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ISBN : 207036870X
Éditeur : Gallimard (18/01/1972)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 214 notes)
Résumé :
« Ivich regardait à ses pieds d'un air fermé.
- Il doit m'arriver quelque chose.
- Je sais, dit Mathieu, votre ligne de vie est brisée. Mais vous m'avez dit que vous n'y croyiez pas vraiment.
- Non, je n'y crois pas vraiment... Et puis il y a aussi que je ne peux pas imaginer mon avenir. Il est barré.
Elle se tut et Mathieu la regarda en silence. Sans avenir... Tout à coup il eut un mauvais goût dans la bouche et il sut qu'il tenait à Ivi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  23 novembre 2012
«Les chemins de la liberté» est une oeuvre qui se présente en fait comme une somme romanesque. En effet, si vous avez eu le plaisir de lire «la Nausée», vous redoublerez d'un plaisir de même intensité pour la lecture de ce qui a attrait à la liberté, et dont le thème pourrait s'intituler: «Le malheur, c'est que nous sommes libres». Tout simplement, «la Nausée» aurait bel et bien une suite.
L'âge de raison est un récit créatif décrit «dans la bonace trompeuse» des années 30, où un cercle restreint de quelques vies individuelles «bien cloisonnées» s'attirent et se fuient en l'espace de quelques jours. Pour préserver une liberté devenue sans objet, Mathieu Delarue, professeur de philosophie, refuse de s'engager avec Marcelle, enceinte de lui; il traverse le tout Paris pour réunir la somme nécessaire à l'avortement de son amie. le récit est bien ficelé, construit à la méthode d'une pièce de théâtre des boulevards, obéissant à une unité d'action, de lieu, d'idée; tout est minutieusement calculé.
Quant au «Sursis», roman achevé en 1944, on y découvre l'effervescence de l'Histoire dans un univers individualiste et ordonné, à l'aube grise de cette seconde guerre, où l'invasion de la Tchécoslovaquie, la mobilisation décrétée en France et les accords de Munich prennent forme. La technique d'écriture est différente: accélération, morcellement du temps, notion d'espace et d'intrigue constituent autant d'ingrédients qui font tourbillonner l'histoire; nous y trouvons même des acteurs de l'Âge de raison, mêlés à une foule de héros célèbres et anonymes. Suit «La mort dans l'âme», récit publié cinq ans plus tard dans lequel on peut vivre en même temps que Mathieu Delarue, l'épisode époustouflant de la débâcle de son régiment ainsi que bon nombre d'évènements qui ne méritent pas, à mon sens, d'être trop rapidement décrits dans un commentaire.
Il faut profiter de lire cette oeuvre inégalable de Jean-Paul SARTRE. Pourquoi?
Nous ne sommes malheureusement pas sans savoir qu'au début des années 50, au moment précis des «Mots», l'écrivain se trouve en pleine période d'autocritique (forme de syndrome dépressif pour un homme de lettres) et de rejet de la littérature. C'est à ce moment là qu'il entreprend son autobiographie.
S'agissait-il d'une lumière de révélations ou pas, en tout cas, c'est bien à cette période-là qu'il écrivait: «Jeté dans l'atmosphère de l'action, j'ai soudain vu clair dans l'espèce de névrose qui dominait toute mon oeuvre antérieure.»
Il y a un peu plus de trente ans que «la pape de l'existentialisme» décédait. Après VOLTAIRE et HUGO, SARTRE fut aussi un maître à penser, un créateur, un vulgarisateur.
Je pense qu'il aurait eu sa place en plein siècle des Lumières; c'était plus fort que moi, mais çà il fallait que je le dise.
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pyrouette
  10 mai 2012
Très belle histoire basée sur la liberté. J'ai suivi avec un grand intérêt ce groupe de jeunes gens se posant des questions sur l'avortement, l'homosexualité, l'estime ou la haine de soi. La liberté et le désir des femmes, à cette époque (1938), sont secondaires, du moins selon l'auteur. On le ressent fortement dans le livre où tout est concentré sur la liberté individuelle et existentielle des hommes, sur leur vie, ratée ou pas…L'égoïsme et l'égocentrisme règnent et dirigent l'histoire en maîtres, de quoi se poser des questions en tant que lecteur et de relativiser face à l'individualisme de notre société actuelle. A lire ou relire !

Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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chartel
  21 novembre 2008
Si je ne suis pas émerveillé par Sartre, je dois reconnaître qu'il avait un certain don pour la construction narrative. J'apprécie également son envie de philosopher qu'il ne dissimule nullement. Cela rend son propos encore plus marquant. le roman emboîte plusieurs récits de vie d'une manière tout à fait judicieuse. Mais quel intellectuel! Cet homme devait penser en permanence. Penser, penser et encore penser, à tout moment de la journée, dans n'importe quelle situation.
