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Andrzej Sapkowski (Copiste)Laurence Dyèvre (Traducteur)
ISBN : 2266151436
Éditeur : Pocket (14/04/2005)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 252 notes)
Résumé :
Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
11 mai 2017
J'adore le genre Heroic Fantasy mais je lis peu de romans qui y appartiennent car j'ai l'impression de toujours tomber sur la même histoire : quête menée par des individus de races différentes, lutte entre le Bien et le Mal ou bien contre un être maléfique qui veut étendre sa domination sur le monde connu. Et souvent, ces histoires peu originales sont racontées par des auteurs à l'écriture très ordinaire. Eh bien, avec le sorceleur, me voici comblé. Un grand merci à Andrzej Sapkowski. Exit le naïf héros annoncé par une prophécie, pareillement pour sa longue mission ardue. Geralt de Riv appartient à la race des sorceleurs, ces êtres au physique étrange (cheveux blancs, yeux félins, etc.) qui le distingue des autres hommes, qui provoque le rejet, occupe la « profession » de tueur de monstres, de la succubes au plus terrifiant des ogres. Toute une spécialité ! Mais il a son code d'honneur qui lui est propre, ne pensez pas à lui demander de neutraliser un humain, non ! C'est aussi un individu solitaire mais il est capable de tisser des liens et il a son histoire, qu'on apprend petit à petit, au fil des rencontres. Par exemple, son amourette avec la magicienne Yennefer, son amitié avec le barde Jaskier, etc.
Un héros troublé, vous me direz, ça s'est déjà vu, et vous avez raison. L'autre façon dont cet ouvrage se distingue, c'est qu'il s'agit en fait d'un recueil de nouvelles. Geralt de Riv ne passe pas 400 pages à essayer de remplir une seule mission, le bouquin est constitué d'une dizaine de petites histoires, autant de « commandes », de monstres à éliminer. Et elles ne sont pas liées les unes aux autres. C'est donc rapide à lire, on ne perd jamais le fil.
Aussi, j'ai adoré les clins d'oeil aux contes merveilleux dans plusieurs de ces histoires. La première nouvelle faisait plusieurs références à la Belle et la Bête. J'ai retrouvé un peu plus loin les Sept Nains et ainsi de suite. Il ne s'agit pas de pastiche ni de parodie, ces éléments sont intelligemment insérés à la trame que l'auteur raconte. C'était drôle et rafraichissant. Et le style de Sapkowski est supérieur à beaucoup de romans de Heroic Fantasy. Un vocabulaire recherché, des dialogues intelligents, un bon sens du suspense, des descriptions suffisantes qui ne freinent pas l'histoire. Sur ce point, j'aurais aimé en voir un peu plus pour aider à créer une ambiance, à visualiser son univers, mais je suppose qu'il ne faut pas trop en demander…
Toutefois, là où les autres auteurs que je pourfendais un peu plus haut gagnaient des points, c'était dans la création d'un monde complexe. J'ai un peu l'impression que Sapkowski ne sait pas plus que ses lecteurs où son imagination l'entraine. Je ne sens pas une vision globale. D'ailleurs, il n'y a pas de cartes géographiques ni d'annexes ni quoi ce que soit pour nous aider à nous y retrouver. Quoique, ce n'était pas le but et rien ne l'y oblige, s'il peut délaisser certaines conventions, pourquoi pas celle-là aussi ?
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BaronBreton
07 octobre 2012
Coupon court dés le départ à l'horrible cliché : personnage étrange, bizarrerie de la nature, meurtrier parfait, cheveux blancs, yeux nyctalopes, manteau noir, unique, etc.
Certes le gaillard Géralt de Riv est tout ça, ou presque mais le stéréotype s'arrête là ! (et surtout sur ce qu'il pourrait faire craindre au niveau de son histoire), il n'est pas le plus beau, le plus invincible, le plus sombre mystérieux et mal aimable qui joue la distance.
Mais je reviendrai sur ce gai luron plus tard !
Le dernier voeu est le premier tome de la Saga du Sorceleur (mais pas celui de l'histoire principale en 5 volumes). On nous propose donc de suivre l'histoire et les aventures de Géralt de Riv à travers une période de repos du personnage et des flashback : durant cette période de repos, Géralt aborde certains souvenirs avec d'autres personnages, puis le chapitre suivant fait directement rappel à cette l'anecdote. Ceci permet d'avoir comme un recueil de nouvelles et d'en apprendre plus sur le personnage, ses motivations et aussi son univers (classique mais toujours efficace).
