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ISBN : 2707301256
Éditeur : Editions de Minuit (01/10/1957)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 141 notes)
Résumé :
« Les tropismes, a expliqué l'auteur " ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir.. ” Vingt-quatre petits tableaux d'oscillations intérieures presque imperceptibles à travers clichés, lieux communs et banalités quotidiennes : vingt-quatre petits récits serrés, o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Floyd2408
  09 août 2015
Le premier livre de Nathalie Sarraute publié en 1939 Tropismes (terme emprunté au langage scientifique qui signifie le déplacement ou la transformation d'un élément sous l'effet de stimuli extérieurs) composé de 24 textes dans la réédition de 1957 respirent les émotions de l'instant ,impalpables, invisibles, les pensées effleurent le temps, l'espace se rétrécit, nous glissons lentement vers la brièveté du moment, de l'éphémère, de l'imperceptible, une variation intérieur, des interrogations, des ils et des elles viennent , repartent, se croissent , s'aspirent au rythme de ces petits textes.
Dans la préface de L'ère du soupçonNathalie Sarraute écrivait
Mon premier livre contenait en germe tout ce que, dans mes ouvrages suivants, je n'ai cessé de développer. Les tropismes ont continué d'être la substance vivante de tous mes livres.
Seuls Jean-Paul Sartre, Max Jacob et Charles Mauron remarqueront les talents de l'auteure en lui témoignant leurs encouragements.
Tropismes sera considéré comme l'ouvrage fondateur du courant littéraire " Nouveau roman" .
Petites pensées figées dans mes humeurs de ces textes viennent en moi pour les écrire pour les figer dans ce présent .
-Regards sur les devantures des magasins.silence devant les vitrines.Passage d'un voisin au frontière des rêves, une onde passagère, un rêve.
-Paradoxe des pensées au supplice de l'incertitude vers cette relation de concupiscence des mots, de la parabole de la vie.
-Lorsque le silence habille le temps avec l'éclat d'un passage suspendu au creux de son regard dans l'espace de cet oasis, ce havre de paix, caresse la musique sourde de cet instant fragile mais joyeux le capte pour le fixer à jamais dans sa mémoire pour le revivre.
-Lorsque le matin s'accélère au rythme incertain obéissant au bonheur précipité de cette Maitresse amoureuse de l'ordre et de la rigueur-Le petit déjeuner s'offre à nous.
-Incertitude pour l'autre. inquiétude fausse, rassure pour une sécurité merveilleuse.
-Moment rare entre une grand-père et son petit fils traversant un passage clouté, arrêt sur ce tableau ou la mort prends la vie des souvenirs, l'enfant respire ce moment improbable.
-Questions intérieures, douceur de l'esprit face à la réalité physique, peur de cette vérité, se cachant derrière la logorrhée des mots...Trouver la parade; faire semblant. la distraire....
-Plaisirs de femmes, papotage mondain, des mots, des phrases, des histoires, désir sans fin de conversation, dit, redit, immuable papotages des salons de thés.
-Intellectualisation intense au nirvana du sophisme sublime-Être dans l'actualisation de tout instant.
-Le savoir de ces hommes qui rend la simplicité des choses.
-Faire des boutiques, chiner un vêtement, vire ces moments encore et encore, héritage, tradition utérine.
-Perdu dans l'errance des sentiments ou respire la pensée qui vous aspirent vers cette sublimation de l'instant.
-Emprise malsaine, moment distordu entre cette fille admiratrice de cet homme en proie à la folie de son passé vers cette contrainte physique et psychologique.
-Le temps passe, la vie s'écoule, l'esprit demeure, attendre son verre en terrasse.
-Vivre là prés d'eux, attendre, jouer, écouter mais rester là tout proche.
-Dans l'attende du thé, la maison respire, la vie coule, le thé arrive bientôt.
-Le doudou, l'aventure d'une enfance protectrice, d'une vie enfantine. à le dévorer, le prendre, le rouler, le faire vivre.
-Terreur nocturne, angoisse de s'endormir, vivre dans la peur-Toujours le réconfort.le rassurer.
-La vie s'effrite lentement, les femmes se remémore, les hommes s'angoissent d'enfanter par peur de la souffrance, rêverie d'une vie.
-Bribe d'enfance, resurgir dans ce présent, cette vieillesse dormante laissant l'enfance, le passé, caressant le présent qui s'effiloche vers les souvenirs.
Ce roman fût une source d'inspiration légères vers des émotions cachées suspendant mes mots comme un arrêt sur le temps ....
