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Sara Colaone (Illustrateur)Marie Giudicelli (Traducteur)
EAN : 9782368461730
216 pages
Steinkis Editions (10/01/2018)
3.64/5   14 notes
Résumé :
Leda croit comme elle vit, sans aucun sens de la mesure : une rencontre fondatrice avec l'Egypte où elle se convertit à l'Islam, plusieurs époux avec qui elle fonde autant de maisons d'édition , une carrière littéraire... Et un engagement qui fait d'elle une figure centrale de l'anarchisme italien du début du vingtième siècle.
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Voltairine de Cleyre, Milly Witkop, Emma Goldman, Leda Rafanelli sont les visages féminins les plus connus de l'anarchisme.

L'Italienne Leda Rafanelli m'a intriguée chaque fois que j'ai croisé sa route au détour d'une lecture (Histoire mondiale de l'anarchie de Gaetano Manfredonia, Femmes de dictateurs de Diane Ducret…) et c'est avec grand intérêt que j'ai lu ce roman graphique qui lui est consacré. Son existence entre Occident et Orient, sa conversion à l'Islam, sa fascination pour l'Egypte, sa fidélité à l'anarchisme, son travail de romancière et d'éditrice, son amour pour son fils unique, et une carrière de cartomancienne à la fin de sa vie font de Lena une femme bien singulière. Elle ne fut pas femme à attendre qu'on lui accorde sa liberté, elle la prit et l'assuma jusqu'au bout en transgressant les lois sociales et les lois raciales dans une quête effrénée de connaissance et de savoirs partagés.

C'est en Egypte en 1900 que l'existence de Lena prit un nouveau tournant. Le Caire et Alexandrie abritaient alors une communauté importante de réfugiés politiques italiens. Elle fit sienne l'anarchie, adopta la culture orientale, et resta fidèle à ces deux passions en retournant dans son pays natal.

Il fallait bien trois auteurs pour restituer la folle existence de la « gitane anarchiste » dans ce roman graphique aussi original que l'objet de son affection. Les scénaristes ont obtenu l'accord des héritiers de la fantasque Leda pour glisser au détour d'une case des extraits de ses oeuvres. Le lecteur y trouve toutes les femmes qu'elle fut, l'amoureuse, la typographe, la journaliste, la militante, la soufi, la diseuse de bonne aventure, la curieuse polymorphe qui ne faillit jamais dans son combat vers l'émancipation. En se convertissant, elle choisit de prendre le nom de « Diali », "à moi même" , et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle le porta merveilleusement bien.

Je remercie les éditions Steinkis pour ce livre reçu dans le cadre de l'opération masse critique. C'est toujours un plaisir de se laisser emporter loin des sentiers battus par des maisons d'édition courageuses.

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Cet album est dense car il couvre une grande partie de l'histoire de l'Italie de la fin du XIX siècle à la mort de Leda en 1971. le sujet principal est évidemment la vie de cette femme anarchiste individualiste ,avec ses idéaux,ses amours et ses rêves mais à travers elle et ses rencontres on s'imprègne de l'Histoire tant politique qu'artistique. Cette femme était follement éprise de liberté d'où son attirance pour l'anarchie et plus spécialement ce courant individualiste qui prône l'épanouissement individuel comme préalable indispensable à l'épanouissement collectif. Son portrait révèle ses paradoxes et une personnalité bien éloignée d'autres figures féminines de l'anarchie comme Louise Michel ou Emma Goldman. Elle se montre ,en effet, très possessive dans ses relations amoureuses, adhère à la religion musulmane, devient chiromancienne... à sa façon elle use de son pouvoir bien souvent !

Le graphisme en noir et blanc est particulièrement réussi et offre de belles planches parfois très sensuelles.

En revanche,j'ai parfois eu du mal à me repérer dans le temps et l'espace,ne sachant plus discerner la réalité des fantasmes de Leda. La structure du récit m'a semblée un peu chaotique ( j'allais dire anarchiste!) et m'a empêchée de m'immerger totalement dans l'histoire.

J'aurais peut-être dû commencer par la fin, à savoir,le résumé des auteurs sur cette période de l'Italie ainsi que le récapitulatif des personnes qui ont marqué la vie de Leda...

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Tout d'abord je remercie Babelio ainsi que les éditions Steinkis pour ce livre. Je ne connaissais pas Leda Rafanelli avant, j'ai simplement été intriguée par « gitane et anarchiste », je me demandais comment c'était possible de concilier les deux. J'ai donc eu envie de me pencher sur ce roman graphique - malgré le fait que j'en lis vraiment très peu, au point qu'on peut sans doute les compter sur les doigts d'une main.

J'ai beaucoup aimé le dessin, je l'ai trouvé très diversifié, certaines planches sont vraiment réussies, je pense notamment à cette double page où Leda se trouve avec son compagnon et un autre homme devant la cathédrale de Milan.

Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, comme il s'agit d'une biographique, il est évident que ça m'a intéressé. J'ai découvert une forte personnalité, une femme qui, voilà maintenant un siècle, s'est battue pour ses idées, pour vivre comme elle l'entendait.

