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ISBN : 207036092X
Éditeur : Gallimard (09/05/1972)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 115 notes)
Résumé :
"Voici les Guimier. Un couple charmant. Gisèle est assise auprès d'Alain. Son petit nez rose est ravissant. Ses jolis yeux couleur de pervenche brillent. Alain a un bras passé autour de ses épaules. Ses traits fins expriment la droiture, la bonté. Tante Berthe est assise près d'eux. Son visage, qui a dû être beau autrefois, ses yeux jaunis par le temps sont tournés vers Alain. Elle lui sourit. Sa petite main ridée repose sur le bras d'Alain d'un air de confiance ten... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  09 février 2013
Paru en 1959, le Planétarium est un des textes fondateurs du Nouveau Roman. Quelque peu réfractaire à ce courant, je trouve quand même que le style de cet auteur reste facile d'accès. Certes, il est déroutant car Sarraute joue énormément avec la ponctuation. Elle utilise les points de suspension afin d'éluder les pensées de ses personnages ou leurs interruptions. Elle crée, par là-même, une sorte de langage parallèle.

Dans ce livre, ses personnages sont caricaturaux. On trouve ainsi un jeune couple, Gisèle et Alain, ainsi que leur vieille tante, Berthe, qu'ils aimeraient voir partir afin de récupérer son appartement. Sarraute va nous faire part de leurs conversations, les disséquant consciencieusement. le lecteur se retrouve également face à de longs monologues. Pourquoi faire de choses quotidiennes tout un roman ? L'auteur manie ici l'ironie dans toute sa splendeur et le lecteur ne peut qu'adhérer, se retrouvant parfois dans la peau d'un des protagonistes.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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brigittelascombe
  18 août 2011
L'image que l'on donne à voir se rapproche-t-elle de la réalité ou non?
Observons un jeune et gentil couple par un trou de souris.
Alain n'en finit pas de préparer sa thèse. Faible, un brin éteignoir,sous la coupe d'un père autoritaire,anxieux, il a toujours manqué de confiance en lui.Il adore faire le pître pour amuser la galerie.
Gisèle sa femme,toujours impeccable,souple et trop gentille a toujours été facile à manipuler par sa mère qui mène son monde au doigt et à l'oeil.
Gentils,gentils c'est vite dit. "Tout le monde a ses petits recoins!" Et ce sucre qu'ils cassent sur le dos des gens!
Seraient-ils faux jetons? Capricieux?Hypocrites?Ambitieux? Snobs?Haineux? Prêts à tout pour atteindre leur but? Manichéens?
Il suffira de simples bergères à choisir à la place de fauteuils clubs en cuir proposés par sa mère à elle, intrusive,tyrannique, il suffira de l'appartement convoité de sa tante Berthe à lui,tatillon,perfectionniste,maniaque,revêche, pour que les balles changent de camps et que les masques tombent.
Une belle caricature d'un milieu intellectuel,futile et bourgeois dont le vernis s'écaille.
Un style à part,de très longues phrases où les paroles s'entremêlent de pensées, dont on perd parfois le fil et où l'on ne sait plus très bien qui fait quoi,qui dit quoi, qui pense quoi, ce qui rend parfaitement plausibles ces relations familiales engluées et les manipulations croisées des uns et des autres.
Une approche psychologique très fine.
Nathalie Sarraute,dont j'ai apprécié enfances,connue dans le monde comme l'un des plus grands écrivains du XX° siècle est l'auteur de romans,pièces et essais et a reçu le Prix international de la littérature pour Les Fruits d'Or.
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veroherion
  12 septembre 2014
Pour les amateurs de "Nouveau Roman". Ce n'est pas un roman facile à lire, ni un roman qui prend aux tripes. C'est un pur exercice de style, selon moi. Il se lit principalement avec l'esprit. On ne s'attache pas du tout aux personnages. Mais l'exercice qu'entreprend là, Nathalie Sarraute, est vraiment étonnant et selon moi, s'il faut lire un roman de cette auteure, c'est celui-ci. C'est très difficile d'en parler mais en gros, l'attrait principal de son écriture, est la manière dont elle parvient à écrire le non-dit, comme elle parvient à faire sentir en quelques fines descriptions les rapports complexes entre les gens, comment une petite réflexion acerbe d'un personnage mine la personne qu'il a en face de lui. Elle met tout cela en scène, comme une naturaliste qui décrirait le comportement des animaux ou des plantes. Guère d'émotions, donc, mais du pain béni pour la curiosité intellectuelle.
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Iansougourmer
  12 juillet 2014
C'est une chose qui m'arrive rarement, mais j'ai abandonné au bout de trois chapitres ce livre, vaincu par l'écriture de l'auteur. Ai je eu tort ? Aurais-je dû continuer plus avant ? Je ne sais pas, mais cette écriture sans syntaxe bourrée de point de suspension m'a prodigieusement agacé, au point de me faire renoncer à poursuivre une lecture si difficilement compréhensible.
De plus, je suis réfractaire à cette position du Nouveau Roman qui veut la disparition des personnages et trames narratives classiques. Désolé pour eux, mais le lecteur réac que je suis en a désespérément besoin...
Une rencontre manquée, mais je suis sûr que ce livre saura trouver son public.
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stcyr04
  12 octobre 2019
Alain et Gisèle Guimiet se trouvent plutôt à l'étroit dans leur appartement. Tante Berthe vit dans un cinq pièces dans lequel se verrait bien les Guimiet, d'autant que la brave dame vit seule, et on ne rajeuni pas, un appartement plus fonctionnel lui conviendrait bien mieux pensent-ils. Alors quand elle évoque à mot couvert la possibilité de quitter l'appartement, Alain qui a été très proche de tante Berthe dans sa jeunesse, n'aura de cesse de mettre la pression sur elle, d'envoyer son père comme émissaire et d'en venir à la menace pour que la dame âgée libère en vitesse l'appartement convoité. Et puis il y a cette Germaine Lemaire, une auteure en vogue qu'Alain a rencontré et qui lui a fait un accueil gracieux. Il s'imagine déjà avoir ses entrées chez l'artiste.
Le planétarium demande une certaine participation du lecteur, Nathalie Sarraute exploite sa technique de la sous-conversation, un infra-langage où la psychologie et la pensée intime des personnages précéde la formulation par la parole pour confirmer ou infirmer leur vrai mobile. On est pas toujours sûr de l'identité du locuteur, la révélation en est retardé. de plus on a des épisodes qui se répètent du point de vue de personnages différents mais avec un décalage chronologique. C'est surprenant à prime abord mais on s'y fait rapidement. le planétarium met en scène avec férocité les milieux bourgeois. Deuxième incursion dans le nouveau roman, à réitérer.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   09 février 2013
Un jour il a eu le malheur, dans un moment de laisser-aller, un moment où il se tenait détendu, content, de lui lancer cela négligemment, cette confidence, cette révélation, et telle une graine tombée sur une terre fertile cela a germé et cela pousse maintenant : quelque chose d’énorme, une énorme plante grasse au feuillage luisant : Vous aimez les carottes râpées, Alain.
Alain m’a dit qu’il aimait les carottes râpées. Elle est à l’affût. Toujours prête à bondir. Elle a sauté là-dessus, elle tient cela entre ses dents serrées. Elle l’a accroché. Elle le tire… Le ravier en main, elle le fixe d’un œil luisant. Mais d’un geste il s’est dégagé — un bref geste souple de sa main levée, un mouvement de la tête… « Non, merci… » Il est parti, il n’y a plus personne, c’est une enveloppe vide, le vieux vêtement qu’il a abandonné dont elle serre un morceau entre ses dents.