Les critiques de son époque le considéraient plus comme un romancier que comme un philosophe, mais il était, comme Albert Camus, les deux à la fois. Et avec quel génie.
Le personnage central de l'oeuvre doit être un double de l'auteur. Il analyse tout ce qu'il fait, tout ce qu'il voit et ébauche des théories philosophiques, dont la célèbre théorie existentialiste.
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olivberne
  02 juillet 2012
Sartre se lance dans une grande fresque romanesque, tout en y ajoutant des personnages rongés par leurs problèmes et leurs soucis et qui mènent une existence somme toute banale mais qui lui permet d'en faire des exemples de nos propres existences et des solutions à apporter à un mal être ou à un évènement à surmonter. Il dépeint surtout l'avant-guerre avec les accords de Munich. Il règle ainsi ses scomptes avec l'histoire où il n'a pas joué un si grand rôle, à l'inverse d'autres écrivains et il y ajoute le concept de liberté pour pimenter le tout. Quand on aime Sartre, on peut facilement s'identifier aux personnages et l'histoire se lit agréablement, comme un feuilleton.
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neptune
  18 novembre 2008
C'est l'histoire de la vie bourgeoise de personnages qui ont un choix à poser sous l'éclairage de l'existentialisme sartrien. Un reflet de nous, pauvres humains qui nous complaisons dans notre confort afin d'oublier l'important, les chemins déchirants qui peuvent mener vers notre liberté. le style littéraire est moins recherché que dans La Nausée ou le Mur, mais la vraisemblance des angoisses qui habitent les personnages nous montrent que Sartre aura vécu en toute conscience humaine de ce qui se passait autour de lui.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
volubilaevolubilae   25 avril 2017
Du vide. Le corps se remet en marche en traînant des pieds, lourd et chaud avec des frissons, des brûlures de colère, à la gorge, à l'estomac. Mais plus personne ne l'habite. Les rues se sont vidées comme par un trou d'évier; quelque chose qui les remplissait encore tout à l'heure s'est englouti. Les choses sont demeurées là, intactes, mais leur gerbe est défaite, elles pendent du ciel comme d'énormes stalactites, elles montent de terre comme d'absurdes menhirs . Toutes leurs petites sollicitations coutumières, leurs menus chants de cigale, se sont dissipés dans les airs, elles se taisent. Il y avait naguère un avenir d'homme qui se jetait contre elles et qu'elles réfléchissaient en un éparpillements de tentations diverses. L'avenir est mort.
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pyrouettepyrouette   03 mai 2012
Ce n'est pas un but, c'est un moyen. C'est pour te libérer de toi-même ; te regarder, te juger : c'est ton attitude préférée. Quand tu te regardes, tu te figures que tu n'es pas ce que tu regardes, que tu n'es rien. Au fond, c'est ça ton idéal : n'être rien.
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chartelchartel   14 septembre 2007
Autour de lui, c’était pareil : il y avait des gens qui n’existaient pas du tout, des buées, et puis il y en avait d’autres qui existaient un peu trop. Le barman, par exemple. Tout à l’heure il fumait une cigarette, vague et poétique comme un liseron ; à présent il s’était réveillé, il était un peu trop barman, il secouait le shaker, l’ouvrait, faisait couler une mousse jaune dans des verres avec des gestes d’une précision légèrement superflue : il jouait au barman. (…) Peut-être qu’on ne peut pas faire autrement, peut-être qu’il faut choisir : n’être rien ou jouer ce qu’on est
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pyrouettepyrouette   02 mai 2012
Des larmes d'adulte, c'était une catastrophe mystique, quelque chose comme les pleurs que Dieu verse sur la méchanceté de l'homme.
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pyrouettepyrouette   29 avril 2012
Tu as une telle frousse d'être ta propre dupe que tu refuserais la pus belle aventure du monde plutôt que de risquer de te mentir.
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Videos de Jean-Paul Sartre (180) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Sartre
Radioscopie : Jean-Paul Sartre
"À 16 ans j'aurais aimé vous rencontrer " c'est par cette véritable déclaration que Jacques Chancel accueille Jean-Paul Sartre, ce 7 février 1973, dansRadioscopie .
Tout au long de l'entretien, il évoque son enfance, ses études, qui il était jeune homme et son refus du Prix Nobel. Mais il aborde aussi le métier d'écrivain et l'évolution de sa pensée, le rôle de la politique et du journalisme dans sa vie. Il explique son refus du Prix Nobel par sa volonté de ne pas être "récupéré" par la classe dirigeante.
Il évoque aussi son non-conformisme, son goût du temps présent et la satisfaction quant à la vie qu'il a menée.
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