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Marie-Lise Marlière (Traducteur)Guillaume Marlière (Traducteur)
EAN : 9782070498444
224 pages
Éditeur : Gallimard (10/01/2001)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Avec "Grandeur et décadence d'un parc d'attractions", George Saunders nous offre une plongée effroyable et cocasse dans une Amérique qui, dans un futur proche, s'est définitivement repliée sur elle-même, sur ce qu'elle a de pire. Ruinée par d'innombrables désastres écologiques et économiques, soumise corps et âme aux lois du marché, de la dérégulation, de la flexibilité et du «chacun pour soi», elle est, comme ces parcs d'attractions fantomatiques qui servent de mét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Charybde2
  18 mars 2013
Sept nouvelles acérées de la décadence, de celle d'un parc d'attractions vintage à celle d'un pays entier.
Premier recueil publié en 1996 par George Saunders, publié en France en 2001, il comprend sept nouvelles subtilement liées les unes aux autres par une toile de fond et un certain nombre d'indices disséminés.
La longue nouvelle finale "Bountyland" (100 pages) est la seule à spécifier un futur américain relativement proche, dans lequel mutations génétiques incontrôlées, décadence économique prononcée et sur-balkanisation des territoires ont conduit à la fois à une formidable régression sociale et culturelle, et à des destins individuels hachés, brisés, entre profiteurs cyniques et survivants désabusés. L'errance du héros dans ce monde mourant est d'ailleurs au passage infiniment plus poignante et mieux mise en scène que le largement laborieux "La route" de McCarthy...
La nouvelle-titre, "Grandeur et décadence d'un parc d'attractions", qui ouvre le volume, est sans doute celle qui plante le décor avec le plus de brio : dans cette reconstitution de l'époque de la guerre de Sécession, propriétaires et dirigeants indélicats exploitent jusqu'au bout de la nuit des employés qui se raccrochent à leurs dernières bribes de salaire pour survivre au chaos environnant, inventant chaque jour des bricolages désespérés pour maintenir en fonctionnement au moins minimal leurs machineries, techniques et humaines, qui se délitent lentement mais sûrement, et éviter que les limousines blindées des riches visiteurs - ou les cars sécurisés d'un système scolaire et culturel tournant désormais à vide - ne se détournent définitivement de l'endroit, qui serait alors livré à la déréliction finale, et aux gangs de gamins des environs, tagueurs, voleurs, violeurs et assassins à l'occasion... Extraordinaire prétexte pour une succession de bévues hilarantes, de bassesses confondantes et de scènes aberrantes, nimbées d'un humour pince-sans-rire au fond bien glacé...
"- Il a tiré sur Howie. Je veux qu'on le boucle.
- Il a tiré sur le livre de comptes d'Howie, répond Mr A. Il a tiré sur le livre de comptes d'Howie dans l'optique de sauver la vie d'Howie. Quoi qu'il en soit, ne coupons pas les cheveux en quatre. Si Sam est bouclé, nous le sommes aussi. Cela vous semble-t-il une expérience souhaitable ?
- Non.
- J'essaie simplement de vous expliquer que c'est le moment d'assimiler ce que nous savons déjà, et non de poignarder quelqu'un dans le dos. Nous avons compris la leçon, vous et moi. Nous avons grandi. Nous devrions en être reconnaissants, et la gratitude est la réponse appropriée. La gratitude et la certitude de ne jamais commettre une nouvelle fois cette erreur.
Il sort une Bible :
- Jurons sur cette Bible que nous n'embaucherons jamais plus un psychopathe pour une importante mission de sécurité.
Le téléphone sonne alors. Sylvia a croisé les données des admissions et a découvert qu'il ne s'agissait pas d'un gang mais d'un groupe d'ornithologues amateurs qui ont eu le malheur d'être des adolescents de sexe masculin et de s'éloigner un peu trop du sentier balisé.
- Aïe, s'étrangle Mr A. Ça peut devenir un paramètre sérieusement négatif."
