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ISBN : 2070368076
Éditeur : Gallimard (18/02/2000)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.93/5 (sur 2579 notes)
Résumé :
«Garcin : - Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je com prends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. J... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 juillet 2012
J'ai eu deux ressentis très différents à propos de ces deux pièces.
La première, Huis-clos, ne m'a pas du tout séduite. La situation, parfaitement artificielle ou théorique, de trois damnés qui peuvent encore voir la vie de leurs proches se dérouler après leur mort tout en se crêpant le chignon entre eux enfermés dans une sorte de clapier à humain où l'on ne peut guère s'identifier à qui que ce soit ne m'a guère procuré plaisir à la lecture. Je ne dis pas que cette pièce ne suscite pas une réflexion intéressante par la suite, je dis qu'elle n'est pas captivante à lire.
La célèbre maxime, "l'enfer, c'est les autres" est pleine d'intérêt(s) philosophique(s) qui peuvent donner cours à de passionnantes discussions entre amis. En somme, grand intérêt philosophique, faible intérêt littéraire à mon goût, je ne donnerais pas plus de 2 étoiles.
Il en va autrement de la pièce suivante, "Les mouches", qui revisite l'histoire tragique classique d'Oreste telle qu'Euripide, par exemple, nous l'a léguée, tout en la remettant à la sauce actuelle, c'est-à-dire avec un éclairage très "milieu XXème siècle". Cette pièce m'a transporté davantage et je trouve son intérêt philosophique non moindre, voire supérieur, car les notions de sentiment de culpabilité, de pardon, de rachat (rédemption), de vengeance, de passage à l'acte, de désaveu y sont abordés.
On y lit aussi une allégorie de l'amnistie, en cette période post collaboration à l'issue de la seconde guerre mondiale. Peut-on laisser impunis des collabos? Est-on plus heureux après les avoir châtiés? Bref, une pièce que j'ai trouvé beaucoup plus subtile et captivante que l'autre, qui ne donne pas de réponse blanche ou noire.
Pour celle-ci j'attribuerais volontiers 4 à 5 étoiles. J'ai donc fait une sorte de moyenne des deux. Mais, bien sûr, de tout cela c'est à vous de juger, car mon avis n'est pas grand-chose dans l'absolu.
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Aline1102
  02 juillet 2013
Résumé de Huis clos :
Garcin, Inès et Estelle sont enfermés dans une pièce surchauffée. Aucune distraction n'est disponible : pas de radio, de télévision, pas de livres et même pas de fenêtres...
Commentaire de Huis clos :
"L'enfer, c'est les Autres." C'est de cette pièce en un acte qu'est tirée cette célèbre citation de Jean-Paul Sartre.
Très vite, on comprend la raison de ce Huis clos :
Au début, chacun essaye de faire croire aux deux autres qu'il ne mérite pas de se trouver là et s'est toujours comporté honorablement. Mais l'enfermement les ronge, l'insistance des " co-détenus " (appelons-les comme ça, à défaut d'un meilleur terme) est telle que les mensonges s'effritent peu à peu. La vérité, dans toute son horreur, apparaît alors au grand jour ; comme le dit Garcin, les trois héros sont alors " nus comme des vers " aux yeux du lecteur qui peut juger de l'opportunité du châtiment qui leur est infligé.
Peu à peu, les trois participants finissent par s'agacer mutuellement. Ils s'entendent puis se disputent, complotent à deux contre le troisième avant de changer de camp.
Ce manège permet à Sartre d'illustrer la versatilité de l'être humain. Il prouve que chacun ne s'entend avec l'autre que dans la mesure où cela sert ses intérêts. Cynisme ou réalisme ? A nous de juger !
Un autre élément frappant de la pièce, c'est l'espèce de" seconde mort " dont souffrent les personnages. Ainsi, aussi longtemps que quelqu'un se souvient d'eux sur Terre, les trois co-détenus sont capables de lire les pensées et d'entendre les paroles qui les concernent. Mais une fois que leur entourage les a oublié, quand plus personne ne prend la peine d'évoquer leur souvenir, ce lien ténu avec leur vie passée s'éteint. L'humanité est hors d'atteinte et il ne leur reste qu'eux-mêmes et leur deux compagnons d'infortune.
Que veut dire Sartre avec ces passages ? Que nous ne mourons pas tant que notre souvenir nous survit ? Cela semble un peu cliché pour un auteur comme Sartre... Pour rester dans l'ambiance " châtiment éternel ", je préfère penser que l'auteur a souhaité souligner la véritable nature de la damnation : l'oubli simple et définitif.
Résumé des Mouches :
Oreste arrive à Argos avec son précepteur. le jeune homme et son pédagogue découvrent une cité sombre et envahie par des essaims de mouches.
Quinze ans plus tôt, Agamemnon est revenu vainqueur de la guerre de Troie, au grand dam de son épouse, Clytemnestre, qui a profité de son absence pour le tromper avec Eghiste. Ce dernier profitera d'un moment d'inattention de la part d'Agamemnon pour le tuer à coup de hache. Les deux amants monteront alors sur le trône. Mais ils n'avaient pas prévu le remords qui les assaillent...
