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EAN : 9782072790416
Éditeur : Gallimard (05/09/2019)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 291 notes)
Résumé :
«Garcin : - Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je com prends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. J... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  30 mars 2020
Une pièce d théâtre qui pour moi n'a pas pris une seule ride.
Je l'ai lue quand je devais avoir 16 ans, pour mon plaisir personnel. J'en gardais un bon souvenirs et rien n'a pas changé
et puis je pense qu'elle peut être interprétée et comprise de différentes façon en fonction du lieux et de l'époque.
En ces tristes jours de confinement je crois que cette pièce de théâtre regagne ses lettres de noblesses, parce que mêmes si on aime plus que tout les siens, il arrive toujours un moment ou un autre qui fait que la promiscuité devient compliquée.
Mais j'apprécie la justesse des personnages de Sartre. Et qui au final on y retrouve une façon de voir le manque d'empathie, l'égoïsme et la manque de tolérance des êtres humains
Une petite pièce de théâtre qui devrait être lue par tous
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5Arabella
  20 mars 2020
Sans doute la pièce la plus célèbre de Jean-Paul Sartre, écrite en 1943 et représentée pour la première fois en 1944 au Théâtre du Vieux Colombier, donc un an après la publication de L'être et le néant, l'oeuvre emblème de la philosophie existentialiste de Sartre. de nombreux analystes ont fait le lien entre les deux ouvrage de Sartre, mais Huis-clos est avant tout une pièce, qui reste encore maintenant très efficace sur le plan dramatique, que l'on connaisse ou non la philosophie sartrienne.
Nous sommes donc en Enfer, un enfer aux allures d'un appartement du milieu de XXe siècle. Trois habitants viennent le peupler, l'un après l'autre, et font connaissance, en prenant conscience qu'ils sont condamnés à partager les lieux pour l'éternité sans échappatoire possible. Il y a tout d'abord Joseph Garcin, un journaliste qui vient d'être fusillé. Arrive ensuite une suicidaire, Inès Serrano, une employée de poste lesbienne, qui a entraîné dans sa mort sa compagne, qu'elle reconnaît avoir torturée psychologiquement, après avoir poussé son mari au suicide. En enfin Estelle Rigault, une jeune et jolie femme, morte d'une pneumonie, mariée à un vieil homme riche, qui refuse de reconnaître ses fautes, mais qui révèle au fur et à mesure son égoïsme et son indifférence aux autres, qui ont provoqué des catastrophes dont elle se fiche complètement.
Les personnages révèlent petit à petit leurs secrets honteux, ils voient quelques scènes de leur environnement, leurs proches, après leur mort. Ils se révèlent à eux-mêmes dans le regard des autres, aussi bien ceux qui sont toujours vivants, que les deux autres condamnés avec qui ils sont appelés à partager l'éternité. le rapport à soi-même prend en quelque sorte corps dans la reflet du regard de l'autre. Les trois personnages rassemblés ont été choisi de telle manière que les accommodements, les adoucissements des rapports humains, les hypocrisie de la vie sociale qui permettent de supporter, ne soient pas possibles. La dynamique des rapports en jeu aboutit forcément à un impitoyable jeu de massacre, sans possibilité de compromis. Et surtout, il n'y a rien à faire dans ce lieu, et donc tout ce qui reste sont les individus, livrés à eux-mêmes et leurs ruminations. Il n'y a pas la possibilité d'action, de remédiation à ses choix passés, à les réparer. Ils sont devenus irréversibles, définitifs. Les trois protagonistes sont donc figés dans leur faillite en tant qu'êtres humains, et les autres leur renvoient en permanence cette faillite.
Malgré quelques aspects datés maintenant, ce qui est inévitable, la pièce reste extraordinairement efficace et percutante, en jouant sur plusieurs registre, avec quelques effets comiques, un aspect jeu de massacre, tragédie. Elle mérite pleinement la dénomination de classique.
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Cer45Rt
  15 avril 2019
C'est avec "Huis clos" que j'ai découvert le théâtre de Sartre-assez récemment, d'ailleurs. Je connaissais déjà son autobiographie, "Les Mots" et j'avais abordé sa philosophie avec "L'existentialisme est un humanisme".
Dans "Huis clos", Sartre souhaite de toute évidence nous transmettre le sentiment de l'absurde ( tiens, ça ne vous rappelle pas quelqu'un, ça ? ), au sens philosophique du terme : trois personnages se retrouvent dans une pièce, pleurent, parlent, bougent continuellement, mais non, non, rien ne réussit à remplir une existence inessentielle qu'ils ne remplissent pas par eux-mêmes ( Je rappelle que, selon Sartre, l'idée d'une existence dont le cours serait en lien avec un plan prédéfini ainsi que l'idée d'une nature humaine sont fausses ; par conséquent, le cours de l'existence est inessentielle ( oui, je sais, c'est un pléonasme ) et l'unique essence possible de celui-ci doit être créée par l'existant lui-même ).
Une pièce passionnante, bien écrite, subtile, intelligente, qui ne laisse pas indifférent !...
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Gaphanie
  08 octobre 2018
Garcin, Inès et Estelle se retrouvent ensemble en enfer. C'est une sorte d'hôtel, dont ils occupent une pièce. Au début, chacun rechigne à expliquer aux autres pourquoi il se retrouve en enfer : une erreur, forcément. Et peu à peu, les langues se délient. Les masques tombent. Et les personnages s'enchaînent eux-mêmes les uns aux autres, compromettant toute chance que l'un deux puisse en sortir.
