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ISBN : 2370731257
Éditeur : Allary Editions (27/09/2018)

Note moyenne : 4.54/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Ce quatrième tome du succès mondial L'Arabe du futur couvre les années 1987-1992.
Âgé de neuf ans au début de ce volume, le petit Riad devient adolescent. Une adolescence d'autant plus compliquée qu'il est tiraillé entre ses deux cultures – française et syrienne – et que ses parents ne s'entendent plus. Son père est parti seul travailler en Arabie saoudite et se tourne de plus en plus vers la religion... Sa mère est rentrée en Bretagne avec les enfants, elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  30 septembre 2018
A vos bouliers, calculettes ou tableurs : Riad est né en 1978, ce récit est autobiographique, quel(s) âge(s) a-t-il entre 1987 et 1992 ?
Réponse en lettres à cette question en chiffres : il est pré-ado, puis ado.
Il a donc tous les problèmes qui vont avec – questionnements sur la sexualité, physique ingrat, boutons, brimades des autres collégiens (pas facile de s'appeler Sattouf, en France...). Et d'autres en prime : Syrie, Arabie Saoudite, ou France ? Papa ou maman ? Ces deux-là se bouffent le nez non-stop et l'ambiance quand ils sont (rarement) ensemble ou échangent par téléphone est très conflictuelle. Donc traumatisante pour Riad et ses deux petits frères.
Pour ne rien arranger, la santé mentale du père semble se dégrader : un cocktail explosif de paranoïa, mythomanie, mégalomanie, manipulation, intégrisme, racisme (les Juifs sont partout, les 'négros' (sic) vont envahir la France), négationnisme, machisme... Bref, il fait peur, mais il aime ses fils, on dirait.
Je n'ai pas relu les trois premiers volets de la série avant de découvrir celui-ci. Parce que je suis tombée dessus par hasard au moment de sa parution, que je n'avais donc pas anticipé, et que j'étais vraiment impatiente de m'y plonger.
En revanche, avant de rédiger ce billet, j'ai relu mes avis sur les premiers opus. Conclusion sur le troisième : « Mariage mixte et choc des cultures, difficultés conjugales, petits et gros problèmes du quotidien d'un enfant, vie au Moyen-Orient dans les années 80 (pauvreté, pénurie, corruption...), religions. Riad Sattouf démontre encore son talent pour rendre compte des observations et sentiments d'un enfant, sans mièvrerie, avec la candeur et la brutalité de cet âge. C'est instructif, parfois émouvant et souvent drôle. Toujours très juste, en tout cas. »
Je signe et persiste pour ce quatrième volet, mais le ton de l'album change. C'est moins léger, moins drôle, et cette lecture m'a même souvent rendue triste à pleurer : à l'adolescence, on prend la vie avec moins d'insouciance, et le ciel s'obscurcit pour Riad avec les terribles querelles parentales.
Fin en cliffhanger.
Vivement la suite, pour savoir si...
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boudicca
  12 décembre 2018
Cela fait maintenant quatre ans que l'artiste Riad Satouff s'est lancé dans l'écriture de romans graphiques retraçant les événements les plus marquants de son enfance passée entre l'Orient (en Syrie, essentiellement) et la France. le procédé n'est évidemment pas nouveau (on pense bien sûr à « Persépolis » de Marjane Satrapi ou encore plus récemment à « Coquelicots d'Irak » de Brigitte Findakly), mais le ton volontiers humoristique de l'oeuvre associé à l'acuité des souvenirs de l'auteur participent à faire de cet « Arabe du futur » une nouvelle référence dans ce domaine. [Les spoilers étant inévitables, je vous conseille de passer votre chemin si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire les trois tomes précédents.] Après le coup de tonnerre de la fin du troisième opus, on retrouve donc le jeune Riad et sa famille qui entre définitivement dans une phase plus mouvementée. Très effacée pendant l'enfance de l'auteur, voilà que sa mère se rebiffe enfin contre son mari dont l'attitude se fait de plus en plus inqualifiable. Après l'avoir suivi au bout du monde, accepté des conditions de vie difficiles et renoncé à sa carrière pour s'occuper des enfants, madame se décide enfin à penser à elle et à ne plus accepter ni les propos ni les actes condamnables de monsieur. le couple bat de l'aile, le petit Riad et ses deux frères continuent à grandir et, même si beaucoup de scènes se déroulent encore en Syrie, l'essentiel de ce quatrième volume prend place en France (et plus précisément en Bretagne, chez les grands-parents maternels). Les précédentes aventures de l'artiste m'avaient déjà beaucoup touchée, mais avec ce tome bien plus conséquent que tous les autres, Riad Satouf parvient encore à nous émouvoir, nous faire rire, ou nous choquer (le coup de théâtre final, notamment, laisse planer un suspens insoutenable et marque profondément le lecteur).
