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José Saramago (Traducteur)
EAN : 9782020368049
352 pages
Seuil (18/03/1999)
4.08/5   103 notes
Résumé :
Raimundo Silva est un quinquagénaire à la vie bien réglée, correcteur exemplaire dans une maison d'édition, jusqu'au jour où, saisi par quelque démon, il apporte une modification à un manuscrit. D'un mot, un non à la place d'un oui, il change le sens du livre en même temps que l'histoire du Portugal.

Suite à cet incident, l'existence de Raimundo va à son tour être bouleversée. Tout en se découvrant une passion pour sa nouvelle chef de service, et infl... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Un poche de 342 pages, mais un pavé de par la densité du texte. Saramago est avare d'alinéas et s'il y a de nombreux dialogues, ils ne sont jamais présentés avec des tirets, toujours en un seul paragraphe, les interventions des locuteurs successifs étant au mieux séparés par des points et des majuscules.

Un défi pour la lectrice ou le lecteur? Moins qu'il n'y parait au départ. La difficulté est seulement de s'habituer à une présentation différente. Plutôt une façon de pratiquer sa flexibilité cognitive…

Le point de départ du roman, c'est un correcteur expérimenté, qui a toujours agi avec un grand professionnalisme, mais qui décide de changer un mot dans le roman historique qu'il révise. Et un mot peut changer l'histoire…

On aura plein de réflexion sur le travail du correcteur et de l'écrivain, sur la documentation historique, avec en plus des touches d'humour qui font sourire et même la poésie d'une histoire d'amour. Et bien sûr, il y a Lisbonne, au moment où elle tombe aux mains de ces Lusitaniens qui deviendront les Portugais.

Une lecture intéressante et instructive !

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C'est le livre que j'aurais dû lire avant de visiter Lisbonne. Je n'aurais pas renoncé à la visite du Castelo Sao Jorge, j'aurais cherché les portes dans les murailles, j'aurais aussi cherché la fenêtre de Raimondo Silva dans son appartement de la colline du château. Je l'aurais imaginé descendant les marches vers l'Alfama…et sans doute notre promenade au Largo das Portas do Sol aurait eu une saveur particulière.

J'aurais aussi été plus attentive aux exploits d'Afonso Henriques que nous avons croisé un peu partout de Guimarães à Alcobaça. Nous serions peut être entrées à Santarem au lieu de l'éviter…

.

Pourtant je l'avais emporté dans les bagages. Je ne suis pas entrée tout de suite dans le style de Saramago, il m'a fallu plusieurs chapitres avant que je ne m'habitue aux continuelles digressions et avant que je n'y prenne goût. Parce que les digressions sont le charme de ce roman. Digressions et sauts dans le temps. Dans un – très long – paragraphe, nous passons de la vie quotidienne du correcteur qui va déjeuner à la crèmerie à la vie des Maures assiégés au 12ème siècle.

Raimondo Silva est correcteur dans une maison d'édition. Je n'imaginais pas le métier de correcteur, je n'imaginais surtout pas les recherches encyclopédiques que s'impose le correcteur. Recherches de l'erreur orthographique, de la correction de la syntaxe, mais aussi de la vérité historique…

Et justement, le correcteur se rebelle, au lieu de laisser Oui, les Croisés vont aider Dom Afonso Henriques, il corrige Non, les Croisés refusent.

Scandale !

Il se trouve contraint de réécrire l'Histoire du siège de Lisbonne. le correcteur devient écrivain. Comment va-t-il s'en tirer? Les Maures vont-ils rester à Lisbonne ? Les Portugais – Lusitaniens, ou Galiciens, vont-ils devenir des super-héros ?

Plaisir de l'écriture, curiosité de l'Histoire.

J'ai moins aimé l'histoire d'amour, nécessaire pour la cohérence du roman. Histoire trop naïve de ce vieux garçon qui découvre l'amour, avec une rose blanche …


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Raimundo Silva corrige pour une maison d'édition le manuscrit d'un historien Histoire du siège de Lisbonne. Ce quinquagénaire à la vie bien réglé et au professionnalisme reconnu commet l'acte incroyable de modifier le texte : "Non, en l'an 1147, les Croisés ne vont pas aider le roi Alfonso Henriques à assiéger Lisbonne et en chasser les Maures". Transformant le texte initial, il modifie l'histoire du Portugal et va se découvrir un autre homme. Amoureux de sa supérieure hiérarchique qui a reconnu la supercherie, il répond à sa demande et devient à son tour écrivain.

L'auteur s'amuse alors à nous promener dans la Lisbonne d'autrefois et celle de son personnage principal, passé et présent se chevauchent et s'entremêlent d'autant plus facilement que la typographie utilisée forme un récit compact sans ponctuation particulière pour les dialogues.

Les digressions nombreuses sont particulièrement intéressantes et amusantes : réflexions sur l'histoire, les religions, le travail de correcteur et celui d'écrivain, le sentiment amoureux, on a parfois du mal à suivre !

Roman faussement historique, drôle et intelligent, une belle découverte.

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J'ai déjà fait mention, dans ces pages, de mon admiration pour les traducteurs. Grande consommatrice de littérature étrangère, je suis d'autant plus sensible à leur travail que si j'ai plaisir à voyager par mes lectures, je suis aussi très attachée à la beauté de la langue. Aussi ma curiosité fut-elle titillée en découvrant la 4e de couverture : on y lit que le personnage principal de ce roman, Raimundo Silva, est un traducteur qui décide de prendre quelques libertés avec le texte d'origine sur lequel il travaille.