Depuis ce drame, tous les habitants d'Argos sont tenus de vivre dans la crainte de leurs morts.
Commentaire des Mouches :
Sartre se lance dans la tragédie antique avec Les Mouches. Mais, loin de proposer une pâle copie des auteurs classiques, c'est un véritable éloge de la liberté que compose l'auteur.
Le remords et la vengeance font également partie des thèmes principaux de cette pièce, mais ils m'a semblé que les tirades d'Oreste et de Jupiter sur la liberté jouaient le premier rôle de ce drame.
C'est en effet le manque de liberté des citoyens d'Argos qui les amène à reproduire le sentiment de culpabilité de Clytemnestre et d'Eghiste. Ceux-ci sont rongés par la culpabilité depuis le meurtre d'Agamemnon. Ce sentiment les a fait vieillir vite, a épuisé leur résistance. Afin d'expier leur péché aux yeux des dieux (et en particulier aux yeux de Jupiter), les souverains adultères et criminels d'Argos obligent le peuple à ressentir le même sentiment de culpabilité envers leurs propres morts.
Oreste, que tout le monde croyait mort, revient à Argos le jour même de la fête des morts, cérémonie qui permet à Eghiste de garder la main-mise sur la culpabilité de son peuple. Durant cette fête, les fantômes des défunts sont réputés remonter des enfers. Ils viennent hanter les vivants et leur rappeler leurs manquements à l'égard des disparus.
Oreste n'ayant pas grandi à Argos, il ne se sent pas obligé de participer à la sinistrose générale : il est libre de croire que le fantôme d'Agamemnon, s'il remonte réellement des enfers, ne vient pas pour le hanter lui, mais pour rendre infernale la vie des deux amants responsables de sa mort.
Après avoir rencontré sa soeur, Electre, et lui avoir dévoilé son identité, Oreste décide de l'aider à venger la mort de leur père. Electre le guidera dans le palais et Oreste tuera Clytemnestre et Eghiste. le frère et la soeur préparent ce complot contre l'avis de Jupiter, qui promet à Oreste un châtiment exemplaire s'il accomplit ses noirs desseins.
C'est alors que l'on atteint le point culminant des " Mouches ". Oreste affirme à Jupiter que le châtiment ne l'atteindra que s'il se sent coupable des meurtres qu'il souhaite commettre. Et le sentiment de culpabilité n'est ressenti que par celui qui n'est pas libre de le rejeter... Oreste se sentant tout à fait libre de venger son père, il ne se sentira jamais coupable du meurtre de sa mère et de son beau-père. La punition promise par Jupiter n'aura donc aucun effet sur lui. Beau plaidoyer en faveur de la liberté, mais Oreste sous-entend également par là que n'importe quel acte peut être commis par l'homme libre. Dérangeant...
Jupiter comprend, avec ces paroles d'Oreste, qu'un jour viendra où les hommes n'auront plus besoin des dieux, car les mortels seront libres de mener leur vie à leur guise...
Oreste tue-t-il sa mère et son beau-père ? Ca, je ne vous le dirai pas, tout comme je ne vous expliquerai pas le rôle de ces fameuses " Mouches " qui donne son titre à la pièce. A vous de le découvrir !
Challenge 15 Nobel : 3/15
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pyrouette
  30 novembre 2012
Le regard des autres sur sa propre vie est souvent dérangeant et inquisiteur. Seul on peut toujours arranger notre vie, la raconter en prenant quelques libertés. Avec les autres, ce n'est pas aussi simple. Trois personnes, un homme, deux femmes, si différents, enfermés ensemble pour l'éternité. Une sorte de purgatoire ? Ou carrément l'enfer ? Ces trois personnages se persuadent et essayent de persuader les autres que rien dans leur vie ne permet de penser qu'ils méritent leur sort. Puis la vérité arrive petit à petit. Nous vivons à travers le jugement des autres et ici le non-dit devient aussi important que les paroles.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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vincentf
  27 juin 2010
"L'enfer, c'est les Autres." Souvent, on ne retient que cette phrase, on l'isole, on dit que c'est de Sartre. Et on passe. Réfléchissons. Que veut dire "l'enfer, c'est les Autres" ? Trois personnes qui ne se connaissent pas, un homme, deux femmes, enfermés ensemble pour l'éternité, le dispositif est simple. Il est infini. Tout est possible, d'autant plus que l'une des femmes aime les femmes, l'autre les hommes. Trio infernal, donc, système de personnages classique au théâtre, réinvinté. Qu'est-ce qui change ? C'est peut-être l'impossibilité de mentir. A soi-même, on peut mentir, à l'autre qui te regarde tout le temps, on ne ment pas, on est "nu comme un vers", on est jugé sans concession, parce que l'on existe que par le jugement de l'autre (il n'y a pas de miroir en enfer, comme il n'y a pas de pal), que dans son regard, seul endroit où l'on peut percevoir son reflet. Garcin n'oubliera jamais sa lâcheté, ne la transformera jamais en héroïsme, parce qu'Inès et Estelle savent, parce qu'elles voient. Huis clos est-elle une allégorie ? un discours sur la vie relle, sur l'existence, si chère à Sartre ? Est-ce que sur terre aussi, l'enfer, c'est les Autres ? Nuançons, l'enfer, c'est la conscience que l'autre a de ma faute qui déteint sur moi. Pour ne pas vivre en enfer, il faudrait donc pousser la responsabilité de chacun de ses actes jusqu'à cette question : "Comment les autres (tous les autres et les autres qui m'entourent) jugeront-ils cette action ?" le malheur, ce ne serait donc pas la solitude, mais son impossibilité radicale.
