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EAN : 9782070324507
151 pages
Éditeur : Gallimard (10/07/1987)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Ces « essais sur le roman » constituent la première manifestation théorique de l'école du « nouveau roman ». Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'œuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
cicou45
  26 juillet 2011
On retrouve ici quatre essais écrits par Nathalie Sarraute dans lesquelles elle développe un certain nombre de théories sur ce que l'on appelle "le nouveau roman". Selon elle, le lecteur se focalise trop sur les personnages au lieu de s'intéresser tout simplement à la psychologie qui émane d'eux mais qui cependant ne leur est pas propre. le romancier, dans le "nouveau roman" doit donc faire perdre ses points de repère au lecteur en "dépersonnalisant" en quelque sorte les héros pour que le lecteur se concentre dorénavant essentiellement sur la psychologie dans son ensemble qui peut s'appliquer à plusieurs personnes et non pas propre à ce personnage en particulier.
Un peu difficile d'approche par moments mais, en résumé, Nathalie Sarraute a été l'un des précurseurs à poser les bases du "nouveau roman" et c'est ce qui fait de cet ouvrage un classique à ne pas manquer !
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dido600
  19 mai 2020
C'est Stendhal qui a dit que “le génie du soupçon est venu au monde” et c'est Nathalie Sarraute, partisane farouche du nouveau roman qui fait sienne cette notion, en l'adaptant dans sa prise de démolition et de déconstruction du roman traditionnel. Dans cet essai théorique, publié en 1956, Sarraute appelle à un “soulèvement” contre le roman classique dont le modèle le plus illustratif est le roman balzacien ; ce type de roman d'après Sarraute, s'attache plus aux formes qu'à la réalité. Aussi importants que sont les éléments constitutifs du roman traditionnel, ils sont incapables de rendre à la réalité son vrai visage, sa vraie dimension.
L'intrigue, les descriptions, les dialogues, les personnes et leurs caractères… Tous ces éléments du roman classique ne sont que pur formalisme. Pour Sarraute, la réalité est ailleurs. Et cet “ailleurs” ce sont “les tropismes”. Les tropismes, pour elles, sont à la source secrète de notre existence, elle les définit comme des “mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver”, tout auteur qui veut rendre son roman plus réaliste doit mettre à jour ces tropismes. “L'ère de soupçon” est, en quelque sorte, la synthèse de toutes les idées de Nathalie Sarraute sur le nouveau roman, idées qu'elle a d'ailleurs admirablement appliqués dans toutes ses oeuvres.
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chartel
  23 juin 2014
Pour être précis, cette édition Folio regroupe quatre articles de Nathalie Sarraute sur la littérature : "De Dostoïevski à Kafka" (1947), "L'ère du soupçon" (1950) , "Conversation et sous-conversation" (1956) et "Ce que voient les oiseaux" (1956). En analysant les oeuvres des auteurs qui ont contribué au renouvellement du roman moderne (Dostoïevski, Kafka, Woolf, Joyce ou Proust), Sarraute évoque les conséquences de ce renouvellement sur son oeuvre, ainsi que sur celle de nombreux auteurs de son époque. Cet essai permet de poser un autre regard sur les fictions de Sarraute, non pas en les « expliquant », car la littérature n'est pas là pour nous expliquer quoi que ce soit, mais en montrant que l'auteure de Tropismes avait le souci constant d'offrir à ses lecteurs, à chaque parution, de nouvelles perspectives littéraires.
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zazimuth
  18 décembre 2018
Découvrir la théorie du "flux de conscience" et comment l'employer en littérature pour apporter un autre point de vue ou de la complexité au récit a été un choc pour moi.
J'avais sans doute déjà lu des romans qui employaient ce type de narration mais j'ai trouvé son analyse brillante.