Des messages, il y en a plusieurs dans cette pièce. le plus connu, évidemment, l'enfer c'est les autres. Mais aussi "Tu n'es rien d'autre que ta vie", seuls les actes comptent, pas les intentions.
Huis clos, c'est une succession de triangles de Karpman, même si cette notion était encore inconnue à l'époque de Sartre, qui débouche sur une monstrueuse impasse, le désespoir et l'impuissance d'être pris au piège résumés dans la dernière phrase : "Alors, continuons..."
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taganga2000
  29 novembre 2019
C'est avec grand plaisir que j'ai relu cette courte pièce étudiée en cours il y a très longtemps. Je ne lisais plus de théâtre. Les challenges solidaire et Nobel m'ont permis de sortir de ma zone de confort et de me dire que lorsqu'une pièce de théâtre est aussi puissante, alors oui il faut la lire.
Trois personnes, ne se connaissant pas, se retrouvent en enfer. Chacun d'entre eux est persuadé qu'il ne mérite pas un tel sort et le fait savoir aux autres. Mais très vite les langues se délient, les masques tombent et le ton courtois du début se transforme vite en réquisitoire. Peux t-on s'affranchir du regard des autres ?
Cela se lit d'une traite, c'est à la fois drôle et profond. Les dialogues sont excellents.
Inès
Vous allez voir comme c'est bête. Bête comme chou ! Il n'y a pas de torture physique, n'est-ce pas ? Et cependant, nous sommes en enfer. Et personne ne doit venir. Personne. Nous resterons jusqu'au bout seuls ensemble. C'est bien ça ? En somme, il y a quelqu'un qui manque ici : c'est le bourreau.
Garcin, à mi-voix.
Je le sais bien.
Inès
Eh bien, ils ont réalisé une économie de personnel. Voilà tout. Ce sont les clients qui font le service eux-mêmes, comme dans les restaurants coopératifs.
Estelle
Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Inès
Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres.
Une très agréable lecture.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
thereader83thereader83   04 juin 2018
GARCIN - Je n'ai pas rêvé cet héroïsme. Je l'ai choisi. On est ce qu'on veut.
INES - Prouve-le. Prouve que ce n'était pas un rêve. Seuls les actes décident de ce qu'on a voulu.
GARCIN - Je suis mort trop tôt. On ne m'a pas laissé le temps de faire mes actes.
INES - On meurt toujours trop tôt - ou trop tard. Et cependant la vie est là, terminée: le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   24 août 2017
On meurt toujours trop tôt - ou trop tard. Et cependant la vie est là, terminée ; le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.
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Mathilde17Mathilde17   04 mars 2017
Allons! Allons! Ne perds pas courage. Il doit t'être facile de me persuader . Cherche des arguments, fais un effort. (Garcin hausse les épaules.) Eh bien, eh bien? Je t'avais dit que tu étais vulnérable. Ah! comme tu vas payer à présent. Tu es un lâche, Garcin, un lâche parce que je le veux. Je le veux, tu entends, je le veux! Et pourtant, vous comme je suis faible, un souffles; je ne suis rien que le regard qui te voit que cette pensée incolore qui te pense. (Il marche sur elle, les mains ouvertes.) Ha! elle s'ouvrent, ces grosses mains d'ogre. Mais qu'espères-tu? On n'attrape pas les pensées avec les mains. allons, tu n'as pas le choix: il faut me convaincre. Je te tiens.
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AlienorAntoniaAlienorAntonia   06 avril 2020
Tu es un lâche, Garcin, un lâche parce que je le veux. Je le veux, tu entends, je le veux ! Et pourtant, vois comme je suis faible, un souffle ; je ne suis rien que le regard qui te voit, que cette pensée incolore qui te pense.
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AlienorAntoniaAlienorAntonia   06 avril 2020
Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les coeurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins. Six mois durant, j'ai flambé dans son coeur ; j'ai tout brûlé. Elle s'est levée une nuit ; elle a été ouvrir le robinet du gaz sans que je m'en doute, et puis elle s'est recouchée près de moi. Voilà.
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Vidéo de Jean-Paul Sartre
Verdier, 40 ans d'édition : Pierre Michon & Paul Audi Rencontre animée par Johan Faerber À l'occasion des 40 ans des éditions Verdier et pour fêter l'esprit de leur beau catalogue, un dialogue entre deux auteurs phare de la maison, Pierre Michon et Paul Audi, autour de la création esthétique (littéraire, artistique, philosophique). Dialogue qui donnera notamment l'occasion de présenter en avant-première le nouvel ouvrage de Paul Audi. Faisant suite à Créer (Verdier 2010), Curriculum prend le parti de jauger l'esth/éthique à l'aune des pensées de Nietzsche, Sartre, Lacan, Derrida, Foucault… En dressant un tableau ordonné de l'évolution de sa pensée, Paul Audi laisse alors entendre que celle-ci ne peut plus laisser dans l'ombre ce qu'elle a jusqu'à présent soigneusement tenu à l'écart : son enjeu politique.
À lire – Une large partie de l'oeuvre de Pierre Michon est publiée aux éditions Verdier. Paul Audi, Curriculum, Verdier, 10 octobre 2019.
Le mercredi 2 octobre 2019
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