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EAN : 9782253005544
506 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (31/08/1992)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Des grilles, des portes, des couloirs et au bout un dortoir glacial, des lits durs, une file de lavabos de zinc où les derniers robinets dispensent une eau refroidie : ce pourrait être un de ces internats comme il y en a pas mal en France mais, là, un appel au parloir ne signifie pas une promenade au soleil, une conversation avec des amis. A part les proches parents, seule la visite de l'avocat est admise et les sorties s'effectuent en panier à salade car il s'agit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
l-ourse-bibliophile
  13 septembre 2013
La cavale est le second roman d'Albertine Sarrazin. Publié la même année que L'Astragale, il est plus long, mais le style reste le même puisqu'elle mélange à nouveau l'argot et la poésie, ce qui ne diffère pas de L'Astragale. J'ai également retrouvé avec plaisir son humour ironique.
Ces deux romans – La cavale et L'Astragale – ont reçu le prix des Quatre-Jurys (et j'aimerais bien savoir ce que c'est exactement, y a-t-il quelqu'un pour me renseigner ?).
Dans ce livre, Anick Damien est incarcérée en même temps que son amoureux, Zizi. Bien entendu, Anick n'est que le double d'Albertine, comme Anne l'était dans L'Astragale ; quant à Zizi, il s'agit de Julien Sarrazin qui l'avait recueillie après sa première évasion.
Elle fait donc une description minutieuse de la vie dans une prison de femmes. Beaucoup plus que dans L'Astragale car dans ce dernier elle venait de s'en évader, elle évoquait donc des souvenirs. En revanche, toute l'histoire de la cavale se passe pendant l'une de ses incarcérations.
Elle présente différentes prisons : celles où l'on a sa cellule à soi, celles où l'on vit en collectivité. Les relations entre les différentes femmes : les alliances, les échanges, les secrets. Les visites de l'avocat qui, seules, apportent un visage moins quotidien que celui de ses codétenues. L'univers fermé dans lequel elles évoluent : le dortoir, l'atelier, la promenade. Les moments limités et surveillés passés avec Zizi : une fois par semaine au parloir, deux lettres hebdomadaires, heureusement qu'il y a les biftons.
Un but : préparer sa « cavale ». Passer les biftons, examiner les lieux, obtenir des outils, se faire bien voir des chefs pour obtenir un peu de liberté.
Ce livre couvre aussi le mariage avec Zizi/Julien. Leurs deux volontés s'opposent : lui veut qu'ils purgent leur peine afin de pouvoir ensuite vivre libre et sans se cacher, elle préfère s'évader pour qu'ils puissent être ensemble maintenant et pour toujours.
« Je t'aime, Zi, mais mon amour a besoin d'air. Je t'ai mis cette idée de cavale dans le cigare ; tu ne la rejettes pas, parce qu'elle est un aspect de moi, mais tu aimerais bien que je vienne la reprendre, mon idée ! »
J'ai encore beaucoup aimé, peut-être même davantage que L'Astragale. Ce qu'elle raconte m'intéresse, j'aime son ton, elle me fait rire. Ça me plaît.
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IreneAdler
  26 avril 2020
Bon, on va pas se mentir. Je n'ai pas réussi à le terminer et pourtant, j'étais pas loin de la fin. Je ne saurais donc pas si elle tire de plans sur la comète ou si elle tente vraiment de se cavaler...
C'est tout un univers qu'elle décrit minutieusement : la prison. Ou plutôt les différents types de prison qui existent, les règles tacites et réglementaires qui régissent les relations entre les prisonnières, avec les gardiennes, les sorties... C'est une description presque sociologique, très précise. Elle partage aussi ses états d'âme, son amoureux qui lui manque (puisqu'ils sont incarcérés tous les 2)... On retrouve son ironie et son mordant. Pourtant, je n'ai pas réussi l'à m'y immerger, alors même que j'avais beaucoup aimé L'astragale. J'ai trouvé celui-ci trop bavard, je crois. Je dirai bien répétitif, mais n'est-ce pas le principe de la prison ?
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Chocolatiine
  03 septembre 2017
Dans La cavale, nous retrouvons Anick, qui n'est autre qu'Albertine elle-même, que la prison a reprise. Elle pense à Zizi (Julien, qui l'avait recueillie dans L'astragale) et rêve d'évasion. Lui finit par demander au juge la permission d'épouser la jeune femme. Ils sont enfermés dans les mêmes murs, aspirent à la liberté. Font des plans de cavales.
Ce deuxième roman d'Albertine Sarrazin dépend dans tous ses états la vie en prison, l'atelier, les matonnes, la cantine, le dortoir. Pour autant, bien que cela puisse paraître, à première vue, répétitif, on ne s'y ennuie pas une seconde. La jolie prisonnière a un style réellement prenant et émouvant, où se mêlent au français quelques expressions Pied-noir que presque plus personne n'emploie et que seuls les descendant des gens de "là-bas" comprennent encore.
En somme, nous pouvons dire que j'ai apprécié ce livre-ci autant que L'astragale.
Challenge ABC 2016/2017
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Bruno_Cm
  18 octobre 2014
Constat affolant : travaillant avec des femmes détenues, je peux affirmer que ce qu'elles vivent est presque mot pour mot ce que Albertine Sarrazin décrit. Mais son récit-roman date des années 60 !!
Autre constat : ce livre est nettement moins créatif que son Journal de prison, il est plus banal et assez répétitif (comme le sont des journées de prison, certes).