Et bien que le personnage soit bien trempé, l'univers l'est aussi. Un univers qui fait sans cesse référence aux contes de fées que nous connaissons bien mais qui leur donne ici un cachet beaucoup plus réaliste : franchement, Blanche Neige aidée de 7 nains... Il est sur qu'elle aurait cherché à se venger de la méchante reine ! Et ceci n'est qu'un exemple quand on sait que Cendrillon, la belle et la bête et d'autres passent au même traitement "réaliste" et donc comique du récit !
Complété qui plus par un univers politique et d'intrigue assez fidèle à notre monde (tous ou presque tentent d'utiliser ou manipuler le Sorceleur pour des raisons politiques ou bassement personnelles), l'univers se veut finalement sombre mais drôle à sa manière car cassant certains cliché de la fantasy et du féérique. A la façon de la Compagnie noire de Glen COOK pour comparer/donner des références.
Et le personnage (oui nous y arrivons) est à l'image de son univers. de Riv n'est pas invincible, aussi bien physiquement que mentalement. Il ne sort pas toujours indemne d'un combat, et devant son monde qui évolue il se pose nombre de questions surtout vis à vis de son "métier" qui voit les monstres de plus en plus cohabiter avec les humains. le Sorceleur est tel un cowboy vivant les dernier instants du far-west.
Quand à sa mentalité et son look, le bougre est comme son univers : drôle et dur. Il est un parfait professionnel, froid et efficace (quand à ses cheveux, on nous donne l'explication rapidement au lieu d'attendre une révélation surprenante au 7ème tome *cliché*). Mais il est un chasseur de prime, non un tueur (le personnage de cow boy sans nom d'Eastwood étant un bon comparatif cette fois). Et drôle car le nombre de piques lancées au cours du récit sont importante, tel un enfant à la provocation facile ! Aussi bien avec ses ennemis qu'avec ses amis.
Ces derniers font d'ailleurs penser à une aventure de jeu de rôle : la sorcière, le troubadour et la prêtresse.
Mais l'aventure se suit de façon agréable car le monde évolue et son personnage avec. le chapitre ou de Riv propose à un maire de tuer un troll qui dévalise les gens pour passer un pont est un bon exemple : le maire menace de Riv ! le troll répare le pont et le protège, c'est un minimum qu'il exige un paiement. le sorceleur se dit qu'il sera bientôt au chômage et qu'il ne se voit pas cultivateur, car il ne sait rien faire d'autre que "tuer" des monstres...
Ainsi ce premier tome se lit avec beaucoup de plaisir, entre violence (voir même gore, de Riv étant terriblement efficace) et humour, "réaliste" et fantasy, le tout sans trop de fioriture. A la façon d'un jeu de rôle mais sans l'ennuie ou le manque de profondeur de personnage qu'on peut parfois y rencontrer
Avec en bonus un petit coup de "passage à la moulinette" pour nos contes de fées !
Géralt de Riv à tout pour plaire et si je m'étais lancé par curiosité et envie de lire ce premier tome, c'est avec un vrai plaisir et une réelle impatiente que le second me fait déjà les yeux doux !
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Skarn-sha
27 novembre 2011
C'est un livre découvert par hasard (de même que cet auteur polonais, véritable Tolkien aux yeux de son compatriotes).
Bien que l'histoire suive le héros, elle est découpé en sous-histoires, très courtes et indépendantes, (de quoi ravir les lecteurs occasionnels) dont voici le découpage :
La voix de la raison : Cette histoire, découpée en plusieurs parties et intercalée entre les autres, est la suite directe de la première nouvelle, le Sorceleur. Écrite après les autres récits, elle sert de fil conducteur entre ces derniers et raconte la période de convalescence de Geralt faisant suite à son combat contre la princesse Adda transformée en strige. Durant son séjour au temple de Melitele, il se remémore ses précédentes missions. Les différentes parties de l'histoire introduisent certains personnages récurrents de la saga du sorceleur dont Nenneke, la prêtresse de Melitele qui s'occupera plus tard de l'éducation de la jeune Ciri, et Jaskier, le troubadour et meilleur ami de Geralt.
le Sorceleur : Adda, la fille du roi Foltest, est déclarée morte à la naissance de sa mère. Mais sept ans plus tard, la princesse revint en tant que strige à cause d'une malédiction qui aurait été posé par la mère de Folstest qui ne supportait pas l'affection que le roi avait pour sa soeur. Chaque nuit de pleine lune elle s'éveille et sort de son cercueil pour aller se repaître de vivants. Geralt de Riv relève le défi de lui rendre son humanité en échange d'une rétribution conséquente. Cette première histoire introduit le personnage avec ses principales caractéristiques : mercenaire doué de capacités surhumaines ; individu vénal mais non dénué d'un certain sens de l'honneur. La princesse retrouva son apparence humaine. Cependant, elle a l'age mentale d'une enfant de 4 ans. Au cours du dés-envoutement, Geralt fut grièvement blessé au cou par un coup de griffe.
