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ISBN : 2845637314
Éditeur : Xo Editions (07/05/2014)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 159 notes)
Résumé :
Septembre 1940. L’offensive allemande éclair débute par une action magistrale en Belgique : la prise du fort d’Eben-Emael.
L’Occupation commence.
À Paris, les Allemands profitent des plaisirs de l’existence. Les bordels ont rouvert. Dans l’un d’entre eux, l’arrivée d’une nouvelle pensionnaire fait sensation : Mademoiselle France est non seulement belle à tomber, mais elle est aussi exigeante. Elle et elle seule décide quels hommes peuvent jouir de ses ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  25 septembre 2015
Mouais... bof...
Et là je suis actuellement aussi motivée à écrire cette critique que Romain Sardou l'a été à écrire son bouquin.
Voilà exactement le genre de livre que j'aurai normalement dû abandonner avant la fin. Je n'ai qu'une vie et des milliers d'autres livres qui m'attendent, donc peu de temps à perdre avec un roman écrit à la va-vite. Mais j'ai tenu bon (on n'est pas à un paradoxe près). J'ai tenu parce que c'est Sardou et que je l'aime bien... En revanche il a eu ce qu'il mérite: je l'ai lu à la va-vite.
L'histoire se déroule sur une période de six ans entre 1940 et 1946 et donc pour les plus observateurs, ça tombe pile poil pendant la deuxième guerre mondiale. On démarre par un fait divers sordide: viol et meurtre par deux allemands chez une petite famille d'un coin reculé de la Somme. Autant dire que ce n'est pas tres réjouissant mais le ton semble donné: ce sera tragique, dramatique, nimbé de violences et de détresses. Sauf que non en fait... Car plouf, on passe du coq à l'âne et nous voilà plongé les deux tiers suivants au coeur du Paris sous l'Occupation à suivre les aventures d'une maison close huppée. France, la prostituée de luxe éponyme du roman, fraîchement débarquée de sa province, diaboliquement belle, envoûtante et mystérieuse à souhait y fait tourner la tête à tous les hauts gradés allemands qui ont le malheur de croiser sa route, et les fait de surcroît diablement tourner bourrique la friponne. Et là, faut pas nous prendre pour des benêts Romain, on voit venir le truc à des kilomètres! On a vite pigé qu'il y a un lien avec cette histoire de meurtre du début (sinon quel intérêt d'en faire un premier chapitre?), que la vengeance sur l'ennemi allemand sera l'obsession de la dame, et on voit clair comme Chazal (soupir, fatigue de fin de semaine, mea culpa...) dans son double jeu.
Et donc pendant des pages et des pages, on parle sexe, argent, pouvoir, complot. Ouais, ça paraît attractif vu comme ça, mais ne vous emballez pas, on tourne vite en rond. Anecdotes historiques diverses baclées, personnages beaucoup trop nombreux et sans épaisseur car baclés, écriture baclée. Sardou prend six ans de guerre comme support de son intrigue et veut trop en faire en 200 pages, donc autant dire qu'il parle de tout et donc de rien. C'est rude car on sent qu'il s'est appliqué le garçon, et qu'il a envie de tout caser dans son ptit bouquin, mais désolée, faut trier mon ami: on ne peut pas tout balancer comme ça à la tronche des lecteurs et débrouillez vous.. Alors c'est dommage car je pense sincèrement que j'aurai apprécié ce roman avec moins de faits, et des anecdotes plus abouties plutôt que cette chronologie bon marché indigne de son talent.
Mais finalement je ne regrette tout de même pas d'être aller au bout, le dénouement étant peut-être la seule note positive qui sauve du naufrage. En effet, le rythme s'accelère enfin sur les derniers chapitres, les pièces du puzzle se mettent en place et la redoutable France dévoile ses cartes. Bon ça reste quand même sans réelle surprise et relativement attendu.
