de Yenefer, autre personnage majeur de la saga.
Pour commencer à parler du livre, je dirais que l'auteur s'y entend pour raconter des histoires et créer un contexte. J'ai lu quelques réserves sur le style, pour ma part je l'ai trouvé sobre et précis, agréable même pour dire mon ressenti, un bel équilibre entre la mise en place du contexte, la psychologie des personnages et l'action, ajoutons que toutes ces nouvelles sont intéressantes à suivre et révèlent un personnage assez complexe en la personne de Jéralt.
Car si Jéralt ressemble de prime abord à un de chasseur de prime, à un tueur impitoyable (la réputation des sorceleurs), il sait faire preuve de discernement et d'une certaine morale, d'une certaine tolérance et d'une réelle finesse de jugement à l'encontre des nombreuses créatures qu'il croisera sur sa route, ce qui va nous donner des histoires variées et gardant chacune leur suspense.
Autre attrait, la découverte à dose homéopathique des sorceleurs et de leurs particularités, bref, j'ai apprécié cet apéritif et je vais passer à la suite avec confiance, cet univers me plait bien ;)
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lyoko
  03 janvier 2020
Cela faisait un moment que j'avais envie de lire ce roman. J'ai donc sauté le pas grâce à la série diffusée sur Netflix ( je regarderais la série plus tard d'ailleurs).
Je n'ai rien trouvé d'exceptionnel à ce premier tome. Nous sommes dans du déjà vu, avec des clins d'oeil aux contes de notre enfance. J'ai , il faut l'avouer, eu bien du mal a rentrer dans ce roman. J'ai trouvé l'écriture froide et distante , ce qui ne rend pas particulièrement attachant le personnage principal. Et puis la façon de faire de l'auteure avec des histoires décousues n'a pris sont sens que vraiment à la toute fin du roman.
Je reste donc sur ma réserve quand à la qualité et a l'attrait réel que je vais avoir avec cette série. Je me réserve le tome deux pour me donner un vrai avis, et pour savoir si je poursuis ou non la saga.
Une fin d'année en demi teinte avec deux déceptions (roman fini en début d'année) … j'espère que le premier roman entamé pour cette année sera meilleurs ( cela dit je n'ai pas pris de risque j'attaque par une nouvelle du King :)
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Dionysos89
  29 janvier 2020
Après avoir découvert les jeux vidéo The Witcher, voici qu'une nouvelle série télévisée (produite par Netflix) vient adapter les récits de fantasy médiévale écrits par le polonais Andrzej Sapkowski : le Sorceleur (Witcher en anglais, Wiedzmin en polonais). le dernier voeu est le premier tome (en VF) de la série de cet auteur et est en fait un recueil de nouvelles réunissant sept courtes histoires qui placent le décor et le personnage principal en situation.
La Voix de la raison
Les nouvelles sont en alternance avec des textes plus courts encore (des novelettes ?) qui dessinent une trame englobante. Ainsi, les petits épisodes de la Voix de la raison laissent à penser que Geralt de Riv narre ses aventures à une prêtresse, Nenneke. Celle-ci tente de protéger une de ses disciples, Iola, de l'influence masculine exercée par le sorceleur. Toutefois, au fil des récits entrelacés, on comprend vite que Geralt de Riv navigue un peu à vue entre ses petites aventures individuelles, ses relations avec certains amis de passage ou avec les petits seigneurs locaux (ici la prêtresse de Melitele) et ses démêlés avec les puissances politiques qui se jouent parfois de lui et de sa condition.
Le Sorceleur
Dans les environs de Wyzima, Geralt de Riv s'intéresse à l'existence de massacres auprès de l'ancienne résidence du roi local. Cette première nouvelle permet de prendre le pouls du personnage : assez froid, seulement guidé par son travail à effectuer, à l'affût de la moindre information. Cette aventure l'amène à affronter une strige dont l'origine est un peu particulière à la cour du roi Foltest. Intrigues de villages, règlements de compte amoureux… c'est un peu « bal tragique à Wyzima », mais au bout du compte, le Sorceleur doit bien venir à bout du monstre devant lequel tous les autres ont échoué. C'est l'occasion pour le lecteur de comprendre les origines mutantes de la corporation des sorceleurs, le fonctionnement des sorts et des potions ainsi que les stratégies mises en place en termes d'enquête, puis de combat à l'épée (en argent notamment).