Qu'est-ce qu'un acte libre ? Pour répondre à la question, Sartre reprend la vieille histoire des Atrides. Oreste venge la mort de son père en tuant son assassin, Egisthe et sa complice, Clytemnestre, qui n'est autre que sa propre mère. Ce qui est frappant, dans la version sartrienne du mythe, c'est qu'il ne se situe pas sur le plan moral. Sartre ne pose pas la question : "Est-ce qu'il a bien fait ?". Il montre un homme qui pose librement un acte et qui l'assume. Ce qui différencie Oreste de tous les autres personnages, c'est qu'il n'est pas rongé par les mouches du remords, que son crime lui appartient, qu'il ne le fuit pas, qu'il en assume seul l'entière responsabilité. Peu importe donc si cet acte, en tant que tel, est bon ou non. Il suffit qu'il soit entièrement libre et assumé jusque dans ses pires conséquences pour qu'il soit juste. Il n'empêche qu'arrivé au terme de la lecture, une question se pose : "Est-ce qu'il a bien fait ?".
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Ladybirdy
  14 août 2018
J'aime retourner dans ces ouvrages intemporels qui ont parcouru mon adolescence. Sartre écrira cette pièce fin 1943. 75 années plus tard, rien n'a changé. L'enfer c'est sans conteste les autres. A commencer par soi même, cet autre avec lequel il faut cohabiter nuit et jour.
Garcin, Ines et Estelle, tous les trois morts se retrouvent enfermés dans une chambre. L'enfer change de chaise, fini les braises, les tenailles, garrot et autre instrument de torture, l'enfer siège dans le regard et le jugement des trois naufragés. Les miroirs sont inutiles, l'âme humaine est plus réfléchissante et plus aiguisante que mille lacs et mille couteaux. Suffit de revoir Narcisse rongé dans sa propre image que lui renvoie l'eau.
Huit clos c'est l'autoportrait de ce qui se passe sur terre depuis la nuit des temps.
Estelle cherche à être aimée pour se défaire du poids du désamour. Inès cherche un coupable pour se décharger de sa propre culpabilité. Garcin cherche la rédemption, le pardon. Chacun a sa façon cherche l'issue favorable. Mais tant qu'il y aura des hommes, nous ne serons jamais exemptés. La société tourne en rond les bourreaux et les victimes. La civilisation a besoin de codes et d'hommes à juger. Sans les autres, dieu n'existerait pas, les anges s'ennuieraient, personne ne recevrait l'étoile de la reconnaissance d'être meilleur que le voisin.
L'enfer c'est les autres.
Céline, Camus, Sartre, et plus prêt encore, c'est écrit, c'est dit, c'est vécu.
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Citations et extraits (171) Voir plus Ajouter une citation
Cer45RtCer45Rt   18 avril 2019
EGHISTE
Je n'ai pas de secret.
JUPITER
Si. Le même que moi. Le secret douloureux des Dieux et des rois : c'est que les hommes sont libres. Ils sont libres, Eghiste, tu le sais, et eux ne le savent pas.
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Cer45RtCer45Rt   15 avril 2019
Le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer.
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Cer45RtCer45Rt   13 avril 2019
Adieu, mes hommes. Tentez de vivre : tout est neuf ici, tout est à commencer.
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Cer45RtCer45Rt   10 avril 2019
GARCIN
Je vous demande pardon : pour qui me prenez-vous ?
INES
Vous ? Vous êtes le bourreau.
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bibliofillebibliofille   11 novembre 2007
On meurt toujours trop tôt ou trop tard. Et cependant, la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.



Alors c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru...Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer c'est les autres.
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Videos de Jean-Paul Sartre (186) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Sartre
Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu?une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu?une identité posthume est attribuée à chacun au terme d?une cérémonie. L?un ira au paradis des cinéastes et l?autre au paradis des boulangers, par exemple. L?éternité est moins longue lorsqu?on échange autour d?une passion commune... Amélie s?attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S?agit-il d?une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu?à Sartre.
Écrit « à la manière » d?Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l??uvre de la romancière mondialement célèbre.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/ainsi-philosophait-amelie-nothomb-9782226397140
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