Bonne lecture à tous
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chartel
  18 juin 2014
Ce premier livre de Nathalie Sarraute a laissé perplexes une grande proportion de lecteurs, on s'en aperçoit à la lecture des critiques de Babelio, qui met en évidence l'absence de trame narrative et d'identification des personnages. C'est ce qui a le don de me laisser perplexe…
Dire que près de 60 ans après sa parution, on en est encore à chercher dans la littérature un bon roman à la Balzac, avec des personnages bien dessinés, une intrigue bien rassurante et des descriptions qui rendent le récit bien « réaliste » ! C'est à se demander à quoi sert la littérature. J'ai accompagné cette lecture de Tropismes de celle de son essai sur le nouveau roman L'ère du soupçon , écrit quelques années plus tard. Elle m'a été utile pour mieux saisir non pas les raisons pour lesquelles Nathalie Sarraute utilisait les formes impersonnelles ou à se défaire des sacro-saintes règles narratives, mais plutôt savoir ce qu'elle cherchait dans ces mouvements indéfinissables qui glissent aux limites de la conscience, ces fameux « tropismes ». Voici tout ce qu'elle souhaite retranscrire grâce aux techniques littéraires dans cette suite de scènes quotidiennes et banales. Ces tropismes gouvernent nos comportements, nos attitudes et nos réactions. Ce sont eux qui nous poussent à dire des banalités au cours d'une soirée entre amis, ce sont eux qui forcent un rire, un toussotement, un cri ou une exclamation. Ce sont eux qui nous poussent à aimer les choses insignifiantes et les futilités pour compenser nos angoisses face aux incompréhensions de l'existence. Nous offrir cette expérience, cela vaut bien un Balzac !
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tiri_noiret
  11 octobre 2017
Ce qui n'a pas été souvent commenté à propos des écrivains du Nouveau Roman c'est le rythme. Bien sûr, il y a la voix de Marguerite Duras, sa ponctuation, ce "oui, c'est ça". Chez Nathalie Sarraute, aussi il y a un rythme profond particulièrement perceptible dans cette absence de trame qui laisse au langage tout l'espace pour s'étendre, se complaire et surtout se répéter, s'enrouler sur lui-même; rythme aussi dans cette impersonnalité où les pronoms martèlent le discours, rythme enfin dans ces tropismes qui ponctuent le désir ou la répulsion du lecteur.
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Williamine
  29 juin 2018
Ce roman ressemble à un album d'instantanés, de touches impressionnistes de personnages, de sentiments, de sensations, de perceptions multi-faces. C'est très étonnant et déroutant à la fois. Ça suggère plus que ça ne raconte une histoire, une situation psychologique. le lecteur a tout un travail de construction, d'assemblage des éléments du puzzle que lui présente l'écrivain. C'est aussi le lecteur qui participe à la création du roman, un peu comme un spectateur jouerait un rôle dans une pièce qui serait représentée devant lui, ou comme un amateur participerait à la création du tableau qu'il regarde. C'est le phénomène qui se produit dans l'art moderne. Je pense par exemple à la « Casbah » de Matisse : dans ce tableau le peintre ne fait que suggérer avec quelques aplats de couleurs et quelques traits et c'est le spectateur qui « compose le tableau ». C'est fascinant, car il y a ainsi autant de tableaux que de spectateurs. Dans un livre tel que « Tropismes », c'est la même chose. Et les contours sont tellement impressionnistes, qu'un même lecteur lira deux romans différents à deux moments différents !
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Eric01
  06 février 2017
Un petit coup au moral. Voilà la seule chose que je retire de ce livre pourtant culte. À vrai dire, je viens tout juste de commencer ma lecture... qu'elle se termine déjà. À peine 80 pages. 80 pages en fait bien inutiles, car je n'ai absolument rien ressenti. C'est pour cela que je n'ai pas le moral. Je me dis que je suis passé à côté de quelque chose d'important, que j'ai manqué d'attention, que je n'ai pas su voir, comprendre, sentir...
Alors, je relis quelques chapitres (comme autant de paragraphes) et... toujours rien. Il ne se passe rien. Ni en moi. Ni dans le livre...
Eureka. Mais c'est peut-être cela l'idée ? C'est un livre sur le rien. Un rien que rien ne comble ni ne soustrait. C'est cela ? Haha, la bonne blague, quelle sacrée blagueuse cette Nathalie... !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
chartelchartel   18 juin 2014
Et elles parlaient, parlaient toujours, répétant les mêmes choses, les retournant, puis les retournant encore, d’un côté puis de l’autre, les pétrissant, les pétrissant, roulant sans cesse entre leurs doigts cette matière ingrate et pauvre qu’elles avaient extraite de leur vie (ce qu’elles appelaient « la vie », leur domaine), la pétrissant, l’étirant, la roulant jusqu’à ce qu’elle ne forme plus entre leurs doigts qu’un petit tas, une petite boulette grise.
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chartelchartel   18 juin 2014
Ils ne demandaient rien de plus, c’était cela, ils le savaient, il ne fallait rien attendre, rien demander, c’était ainsi, il n’y avait rien de plus, c’était cela, « la vie ».
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Marti94Marti94   01 mai 2014
Préface
J'ai commencé à écrire Tropismes en 1932. Les textes qui composaient ce premier ouvrage étaient l’expression spontanée d’impressions très vives, et leur forme était aussi spontanée et naturelle que les impressions auxquelles elle donnait vie.
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Marti94Marti94   01 mai 2014
Elle avait compris le secret. Elle avait flairé où se cachait ce qui devait être pour tous le trésor véritable. Elle connaissait " l'échelle des valeurs ".( Tropismes, XI)
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Videos de Nathalie Sarraute (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathalie Sarraute
Radioscopie : Nathalie Sarraute (1989).
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