Un grain de vérité
En allant vers sa prochaine étape, Geralt de Riv tombe par inadvertance sur une scène de massacre le long d'un chemin peu fréquenté, il explore donc les environs. Ce coup-ci, Andrzej Sapkowski s'inspire de la Belle et la Bête pour faire se rencontrer le Sorceleur et Nivellen, un petit seigneur transformé en ours augmenté de pouvoirs magiques. Cette variation, comme c'est souvent le cas avec la série du Sorceleur, joue de nos attendus pour renverser une partie du conte original ou le rendre plus tragique encore.
Le Moindre mal
En route pour Yspaden, Geralt tue une kikimorrhe, un animal plutôt malveillant dans les marais alentour, un insectoïde mi-araignée mi-scorpion. Il cherche à se faire payer ce service dans le bourg d'à côté, Blaviken, où il retrouve Caldemeyn, le maire de cette petite ville rédanienne. En manque de fonds, il sollicite le mage qui s'est installé dans le château local qui cherche finalement à recruter Geralt pour une autre affaire : l'enchaînement est intéressant, car le sorceleur n'a pas du tout idée de la quête dans laquelle il s'immisce sans le vouloir. Il se retrouve ainsi entre un mage roublard qui le répugne et une jeune princesse déterminée à se venger de lui. L'histoire de celle-ci s'inspire largement de Blanche-Neige et les sept nains avec une noble jalousée par une belle-mère qui prend conseil auprès de son miroir magique et qui exile sa belle-fille dans la forêt en voulant la tuer, celle-ci s'échappe et détourne sept gnomes de leur travail aux mines. Les détails qui transforment le conte initial sont forcément croustillants et donne un ton intéressant à la nouvelle, même si les réflexions répétées sur « le moindre mal » sont peut-être de trop.
Une question de prix
Bien malgré lui, Geralt se retrouve à la cour de la reine Calanthe qui règne sur Cintra. Elle cherche à l'embaucher pour tuer un monstre le jour où elle doit accorder la main de sa fille et héritière en fiançailles. Or, intervient lors de la soirée, un inconnu qui réclame sa récompense pour avoir jadis sauvé le roi, ce dernier lui ayant alors promis le « droit de surprise », c'est-à-dire le droit sur quelque chose que ni le sauveur ni le sauvé ne connaissent auparavant. Or, cette récompense, c'est la princesse Pavetta elle-même. Cette histoire est un peu longuette par moments et enchaîne l'action rapidement par d'autres. Pour autant, elle intéresse à au moins deux titres, puisqu'elle questionne encore une fois ce qu'on peut véritablement définir comme monstrueux, selon le point de vue choisi, et justifie le lien inaliénable qui unira désormais Geralt à Ciri, la fille à venir de Pavetta.
Le Bout du monde
Geralt est cette fois accompagné de Jaskier, le barde, saltimbanque éperdu de romantisme et de rimes lubriques. À force de vagabonder, ils finissent au fin fond de la cambrousse à tenter de trouver du travail pour Geralt là où les paysans patoisants ne racontent que des histoires de fantômes grivois, de dames blanches qui hantent les champs ou de chauves-souris qui tourmentent les enfants. Pourtant, dans un bled encore un peu plus loin, proche des montagnes qui semblent constituer le « Bout du monde », ils acceptent (surtout Geralt, puisque c'est lui qui fait tout le boulot) de mettre hors d'état de nuire un diable qui harcèle et rackettent un village. Racisme ordinaire et mouvement communautaire sont au programme de cette nouvelle dépaysante, mais un brin bourrine.
Le Dernier voeu
Geralt est encore affublé du barde Jaskier quand, en cherchant à pêcher de quoi manger, il tombe sur une amphore fermée d'un sceau magique. Celui-ci est malencontreusement ouvert et Jaskier hérite d'une vilaine blessure à la gorge. Geralt se met donc en quête d'une aide magique dans les villages alentour. C'est ainsi qu'il se retrouve au beau milieu de règlements de compte dans un village où sévit depuis quelque temps une sorcière dénommée Yennefer de Vengerberg. Cette rencontre bouleversera pour longtemps la destinée de Geralt de Riv.