Les cinq nouvelles étagées entre cette introduction tonitruante et le périple picaresque final renforcent chacune tel ou tel point de cette décrépitude grimaçante, dans laquelle l'humour absurde et abject du capitalisme "sur-tardif" se déploie dans toute sa splendeur... par un auteur qui déclare volontiers que s'il ne parvient pas à vous faire "rire et pleurer à la fois", il n'a pas tout à fait atteint son objectif...
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MarianneL
  26 avril 2013
Au fil de ces sept nouvelles de George Saunders, on découvre une Amérique en ruines, plongée dans la misère, la faim et la violence, ravagée par un désastre économique et écologique. On y croise des entrepreneurs minables au bout du rouleau, des êtres humains ayant muté à cause des polluants et produits toxiques qui ont tout envahi, et qui, boucs émissaires du chaos ambiant, sont exploités ou mis en esclavage par les « Normaux », et enfin des antihéros faibles ou lâches mais qui ont gardé un fond de candeur et de courage.
Ainsi, dans «Le PDG de 200 kilos», le narrateur est employé par une société dirigée par Tim, ancien meurtrier sadique et caractériel, qui prétend capturer et relâcher dans une nature idyllique les ratons laveurs qui envahissent les poubelles des classes moyennes, et qui en fait pratique le génocide desdits ratons laveurs. le narrateur obèse est le souffre douleur de ses collègues. Ils multiplient les humiliations à son encontre, le traitant par exemple de puceau en phase terminale ; lui fantasme sur Freeda, une de ses collègues que visiblement il répugne. Après une ultime humiliation et devant une violence insoutenable, il va finalement se rebeller contre Tim. Mais, dans le monde sans espoir (mais non sans humour) de George Saunders, cela ne suffira pas à faire de lui un gagnant.
« Maintenant, je suis cerné par des tarés. Et moi aussi, je ne suis pas net. Je vais jusqu'à dire aux ratons laveurs de se comporter en hommes. Chaque fois que je parle à un inconnu, il a droit à un discours long et chiant sur mon poids. Je reluque les vendeuses. Je fais demi-tour pour ramasser des pièces dans le caniveau. Quand je suis seul, je farfouille dans mes oreilles et examine ce qui en sort.
Je suis énorme.
Je suis terrifié par l'amertume qui me guette. »
Cette société qui a totalement perdu les pédales tente de maintenir des apparences avec des attitudes normées, des sectes ou des organisations institutionnalisées aux buts et aux noms absurdes, telles que la Respiration Spéciale Apaisement de la Haine, l'Église de la Juste Humilité et son Conseil National des Culpabilisateurs, ou encore le Centre des Nonnes Inconstantes.
Au-delà de l'humour dévastateur de George Saunders, ce qui fait mouche est que ce futur en décomposition, qui tourne en dérision le rêve américain, n'est pas si éloigné de la médiocrité de la société occidentale actuelle, avec ses bonnes intentions, ses valeurs morales et ses institutions placebos qui masquent mal le manque de vision pour échapper au pire.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Alice_Alice_   07 octobre 2016
Au flanc de la montagne, à mi-pente, se dresse le Centre des Nonnes Inconstantes, réservé aux sœurs et autres religieuses au comportement suspect. Un jour, certaines d'entre elles sont descendues vêtues de leurs costumes austères pour visiter nos Installations et nager prudemment. Leurs chants étaient loin d'être enthousiasmants. Sûrement à cause de tous leurs doutes.
(Monsieur Culpabilité)
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Alice_Alice_   08 octobre 2016
J'ai le sentiment que Dieu n'est pas juste et préfère châtier les faibles, les idiots, les gros, les paresseux. Je crois qu'il se complaît dans la compagnie de ses créatures parfaites et qu'il les chérit comme un père gâteux alors qu'elle ne s'intéresse guère au commun des mortels. Il nous donne le besoin d'être aimé et, en même temps, des particularités qui font de nous des êtres haïssables. Il donne l'envie d'aimer et nous refuse la possibilité de la satisfaire. Alors même qu'il a mis ses enfants imparfaits et remplis de désirs dans un univers d'exigences impérieuses, il prélève la différence entre ce que nous avons et ce que nous désirons sur notre cœur, notre amour-propre, notre santé mentale.
