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ISBN : 2070293882
Éditeur : Gallimard (23/04/1976)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Ce chef-d'oeuvre de la philosophie française de tradition cartésienne, devenu le livre culte des existentialistes, porte l'empreinte d'un dialogue critique avec la philosophie allemande (Hegel, Husserl, Heidegger). À la phénoménologie, il emprunte son vocabulaire technique, mais aussi les sophistications d'une méthode visant à dévoiler "l'être de la conscience". Toutefois, les pages consacrées à la description d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
J-line
  16 février 2011
Un tout grand texte philosophique, pour spécialistes cependant.
Qui expose et développe les fondements de la pensée sartrienne, en reprenant les méandres et les profondeurs dans de longues phrases à tiroirs découvrant autant de parenthèses....: la pensée en marche!
Le livre s'ouvre sur la négation de toute ontologie cachée, de toute Essence ultime : «La pensée moderne a réalisé un progrès considérable en réduisant l'existant à la série des apparitions qui le manifestent (…). Il s'ensuit, évidemment, que le dualisme de l'être et du paraître ne saurait plus trouver droit de cité en philosophie. L'apparence renvoie à la série totale des apparences et non à un réel qui aurait drainé pour lui tout l'être de l'existant.», p. 11. En souterrain, le regret sans doute de l'impossible plénitude consciente d'un En-soi (absolu) qui serait encore pour-Soi (conscient à lui-même). Et la théorie d'un homme de l'entre-deux : entre deux néants, entre la matière et la matière qui se fuit, entre son individualité, son ipséité, et la communauté....
Sans oublier la notion de liberté: où dond l'existence précède l'essence - où conséquemment la liberté est absolue en matière de sens. Philosophie articulant dès lors cette liberté à la situation qui la reçoit pour (factuellement) la contredire et (ce faisant) la permettre en sa signification comme en son possible : «Ainsi commençons-nous à entrevoir le paradoxe de la liberté : il n'y a de liberté qu'en situation et il n'y a de situation que par la liberté. La réalité humaine rencontre partout des résistances et ces obstacles n'ont de sens que dans et par le libre choix que la réalité humaine est.», E et N, 546. Partant, l'homme est celui par qui tout existe , celui par qui tout advient : sur fond d'indifférenciation, il fait surgir son monde – qui est le monde sans l'être. de toute part menacé par l'en-soi, il se défend : «Etre, pour le pour-soi, c'est néantiser l'en-soi qu'il est. Dans ces conditions, la liberté ne saurait être rien autre que cette néantisation.» . Mais encore, «C'est par elle [cette liberté] que le pour-soi échappe à son être comme à son essence, c'est par elle qu'il est toujours autre chose que ce qu'on peut dire de lui, car au moins est-il celui qui échappe à cette dénomination même, celui qui est déjà par-delà le nom qu'on lui donne, la propriété qu'on lui reconnaît.», E et N, 494. Telle distanciation oeuvrée par le sujet en son existenciation n'empêche en rien la récusation du dualisme
Nonobstant, la liberté sartrienne est une construction idéelle : idéal auquel tendre, elle est également schème explicatif de la conscience en son assomption du donné (à l'horizon d'un futur à construire) comme en sa néantisation de l'en-soi (à l'horizon d'un sens à produire). Elle est condition et but (ou structure d'accueil de tout but légitime) de l'agir humain. Construction idéelle donc, mais non pas Idée intemporelle à contempler : voie informative et possibilité à saisir. Possible à assumer en vue d'une action opératoire susceptible de changer le monde. Plus encore, cette représentation est condition de possibilité de l'action et de l'opérativité de tout agir. En d'autres termes, cette interprétation de l'existence en sa contingence, en ses latitudes décisionnelles, en sa soutenance auto-définissante, en ses choix pratiques et destinaux, est condition et voie et outil d'une transformation effective du monde. Et le paradoxe est flagrant : c'est parce que la «Liberté» existe comme modèle et idéal (construits l'un et l'autre par une conscience gratuite en quête de substance et de contenu), parce qu'elle existe sur ce seul mode (celui de l'illusion masquant activement sa dimension illusoire), qu'elle s'oppose à l'Essentialisme comme à l'Idéalisme…
Selon cette approche, l'humanité se révèle bien plus dans l'assomption de l'acte et dans son interprétation que dans son fait : l'humanité se trouve alors dans le mouvement et la mise en mouvement d'un sens et d'une valeur. Quant à l'espèce elle est création humaine : elle vient à l'homme «par derrière», par autrui. En ces circonstances, dans une situation qu'il n'a pas voulue mais qu'il a à interpréter , sous le regard d'autrui qui fige sa soutenance ou son existenciation en un «arrêt sur image», dans un monde partagé dont l'autre lui conteste la propriété et le sens, dans l'ignorance du doit choisir et se choisir. Doit exister et faire exister l'homme qu'il dessine de ses actions ou signale de ses motivations et convictions. Ou encore, choisissant (ses engagements, références, valeurs), l'homme se choisit. Se choisissant, il choisit l'humanité dans son ensemble. En conséquence, face à l'incertitude de ce choix que nulle Transcendance n'assure, devant l'inconnaissabilité des développements processuels de l'action, confronté au risque de l'échec (et de l'échec ultime : la mort), se