Ce premier tome des aventures du sorceleur Geralt de Riv met donc en place tout un monde qui prend doucement sa cohérence, des personnages le plus souvent avec des personnalités riches et un bestiaire déjà fourni. Bien sûr, regarder en parallèle la série télévisée ou jouer au jeu vidéo donne tout de suite une approche beaucoup plus large de ce monde de fantasy.
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Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   22 mai 2018
Les gens […] aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l'impression d'être moins monstrueux eux-mêmes. Quand ils boivent comme des trous, qu'ils escroquent les gens, les volent, qu'ils cognent leurs femmes à coups de rênes, laissent crever de faim la vieille grand-mère, qu'ils assènent un coup de hache à un renard pris dans un panneau ou criblent de flèches la dernière licorne qui subsiste sur terre, ils aiment se dire que la Moire qui entre dans les chaumières au point du jour est plus monstrueuse qu'eux. Alors ils se sentent le cœur plus léger. Et ils ont moins de mal à vivre.

Le Bout du monde, I.
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SachenkaSachenka   15 avril 2017
- J'ai le sentiment que la mort qui me menace ne te bouleverse pas trop.
- Stregobor! dit Gerald. Ainsi va la vie. On voit toutes sortes de choses quand on voyage. Des paysans qui s'entre-tuent pour une borne au milieu d'un champ, que les escouades de deux régiments fouleront le lendemain pour massacrer les uns et les autres. Le long des routes, des pendus se balancent aux arbres ; dans les forêts, des bandits coupent la gorge des marchands. Dans les villes, on trébuche à chaque pas sur des cadavres abandonnés dans les caniveaux. Dans les châteaux, on se transperce à coup de poignard, et lors des banquets, c'est sans arrêt que l'on voit l'un ou l'autre convive rouler sous la table, empoisonné. Je m'y suis habitué. Alors pourquoi une mort qui menace quelqu'un devrait-elle me bouleverser, de surcroît, quand il s'agit de toi?
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NyukaNyuka   29 mai 2015
Les gens aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l'impression d'être moins monstrueux eux-mêmes. Quand ils boivent comme des trous, qu'ils escroquent les gens, les volent, qu'ils cognent leurs femmes à coups de rênes, laissent crever de faim la vieille grand-mère, qu'ils assènent un coup de hache à un renard pris dans un panneau ou criblent de flèche la dernière licorne qui subsiste sur terre, ils aiment se dire que la Moire qui entre dans la chaumière au point du jour est plus monstrueux qu'eux. Alors ils se sentent le cœur plus léger. Et ils ont moins de mal à vivre.
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BlackKatBlackKat   17 octobre 2015
Je me débrouille, dit le sorceleur en le regardant droit dans les yeux. Je me débrouille à peu près. Parce qu'il le faut. Parce que je n'ai pas le choix. Parce que j'ai vaincu en moi l'orgueil et la fierté de ma différence; parce que l'ai compris que l'orgueil et la fierté, même si c'est une arme contre la différence, sont une défense pitoyable. Parce que j'ai compris que le soleil brille autrement. Parce que les choses changent et que ce n'est pas moi le pivot de ces changements. Le soleil brille autrement et continuera à briller, il ne sert à rien de chercher à le décrocher, comme la lune. Il faut accepter la vérité, l'elfe, c'est une chose qu'il faut apprendre à faire.
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gouelangouelan   20 mars 2019
— Quand la Vivette vient, le terre fleurit et enfante, et si grand est son pouvoir que toutes les créatures naissent avec exubérance. Chaque peuple lui fait des offrandes de sa bonne récolte, dans le vain espoir que c'est son domaine et non pas celui d'un autre que la Vivette viendra visiter. Car ils disent aussi qu'un jour, pour sa fin, la Vivette s'installera parmi le peuple qui dominera les autres. Mais ce ne sont que des histoires de bonne femme. Car les presque sages disent que la Vivette n'aime que la Terre, qu'elle aime tout ce qui y pousse et y vit pareillement, sans faire de différence, qu'elle aime le petit pommier sauvage et le ver le plus chétif. À ses yeux, aucun peuple n'a plus d'importance que le plus frêle des pommiers sauvages, car enfin ils finiront tous par disparaître un jour et leur succèderont d'autres tribus. Alors qu'elle, la Vivette, est éternelle. Elle a été et sera toujours, dans les siècles des siècles.

p.284
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THE WITCHER Bande Annonce VF (2019)
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La série est l'adaptation du célèbre jeu vidéo.

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