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ISBN : 2070368068
Éditeur : Gallimard (08/02/1972)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 22 notes)
Résumé :
" Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je la ai plongées dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
araucaria
  29 juin 2017
Drame en sept tableaux dont l'action se déroule dans un pays fictif de l'Europe de l'Est pendant la guerre de 39/45. On y trouve beaucoup d'introspection, de psychologie et naturellement de la politique puis qu'il est question de l'URSS et du Parti Communiste. le duel bourgeoisie-aristocratie et gens du peuple n'est pas absent non plus. La lutte des classes n'est pas ici un cliché de même que l'affrontement intellectuels contre prolétaires.
Une pièce de théâtre que j'ai lue plutôt comme un roman, compte tenu de l'épaisseur du livre, et en règle générale de la longueur des tirades. La compromission et les trahisons ne sont pas absentes non plus... comme très souvent en politique.
Bonne découverte d'une oeuvre encore actuelle.
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seguintheo
  09 août 2019
Du très bon. Vraiment. A lire. Deuxième Sartre. Deuxième plaisir. le contexte et l'intrigue sont particuliers, mais c'est excellemment bien écrit et les dialogues sont purement incroyables. Je le redis : à lire immédiatement si ce n'est déjà fait !
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Flocava1
  08 août 2019
Une pièce de théâtre très politique, réaliste et effrayante et fatalement effrayante. C'est saisissant et se lit comme une tragédie
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
cambobcambob   09 août 2019
HOEDERER

Et moi, je les aime pour ce qu’ils sont. Avec toutes leurs saloperies et tous leurs vices. J’aime leurs voix et leurs mains chaudes qui prennent et leur peau, la plus nue de toutes les peaux, et leur regard inquiet et la lutte désespérée qu’ils mènent chacun à son tour contre la mort et contre l’angoisse. Pour moi, ça compte un homme de plus ou de moins dans le monde. C’est précieux. Toi, je te connais bien, mon petit, tu es un destructeur. Les hommes, tu les détestes parce que tu te détestes toi-même; ta pureté ressemble à la mort et la Révolution dont tu rêves n’est pas la nôtre : tu ne veux pas changer le monde, tu veux le faire sauter.
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araucariaaraucaria   25 juin 2017
Olga, seule, assise devant un poste de T. S. F., manoeuvre les boutons de la radio. Brouillage, puis une voix assez distincte.

SPEAKER
Les armées allemandes battent en retraite sur toute la largeur du front. Les armées soviétiques se sont emparés de Kischnar à quarante kilomètres de la frontière illyrienne. Partout où elles le peuvent les troupes illyriennes refusent le combat; de nombreux transfuges sont déjà passés du côté des Alliés. Illyriens, nous savons qu'on vous a contraints de prendre les armes contre l'U. R. S. S., nous connaissons les sentiments profondément démocratiques de la population illyrienne et nous...

Olga tourne le bouton, la voix s'arrête. Olga reste immobile, les yeux fixes. Un temps. On frappe. Elle sursaute. On frappe encore. Elle va lentement à la porte. On frappe de nouveau.

OLGA
Qui est-ce?

VOIX DE HUGO
Hugo.

OLGA
Qui?

VOIX DE HUGO
Hugo Barine.

Olga a un bref sursaut, puis elle reste immobile devant la porte.

Tu ne reconnais pas ma voix? Ouvre, voyons! Ouvre-moi.

Olga va rapidement vers la commode... prend un objet de la main gauche, dans le tiroir, s'entoure la main gauche d'une serviette, va ouvrir la porte, en se rejetant vivement en arrière, pour éviter les surprises. Un grand garçon de 23 ans se tient sur le seuil.
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araucariaaraucaria   27 juin 2017
GEORGES
Tu as eu faim, toi? Je crois que tu avais plutôt besoin de prendre de l'exercice avant les repas pour te mettre en appétit.

HUGO
Pour une fois, tu as raison, mon grand camarade : l'appétit je ne sais pas ce que c'est. Si tu avais vu les phosphatines de mon enfance, j'en laissais la moitié : quel gaspillage! Alors on m'ouvrait la bouche, on me disait : une cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman, une cuillerée pour tante Anna. Et on m'enfonçait la cuiller jusqu'au fond de la gorge. Et je grandissais, figure-toi. Mais je ne grossissais pas. C'est le moment où on m'a fait boire du sang frais aux abattoirs, parce que j'étais pâlot : du coup je n'ai plus touché à la viande. Mon père disait chaque soir : "Cet enfant n'a pas faim..." Chaque soir, tu vois ça d'ici : "Mange, Hugo, mange. Tu vas te rendre malade." On m'a fait prendre de l'huile de foie de morue : ça c'est le comble du luxe : une drogue pour te donner faim pendant que les autres, dans la rue, se seraient vendus pour un bifteck; je les voyais passer de ma fenêtre avec leur pancarte : "Donnez-nous du pain." Et j'allais m'asseoir à table. Mange, Hugo, mange. Une cuillerée pour le gardien qui est en chômage, une cuillerée pour la vieille qui ramasse les épluchures dans la poubelle, une cuillerée pour la famille du charpentier qui s'est cassé la jambe. J'ai quitté la maison. Je suis entré au Parti et c'était pour entendre la même chanson : "Tu n'as jamais eu faim, Hugo, de quoi que tu te mêles? Qu'est-ce que tu peux comprendre? Tu n'as jamais eu faim." Eh bien non, je n'ai jamais eu faim. Jamais! Jamais! Jamais! Tu pourras peut-être me dire, toi, ce qu'il faut que je fasse pour que vous cessiez tous de me le reprocher.
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araucariaaraucaria   27 juin 2017
GEORGES
Faudrait pas nous prendre pour des professionnels, hein? Moi, je suis plombier. On fait un petit extra, parce que le Parti nous l'a demandé.

SLICK
Vous n'avez pas peur de nous?

JESSICA
Au contraire; seulement j'aimerais (Désignant mitraillettes et révolvers.) que vous vous débarrassiez de votre panoplie. Posez ça dans un coin.

GEORGES
Impossible.

SLICK
Défendu.

JESSICA
Est-ce que vous vous en séparez pour dormir?

GEORGES
Non, Madame.

JESSICA
Non?

SLICK
Non.

HUGO
Ils sont à cheval sur le règlement. Quand je suis entré chez Hoederer, ils me poussaient avec le canon de leurs mitraillettes.

GEORGES, riant.
S'il avait bronché, vous seriez veuve.
Tout le monde rit.

JESSICA
Il a donc bien peur, votre patron?
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araucariaaraucaria   26 juin 2017
HUGO
En Russie, à la fin de l'autre siècle, il y avait des types qui se plaçaient sur le passage d'un grand-duc avec une bombe dans leur poche. La bombe éclatait, le grand-duc sautait et le type aussi. Je peux faire ça.

LOUIS
C'étaient des anars. Tu en rêves parce que tu es comme eux; un intellectuel anarchiste. Tu as cinquante ans de retard : le terrorisme, c'est fini
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Vidéo de Jean-Paul Sartre
Dans le cadre du banquet d?été 2019 intitulé « Transformer, transfigurer » qui s?est déroulé à Lagrasse du 2 au 9 août 2019.
Pour la criée consacrée aux éditions Verdier, le philosophe Gilles Hanus a présenté le livre "Pouvoir et liberté" de Jean-Paul Sartre et Benny Lévy paru en 2007.
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