Voilà un homme dévoué à son métier, consciencieux, fidèle à la même maison d'édition depuis plusieurs années. Un homme à la vie aussi rangée que le sont les mots dans les pages d'un dictionnaire ! Un homme qui pourtant, alors qu'il traduit un ouvrage laissant peu de place à la fantaisie, décide de changer un oui en non : non, les Croisés n'aideront pas Dom Alfonso Henriques à reconquérir Lisbonne ! Ce qui a pour conséquence de modifier considérablement le sens de l'histoire, mais pas seulement : ce faisant, R. Silva n'imagine pas à quel point il va bouleverser également le cours de sa propre existence ! Car rapidement, l'erreur est découverte et le traducteur vertement tancé par ses patrons ! Seule la nouvelle chef de service, Maria Sara, semble trouver un certain intérêt à la chose - à moins que ce ne soit le traducteur lui-même qui éveille sa sympathie !

Dès lors, Saramago nous mène sur un double chemin : celui du traducteur invité par Maria Sara, dont il tombé amoureux, à réécrire l'histoire au départ de ce oui changé en non et celui du siège de Lisbonne, aventureux, foisonnant, conté avec verve et panache. Les récits s'entremêlent dans un style narratif qui sied particulièrement bien au sujet : phrases longues et peu ponctuées, texte quasi ininterrompu confèrent un rythme soutenu à l'ensemble. L'humour et l'érudition de l'auteur achèvent de rendre la lecture de ce livre passionnante et exaltante.


Lien : http://www.livredailleurs.bl..
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Déception avec ce livre de José Saramago.

Le sujet de départ m'a plu mais pas le traitement. Un homme travaille chez un éditeur, il corrige des épreuves et un jour, après de longues années de professionnalisme reconnu, il falsifie volontairement une histoire (l'histoire du siège de Lisbonne du titre) en ajoutant un mot. le mot changement radicalement le sens de l'Histoire : « les croisés n'aident pas les portugais à reprendre Lisbonne aux sarrasins » (en 1147) à la place de « les croisés aident les portugais à reprendre Lisbonne aux sarrasins ».

En fait la première partie est intéressante mais le roman s'enlise, l'écriture compacte n'arrange en rien les choses.

Bref une rencontre ratée ….alors que j'en attendais beaucoup après avoir été captivée par l'aveuglement et Les intermittences de la mort.

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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation

Il fait beau, expression synthétique qui en fait signifie simplement qu’il ne pleut pas, car, lorsque nous disons souvent Il fait beau mais il fait froid, ou Il fait beau mais il fait du vent, nous ne disons jamais et nous ne dirons jamais, Il fait beau mais il pleut.

(Points, p. 155)

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Il est évident que j'en saurai plus en arrivant au bout de ma promenade, mais il est certain aussi que j'en saurai moins, du fait même que j'en saurai plus, en d'autres termes, je vais essayer de m'expliquer, la conscience d'en savoir plus suscite en moi la conscience d'en savoir peu, et d'ailleurs cela donne envie de se demander ce que c'est que savoir.

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Raimundo Silva comprit ce qu'on attendait de lui, les mots exigent d'autres mots, c'est tout à fait vrai, d'où l'expression Une parole attire l'autre , mais il n'est pas moins vrai que sans le bon vouloir d'un des interlocuteurs, il n'y a de discussion à deux, imaginons que Romeiro n'ait pas réagi à la curiosité fatale de l'écuyer Telmo, les choses se seraient probablement arrangées et il n'y aurait eu ni conflit, ni drame, ni mort, ni malheur généralisé, ou bien supposons qu'un homme demande à une femme, Tu m'aimes, et que celle-ci se taise, se bornant à le regarder, énigmatique et distante, refusant de dire le Non qui l'anéantira, ou le Oui qui les anéantirait tous les deux, et concluons-en donc que le monde se porterait bien mieux si chacun se contentait de ce qu'il dit, sans attendre de réponse ou, mieux encore, sans réclamer ni souhaiter de réponse. (p. 87/88)

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Excusez-moi, je n'avais pas intention de vous blesser, Je ne suis pas susceptible, continuez, dites-moi plutôt pourquoi vous vous sentez aussi amer, ou sceptique, comme vous voudrez, Considérez donc, monsieur, la vie quotidienne des correcteurs, pensez à la tragédie qu'est devoir lire une fois, deux fois ou quatre, ou même cinq fois des livres qui, Probablement ne mériteraient même pas d'être lus une seule fois,

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Toutefois et bien que je n'aie pas l'intention de signaler d'autres contradictions, à mon humble avis, monsieur, est littérature tout ce qui n'est pas la vie, L'histoire aussi, Surtout l'histoire, sans vouloir vous offenser, Et la peinture, et la musique, La musique résiste depuis qu'elle est née, elle va, elle vient, elle cherche à s'affranchir des mots, par jalousie, je suppose, mais elle retombe toujours dans l'obéissance, Et la peinture, La peinture, elle, n'est rien d'autre que de la littérature fabriquée avec des pinceaux,

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Videos de José Saramago (80) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de José Saramago
Charlotte Ortiz, traductrice de "Traité sur les choses de la Chine" de Frei Gaspar da Cruz (ouvrage à paraître) nous fait le plaisir de nous parler de deux livres importants pour elle. "L'aveuglement" de José Saramago, roman parlant d'une pandémie ... elle vous en dira plus et, "Européens et japonais, traité sur les contradictions et les différences de moeurs" de Luís Froís où il est question, entre autres, de genre, de cuisine et de belles perspectives ;) !
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