On constate dans ce quatrième tome que notre artiste en herbe quitte peu à peu l'enfance pour entrer dans l'adolescence. Cela se traduit d'abord physiquement, par une taille plus grande, une nouvelle coupe de cheveux, de l'acné... L'auteur porte d'ailleurs un regard très critique sur lui-même, et pas seulement d'un point de vue physique. Sa voix, ses manières, sa manie de toujours chercher l'approbation des adultes… : Riad Satouf dresse un portrait de lui enfant qui n'est pas forcément très flatteur, mais c'est justement cette sincérité et cette volonté de ne pas enjoliver les choses qui participent à rendre le personnage aussi attachant. Difficile de ne pas s'émouvoir de sa solitude et de sa maladresse, ni de compatir à ce tiraillement permanent entre deux cultures différentes, chacune défendue par l'un de ses deux parents. Son père, notamment, fait peser sur lui une lourde pression afin de faire de lui un arabe exemplaire et un musulman convaincu (sans jamais le forcer, toutefois). Les signes de l'évolution du petit Riad se manifestent aussi de manière plus subtile, à mesure qu'il se concentre de moins en moins sur sa propre personne et que son empathie s'étend aux membres de son entourage. L'artiste s'efface ainsi de plus en plus souvent pour donner le rôle principal à ses parents qui se déchirent. Impossible de ne pas s'identifier à la mère qu'on est ravi de voir enfin se rebeller et s'élever contre les injustices ou les propos horribles tenus par son mari (sur les Juifs, les noirs, les femmes, les Français...). On sent bien toute l'admiration que l'artiste a pour sa mère, tandis que son père est présenté sous un jour beaucoup moins flatteur. Lâche, raciste, sexiste, antisémite, obsédé par l'argent, de plus en plus radical d'un point de vue religieux : l'image du père, qui avait déjà été bien écornée dans les tomes précédents, en prend ici un nouveau coup à mesure que l'enfant prend conscience de l'injustice ou de la gravité de certains événements ou propos du quotidien.
Si on ne peut s'empêcher d'admirer le courage de la mère, on éprouve au contraire de plus en plus de mépris envers le père à qui on a désormais bien du mal à trouver des excuses. D'ailleurs, globalement, la plupart des personnages arabes rencontrés dans ce quatrième tome sont dépeints de manière négative, qu'il s'agisse de sa belle cousine très religieuse qui ne cesse de critiquer tout ce qui vient d'Occident et ce qu'elle considère comme des pratiques dégénérées, ou bien de son cousin violent qui menace sa mère parce qu'elle a eut affaire en France à un médecin homme. Et même en France, les seuls arabes que l'on croise sont des jeunes des quartiers qui s'empressent de courser notre héros pour le tabasser… Les passages en Syrie sont moins nombreux mais on a toujours l'image d'un pays très pauvre et violent dans lequel la religion occupe une place centrale et où les femmes sont toutes soumises à l'autorité des hommes. Les scènes se déroulant en Arabie Saoudite sont encore pire et ne manquent pas de révolter le lecteur (je pense notamment à la scène surréaliste au cours de laquelle le père, professeur à l'université, fait cours à un amphi de femmes… derrière une caméra, dans une pièce à part, pour ne pas poser les yeux sur elles…). le récit étant basé sur une expérience vécue, on peut difficilement douter de la sincérité de l'auteur ou de la réalité de tous ces événements, mais je m'interroge néanmoins sur l'image que cela renvoie et sur le message que certains lecteurs peu ouverts d'esprit pourraient y voir. La critique est cela dit un peu atténuée par le fait que l'artiste montre également les mauvais côtés de certains membres de l'entourage de sa mère : sa grand-mère a beau être adorable elle n'en tient pas moins des propos odieux sur l'homosexualité, quant à son grand-père, il ne cesse de lui demander s'il est « un vrai mec » et l'encourage à embrasser et peloter les filles de sa classe.
