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EAN : 9782070227235
696 pages
Gallimard (09/07/1952)
3.86/5   14 notes
Résumé :
Cet ouvrage dont la première édition date de 1952 constitue une magistrale introduction aux Œuvres complètes de Jean Genet. Voici comment Jean-Paul Sartre avait présenté ce livre en 1952 : «Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seule la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité, faire voir cette liberté aux prises avec le destin d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elles pour le... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Anlyse de la sexualité (masculine, mais, en miroir, féminine aussi), illustration des thèses sartriennes de l'absolue liberté de l'individu, mise en exergue de la supériorité de l'existentialisme sur la psychanalyse, appel à la tolérance et dénonciation des méfaits du jugement au sein de la société humaine, tentative de réinsertion de l'homosexualité dans l'univers social, et, en passant, analyse littéraire : l'essai de Sartre sur Genet est tout cela à la fois.

On ne sait pas si tout est sincère et encore moins si tout est juste, mais le fait est que tout se tient. Si bien qu'on ne s'attache pas trop à dégager la vérité mais beaucoup plus le sens : et Sartre en donne beaucoup dans cet essai. Et s'il a le sens, encore !, de la formule c'est sans doute qu'il parvient facilement à donner du sens à son sujet qui n'est que l'universel. On peut le soupçonner de subversion et d'utilisation d'une oeuvre pour y greffer ses opinions, il n'empêche qu'il le fait avec sens et qu'on ne peut l'accuser de supercherie : on se comprend soi-même, on comprend les autres, on le comprend, on comprend le monde et l'existence en le lisant. C'est comme un roman, qui, peut-être contiendrait une part de vérité : comme tout roman donc. Peu importe où elle se trouve cette part de vérité potentielle, l'être humain, par sa liberté, pouvant se définir lui-même et le monde, la vérité est toujours du côté du sens : on découvre, on se découvre, on le découvre en le lisant et l'on se dit que cela vaudrait le coup de lire Genet...

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Toutes les exaltations perverses et sublimes de Jean Genet sont d'une saisissante maîtrise, ses héros ont le rêve et de l'imagination, même les scènes les plus banales , les incidents les plus anodins sont miraculeusement transfigurés par une écriture splendide. Ils prennent des dimensions considérables et merveilleuses.

En 1948, Jean Cocteau et Jean-Paul Sartre sont intervenus pour lui éviter la relégation, aussi Genet demande à Sartre de préfacer l'édition de ses poèmes et de ses romans. En 1952: La préface de Saint Genet comédien et martyr, devient une étude de 573 pages. Genet envisage de ne plus écrire et pourtant il se découvre de nouveaux réprouvés, des nouveaux frères: les algériens et les noirs. Il met à nu les mécanismes du mal, les assassins, les prostituées et les impuissants.

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Sarte à trouvé les mot justes, comme une danse sublime avec ceux de Jean Genet

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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seule la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité faire voir cette liberté aux prises avec le destin, d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elles pour les digérer peu à peu, prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés, retrouver le choix qu'un écrivain fait de lui-même, de sa vie et du sens de l'univers jusqu'e dans les caractères formels de son style et de sa composition, jusque dans la structure de ses images, et dans la particularité de ses goûts, retracer en détail l'histoire d'une libération : voilà ce que j'ai voulu; le lecteur dira si j'ai réussi.
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...s'il est encore temps, par un dernier effort, de réconcilier l'objet et le sujet, il faut, ne fût-ce qu'une fois et dans l'imaginaire, réaliser cette solitude latente qui ronge nos actes, nos pensées; nous passons notre temps à fuir l'objectif dans le subjectif et le subjectif dans l'objectivité : ce jeu de cache-cache ne prendra fin qu'au jour où nous aurons le courage d'aller jusqu'au bout de nous-même dans les deux directions à la fois. Aujourd'hui il s'agit de faire apparaître le sujet, le coupable, cette monstrueuse et misérable que nous risquons à tout moment de devenir ; Genet nous tend le miroir : il faut nous y regarder.
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vous êtes avec tous, vous écrivez pour tous, vous prenez Dieu à témoin ou l'espèce humaine, ou l'histoire, ou vos voisins de palier, vous êtes l'instrument docile d'une famille, d'un milieu, d'une profession, d'un parti, d'une Eglise, vous recevez vos pensées du dehors par les journaux, la radio, les conférences et les discours pour les redistribuer aussitôt, vous ne restez pas un moment sans parler, sans écouter et jamais vous ne dites ni n'entendez que ce que n'importe qui eût dit ou entendu à votre place, vous subissez du réveil à la nuit la tyrannie de la face humaine, vous n'avez pas de secrets, pas de mystère ni ne voulez en avoir - et pourtant d'une certaine manière vous êtes seuls.
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On est seul quand on a tort et raison à la fois : quand on se donne raison comme sujet - parce qu’on est conscience et qu’on vit et qu’on ne peut ni ne veut renier ce qu’on a voulu -, et qu’on se donne tort comme objet parce qu’on ne peut refuser la condamnation objective portée par la Société entière.[…] Vous serez seul si vous connaissez que vous n'êtes plus, aux yeux de tous, qu’un objet coupable, tandis que votre conscience, en dépit d’elle-même, ne cesse de s’approuver; vous serez seul si la Société vous annule et que vous ne pouvez pas vous anéantir : "l’impossible nullité" de Genet, c’est la solitude.
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Genet, c'est nous; voilà pourquoi nous devons le lire. Bien sûr il veut nous imputer des fautes que nous n'avons pas commises, pas même rêvé de commettre. Mais qu'importe ? Attendez un peu qu'on vous accuse : les techniques sont au point, vous ferez des aveux complets. Donc, vous serez coupables.
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Vidéo de Jean-Paul Sartre
Cycle Autour de Minuit Anne Simonin, Les silences du Silence de la mer Conférence du mercredi 10 août 2022, qui s'est tenue dans le cadre du banquet du livre d'été « Demain la veille » qui s'est déroulé du 5 au 12 août 2022
À propos du Silence de la mer, première publication en 1942 des Éditions de minuit, alors clandestines dans la France occupée, Sartre écrivit, à la Libération, que ce « conte agréable et un peu languissant sur la guerre en 1939 » n'intéresserait plus personne dans l'avenir : « Il paraît que les bananes ont meilleur goût quand on vient de les cueillir ; les ouvrages de l'esprit pareillement doivent se consommer sur place. » La disqualification fit son effet. le Silence de la mer fut rangé parmi les livres de second rang, ceux qui doivent aux circonstances ou au marché un statut transitoire de chef-d'oeuvre. On tentera ici une tout autre lecture du Silence : une lecture matérielle. On traitera le Silence de la mer moins comme un texte que comme un objet, en interrogeant les différentes traces que porte la première édition du livre, tiré alors à moins de 400 exemplaires (la dédicace, l'imprimeur, le papier, etc.), avec l'idée que les « bananes sèches » pourraient bien conserver le goût d'une autre idée de la littérature
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