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hove
  27 juillet 2011
Quatre essais qui n'en font qu'un et marquent le début d'une ère nouvelle. Laisser derrière nous les formes dépassées du roman traditionnel et permettre aux écrivains modernes, aux visionnaires d'acquérir une légitimité pas toujours accordée par les critiques, tel est le but de Nathalie Sarraute véritable figure de prou du nouveau roman.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   04 août 2011
Il a voulu regarder encore plus loin ou, si l'on aime mieux, d'encore plus près. Et il n'a pas été long à apercevoir ce qui se dissimule derrière le monologue intérieur : un foisonnement innombrable de sensations, d'images, de sentiments, de souvenirs, d'impulsions, de petits actes larvés qu'aucun langage intérieur n'exprime, qui se bousculent aux portes de la conscience, s'assemblent en groupes compacts et surgissent tout à coup, se défont aussitôt, se combinent autrement et réapparaissent sous une nouvelle forme, tandis que continue à se dérouler en nous, pareil au ruban qui s'échappe en crépitant de la fente d'un téléscripteur , le flot ininterrompu des mots. (p.97-98)
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kazupandakazupanda   23 avril 2013
Il est étonnant de voir avec quelle complaisance ils s'appesantissent sur l'anecdote, racontent « l'histoire », discutent les « caractères » dont ils évaluent la vraisemblance et examinent la moralité. Mais c'est en ce qui concerne le style que leur attitude est le plus étrange. Si le roman est écrit dans un style qui rappelle celui des classiques, il est bien rare qu'ils n'attribuent à la matière que ce style recouvre, si indigente soit-elle, les qualités d'Adolphe ou de La Princesse de Clèves. Si, au contraire, un de ces romans aux personnages si ressemblants et aux intrigues si passionnantes, se trouve être écrit dans un style plat et lâché, ils parlent de ce défaut avec indulgence, comme d'une imperfection regrettable, sans doute, mais sans grande importance, qui ne peut choquer que les délicats, qui n'entame en rien la valeur véritable de l'oeuvre : quelque chose d'aussi superficiel, d'aussi insignifiant qu'une petite verrue ou un simple bouton sur un beau et noble visage. Alors que c'est plutôt le bouton révélateur qui apparaît sur le corps du pestiféré, la peste n'étant ici rien d'autre qu'une attitude peu sincère et peu loyale envers la réalité.
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kazupandakazupanda   23 avril 2013
Ce que révèle, en effet, cette évolution actuelle du personnage de roman est tout à l'opposé d'une régression à un stade infantile.
Elle témoigne, à la fois chez l'auteur et chez le lecteur, d'un état d'esprit singulièrement sophistiqué. Non seulement ils se méfient du personnage de roman, mais, à travers lui, ils se méfient l'un de l'autre. Il était le terrain d'entente, la base solide d'où ils pouvaient d'un commun effort s'élancer vers des recherches et des découvertes nouvelles. Il est devenu le lieu de leur méfiance réciproque, le terrain dévasté où ils s'affrontent. Quand on examine sa situations actuelle, on est tenté de se dire qu'elle illustre à merveille le mot de Stendhal : « le génie du soupçon est venu au monde ». Nous sommes entrés dans l'ère du soupçon.
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rasibusrasibus   19 août 2019
Il arrive de temps en temps, qu'une sorte de vertige, explicable chez des gens occupés à tant lire, prenne les plus écoutés des critiques : ils se mettent tout à coup à crier au chef-d'oeuvre, à porter aux nues un ouvrage dénué de toute valeur littéraire, comme le prouvera, quelque temps après, l'indifférence, puis l'oubli où sa faiblesse ne manquera pas de le faire glisser.
Alors, à leur suite, un véritable raz-de -marée soulève le public et le porte au sommet de l'admiration et de l'enthousiasme.
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coco4649coco4649   21 octobre 2016
On connaît cet univers où ne cesse de se jouer un jeu de colin-maillard sinistre, où l' on avance toujours dans la fausse direction.
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Videos de Nathalie Sarraute (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathalie Sarraute
Jacques Lassalle Pour un oui pou un non Nathalie Sarraute où Jacques Lassalle évoque sa mise-en-scène de "Pour un oui ou pour un non", de Nathalie Sarraute, au théâtre de la Colline, reprise au Théâtre de l'Atelier, lors d'un voyage à Strasbourg le 21 mai 2011, à l'occasion de la parution de son livre "Ici moins qu'ailleurs" aux éditions P.O.L
>Littérature : généralités>Biographie littéraire>Oeuvres de fiction, romans (119)
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