Riad Satouf continue de nous régaler avec ses souvenirs d'enfance qui prennent néanmoins une teinte plus sombre à mesure que l'enfant grandit et réalise la gravité des événements dont il a pu être témoin ou des propos qu'il a pu entendre dans la bouche de son père. L'humour est cela dit toujours bien présent, et ces touches de légèreté sont les bienvenues dans un contexte de plus en plus tendu au sein du couple parental qui semble définitivement sur le point d'exploser. Inutile de vous dire que j'attends la suite avec beaucoup d'impatience.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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dourvach
  04 octobre 2018
"Al-maktoub", "Al-qadr"[القدر] ou les (très) sales tours du Destin...
Le père du petit Riad (désormais ado) vire gros bourrin ; avec ses représentations à trois balles, on le sent mûr pour rejoindre les rangs des "Frérots" [Frères musulmans] ou des futurs "daëchiens" [à cervelle-format-pois-chiche-sonnant-bien-creux-dans-leur-triste-calebasse]...
Bref, Riad souffre en silence.
Et le lecteur, lui, compatit.
L'auteur ne fait pas de cadeau à son daron et n'enjolive point la "connerification" (peu glorieuse et très sournoisement progressive) du mental paternel...
Le Père vire à Le Pen... (version salafiste)
La faute à un trop long séjour en Arabie Saoudite (où Mme Sattouf - avec infiniment de bon sens - refuse de l'accompagner...).
C'est clair désormais :
"L'Arabe du futur" sera Riad.
"L'Arabe qui déconne" sera son père.
Et leurs chemins semblent devoir - sans doute irrémédiablement - se séparer...
Et tout le monde ("Un Pôpa, une Môman et leurs trois z-enfants" comme disent les ceusses de "La-manif-pour-Tous") souffre comme un chien.
La maladie de la mère.
L'incroyable gentillesse du grand-père maternel (Charles, qui ressemble à Jacques Chirac) : Riad casse la vue en stéréo - en verre - où l'aïeul avait dix ans... Le grand-père oublie de le gronder.
La fin de l'enfance.
Les humiliations successives.
La cruauté "normale" de ce monde.
Le ton est évidemment beaucoup moins léger que dans les 3 tomes précédents (Riad enfant) qui avaient tous un beau parfum nostalgique et "fonctionnaient" avec un humour magnifiquement pudique, tendre et cruel... et surtout efficace.
Allons, puisqu'on vous dit que "L'Arabe du futur" (tomes 1, 2, 3, 4... et bientôt 5 !) sera LE chef d'oeuvre littéraire et graphique de ce début de (pourtant bien sinistre) XXIème siècle.
(S'il vous plaît, croyez-nous : nous n'exagérons point. :-D)
Avec quel talent vous nous charmez, Riad SATTOUF ! Merci à vous... et à toute votre famille (y compris bien sûr votre papa) de vous avoir conduit à "être" ce que vous êtes : un artiste unique au monde.
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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ajc2ht
  20 octobre 2018
Bouleversant.
Et ô combien d'actualité !
Riad Sattouf dessine ses mémoires (à quel point sont-elles romancées ?) à travers son oeuvre majeure "L'Arabe du futur".
Durant les trois premiers tomes, nous le voyons grandir de la Lybie à la Syrie, avec quelques petits tours par la Bretagne. Le petit Riad raconte sans complaisance les mesquineries, les gestes de cruauté banale et la grandeur des gens de son entourage de part et d'autre de la Méditerranée.
Dans ce quatrième volume, il entre dans l'adolescence, avec toutes les épreuves qui lui sont liées. Entre les humiliations au collège (les manières de se comporter ne sont pas les mêmes en Syrie et en France), les maladresses avec les filles (lorsqu'on vient d'un pays où les deux sexes ne se fréquentent pas), le pauvre Riad tombe de haut.
