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Critique de Yassleo


Yassleo
  25 septembre 2015
Mouais... bof...
Et là je suis actuellement aussi motivée à écrire cette critique que Romain Sardou l'a été à écrire son bouquin.

Voilà exactement le genre de livre que j'aurai normalement dû abandonner avant la fin. Je n'ai qu'une vie et des milliers d'autres livres qui m'attendent, donc peu de temps à perdre avec un roman écrit à la va-vite. Mais j'ai tenu bon (on n'est pas à un paradoxe près). J'ai tenu parce que c'est Sardou et que je l'aime bien... En revanche il a eu ce qu'il mérite: je l'ai lu à la va-vite.

L'histoire se déroule sur une période de six ans entre 1940 et 1946 et donc pour les plus observateurs, ça tombe pile poil pendant la deuxième guerre mondiale. On démarre par un fait divers sordide: viol et meurtre par deux allemands chez une petite famille d'un coin reculé de la Somme. Autant dire que ce n'est pas tres réjouissant mais le ton semble donné: ce sera tragique, dramatique, nimbé de violences et de détresses. Sauf que non en fait... Car plouf, on passe du coq à l'âne et nous voilà plongé les deux tiers suivants au coeur du Paris sous l'Occupation à suivre les aventures d'une maison close huppée. France, la prostituée de luxe éponyme du roman, fraîchement débarquée de sa province, diaboliquement belle, envoûtante et mystérieuse à souhait y fait tourner la tête à tous les hauts gradés allemands qui ont le malheur de croiser sa route, et les fait de surcroît diablement tourner bourrique la friponne. Et là, faut pas nous prendre pour des benêts Romain, on voit venir le truc à des kilomètres! On a vite pigé qu'il y a un lien avec cette histoire de meurtre du début (sinon quel intérêt d'en faire un premier chapitre?), que la vengeance sur l'ennemi allemand sera l'obsession de la dame, et on voit clair comme Chazal (soupir, fatigue de fin de semaine, mea culpa...) dans son double jeu.
Et donc pendant des pages et des pages, on parle sexe, argent, pouvoir, complot. Ouais, ça paraît attractif vu comme ça, mais ne vous emballez pas, on tourne vite en rond. Anecdotes historiques diverses baclées, personnages beaucoup trop nombreux et sans épaisseur car baclés, écriture baclée. Sardou prend six ans de guerre comme support de son intrigue et veut trop en faire en 200 pages, donc autant dire qu'il parle de tout et donc de rien. C'est rude car on sent qu'il s'est appliqué le garçon, et qu'il a envie de tout caser dans son ptit bouquin, mais désolée, faut trier mon ami: on ne peut pas tout balancer comme ça à la tronche des lecteurs et débrouillez vous.. Alors c'est dommage car je pense sincèrement que j'aurai apprécié ce roman avec moins de faits, et des anecdotes plus abouties plutôt que cette chronologie bon marché indigne de son talent.

Mais finalement je ne regrette tout de même pas d'être aller au bout, le dénouement étant peut-être la seule note positive qui sauve du naufrage. En effet, le rythme s'accelère enfin sur les derniers chapitres, les pièces du puzzle se mettent en place et la redoutable France dévoile ses cartes. Bon ça reste quand même sans réelle surprise et relativement attendu.

Conclusion: pas le meilleur Sardou, les lacs du connemara etaient sacrément meilleurs (re-soupir, hop au lit)
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