Conclusion: pas le meilleur Sardou, les lacs du connemara etaient sacrément meilleurs (re-soupir, hop au lit)
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Clubromanhistorique
  05 septembre 2015
Mai 1940. La prise du fort d'Ében-Émael en Belgique, le plus puissant fort d'Europe réputé comme imprenable, marque le début de l'offensive allemande. Parmi les hommes engagés dans cette opération, les officiers Friedrich Grimm et Peter Böhm. Peu de temps après, ces deux hommes se retrouvent dans la Somme, dans le manoir appartenant à la famille Riquier et réquisitionné par les forces allemandes. Une demeure qu'ils quittent précipitamment dès le lendemain, direction Paris, après avoir mis le feu au manoir pour effacer toutes traces de leurs exactions, tuant par là même ses trois occupants : Émilienne Riquier, son mari Alfred et leur jeune fils François.
Septembre 1940. Dans le Paris occupé par les Allemands, une jeune prostituée venue de province, France, se fait engager dans la célèbre maison close le Sphinx, dont les clients appartiennent à la fine fleur de l'armée allemande. Sa beauté est si fascinante que Freda, la gérante de la maison close, accepte sans sourciller ses conditions : elle veut rester libre de choisir ses clients, à savoir des hauts gradés du Reich, et de pouvoir partir lorsqu'elle le souhaitera. Enfin, nul ne doit farfouiller dans ses affaires, qui se résument à une simple valise.
Très vite, la réputation de France fait le tour de Paris et les officiers allemands défilent au Sphinx dans l'espoir de passer quelques heures avec cette femme d'une beauté ensorcelante et d'une froideur troublante. Sa route croise rapidement celle de l'officier Friedrich Grimm, mais France se refuse à lui dans un premier temps avant de céder à ses avances et de quitter le Sphinx pour un appartement parisien où elle retrouve l'officier, qu'elle finit par épouser. Oui, France est belle, France est mystérieuse, France est intrigante, mais, surtout, France dissimule un terrible secret...

UN CONTEXTE HISTORIQUE PAS ASSEZ CONSISTANT
Avec ce roman, Romain Sardou se frotte pour la première fois à la période complexe de la Seconde Guerre mondiale et notamment à la période de l'Occupation à travers le personnage de France, une jeune prostituée ambiguë, qui présente tous les signes d'une « collabo » mais qui n'est pas celle qu'on croit… Grâce à ce personnage, on se familiarise avec la dureté et les faux-semblants de cette période trouble : la lâcheté ordinaire, les diverses formes de collaboration, le cynisme des conquérants, la bravoure des résistants, les petits arrangements, la débauche, la débrouille, etc.
Si la vie au quotidien est plutôt bien retranscrite même si elle ne l'est pas assez, il n'en va pas de même avec le contexte historique. Pourtant, le premier chapitre, consacré à la prise du fort d'Ében-Émael, témoigne d'un travail de documentation poussé, peut-être trop – ce qui peut décourager ou décontenancer de prime abord le lecteur –, mais, par la suite, Romain Sardou abandonne cette précision historique : il y a un gros déséquilibre entre ce premier chapitre et le reste du roman, l'auteur ne parvenant pas à trouver un juste milieu. Parfois, le contexte historique est remis en avant et on replonge immédiatement dans l'intrigue. Ce déséquilibre se retrouve aussi dans les notes figurant à la fin du roman : certaines précisions sont tellement minutieuses qu'elles en deviennent parfois sans intérêt, purement descriptives. En outre, il aurait été plus intéressant de les faire figurer en notes de bas de page même si leur longueur ne le permettait pas toujours, car, là, on rechigne à interrompre sa lecture pour aller les consulter. Et, justement, cette longueur est "anormale" : soit ce sont des notes et elles doivent être courtes ; soit il s'agit d'un rappel du contexte et le texte trouve légitimement sa place en début ou fin d'ouvrage. Ainsi, il aurait été intéressant d'avoir un petit aperçu de la vie interlope (maisons closes, marché noir, etc.), de la collaboration et plus généralement de la vie au quotidien dans le Paris occupé. Car comment les gens pensaient et vivaient au quotidien ?
Le manque de détails historiques est le point faible de ce roman : à la fin de sa lecture, on n'a pas appris grand-chose sur l'Occupation. Cependant, le personnage principal reconnaît elle-même à la fin du roman être restée totalement dans l'ignorance des faits de guerre tandis qu'elle découvre l'existence des camps de la mort. Le roman est vraiment centré sur l'idée fictionnelle d'une vengeance.