Un grain de vérité : Voyageant dans la campagne, le Sorceleur découvre le cadavre d'un marchand et celui de sa fille visiblement massacrés par une créature surnaturelle. Continuant son chemin, il arrive dans un château où il est accueilli par Nivellen, un affreux monstre. Contre toute attente, celui-ci se montre très affable et civilisé. Il lui raconte son histoire qui ressemble fort à celle de la Belle et la Bête, du moins en ce qui concerne son commencement. En espérant retrouver son apparence humaine, il invite de manière régulière de jeunes filles à passer un an en sa compagnie (il espère que les contes populaires aient un fond de vérité). La dernière jeune femme à être venue vivre avec lui est Vereena, une beauté au cheveux noir de jais. Cependant, la belle n'est pas ce qu'elle semble être : c'est une brouxe, une variété de vampire résistant à la lumière du soleil. Geralt ne s'en rendra compte qu'assez tard dans l'histoire. Tous les contes de fées et les magiciens s'accordent sur un point: il faut un amour sincère pour rompre les charmes. Aussi ténébreuse soit-elle, la brouxe était sincèrement amoureuse de Nivellen.
le moindre mal : Après avoir tué une dangereuse créature, appelée Kikimoorrhe, le Sorceleur se rend dans le village voisin en espérant une récompense. Il s'adresse au magicien du village en qui il reconnaît une vieille connaissance, le magicien Stregobor qui lui causa autrefois quelques ennuis. Celui-ci le supplie de l'aider car il est poursuivi par une femme, la « Pie Grièche » (Son histoire ressemble à celle de Blanche neige et les sept nains) Geralt devra opter entre les deux antagonistes en faisant le choix du « moindre mal ».
Une question de prix : La reine Calanthe, dite la lionne de Cintra, a embauché le Sorceleur pour abattre un monstre. Celui-ci a autrefois sauvé la vie du roi. En récompense de son action, il invoque la destinée qui le lie à la fille du roi. Il doit venir, au cours d'une soirée, réclamer le prix de son service, c'est-à-dire la main de la princesse Pavetta. Cette histoire est en lien directe avec la saga du sorceleur car Geralt, invoquant aussi la destinée, réclame à Duny ce qu'il possède déjà sans le savoir : Ciri, l'enfant que porte Pavetta.
le bout du monde : Dans une contrée éloignée, la vallée des fleurs, à la limite du monde où vivent encore les derniers Elfes, le Sorceleur est engagé par des paysans pour chasser un Sylvain, sorte de faune des bois. Ce dernier pille en fait les paysans pour aider les elfes réfugiés dans les bois. Les elfes menaceront la vie de Geralt et de son compagnon Jaskier, qui seront sauvés par l'intervention d'une créature très ancienne, la Vivette, qui n'est autre que l'esprit du renouveau et du printemps.
le dernier voeu : Alors qu'ils pêchent au bord d'une rivière, Geralt et son ami le barde Jaskier découvrent une étrange urne. Ils laissent échapper le Djinn qui se trouve à l'intérieur et qui a le pouvoir d'exaucer trois voeux. Cette histoire donne des informations sur la magicienne Yennefer et l'origine de l'amour que Geralt éprouve pour elle.
Sources : Wikipédia
Le second point notable est le caractère franchement atypiques des personnages détaillés dans ce livre, qu'ils soient héros, monstres ou simple paysans, et même si certains sont absurdes, tous sont fignolés.

J'aime assez le personnage du héros : solitaire, à mi-chemin entre le monde des monstres et des humains et rejetés par les deux et qui pourtant ne tue (humains ou monstres) sans nécessité.
C'est un héros taciturne, un tueur à gage mais beaucoup plus humain que la plupart de ses employeurs. Il reste fidèle à ses convictions et à son propre code de l'honneur.

