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ISBN : 2213710457
Éditeur : Fayard (09/01/2019)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill,non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare? Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n'est autre que le fils du Président des États-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s'échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la sépulture de son enfant.Il croit être seul ? il ne l'est pas. Bientôt, des voix se font e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  14 janvier 2019
Ce que j'ai ressenti:
***Vie et Mort près d'un caisson de souffrances…
A trop vouloir s'ignorer, les êtres en oublient leurs conditions… le Bardo, lieu d'errance dans la religion bouddhiste, s'anime face à l'inconcevable: la mort d'un enfant. Ce petit être qui arrive comme cela, en ce lieu maudit entre la vie et la mort, déclenche un cataclysme d'émotions et sème vite une tornade de consciences éclairées. Un phénomène de substanluminéclosion dans une ambiance spectrale. de ces âmes égarées surgissent, des réflexions et des gueulantes féroces, contre les dynamiques de l'existence…George Saunders nous inonde de ressentis fantômes, de peines et d'amours larvées au fin fond d'une crypte, d'espoirs et de mots qui tendent vers une liberté à conquérir, par delà la vie ou bien au delà même de la mort…Un moment rare de lecture, où les suicidés, les amoureux, les célibataires, les torturés, les impolis, les irréprochables, les damnés se retrouvent pour une même cause.
« Nous sommes prêts, monsieur; nous sommes pleins de colère, et de valeur, le ressort de nos espoirs est si tendu qu'il pourrait bien se révéler fatal, ou sacré: lâcher la détente, monsieur et laissez-nous montrer ce dont nous sommes capables. »
***Audace littéraire…
George Saunders nous offre un roman choral avec une force incroyable. Un récit quelque peu déstabilisant de par sa forme, et pourtant d'une originalité remarquable. Des cascades de dialogues et des moments de méditations, des ombres vengeance et des lumières rédemption, des passions dévorantes et des amours véritables : des émotions grandioses à saisir, capturées dans la vie de gens simples ou dans les plus hautes sphères…Jaillies d'outre-tombe ou d'ailleurs, elles nous traversent le corps et bousculent les codes d'écritures mais touchent leur point d'impact: nos coeurs!
« Nul n'a jamais rien accompli qui valait la peine de l'être sans essuyer le feu des critiques. »
***Un pan d'Histoire qui se dévoile…
En rentrant dans l'intimité du Président des États-Unis, on touche de près les problématiques de l'époque. Même s'il est dévasté par le chagrin de la perte de son enfant, Abraham Lincoln doit faire face à ses responsabilités et aux menaces diverses de la guerre de Sécession. On sent une très grande tension, faite de violences et de rancoeurs dans ses pages, et pourtant, malgré cette ombre qui pèse sur la nation américaine, Lincoln reste une figure emblématique, un homme inspirant. Sans cesse dans la lumière des projecteurs et soumis aux pires railleries, il ne peut se laisser aller à la douleur, alors la nuit, devient son refuge pour faire le deuil de ce fils adoré, et Lincoln au Bardo apporte une certaine paix bienfaitrice.
Tout simplement, une pépite de la rentrée littéraire à découvrir! Touchant.
« Amour, amour, je sais ce que tu es. »
Ma note Plaisir de Lecture 9/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Commenter  J’apprécie          442
Bazart
  27 février 2019
aie : on aurait adoré aimer ce premier roman de l'essayiste et nouvelliste américain George Saunders, tant sa sortie a été précédée de louanges et tant le fait qu'il était lauréat du Man Booker Prize 2017 lui apportait une garantie de qualité, mais malheureusement on est passés totalement à coté- et on a été pourtant deux à la rédaction à essayer de le lire en entier mais en vain..
Le roman de George Saunders qui se lit comme un long poème macabre est en fait trop décousu trop alambiqué trop érudit pour qu'on puisse vraiment s'accrocher à une intrigue vraiment absconse..
Lincoln qui a perdu son fils parle dans le cimetière ou son fils est enterré à des fantômes ou plutot à ,un choeur de narrateurs formant un kaléidoscope de questions et de réponses durant une seule nuit voilà à peu près tout ce qu'on aura compris la dedans ....