C'est cela qui est si réussi avec "L'Arabe du futur". L'auteur n'épargne rien, ni personne. Et surtout pas lui-même. Il partage son expérience du plus profond de son âme. Un artiste engagé, qui a vécu - qui vit - intensément deux cultures très différentes. Il n'épargne personne, même pas son père.
Riad raconte comment l'irruption du "fondamentalisme" religieux dans la vie de son père a séparé ses parents. L'adolescent renfermé qu'il est devenu n'était pas si indifférent qu'il semblait le faire croire. Il a compris tout ce qui se passait mais n'a pu que le subir malgré quelques tentatives pour arranger les choses. Tout cela est raconté sans concession. Mais avec une infinie tendresse.
A lire absolument.
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Vexiana
  21 novembre 2018
Quel plaisir de retrouver Riad et les siens! Je trépignais d'impatience et j'en salivait d'avance d'autant que ce tome est bien plus épais que les précédents.
Nous retrouvons la petite famille en Bretagne mais sans le père de famille qui est finalement parti seul en Arabie Saoudite.
Ce tome, plus que les autres, est une longue chute. Les problèmes et les désillusions sont grandes et continues pour Riad et sa mère principalement.
Le père sombre petit à petit dans un extrémisme et une intolérance de plus en plus flagrant et les liens avec sa famille en sont directement tributaires.
Comme il m'a énervée tant par son attitude que par ses commentaires...grr!
A nouveau, le tome se termine sur un climax déroutant...A quand la suite?
Au delà de l'histoire, et même si je l'ai vraiment appréciée, je ne peux m'empêcher de me sentir un peu mal à l'aise...j'ai du mal à me cerner quel est le but de Riad Satouf en racontant cette histoire. Cherche-t-il a exorciser son passé? Au début, la vision qu'il nous renvoyait de son père était plutôt tendre, maintenant il en fait un personnage sinistre et odieux...je me demande quelle est la part proprement biographique dans ce récit et si tout est vrai, je serais curieuse de savoir quels sont (ont étés) les rapport entre lui et son père...
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critiques presse (6)
Culturebox   17 décembre 2018
La suite des aventures du petit Riad, entré dans l'adolescence, une période de la vie que le dessinateur croque avec talent. Ce 4e tome, le plus touchant, s'achève sur un coup de théâtre renversant.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   21 novembre 2018
Point d’orgue de la saga, cet avant-dernier tome marque aussi un point de non-retour, l’entrée douloureuse du narrateur dans le monde des adultes.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   08 octobre 2018
Sattouf père nous choque et nous irrite. Mais il continue de nous émouvoir.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   01 octobre 2018
Le père est au désespoir entre un ado «handicapé mental» qui a des «photos de femmes dénudées dans sa chambre» et «l’autre qui chante du Joe Dassin toute la journée». Oui, on rit beaucoup, et c’est comme ça quand Riad Sattouf nous raconte.
Lire la critique sur le site : Liberation
Culturebox   27 septembre 2018
Cette fois c'est le grand saut dans l'adolescence et ses premiers émois, sur fond de décomposition du couple parental. Ce 4e tome, qui s'achève sur un coup de théâtre orchestré par le père, est le plus émouvant des quatre, même si l'on continue à rire en le dévorant.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   21 septembre 2018
Ce que parvient à construire Riad Sattouf petit à petit est tout de même exceptionnel. On devine son enfance singulière (partagée entre la Syrie et la Bretagne, ce n'est pas rien), mais il la croque avec l'assurance d'un homme qui sait aussi que cette période se déroule avec son lot de faits et gestes qui fait écho au coeur de chacun. Ici et ailleurs, drôle et sidérant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   26 septembre 2018
[ Cap Fréhel, fin des 80's ]
Ma grand-mère lisait uniquement 'Paris Match' et 'Télé 7 Jours'. Dans ce magazine télé, il y avait des publicités pour des publications jeunesse. Elle m'avait pris plein d'abonnements.
- Des fiches sur les animaux (excellentes).