L'auteur multiplie les clins d'oeils à des grands contes comme Blanche Neige (le chasseur, les 7 gnomes, la pomme empoisonnée…) ou à la belle et la bête (on frôle presque le remake dans certaines histoires), ce qui fait un peu sourciller mais qui n'apporte rien à l'histoire.
La lecture est très fluide et rapide en raison d'un grand nombre de dialogues. Dialogues que je trouve un peu trop nombreux à mon gout et surtout peu travaillés dans la forme.
En effet, je n'ai pas noté de réelle différence entre une conversation dans une taverne qu'à la cour royale.
Parallèlement à cela, je trouve que le bestiaires n'est pas assez détaillé. L'auteur se contente de nous lancer en pagaille le nom des monstres sans surplus d'explications. Toutefois, je pense que c'est peut être du au fait que ce livre soit en fait une suite dans laquelle ces explications ont déjà été fournis.
Au final, je pense que c'est un livre intéressant mais sans plus.
Lirais-je d'autres livres du même auteur ? Peut être.
Relirais-je une nouvelle fois ce livre ? Peu de chance.
Lien : http://lombredeskarnsha.blog..
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Le_plaisir_de_lire
28 mai 2017
Bien que grand amateur de jeux vidéo, et connaissant le Sorceleur de part les jeux, je dois avouer que je n'aime pas du tout la saga vidéoludique The Witcher. Très grand fan de jeux de rôle (mes jeux préférés sont presque tous des jdr), j'ai trouvé que le premier jeu The Witcher était un des pires dans cette catégorie. Bien que l'histoire prime, dans un jdr, le gameplay reste quand même important pour qu'on puisse qualifier un jeu de jeu. Or, si j'avais envie de passer 20h de jeu à appuyer sur la même touche en rythme pour faire avancer l'histoire, je ressortirai mon Guitar Hero de son placard (ou l'un de mes guitares électriques) et je n'irai certainement pas vers un jdr. Et je ne parle évidemment pas de l'interface injouable, du système de progression/talents très mal fait, etc.
L'histoire de ce premier jeu n'est vraiment pas assez forte pour contrer cette horreur absolue qu'est le gameplay, et c'est bien dommage.
Bref ! Revenons-en aux livres. « le dernier voeu » est le premier livre de l'auteur que je lis, et donc de l'univers du Sorceleur également. Il me fut prêté, et j'avoue l'avoir ouvert avec enthousiasme malgré mon avis sur le jeu. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis qu'en fait il s'agissait d'un recueil de nouvelles, vaguement reliées entre elles par quelques lignes romancées pour faire genre, alors que tout sur la couverture évoque (et cite carrément) le terme de roman !
C'est un détail c'est vrai, et certainement pas imputable à l'auteur, mais, malheureusement, les maisons d'éditions qui prennent un peu les lecteurs pour des jambons, ça m'énerve toujours.
Je ne vais pas détailler chaque nouvelle et donner mon avis sur chacune, mais elles sont d'un niveau inégal. Certaines sont très bonnes, d'autres moins, et d'autres encore vraiment très obscures et floues. On passe de l'une à l'autre sans trop avoir d'échelle de temps, de distance, de lieu, par rapport à la précédente, avec, du coup, l'intégration d'énormément de personnages qui sortent de nulle part et qu'on ne revoit plus.
Sur la forme, j'ai trouvé ça plutôt bien écrit, et la lecture se fait facilement. L'auteur a tout de même inventé pas mal de termes liés à son univers, un bestiaire qu'on imagine complet (seules quelques créatures font leur apparition ici) et un univers dans son ensemble plutôt cohérent. C'est vrai du coup que le tout est rendu flou par l'absence de carte ou de repères géographiques, car on nous bassine de tellement de lieux qu'on finit par être vraiment perdu.
Pour finir sur la forme, j'ai été assez troublé par l'emploi du « Tu » tout au long des dialogues. Autant je le comprend dans certains passages du livre mais ici il n'y a que le « Tu » du début à la fin, même quand un paysan lambda s'adresse à une reine ou un grand général. J'exagère un petit peu, mais c'est quasiment ça.
Sur le fond, et ce même dans les nouvelles qui m'ont beaucoup plu, j'ai trouvé des tas d'incohérences.
Geralt de Riv, le héros principal, est donc un Sorceleur. Sur la quatrième de couverture on nous parle de « tueur à gages« , alors qu'il passe son temps à dire qu'il n'en est pas un. Enfin, sauf à certains moments où d'un coup, il dit en être un.
