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3,67

sur 434 notes
l-ourse-bibliophile
  20 août 2013
Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C'est sa vie – sans doute romancée parfois – qu'elle nous raconte dans ce premier roman.

Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s'évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l'astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu'à la route et rencontre l'amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C'est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d'un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l'opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée de nouveau.
Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.

Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu'il faut avancer, parce qu'hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d'être prise. Elle exprime sa frustration d'être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu'elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l'un de ses clients pour aider Julien comme il l'a aidée lorsqu'il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s'ennuyer ? Albertine n'hésite pas et choisit la vie passionnée.

Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n'ai pas eu l'impression en tout cas qu'elle souhaitait qu'on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu'elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s'installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu'elle devait s'enfuir de Paris avec Julien, ce n'est pas un ton geignard qu'elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
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SeriallectriceSV
  08 octobre 2020
Un roman culte. Une incroyable autobiographie écrite en prison.
Anne dans le roman, c'est Albertine Sarrazin, une femme étonnante, butée et totalement insoumise, prostituée, chapardeuse et taularde, rebelle, insolente et amoureuse qui se raconte. Elle évoque sa cavale après s'être échappée de prison en sautant d'un mur et s'être brisé l'astragale, une cavale qui se confond très vite avec une histoire d'amour.
Elle nous offre une oeuvre incandescente empreinte d'émotions et de toute sa rage.
Derrière ce "petit roman d'amour pour Julien" se cache le récit d'une vie écorchée, chaotique et romantique.
Une belle histoire d'amour entre petits malfrats.
Une écriture vive et précise.
Cette oeuvre biographique a été adapté au cinéma par Brigitte Sy, une adaptation esthétiquement très bien maîtrisée avec deux acteurs, Leïla Bekhti et Reda Kateb, irréprochables.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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PiertyM
  16 août 2020
Un roman où les mots sont hachés, crus, de même que les sentiments sont mis à des dures épreuves de bouleversement! On se demande bien de quelle nature est faite notre narratrice? C'est la vraie question! Car pour elle, il n'y a pas de compromis ente la souffrance et le bonheur! Orpheline, semblant vivre dans les airs, n'ayant aucun appui, emprisonnée, elle s'évade, et comme une chance se présente à elle à travers Julien qui semble vouloir l'intégrer dans une nouvelle vie mais chez elle, bien qu'elle soit encore jeune, le bonheur semble arriver trop tard, au point que les petits bonheurs des autres ne font que l'agacer...
Une autobiographie très touchante où le rejet de la naissance n'a consisté qu'à engendrer du rejet, encore et encore...
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Bazart
  12 avril 2015
Mercredi dernier parmi les belles sorties de la semaine figurait l'Astragale, un long métrage de Brigitte Sy qui raconte l'histoire, à la fin des années 1950, d'une jeune délinquante indomptable qui va se blesser en s'évadant de prison et être secourue par un malfrat au grand coeur dont elle va tomber amoureuse.

Mais avant d'être cette pasison amoureuse incarnée par le génial couple Leila Nekti et Reda Katen, L'Astragale fut d'abord un roman autobiographique signé Albertine Sarrazin.

Paru en 1965, ce livre va très vite devenir culte, car au-delà de ce qui y est raconté, c'est la personnalité de son auteure qui va subjuguer. suite sur le blog
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Chocolatiine
  18 juillet 2015
Le 19 avril 1957, Albertine saute du mur de sa prison ; l'évasion est réussie mais son astragale fracturé. La jeune femme a dix-neuf ans. C'est Julien, Julien Sarrazin, son futur mari, qui lui porte secours. Il la cache, d'abord chez sa mère puis chez Pierre et enfin chez Annie.
Lui, le casseur, et elle, la fugitive tantôt voleuse, tantôt prostituée, se trouvent, se perdent et se retrouvent. Il prend soin d'elle, elle l'attend ; elle réapprend à marcher. Quand il se fera arrêter et incarcérer pour trois mois, cette année-là, elle l'attend encore patiemment, certaine de le revoir. Ils se marieront le 7 février 1959 ; à ce moment-là, c'est elle qui était en prison.
Albertine Sarrazin a composé L'astragale, le roman de sa jeunesse en quelques semaines, en 1964. A l'époque, elle écopait d'une peine pour vol d'une bouteille de whisky.

Albertine, quelle femme ! Malgré sa jeunesse de délinquante, elle était excellente élève ; l'écriture est parfaite. Les mots sont parfois crus mais toujours justes. Doux aussi, quand il le faut.
Albertine et Julien, quelle histoire ! Leur amour ressemble à ces liaisons comme on n'en voit plus que dans les films. Ces deux-là finissaient toujours par se retrouver.
Quant à moi, c'est avec plaisir que je retrouverai la plume de Mme Sarrazin pour lire ses autres romans !

Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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Albina
  03 août 2019
Astragale est un bien joli mot pour désigner un os de la cheville. On pourrait penser au talon d'Achille, mais l'astragale c'est bien plus évocateur. Sans en connaitre la signification, on imagine une immense étoile qui irradie une lumière mystérieuse. Et c'est bien de cette façon qu'agit le récit à partir de cette fracture initiale survenue en sautant le mur d'une prison. On entre dans l'histoire bouleversante et authentique d'Anne (alias Albertine), une jeune femme en cavale, qui s'accroche à un rien, tombe désespérément amoureuse de Julien, un malfrat. Aimer c'est le besoin viscéral de se laisser guider par une petite lumière, d'échapper à la servitude de la solitude, au vertige de l'errance, d'oublier les brisures qui s'enchainent : cruauté, indifférence et trahisons ou encore enfer de la prostitution. Même si Anne le sait et gardera toujours suffisamment de distance avec elle-même pour rester lucide...
Il y a vraiment de très beaux passages où une écriture riche, imagée, mêlée d'argot, s'affranchit du conformisme ambiant pour retrouver la valeur des mots et même devenir poétique. Sans affectation.
À lire et à relire
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IreneAdler
  15 août 2012
En s'évadant de son école-prison, Anne se brise l'astragale, un os du pied. Elle sera recueilli par julien, lui-même truand. Commence pour eux une une drôle histoire d'amour, faite de cavale et de planques.
Roman d'amour et de prison, L'astragale s'inspire de faits réels, vécus par l'auteur (mais il n'est pas dit dans quelle mesure). le lecteur pénètre dans l'envers des 30 Glorieuses, dans les quartiers populaires, où la débrouille frôle la petite truanderie.. Où un amour véritable n'a que peu de chance de s'épanouir, les amants se retrouvant en prison, ayant besoin d'avoir une confiance absolue en l'autre. Et pourtant ce la se révèle possible.
Écrit dans un style plutôt familier, parfois un peu argotique, le roman ne tombe jamais dans la vulgarité ou la facilité. L'intrigue et les personnages sont construit, ont de la profondeur. le lecteur (du moins la lectrice que je suis) se prend d'affection pour ce couple improbable, espère et tremble pour lui.
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HORUSFONCK
  03 août 2017
Le style est clair, précis et sans ambages inutiles: Albertine Sarrasin, petite météorite des lettres de ces années soixante, nous raconte son évasion qui la rend prisonnière de son astragale brisée!
Albertine/Anne trouve, dès après son saut, ceux et celles qui vont l'aider dans sa cavale... Hommes et femmes que Julien (son "sauveur en chef") va rétribuer et mettre à contribution pour planquer celle qui ressort comme un "colis".
Albertine nous parle-donc de ces gens qui l'accueillent, plus ou moins de bon gré, dans ces logements misérables des années 50... Sans rien cacher, elle nous montre ses clopes, l'alcool pour tenir le coup et le tapin pour se faire rapidement de l' osier (une fois son astragale opérée) et rembourser Julien qui ne lui réclame rien.
Mais au fond, Anne/Albertine sait que l'histoire (parenthèse douloureuse de sa jeune vie) ne peut se finir que d'une façon...
La fin précoce d' Albertine Sarrasin, en 1967, met en relief le bref destin d'une femme qui se voulait vivante: Une affranchie.
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ATOS
  27 mars 2015
Il y a des livres qui vous parlent avec des phrases que l'on suit. L'Astragale, film de Brigitte Sy, d'après le roman d'Albertine Sarazin, sort sur les écrans le 08 avril 2015. Besoin de relire le livre d'Albertine. Après plus de trente ans. Albertine. Alors le plaisir ? Intact. le parfum ? Présent. Les couleurs, les bruits, les odeurs ? le balancement des mots ? Vivants, toujours et encore plus en corps. Il y a dans ce roman, un attachement. L'écriture sans aucun doute. Cette écriture palpable, cette note juste, la réalité incroyable d'un bonheur. Bien sûr la matière est là. le pesant de cette matière, cette veine du vivant. Mais que ferait cette matière sans le style et le talent de son auteure ? « ce passe peine » qui vous traverse. Cette poésie de l'échappe, du secours, de l'espoir, ce braquage incessant des faux fuyants. Sans la pertinence de la réalité des sentiments. Sans la mise à nue de l'amour dans l'urgence d'être et de demeurer toujours vivant, cette cavale sublime au delà de nos enfermements, et qui peut au détour d'une adresse détruire tous les murs qui se dressent. L'astragale vous reste dans la peau comme un peau-aime. C'est avec des mots pareils qu'on devrait tous apprendre à marcher.

Astrid Shriqui Garain
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paroles
  06 mars 2013
Une très belle écriture, mais cependant une histoire (très largement autobiographique) qui ne m'a pas émue.

1965. Anne décide de s'échapper de la prison-école (elle est mineure) où elle purge une peine de 7 ans. Elle réussit à sauter le mur, mais la réception est douloureuse, elle se fracture l'astragale (petit os du pied qui sert de pivot pour fléchir ou étendre la cheville. Merci Wikipédia). Tant bien que mal, elle réussit à s'éloigner de la prison pour arriver au bord de la route. Là, elle croise le chemin de Julien en qui elle reconnaît immédiatement un ex-taulard. Celui-ci va la mettre à l'abri chez des amis, la faire soigner, l'aimer, lui procurer la sécurité dont elle a besoin. Mais il faut souvent changer d'hôtes qui se montrent avides de reconnaissances financières. Et Julien s'absente souvent. Il fait des affaires. Anne ne veut plus dépendre ni de Julien, ni des personnes qui l'hébergent. Elle prend sa liberté, s'installe à l'hôtel et se prostitue pour gagner sa vie. L'argent, elle le met de côté pour Julien, pour eux, parce qu'un jour ils partiront ensemble. Mais la cavale a ses limites...
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