- Des livres sur les différentes cultures (géniaux).
- Un journal d'infos pour enfants (j'aimais moins).
Elle adorait me voir regarder ces trucs.
« Mamy ! Tu savais qu'il n'y avait pas d'anacondas en Bretagne ? Uniquement en Amazonie !
- Ah bon ? Intéressant... Lis bien tout ça, mon chéri ! Hors de question que tu finisses comme moi ou les gens d'ici ! Nous, on est des PÉQUENAUDS ! On a tous raté nos vies ! TOI, T'AS INTÉRÊT À DEVENIR QUELQU'UN ! »
(p. 16)
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ZilizZiliz   04 octobre 2018
[ la mère, au père ]
- Il est où, mon tableau de Degas ?
- Ah, je l'ai retiré, c'est impudique cette femme dénudée... Ça va nous attirer le malheur.
- MAIS T'ES MALADE ? RENDS-LE MOI TOUT DE SUITE !
Mon père lui rendit et elle le rangea dans sa valise.
- Degas ! Un immense artiste ! Qu'est-ce qu'il se passe dans sa tête, toi ? T'es gêné par un dessin alors que t'es docteur [en Histoire] à la Sorbonne ? TU TE RENDS COMPTE ?!?
- C'EST IM-PU-DIQUE ! C'EST HARAM ! C'EST MOI QUI COMMANDE DANS MA MAISON, JE SUIS L'HOMME !
- L'HOMME, TU PARLES !
- Comment ça, tu parles ? UNE FEMME DOIT OBÉIR A SON MARI.
- Moi j'obéis à personne ! Je suis pas comme les femmes soumises de ton village arriéré !
(p. 228)
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ZilizZiliz   28 septembre 2018
[ Riad a 9 ans ]
Que se passerait-il si [ma mère] mourait ?
[...]
Il y avait une petite statue de la Vierge Marie dans notre chambre.
Je décidai de faire une prière à Dieu pour lui demander d'épargner ma mère.
« Oui ? Qui me parle ? »
Il avait toujours la tête de Georges Brassens.
Je sentais qu'il allait m'ignorer. J'avais méprisé la foi trop longtemps.
« Comment ? Quoiiii ? J'entends rien... »
C'était un peu facile de lui demander de l'aide maintenant que j'avais un problème.
(p. 138-139)
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ZilizZiliz   30 septembre 2018
[ Riad a 11 ans, il fantasme sur sa cousine ]
Que se passerait-il si, finalement, je l'épousais ? Comme l'avait dit mon père, en tant que Syrienne, elle me suivrait partout. Alors nous irions en France.
« Oooh ! C'est un minaret ?
- Euh non, c'est le Cap Fréhel. »
Les gens trouveraient ses habits bizarres et la regarderaient de travers. Et elle serait outrée en permanence devant la liberté des moeurs des gens.
Elle ne supporterait pas d'entendre l'église sonner.
Elle refuserait d'acheter de la viande à la boucherie.
J'essaierais de la convaincre de vivre à la française, d'enlever son voile.
Elle serait immédiatement considérée comme la fille la plus belle du pays.
(p. 232-233)
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NievaNieva   07 novembre 2018
Charles était fasciné par l'art.
— Être artiste et vivre de son talent, y a pas mieux ! Artiste, c'est la liberté ! Regarde cette photo ! C'est moi quand j'étais garde !
— C'est toi ça ?!
— Après la guerre, je suis parti au Maroc, et j'ai ouvert un petit magasin de photo à Mogador... Je faisais des photos d'identité, ça me permettait de vivre et le week-end je partais seul faire des images de nature... Oh j'étais pas un grand photographe ! Mais je voulais oublier la guerre et changer ma vie... Un jour, j'étais dans mon magasin, et voilà qu'un Américain très impressionnant et gentil entre, et me demande de lui louer mon labo. Il explique qu'il vient d'arriver dans le coin pour tourner un film, et qu'il aura plein de photos de tournage à développer... Tiens, c'est lui en photo. Je suis à côté. Il s'appelait Orson Welles. Il tournait un film qui s'appelle "Othello".
— Il était connu ?
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