(Le PDG de 200 kilos)
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Videos de George Saunders (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Saunders
Le nouveau roman de l'écrivain américain, CHINATOWN, INTERIEUR (éditions Aux forges de Vulcain) est en librairie, traduit par Aurélie Thiria-Meulemans.
C'est l'histoire d'un Américain d'origine asiatique qui essaie de trouver sa place dans la société américaine. Et, comme on est dans la patrie d'Hollywood, Yu raconte cette épopée sous la forme d'une quête du rôle idéal. Car le rêve de toujours du héros c'est de devenir Mister Kung Ku : il a vu la série à la télé quand il était petit, et c'est son but dans la vie. Sauf que plus il monte les échelons, plus il comprend que Mister Kung Fu n'est qu'un autre rôle qu'on veut lui coller parce qu'il est asiatique. C'est un roman high-concept écrit sous la forme d'un scénario : le héros n'est ni « je » ni « il » mais il est désigné par un « tu ». Lé héros suit le script qui peint sa vie comm eune série télé en mélangeant les genres : la bonne vieille série policière, avec un flic noir et une flic blanche et une grande tension amoureuse entre les deux, des scènes de kung fu, et on finit sur une superbe scène de court drama où l'Amérique se retrouve jugée pour son traitement de la communauté asiatique. Un roman virtuose, drôle et attachant : un Lala Land sauce aigre-douce.
Avis de la presse américaine :
« Charles Yu, habite à Irvine près de Los Angeles, et a déjà écrit pour la série Westworld (HBO) ainsi que pour d'autres séries sur FX et AMC, raconte que l'histoire a été en partie inspirée de sa propre expérience de fils d'immigrés taïwanais ayant grandi en Californie. « J'avais en quelque sorte toujours l'impression que je ne savais pas vraiment où était ma place », nous confie-t-il en parlant de son enfance à Los Angeles. « Je n'ai jamais eu la sensation d'être au milieu de l'action. Et j'ai senti que c'était peut-être non seulement une façon de penser à ce que vivent les américains d'origine asiatique, mais que ça pourrait aussi être un prisme à travers lequel observer les dynamiques raciales dans un sens plus large. » (LA TIMES)
« Interior Chinatown […] m'a rappelé le mélange d'humour et de sincérité que l'on trouve dans les nouvelles de George Saunders, dans les jeux métafictifs de Mark Leyner ou dans des films comme The Truman Show. » (The New York Times)
« Ce roman examine la réalité quotidienne des Américains d'origine asiatique, cette impression d'être à jamais des étrangers dans ce pays, une minorité qui ne sera jamais actrice d'une nation blanche et noire. » (The New Yorker)
« Ce roman est génial. Non seulement l'intelligence de sa structure et de ses métaphores est impressionnante, mais le message implicite derrière l'histoire de Willis Wu témoigne avec précision de ce que signifie non pas uniquement être asiatique aux États-Unis, mais plus largement, ne pas être blanc aux États-Unis. Quiconque voulant tenir une conversation critique et engagée sur les races aux États-Unis se doit de lire Interior Chinatown, qu'il soit américain d'origine asiatique ou non. le message de Charles Yu sur notre propre emprisonnement dans des rôles raciaux spécifiques est un message radical qui mérite d'être entendu. » (The Crimson)
« Il y a quelque chose, chez Yu, un côté ludique et cérébral comme de Jonathan Lethem, un côté triste et résigné, comme chez Kurt Vonnegut, un côté très “dickien” dans son refus paranoïaque de la société de consommation. Mais il y a aussi chez lui une sensibilité unique, originale, notamment quand il parvient à mêler, sous l'apparence de la simplicité, et au travers de personnages apparemment passifs, l'humour au plus profond pathos. » (The San Francisco Chronicle)
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