À titre personnel, le récit de la prise du fort belge, l'évocation du pillage des capitaux industriels français par le IIIe Reich ainsi que l'expression des vieilles rancoeurs françaises et allemandes sont les aspects qui m'ont le plus intéressée dans ce roman. En effet, à plusieurs reprises, l'auteur, par la voix de ses personnages, retranscrit les haines ancestrales, qui sont autant d'explications des conflits passés ou à venir. Ce sont des éléments de réflexion très intéressants pour comprendre le passé mais également le présent...

UN STYLE PASSE-PARTOUT
Loin d'être péjoratif, ce qualificatif indique simplement que ce roman, d'une lecture facile et rapide, s'adresse à un public très large, mais plutôt à un lectorat qui n'est pas en attente d'informations approfondies sur L Histoire. Car le lecteur qui espère ressortir de la lecture de ce roman en ayant appris plein de choses sur la Seconde Guerre mondiale sera forcément déçu. Quels sont les ressorts de ce style ? Une présence importante des dialogues et des mises en situation mais peu de descriptions, des chapitres assez brefs, des phrases courtes et fluides, un vocabulaire standard. Bref, tout donne l'impression que Romain Sardou a cherché par ce roman à s'adresser au plus grand nombre et à proposer un roman "facile" (ce qui ne signifie pas qu'il a été facile à écrire), un roman où le contexte historique n'est qu'un prétexte pour nous raconter une histoire.

UNE HISTOIRE DE VENGEANCE
Mais si le cadre historique est si peu mis en avant, et de manière maladroite, qu'en est-il de l'intrigue et des personnages ? Eh bien, il faut reconnaître que l'auteur est plutôt talentueux, mettant en place une histoire intelligente qui mêle faits réels et fiction, même si parfois certains faits semblent peu crédibles, dans un Paris occupé où se mêlent les vainqueurs, ceux qui se soumettent malgré eux, ceux qui collaborent et ceux qui résistent. le fil conducteur ? France et sa vengeance. C'est d'ailleurs le seul vrai personnage qui possède une véritable épaisseur, tous les autres personnages ne sont qu'esquissés, mais cela suffit dans le cadre de ce roman où France est LE personnage, incarnant une véritable héroïne de tragédie grecque. Laquelle se construit un personnage pour mieux assouvir sa vengeance, au point de s'oublier elle-même. Un personnage courageux, déterminé, machiavélique, qui tire les ficelles pour arriver petit à petit à ses fins sans précipitation…
Même si l'on émet assez vite quelques hypothèses, l'auteur parvient à disséminer les indices tout au long du roman permettant ainsi de conserver un certain suspense jusqu'à la fin. Car alors vient le moment du dénouement d'une violence psychologique forte, puis les explications...
Quoi qu'il en soit, le lecteur est mis à distance en raison du choix du narrateur qui se contente d'observer les faits sans nous donner accès aux sentiments et aux émotions des différents personnages : l'on voit France pleurer, France vomir, mais que se passe-t-il dans sa tête ? Alors que l'histoire est intéressante, ce roman donne l'impression d'un manque de profondeur, il n'est pas assez incarné par ses personnages.
Lien : http://romans-historiques.bl..
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LaBiblidOnee
  22 août 2014
J'ai découvert Romain SARDOU cet hiver avec ses contes de Noël, mais j'étais très loin de savoir qu'il écrivait également d'aussi beaux et intéressants romans que celui-ci. Derrière la très belle couverture de ce livre se déroule l'histoire – et je vous laisse apprécier la métaphore et le symbolisme à peine voilés de ce livre - de Mademoiselle France, une prostituée énigmatique du Sphinx, club très prisé par les occupants allemands pendant la seconde guerre mondiale. Fraîchement débarquée à Paris, cette sublime créature, française, n'accepte comme clients que des hauts fonctionnaires allemands.