Ce livre m'a infiniment moins touché que le magnifique Journal de prison, tellement plein de poésie et d'originalité dans l'écriture.
Bref, ce livre-ci est très intéressant pour comprendre le vécu carcéral d'une femme, et le style est plus accessible, toujours un peu argotique et cash, mais rien de fracassant.
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sarracino
  04 avril 2016
oui bon la cavale à côté de Papillon ..ça fait pas le poids ...mai bon on s'incline ......albertine
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   16 octobre 2014
Je serai libérée avant lui, c'est presque certain ; mais je sais bien que je reviendrai ici, chaque jour, pour partager... Partager, quelle stupidité ! On ne partage jamais, dans un sens d'allégement : la peine ne se tire pas comme une charrette : si nous sommes deux à peiner, la peine se double. Et toute la peine passée, si longue pourtant, ne compense rien, n'aide à rien, tant qu'elle se poursuit sur nous ou sur d'autres, tant qu'elle ne se détruit pas elle-même. Si nous, nous en évadons, d'autres filles et d'autres gars, au même instant, s'y engluent ; la peine nous roule et nous érode en une marée sans fin et ces années - si consistantes pourtant, "faut se les goinfrer" - se liquéfient et s'évaporent à mesure : même la mémoire n'en retiendra rien.
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Bruno_CmBruno_Cm   17 octobre 2014
A essayer d'épuiser la taule, c'est moi qui m'épuiserais : elle est de ces sujets qu'on croit avoir longés d'un bout à l'autre, et qui se révèlent être cycliques ; à l'autre bout, je retrouve le début, là où d'autres l'abordent pour leur propre compte et remettent tout en question.
Je suis comme ces élèves, pas bûcheurs mais doués, qui rendent toujours leur copie avant la cloche de la récréation.
En fixant, j'évite la gamberge, mais je risque l'abrutissement.
J'accepte : peu importe l'état où je serai en arrivant, mais j'arrive au bout de l'étape, vite, que je sorte du cercle, vite, vite. Arriver. Tant pis pour la maigreur, l'épuisement et la rouille : tout ceci s'en ira, l'essentiel est de tenir le coup ; sauver si possible les charpentes de la carcasse et de la raison, mais surtout dépouiller les heures. En les bourrant de drogue, d'âneries, de n'importe quoi, je m'en fous pourvu qu'elles crèvent, vite, et que, de leur tas crevé, de cette vie d'infusoire aux limites élémentaires de moi, je m'élève, enfin, jusqu'à la résurrection.
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Bruno_CmBruno_Cm   14 octobre 2014
J'aperçois une lueur humaine dans le regard de la matonne : elle de gros yeux, bleus ; plus facile à déchiffrer. En cet instant de grâce, j'y lis des trucs gelés, des hiéroglyphes taillés dans l'iceberg : pas de doute, elle est aussi frigo que moi. Une vague sympathie de gens frigo circule, j'ai presque envie de rompre la glace, mais je me rappelle que je suis très, très fatigué. Je dis seulement :
"C'est pas chauffé, cette prison ?
- Si, si. Je fouille vos affaires, après je vous mènerai au feu avec les autres."
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ChocolatiineChocolatiine   06 septembre 2017
Ma mère, c'est pas une casseuse, et, n'en déplaise à Vespasien, son argent a une odeur, une odeur de retraite de veuve de gradé, de bon pognon bourgeois, une odeur franche, quoi. Seulement, moi, entre les versements de ma mère, j'en intercale d'autres, beaucoup plus importants, et ceux-ci ne sentent absolument pas le bon pognon bourgeois.
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armand7000armand7000   06 mai 2020
Gina me considère avec pitié, et repart dans le récit de ses démêlés avec les poulets, l’Interpol et tout. Je fais triste figure devant une telle organisation, moi qui n’ai pour tout associé qu’un tout petit casseur, qui n’a que quinze ans de passés, passés en taule mais ça c’est du passé, une insignifiante relègue en guise d’épée de Damoclès, arme blanche et périmée, et puis ce sourire, ce côté sociable, cette cordiale blondeur…
Le soir, Gina en est à raconter sa propre cavale, car, comme tout le monde, elle a essayé de s’évader :
« J’étais moi aussi à l’atelier du bas, avec Liliane et Josette (ses coïnculpées : je crois qu’elles ont trimbalé ensemble un petit coffiot modèle pour dames) au rez-de-chaussée, l’atelier a une porte-fenêtre qui donne directo sur la promenade. L’an dernier, la surveillante laissait la grille ouverte et se cassait au Greffe, une heure toutes seules comme ça, tu penses si… on n’avait pas encore été à l’instruction, on était là depuis à peine quinze jours, ça valait encore le coup de les mettre. Ces putains de filets nous ont donné une idée. Avec les rouleaux du fil, on a fait les échelons ; et pour les montants, on a tressé, tressé… des kilomètres de bobine, qu’on lui a usé, à ce confectionnaire de…
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Vidéo de Albertine Sarrazin
Le choix des libraires. Rencontre avec Mélanie Dumont, de la librairie « L'Astragale » située dans la Cité des Gaules. Découvrez avec elle sa sélection d'ouvrages dont évidemment « L'Astragale » le roman d'Albertine Sarrazin, en passant par « le ciel de Bay City » de Catherine Mavrikakis ou encore « Dysfonctionnelle » d'Axl Cendres.
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