manifestent tentations de démissions, processus d'aveuglement et angoisses – et Sartre de préciser : «C'est précisément la conscience d'être son propre avenir sur le mode du n'être-pas [qu'il nomme] l'angoisse»E et N, 67. Pourtant autre chose découle de cette constatation : c'est parce que le pour-soi en existenciation n'est pas son avenir (parce qu'un espace-temps, qu'un devenir «organique» et qu'un agir inscrit dans l'adversité d'une situation à la fois personnelle, historique et mondaine l'en séparent) qu'il a à choisir et à agir – et que ces actions le transformeront tout autant qu'elles transformeront son rapport au monde et le monde lui-même. C'est aussi parce qu'il n'est pas (pas toujours déjà) son avenir, parce que nulle promesse (personnelle ou reçue) ne le lie à celui-ci, que la liberté existe. En fait, un monde à chaque instant plein de tous les possibles (actualisés) serait un monde compact où s'anéantiraient la satisfaction, l'action, le désir, la distance et la liberté. L'homme enserré dans un tel monde serait un rêveur : ne rencontrant nulle résistance, nulle inertie, nul décalage temporel entre conception et réalisation, comme Dieu, il rêverait et s'identifierait à la somme de ses créations. Comme Dieu, comme un esclave : «La toute-puissance divine équivaut à une totale servitude subjective. Dieu est précipité de création en création sans pouvoir «prendre ses distances» par rapport à soi et par rapport à l'objet.», Les écrits de Sartre, 53. En cette perspective, le temps, comme durée, comme épreuve, comme substrat de l'action (et substrat produit par l'action), est la condition de réalité du sujet. Comme l'explicite clairement Juliette Simon en un contexte différent (Je est un autre : du malin génie à l'implant mémoriel, in Philosophie et science-fiction), une distance sépare le «moi» (substantiel et phénoménal, métabolique et cognitif) du sujet – celui du «cogito» cartésien. Ou encore, le temps sépare «Je» de «moi» ; nonobstant, la négation/néantisation du temps-durée (où s'inscrivent le métabolisme et les processus neurologiques divers) entre le «je veux» …«je possède ou réalise» abîmerait le «moi» dans l'objet…
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Fx1
  18 juillet 2014
Sartre est un grand philosophe , cela ne fait aucun doute . Quand on décovre ce texte on est tout d'abord saisi par la qualité des mots présents ici . Une telle maitrise doit étre saluée , car peu sont capables de parvenir à cela . le texte en lui méme doit étre lu en plusieurs fois , car tant de richesse nécessite une implication totale du lecteur . le questionnement sur la conscience qui selon Sartre est l'élément fondamental de l'existentialisme , ce questionnement est sans fin . L'on pourra certes dire que les personnes qui font acte de réflexion sur leur condition et sur la réalité de leur présence morale dans ce monde , dans cette existence , l'on pourra dire que ces personnes sont réellement vivantes , donc conscientes , et donc le néant n'est pas leur condition . Au delà de cet aspect là , Sartre interroge le lecteur et s'interroge lui méme , sur la conscience de l'étre . Celui ci est il vraiment apte à comprendre que son parcours doit étre enrichi de ce que la vie peut lui apporter , ou bien est il simplement destiné à n'étre qu'un simple spectateur qui contemple immobile sa vie , son parcours , telle une éponge qui ne retient rien de l'eau qu'elle reçoit ? le questionnement de Sartre est pertinent et c'est pour cela que cet ouvrage i important doit étre lu et relu pour prendre conscience de l'importance de l'ètude que Sartre méne ici . Un livre un peu complexe , mais néanmoins trés important pour mieux comprendre les enjeux de l'existence .
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claudeparis936
  03 décembre 2014
J'ai lu ce livre, contrainte et forcée alors que j'étais étudiante, j'en ai gardé un très mauvais souvenir. ! Peut-être que si je le relisais maintenant, la maturité aidant ... ?
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artofmomo
  21 novembre 2012
Quand je regarde les étoile brillé le temps,alors j'illumine mon être a cette instant présent,Ironie d'Être moi témoin de ce temps Néant...
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Citations & extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   22 mars 2012
... la haine est haine de tous les autres en un seul. Ce que je veux atteindre symboliquement en poursuivant la mort de tel autre, c'est le principe général de l'existence d'autrui. L'autre que je hais représente en fait les autres. Et mon projet de le supprimer est projet de supprimer autrui en général, c'est-à-dire de reconquérir ma liberté non-substantielle de pour-soi. Dans la haine, une compréhension est donnée de ce que ma dimension d'être-aliéné est un asservissement réel qui me vient par les autres. C’est la suppression de cet asservissement qui est projetée. C'est pourquoi la haine est un sentiment noir, c'est-à-dire un sentiment qui vise la suppression d'un autre et qui, en tant que projet, se projette consciemment contre la désapprobation des autres. La haine que l'autre porte à un autre, je la désapprouve, elle m'inquiète et je cherche à la supprimer parce que, bien que je ne sois pas explicitement visé par elle, je sais qu'elle me concerne et qu'elle se réalise en moi. Et elle vise à me détruire non en tant qu'elle chercherait à me supprimer, mais en tant qu'elle réclame principalement ma désapprobation pour pouvoir passer outre.