Sa classe, sa beauté et sa façon de parler de l'Allemagne feront d'elle plus qu'une simple prostituée de luxe : Elle cèdera bientôt aux avances d'un dignitaire allemand habitué du Sphinx, qu'elle épousera. Comment une française peut-elle épouser ce haut fonctionnaire allemand qui, sans scrupule, commet chaque jour plus d'exactions et d'horreurs envers les Français ? Est-ce par stratégie de protection, ou par conviction profonde... Ou encore pour une autre raison bien plus personnelle et moins avouable... que Fräulein France fréquente volontairement l'occupant ?

*****
C'est ce que nous découvrirons à la lecture de ce récit passionnant qui nous offre un point de vue différent, celui de l'occupant, le revers de la médaille. S'appuyant sur le cours de l'Histoire, Romain SARDOU tisse la toile du drame qui va se jouer sous nos yeux à l'aide d'un rythme agréable, et d'anecdotes réelles qui soutiennent des rebondissements inventés. Inventés ? Peut-être. Ou peut-être pas : de nombreuses horreurs ont été commises en temps de guerre, des haines puissantes se sont formées, des vengeances virulentes se sont construites, et peut-être ont-elles été parfois assouvies.

Je suis immédiatement entrée dans l'histoire de ces occupants allemands et de cette Mademoiselle France qui m'a intriguée presque autant qu'elle intriguait les fonctionnaires qu'elle s'efforçait de séduire. le style intimiste de l'auteur y est pour beaucoup, ainsi que cette période de l'Histoire choisie pour contexte. Mais j'ai également beaucoup apprécié la construction : Un roman où les indices disséminés orientent notre lecture, sans trop nous en dire pour conserver un certain suspense jusqu'à la fin : Cette Mademoiselle France, au passé si mystérieux, est-elle réellement celle qu'elle prétend être ? Quel est le combat qu'elle semble avoir hérité d'un passé qui tient dans une valise minuscule, comment va-t-elle le mener et va-t-elle le gagner ?

On soupçonne bien certaines choses mais l'on attend les explications et surtout le dénouement avec plaisir puisqu'il est si agréable de se laisser raconter cette histoire par l'auteur. le rythme posé du départ s'accélère à mesure que les pions sont en place, que le dénouement approche et que les protagonistes ont l'impression de toucher au but, comme un coeur battrait plus vite en vue de la victoire ou de la délivrance… Voici un livre avec une vraie fin, et dont la boucle est bouclée à l'issue d'une lecture passionnante. Je sais qu'on peut hésiter à découvrir cet auteur à cause de son nom, pourtant je trouve qu'il mérite qu'on s'intéresse à ses romans : L'avez-vous déjà lu, avez-vous aimé ses écrits ?

Pour élargir un peu, vous pouvez lire également un très beau roman sur l'immédiat après-guerre et les conséquences sur les populations civiles : « Les haines pures », d'Emma LOCATELLI, construit un peu comme un thriller où il est encore plus difficile de se douter de l'issue et où l'on plonge au coeur des magouilles et maquis de la résistance. Sont également de belles et intéressantes lectures : « le Manoir de Tyneford » de Natasha SOLOMONS sur la seconde guerre mondiale, ainsi que « Tous les salauds ne sont pas de Vienne » d'Andréa MOLESINI, sur la première guerre mondiale (les avis que je n'aurais pas transférés ici figurent au moins sur mon blog).
Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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Alapagedeslivres
  09 août 2015
Ce roman est intéressant car il évoque des événements et faits historiques que je connaissais pas comme l'invasion de la Belgique (avec la bataille de Eben-Emael), les rumeurs et entre autres les relations (?) entre Pétain et De Gaulle, ce héros aveugle résistant dont on ne parle pas dans les livres scolaires… Je ne regrette donc pas ma lecture.
Ce que je pense de l'écriture : Ce roman fictif, malgré tout, se décompose en trois parties et en sous-chapitres, la narration est décrite d'une façon linéaire.
L'auteur prend soin de nous rappeler les faits que nous aurions pu oublier et il explicite assez précisément et clairement les causes et conséquences à la fin de l'intrigue. L'ensemble est bâti avec rigueur.
Les deux personnages principaux, France et Friedrich Grimm, ne sont pas les narrateurs. Celui qui raconte les événements est l'auteur, lui-même, qui adopte un rôle presque journalistique. Celui-ci est donc assez détaché. Il est neutre. Il nous délivre les faits. L'écriture est assez traditionnelle.