Ensuite il n'y a pas de « code de bonne conduite des Sorceleurs« , mais Geralt s'en impose un. Qu'il suit un peu quand il veut cela dit. Un coup il peut tuer, d'autres fois il ne peut pas. Mais comme l'auteur ne nous donne que très peu d'infos sur ce fameux code ça sonne juste complètement incohérent. Bref, je ne vais pas toutes les faire, vous avez compris le principe.
Ca rend du coup le personnage de Geralt certes mystérieux et plutôt cool dans certains cas, mais aussi complètement abstrait voire aseptisé à certains moments.
Toujours sur le fond, il y a beaucoup de références à des contes de notre enfance. Blanche-Neige, Cendrillon, La Belle et la Bête … Ç'aurait pu être une très bonne idée si ç'avait été justement des références, et pas des contes entiers qui viennent se greffer au récit. Parce que pour faire simple, l'une des nouvelles est clairement La Belle et la Bête version cul (les paysans qui louent leurs filles au gros monstre riche vivant dans son château en échange de richesses, mais qu'en fait la plupart des filles ne veulent plus partir parce qu'elles ont aimé le sexe bestial …), et les références qui sont faites à Cendrillon et aux autres ne font certes pas de nouvelles entières, mais sont intégrées au récit par le biais d'un bulldozer.
Pour parler rapidement des autres personnages, ils ne sont pas folichons. Jaskier le troubadour est plutôt sympathique mais je l'ai trouvé rapidement épuisant. Et l'auteur a tellement voulu rendre les femmes Neneke et Yennefer bad-ass et cool (et sexy, sinon c'est pas assez cliché) qu'elles en deviennent des archétypes.
Malgré ses défauts, nombreux, je n'ai pas forcément passé un mauvais moment. La première nouvelle était vraiment excellente par exemple ! le tout est inégal, et avec tous les défauts que j'ai cité je ne vais pas lui donner la moyenne, mais quasiment !

Retrouvez la critique complète sur le plaisir de lire : http://www.leplaisirdelire.fr/sorceleur-tome-1-dernier-voeu-andrzej-sapkowski/
Lien : http://www.leplaisirdelire.f..
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RosenDero
01 mai 2016
Geralt est un sorceleur, un individu au statut ambigu. Révéré et conspué, il effraie autant que ce qu'il fascine. Et pour cause, comme tous les sorceleurs, Geralt n'est pas totalement humain ; encore enfant, il a subi des modifications dans le but d'en faire un être différent, et plus qu'un être, une arme affutée pour affronter le Mal et les créatures néfastes. Son statut de mutant le voue aux gémonies, mais son caractère réfléchi, cartésien et pragmatique, son adresse à l'épée et sa répartie lui permettent de venir à bout des créatures qu'on lui demande de bien vouloir combattre ou délivrer du Mal.
———
Dans ce livre, plusieurs nouvelles enchâssées dans une trame globale intitulée "La voix de la raison", relatent diverses aventures du sorceleur.
Individu hautement intéressant, loin des traditionnels héros, le sorceleur possède un statut ambigu de paria indispensable qui forme tout l'intérêt de l'univers créé par Andrzej Sapkowski. Les influences de contes populaires sont bien présentes, c'est un peu les contes de Grimm revisités, mais, plus largement, c'est surtout le rappel de traditions, de croyances, de superstitions qui régissaient encore la vie des hommes il y a peu. Geralt, le sorceleur, n'est autre que le joueur de flûte de Hamelin qui débarrasse les honnêtes gens de la vermine mais se fait flouer la plupart du temps sur de faux prétextes. Sauf qu'ici, le sorceleur ne cède jamais à la vengeance et, tel un cowboy solitaire, s'en va vers de nouvelles aventures.
Outre le personnage principal, l'univers, qui semble vaste et cohérent, est ici dépeint d'une manière qui incite à continuer la lecture dans les autres tomes : pas d'intrigues trop complexes qui ne s'éclaireraient qu'au 6e tome, pas de situations incompréhensibles pour qui n'aurait pas déjà une sérieuse connaissance des arcanes, pas de faux suspens qui ne tiendraient que par l'ignorance du lecteur, bref, une fluidité et une clarté appréciables, que les lecteurs occasionnels ou assidus sauront apprécier.
Côté aventures, on est servis ; Geralt rencontrera, dans le désordre, une princesse changée en monstre sanguinaire, une bête tombée sous le charme d'un vampire, une magicienne dont la beauté cache la puissance, un prince charmant qui a du piquant, un troubadour à la langue bien pendue, un diable taquin, un magicien paranoïaque, et j'en passe.