338 - [Tel n° 1, p. 462]
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jojobegoodjojobegood   24 juin 2014
La souffrance que je ressens, au contraire, n’est jamais assez souffrance, du fait qu’elle se néantit comme en soi par l’acte même où elle se fonde. Elle s’échappe comme souffrance vers la conscience de souffrir. Je ne puis jamais être surpris par elle, car elle n’est que dans l’exacte mesure où je la ressens. Sa translucidité lui ôte toute profondeur. Je ne puis l’observer, comme j’observe celle de la statue, puisque je la fais et je la sais. S’il faut souffrir, je voudrais que ma souffrance me saisisse et me déborde comme un orage : mais il faut au contraire, que je l’élève à l’existence dans ma libre spontanéité. Je voudrais à la fois l’être et la subir, mais cette souffrance norme et opaque qui me transporterait hors de moi, elle m’effleure continuellement de son aile et je ne peux la saisir, je ne trouve que moi, moi qui me plains, moi qui gémis, moi qui dois, pour réaliser cette souffrance que je suis, jouer sans répit la comédie de souffrir Je me tords les bras, je crie, pour que des êtres en soi, des sons, des gestes, courent par le monde, chevauchés par la souffrance en soi que je ne peux être. Chaque plainte, chaque physionomie de celui qui souffre vise à sculpter une statue en soi de la souffrance. Mais cette statue n’existera jamais que par les autres, que pour les autres. Ma souffrance souffre d’être ce qu’elle n’est pas et de n’être pas ce qu’elle est, sur le point de se rejoindre elle s’échappe, séparée d’elle par rien, par ce néant dont elle est elle-même le fondement… Mais elle ne peut être souffrance que comme conscience de n’être pas assez souffrance en présence de cette souffrance plénière et absente.
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jojobegoodjojobegood   24 juin 2014
Si la franchise ou sincérité est une valeur universelle, il va de soit que sa maxime “il faut être ce que l’on est“ ne sert pas uniquement de principe régulateur pour les jugements et les concepts par lesquels j’exprime ce que je suis. Elle pose non pas simplement un idéal du connaitre mais un idéal d’être, elle nous propose une adéquation absolue de l’être avec lui-même comme prototype d’être. En ce sens, il nous faut faire être ce que nous sommes. Mais que sommes-nous donc si nous avons l’obligation constante de nous faire être ce que nous sommes, si nous sommes sur le mode d’être du devoir être ce que nous sommes ?
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PingouinPingouin   19 juillet 2012
"Ce qu'il y a de terrible dans la Mort, dit Malraux, c'est qu'elle transforme la vie en destin." Il faut entendre par là qu'elle réduit le pour-soi-pour-autrui à l'état de simple pour-autrui. De l'être de Pierre mort, aujourd'hui, je suis seul responsable, dans ma liberté. Et les morts qui n'ont pu être sauvés et transportés à bord du passé concret d'un survivant, ils ne sont pas passés, mais, eux et leurs passés, ils sont anéantis.
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jojobegoodjojobegood   24 juin 2014
En ce sens, le pour-soi a à être son futur parce qu’il ne peut être le fondement de ce qu’il est que devant soi et par delà l’être : c’est la nature même du pour-soi que de devoir être “un creux toujours futur“. De ce fait il ne sera jamais devenu, au présent, ce qu’il avait à être, au futur. Le futur tout entier du pour-soi présent tombe au passé comme futur avec ce pour-soi lui-même. Il sera futur passé d’un certain pour-soi ou futur antérieur. Ce futur ne se réalise pas. Ce qui se réalise, c’est un pour-soi désigné par le futur et qui se constitue en liaison avec ce futur. (…) Ce “rejoignement“ est purement idéal, il ne s’opère pas réellement : le futur ne se laisse pas rejoindre, il glisse au passé comme ancien futur et le pour-soi présent se dévoile dans toute sa facticité, comme fondement de son propre néant et derechef comme manque d’un nouveau futur (…) “Que la république était belle sous l’Empire.“
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Vidéo de Jean-Paul Sartre
Radioscopie : Jean-Paul Sartre
"À 16 ans j'aurais aimé vous rencontrer " c'est par cette véritable déclaration que Jacques Chancel accueille Jean-Paul Sartre, ce 7 février 1973, dansRadioscopie .
Tout au long de l'entretien, il évoque son enfance, ses études, qui il était jeune homme et son refus du Prix Nobel. Mais il aborde aussi le métier d'écrivain et l'évolution de sa pensée, le rôle de la politique et du journalisme dans sa vie. Il explique son refus du Prix Nobel par sa volonté de ne pas être "récupéré" par la classe dirigeante.
Il évoque aussi son non-conformisme, son goût du temps présent et la satisfaction quant à la vie qu'il a menée.
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