A mon goût, cette écriture manque d'émotions et j'aurais aimé être plongée au coeur des sentiments et des réflexions de ces personnages. J'aurais apprécié être au centre des contradictions éprouvées par France. J'aurais préféré ressentir tout le dilemme de cet Allemand élevé dans la haine de l'ennemi, ce soldat dévoué et convaincu, cet amant envoûté par cette prostituée, symbole, pour lui, de cette femme idéale et chérie. Cette histoire manque de profondeur.
Ce que je pense de l'intrigue : Quant à l'intrigue, elle n'est pas marginale mais elle est assez improbable. Chance ou malchance ? Les personnages sont assez tourmentés par le destin qui s'acharne sur eux. La malveillance est machiavélique. Je n'en dirai pas plus…
Le monde de l'Occupation et de la Collaboration est très bien relaté. Il est vraisemblable. Les personnages secondaires sont très bien décrits. Ils ont une âme qui dépend de leurs objectifs. Je trouve l'ensemble très bien documenté et bien représentatif du monde et du contexte de l'époque.
En bref : Ce roman est agréable. Il est assez court et il est honnête. Je lui reproche seulement de ne pas aller assez en profondeur dans l'esprit des personnages principaux. J'attendais davantage de dilemmes, de contradictions… et de passions !
Cet avis est aussi sur mon blog : alapagedeslivres.wordpress.com
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Tari
  28 mars 2015
Je lis peu de romans historiques, mais je me dis que je devrais vraiment en lire plus souvent, parce qu'à chaque fois, ce sont d'excellentes lectures.
Celui-ci se déroule durant la seconde Guerre Mondiale. On y suit le destin de France, une jeune femme prostituée dans une des maisons closes les plus prestigieuses de Paris, fréquentée par les officiers allemands les plus hauts gradés durant l'Occupation. France est belle, France est mystérieuse, France fascine les hommes. Mais surtout, France a un dessein secret, qu'elle est prête à tout pour mener à bien.
Je dois dire que les premiers chapitres ont été un peu laborieux pour moi. On se retrouve au milieu d'une offensive allemande en Belgique, et moi qui n'aime pas franchement les scènes de bataille, j'ai eu un peu peur que tout le roman soit de même acabit, ce qui ne m'aurait pas du tout plu. Heureusement, c'est loin d'être le cas, donc si vous êtes comme moi et que les scènes de combat des premiers chapitres vous repoussent quelque peu, je ne peux que vous encourager à vous accrocher, parce que la suite en vaut vraiment la peine.
En fait, le roman est construit un peu comme un puzzle dont l'image à reconstituer est le personnage de France. Au départ, on ne sait absolument rien de cette femme. Elle semble extrêmement sûre d'elle et déterminée, mais qu'est-ce qui la motive ? Petit à petit, au fil de l'histoire, on rassemble les pièces du puzzle qui constitue son histoire et éclaire ce qu'elle veut vraiment. Je regrette toutefois que l'élément clé, à savoir l'origine du but que poursuit la jeune femme, soit révélé aussi tôt dans le roman. Par la suite, ce n'est pas inintéressant, loin de là, puisque même si on sait ce qu'elle veut, on se demande comment elle va y parvenir. Mais j'aurais préférée être maintenue dans l'ignorance jusqu'au bout.
Je ne saurais dire si je me suis attachée au personnage de France. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai pu qu'admirer son courage, sa détermination et sa confiance en elle. C'est une femme qui dégage quelque chose, une sorte d'aura qui force la fascination et l'admiration.
Un aspect que j'ai vraiment apprécié dans ce livre, c'est le contexte historique. Des romans sur la seconde Guerre Mondiale et l'Occupation, il y en a beaucoup, mais je trouve que celui-ci se démarque des autres car il n'oppose pas les méchants nazis allemands d'un côté au gentils Résistants français de l'autre. Dans ce roman, en fait, il n'y a ni gentils ni méchants, juste des gens qui essaient de s'en sortir du mieux qu'ils peuvent dans une situation plus ou moins favorable pour eux. Et de ce fait, j'ai réussi à apprécier l'un des personnages principaux, Friedrich Grimm, bien qu'il soit un nazi pur et dur. Romain Sardou nous présente des personnages normaux, humains, avec leurs côtés blancs comme leurs côtés noirs, loin des stéréotypes. Je pense que c'est vraiment ce qui m'a le plus plu dans ce livre.