Chacune d'entre elle est un plaisir à lire et à vivre. Je mets au dessus du lot la dernière, celle qui donne son nom au recueil, "le dernier voeu" qui m'a cueilli d'une belle façon (je ne parle pas de la romance que je trouve, comme toujours dans la fantasy et jusqu'à preuve du contraire, un peu niaise).
L'atmosphère qui se dégage du récit est à la fois sombre et drôle, comique et terre-à-terre. Aucune concession n'est faite, ni lors des combats, ni lors des débats d'idée. La religiosité est décriée, de même que l'avidité, les machinations politiques, le racisme, l'égoïsme, le communautarisme etc.
Pour conclure : j'ai dévoré ce tome et je vais vite fait me commander le suivant. Je conseille donc vivement (avec un petit bémol quant au public : 14+, peut-être, pour quelques subtilités, tournures complexes ou sujets moyennement adéquats. Ce n'est pas de la littérature jeunesse à proprement parler.).
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Citations & extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka15 avril 2017
- J'ai le sentiment que la mort qui me menace ne te bouleverse pas trop.
- Stregobor! dit Gerald. Ainsi va la vie. On voit toutes sortes de choses quand on voyage. Des paysans qui s'entre-tuent pour une borne au milieu d'un champ, que les escouades de deux régiments fouleront le lendemain pour massacrer les uns et les autres. Le long des routes, des pendus se balancent aux arbres ; dans les forêts, des bandits coupent la gorge des marchands. Dans les villes, on trébuche à chaque pas sur des cadavres abandonnés dans les caniveaux. Dans les châteaux, on se transperce à coup de poignard, et lors des banquets, c'est sans arrêt que l'on voit l'un ou l'autre convive rouler sous la table, empoisonné. Je m'y suis habitué. Alors pourquoi une mort qui menace quelqu'un devrait-elle me bouleverser, de surcroît, quand il s'agit de toi?
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NyukaNyuka29 mai 2015
Les gens aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l'impression d'être moins monstrueux eux-mêmes. Quand ils boivent comme des trous, qu'ils escroquent les gens, les volent, qu'ils cognent leurs femmes à coups de rênes, laissent crever de faim la vieille grand-mère, qu'ils assènent un coup de hache à un renard pris dans un panneau ou criblent de flèche la dernière licorne qui subsiste sur terre, ils aiment se dire que la Moire qui entre dans la chaumière au point du jour est plus monstrueux qu'eux. Alors ils se sentent le cœur plus léger. Et ils ont moins de mal à vivre.
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BlackKatBlackKat17 octobre 2015
Je me débrouille, dit le sorceleur en le regardant droit dans les yeux. Je me débrouille à peu près. Parce qu'il le faut. Parce que je n'ai pas le choix. Parce que j'ai vaincu en moi l'orgueil et la fierté de ma différence; parce que l'ai compris que l'orgueil et la fierté, même si c'est une arme contre la différence, sont une défense pitoyable. Parce que j'ai compris que le soleil brille autrement. Parce que les choses changent et que ce n'est pas moi le pivot de ces changements. Le soleil brille autrement et continuera à briller, il ne sert à rien de chercher à le décrocher, comme la lune. Il faut accepter la vérité, l'elfe, c'est une chose qu'il faut apprendre à faire.
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SachenkaSachenka10 avril 2017
- [...] Aridea s'adressait assez souvent à son miroir...
- En lui posant la question traditionnelle, je suppose, coupa Geralt : «Dis-moi qui est la plus belle?» D'après ce que je sais des miroirs de Nehalena, ils se divisent en miroirs aimables et en miroirs brisés.
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BlackKatBlackKat13 octobre 2015
Ainsi va la vie. On voit toutes sortes de choses quand on voyage. Des paysans qui s'entre-tuent pour une borne au milieu d'un champ, que les escouades de deux régents fouleront demain pour s'y massacrer les uns les autres. Le long des routes, des pendus se balancent aux arbres; dans les forêts, des bandits coupent la gorge des marchands. Dans les villes, on trébuche à chaque pas sur des cadavres abandonnés dans les caniveaux. Dans les châteaux, on se transperce à coup de poignard, et lors des banquets, c'est sans arrêt que l'on voit l'un ou l'autre convive rouler sous la table, empoisonné. Je m'y suis habitué. Alors pourquoi une mort qui menace quelqu'un devrait-elle me bouleverser, de surcroît, quand il s'agit de toi?
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