Mais il ne fera pas cela, il ne comprend pas ce qu’il fait… Tout occupé à parler, il n’a pas compris ce qui s’est passé, il a de ces moments, quand il parle, quand il est préoccupé, où il ne remarque rien. Il jette sur son assiette un regard distrait, il trace dans l’air avec sa main un geste désinvolte, insouciant : « Non, merci… » Elle a envie de le rappeler à l’ordre, de le supplier, comment a-t-il osé… « Oh, écoute, Alain… » Il a bafoué sa mère, il l’a humiliée, cela lui fait honte à elle, cela lui fait mal de voir ce petit sourire préfabriqué que sa mère — comme elle sait se dominer — pose sur son visage et retire aussitôt, tandis que marquant que le désastre est consommé, qu’il faut savoir courber la tête devant son destin, elle remet à sa place le ravier.

« Mais qu’est-ce qui te prend, Alain, voyons… tu adores ça… Maman les a fait faire exprès pour toi… Tiens… » Elle est prête à tout braver pour voler au secours de sa mère, tous les interdits. Il a horreur de cela, mais tant pis : « Tiens, Alain, je te sers… » Voilà. Ce n’était qu’un caprice.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 août 2011
Il n'y a de fusion complète avec personne,ce sont des histoires qu'on raconte dans les romans-chacun sait que l'intimité la plus grande est traversée à tout instant par ces éclairs silencieux de froide lucidité,d'isolement.. ce que sa mère a vu,elle l'avait vu,elle aussi pendant ce bref instant où elle était revenue à elle,où elle avait repris ses sens,les deux images coïncident,il n'y a pas d'erreur possible...
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meslinoulautremeslinoulautre   04 mai 2016
"Devant elle partout il déblayait, émondait, traçait des chemins, elle n'avait qu'à se laisser conduire, à se faire souple, flexible comme un bon danseur. C'était curieux, cette sensation qu'elle avait souvent que sans lui, autrefois, le monde était un peu inerte, gris, informe, indifférent, qu'elle-même n'était rien qu'attente,suspens..."
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   25 février 2019
C’est de là qu’elle vient, cette sensation de faiblesse dans les jambes, cette peur qu’elle éprouve de nouveau maintenant – le corps ne se trompe jamais : avant la conscience il enregistre, il amplifie, il rassemble et révèle au-dehors avec une implacable brutalité des multitudes d’impressions infimes, insaisissables, éparses – cette sensation de mollesse dans tout son corps, ce frisson le long de son dos…
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brigittelascombebrigittelascombe   18 août 2011
C'est exactement ce que nous pensions,c'est ce que nous disons toujours...il faut danser au son de la flute...dés qu'on s'écarte d'un pas de la route qu'elle a tracée,elle se pose en victime bafouée...Elle est autoritaire...possessive...Elle donne pour dominer..pour nous garder éternellement en tutelle..Et cette petite pique à la fin...Tu as vu?...J'ai vu...
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Videos de Nathalie Sarraute (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathalie Sarraute
Nathalie Sarraute, née en 1900, est l'une des auteures qui ont le plus marqué le XX° siècle. À partir de la parution de Tropismes en 1939, l'écrivaine née en Russie a connu une reconnaissance tardive. Parmi les jalons de son existence, après sa naissance à Ivanovo (Russie), il y a notamment le départ pour la France, dans son âge tendre, puis la scolarité au lycée Fénelon, et les études d'anglais et de droit.
Pour en parler, Olivia Gesbert reçoit Ann Jefferson, auteure de "Nathalie Sarraute" (Flammarion, 2019) qui revient sur la trajectoire de l'écrivaine.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 16 octobre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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