Après, petit bémol, je dois avouer que chronologiquement parlant j'ai été assez perdue. Ça a été le cas par exemple quand Leda se marie avec l'éditeur et qu'elle finit avec un autre homme par la suite, je trouve que certaines transitions ne sont pas forcément claires. C'est le seul vrai point négatif pour ma part.

Je trouve enfin que l'idée de traduire ce roman graphique en France est excellente. Leda Rafanelli est très connue pour ceux qui sont anarchistes ou en tout cas qui se sont arrêtés sur l'anarchisme, ce qui n'est pas franchement mon cas. Mais au-delà de ses convictions, je pense qu'elle mériterait à être plus connue rien que parce qu'elle prône des valeurs fortes telles que la liberté. On parle toujours trop peu de ces femmes qui, au fil des siècles, ont vécu comme elles le souhaitaient, malgré l'époque dans laquelle elles vivaient. Eh bien Leda fait partie de ces femmes et rien que pour cette raison, je suis très heureuse d'avoir appris à la connaître.

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Je ne connaissais pas Leda Rafanelli qui était une féministe, anarchiste, musulmane, individualiste, femme de lettres, chiromancienne et partisane de l'amour libre. Oui, tout cela à la fois et sans aucun complexe. Elle a vécu intensément jusqu'à ses 91 ans.

A vrai dire, je n'aime pas beaucoup l'anarchisme qui prône des valeurs contre la famille, l'école, l'église et contre toutes les institutions de l'Etat. On assistera également à une bonne partie de l'histoire de l'Italie comme par exemple au travers l'assassinat du roi d'Italie Umberto 1er en 1900 ou encore à l'entrée dans la Première Guerre Mondiale.

Elle a eu également le malheur d'avoir une aventure amoureuse avec un certain Benito Mussolini qui était en 1912 le chef de file des socialistes révolutionnaires italiens avant qu'il ne change de camp et devienne le fameux dictateur d'un régime fasciste. Comme quoi, ce sont les pires.

Bref, c'est un portrait de femme mais dont le traitement est parfois assez ésotérique. Il n'y a pas véritablement de fil conducteur et j'avoue m'être parfois perdu comme dans des limbes. Cependant, je retiens surtout le côté avant-gardiste de cette prodigieuse bonne femme marquée par ses idéaux politiques.

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Je dois avouer combien il m'est difficile de rédiger une critique pour cette BD. En effet, d'habitude, je laisse passer un peu de temps avant de m'y atteler, pour que la réflexion mûrisse.

Mais là, que dire ? Chose étonnante, je n'ai que des souvenirs vagues. Non que l'histoire de cette femme ne soit pas intéressante dans l'absolu, mais je me souviens m'être dit, en refermant le livre, que la narration était confuse, que je n'avais pas vraiment adhéré. Cela se confirme aujourd'hui, car je suis obligée de remettre le nez dedans : une seconde lecture me sera peut-être bénéfique.

Ceci fait, je me demande si je n'ai pas été trop dure - quel personnage, non, quelle personne éclatante que Leda Rafanelli - mais après tout, mon idée globale reste la même : la BD fourmille d'instants savoureux, mais manque de cohérence totale. C'est dommage, elle n'aura pas réussi à me toucher plus que cela...

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critiques presse (2)
Sceneario
23 mars 2018
L'insoupçonnée vie de Leda Rafanelli nous est enfin contée, sachez-le. Et elle est à découvrir aux éditions Steinkis.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest
16 février 2018
Dans Leda Rafanelli, la gitane anarchiste, la forme rejoint le fond. La protagoniste se révèle une touche-à-tout qui se redéfinit sans arrêt ? Alors soit, il en ira de même pour cette bande dessinée qui se réinventera à toutes les planches. Et c’est jubilatoire.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (4) Ajouter une citation

"Nos idées n'ont rien à voir avec l'argent de l'avare, conservé dans un coffre de peur qu'il ne soit volé, au contraire, elles sont comme la bonne graine qui doit être jetée dans le terrain à féconder pour qu'elle puisse se multiplier, fleurir, donner des fruits: Germinal!"

Leda Rafanelli, La grande maestra

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« Comprendre pleinement la vie et la vivre sereinement, avec bonheur, dans une floraison de joie, dans une constante, intense et pleine affirmation d’amour, donner à la vie des fruits sains et offrir à tous nos frères à la fois affection et soutien, comprendre l’inévitable douleur et rester fort dans les luttes fatales, mais aussi conscient et serein. C’était la mission humaine, ainsi, aucune vie ne serait vécue en vain. » (Leda Rafanelli)

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-Que s'est-il passé entre vous ? Vous n'étiez pas amis ?

- Ce qui s'est passé? Le café on le boit... Sa saveur envahit la bouche... Il fait battre le coeur plus fort... Et quand la tasse est vide, elle n'a plus aucune importance.

(Page 105)

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Ce n'est pas la destination mais la route qui compte.

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