De manière générale, on sent que l'auteur s'est beaucoup renseigné sur la période à laquelle il a située son récit. En témoignent les notes à la fin du roman, qui distinguent faits réels et faits fictifs dans l'histoire que l'on vient de lire. Quelques pages très instructives, il y a beaucoup de choses que j'ignorais totalement.
En bref, Fräulein France est un très beau roman centré sur un personnage complexe et intriguant. Je ne connaissais pas cet auteur auparavant, mais je lirai avec plaisir ses autres romans si j'en ai l'occasion.
Je vous le recommande si : vous aimez les romans traitant de la seconde Guerre Mondiale et/ou vous aimez les romans centrés sur le destin d'un personnage en particulier.
Lien : http://i-read-therefore-i-am..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   05 septembre 2015
En France, les uns se réjouissaient de la bravoure britannique (en dépit de Mers el-Kébir), d'autres y voyaient une humiliation supplémentaire pour leur pays. Comment une île, sans ressources, sans armes et sans alliés, arrivait-elle à tenir tête, depuis cinq mois, à la plus puissante concentration armée du monde alors que la France s'était rendue en seulement six semaines ?
Le "moral", répondaient certains.
La "fierté", disaient d'autres.
C'était donc ça ? La France avait aussi perdu la guerre parce qu'elle n'avait pas été assez fière ?...
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   05 septembre 2015
– Vous avez la mémoire courte, finit par dire Grimm. Sans remonter jusqu'à la bataille de Bouvines, prenez seulement mon exemple. Je suis né à proximité d'une ville baptisée Wittlich, à l'est du Luxembourg, sur la rive gauche du Rhin. Aujourd'hui, certains de vos compatriotes vivent mal notre "occupation". C'est oublier qu'un Allemand comme moi a grandi sous occupation française. Une garnison était implantée chez nous, comme dans toute la Rhénanie, pour garantir l'exécution de ce "Diktat de la honte" que vous avez appelé le traité de Versailles. De 1918 à 1930, nous avons vécu sous l'oeil de soldats étrangers. Je revois encore le drapeau tricolore qui flottait sur notre place du marché et devant lequel il fallait se découvrir, au risque de se faire battre par vos troupiers ! Je vous laisse imaginer ce que cette occupation a nourri en nous, les jeunes.
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StemilouStemilou   28 juin 2014
Mon enfant, tu n'as pas idée de l'ignominie et de la fausseté du monde dans lequel tu vas mettre les pieds. Il te faut oublier tout ce que tu as appris. Les hitlériens sont des fanatiques. Des années durant, on a cherché à ne pas interrompre le dialogue avec le chancelier du Reich, dans l'espoir que la diplomatie aiderait la raison à triompher et que les pourparlers sauveraient la paix en Europe. Beau triomphe, en effet ! Et "pour-parler", voilà bien un mot qui ne dit que ce qu'il est. La démocratie finit toujours par endosser le mauvais rôle quand elle croit qu'elle peut, indéfiniment, faire valoir ses droits moraux sans se salir les mains.
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raynald66raynald66   26 octobre 2014
Pour plaire aux officiers de la Wehrmacht, circuler de l'un à l'autre jusqu'à retrouver tes proies, tu dois te donner à l'Allemagne ! Je vais faire de toi la collabo parfaite, la collabo idéale. Je les connais, moi ces Français qui n'ont plus foi en rien et qui, avant même que ne viennent les Boches, étaient prêts à se donner à n'importe qui.
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raynald66raynald66   26 octobre 2014
Je vais te façonner à leur image. Tu vas brûler du même feu, savoir comment ils pensent, comment ils agissent, ce qu'ils croient, ce qui les désespère, ce qui les fascine. Et renoncer à tout ce que tu as aimé : la république, la justice, le droit, l'honneur, le respect de la différence, ta foi elle-même
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