Bref, tout cela est d'une ambition énorme mais le côté dadaiste et profondément baroque du roman nous aura totalement laissé sur le carreau et on se dit qu'il nous aura manqué des neurones pour l'appréhender totalement ...
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michaelfenris
  19 février 2019
Nous sommes en février 1862, en pleine guerre de Sécession. À Washington, Abraham Lincoln vient de perdre son fils William (en réalité même si le roman n'y fait pas allusion, il s'agit de son deuxième enfant décédé, le premier étant mort en 1850 à l'âge de 4 ans). Ravagé par le chagrin, Willie étant son fils préféré, il parvient à s ‘échapper en pleine nuit pour se rendre au cimetière d'Oak Hill où repose le petit garçon. Ne pouvant se résoudre à le voir disparu, il va jusqu'à ouvrir sa sépulture pour le prendre dans ses bras et lui parler.
Mais, alors qu'il parle à son fils défunt, Lincoln déclenche au sein du cimetière une foule de réactions parmi les occupants des lieux, sous le regard et les commentaires de trois hommes, trois témoins qui vont revenir sans cesse tout le long des pages : Roger Bevins, Hans Vollman et le révérend Everly Thomas. Trois défunts bien sûr, sauf qu'à l'instar de tous les esprits d'Oak Hill, ils ne le savent pas voire ils refusent de l'admettre. Ils sont dans ce qu'ils appellent leur caisson de souffrance, se désespérant de ce que leur famille et leurs amis ne viennent plus les voir, rêvant à un retour à la normale, d'où finalement le titre du roman. le bardo, selon l'enseignement bouddhiste Tibétain, désigne un état mental intermédiaire, dans ce cas précis entre vie et mort. Et si un jeune garçon de 12 ans à peine reçoit la visite d'un membre de sa famille, qui plus est, le président en personne, n'est-il pas raison d'espérer que chacun va enfin recevoir des nouvelles de leurs proches absents depuis trop longtemps ? Chacun se presse sur la tombe de Willie Lincoln, voulant à tout prix narrer les déboires de son existence, comme si le fait d'épancher leurs malheurs les rapprochaient de leur existence antérieure. Finalement, le plus sage et le plus éveillé de tous se révélera le dernier arrivé, ce petit garçon arraché à l'affection de ses parents, qui sera le premier à comprendre ce qu'il est devenu et pourquoi il est là. Entrainant du coup la prise de conscience de dizaines d'esprits bloqués dans cette « phase intermédiaire » dans un gigantesque capharnaüm invisible aux yeux des vivants.
Disons-le tout de suite, Lincoln au Bardo n'est pas un livre facile d'accès. Auréolé du prestigieux Prix Booker en 2017, sacré numéro 1 des ventes du New York Times à plus de 600.000 exemplaires, il intrigue forcément par son sujet, et sa conception rédactionnelle: on pourrait grossièrement le diviser en deux partes qui s'intercalent régulièrement. D'un côté les personnages du cimetière sont présentés comme dans un pièce de théâtre, leur nom cité en dessous de chaque texte. D'un autre côté, les évènements de cette nuit fatidique, du point de vue de ceux qui ont côtoyés Lincoln à cette période. C'est cette partie qui est plus difficile à suivre, Georges Sanders présentant chaque paragraphe comme un extrait de texte emprunté à un roman ou un témoignage, réel ou de fiction, ce qui parfois donne lieu à de multiples répétitions ou contradictions ( l'exemple le plus frappant étant la description du physique et du caractère de Lincoln, qui varie sans cesse d'un paragraphe à l'autre, rendant la lecture assez difficile). C'est aussi là que réside la prouesse de l'auteur, parvenir à faire vivre autant de personnage sans jamais les mélanger ni les confondre et leur donner une existence propre. Et une émotion qui culmine lors des échanges entre Lincoln et son fils défunt, le jeune Willie ne comprenant pas pourquoi son père ne l'entend pas et ne lui répond pas.
Au final, Georges Saunders réussit un livre brillant et d'une grande originalité, comme il m'a été peu souvent donné de lire. Roman d'autant plus étonnant qu'il est qualifié d'expérimental, Saunders étant à la base plus un essayiste et un auteur de nouvelles, et, comme il le dit lui-même, il a longtemps eu peur à l'idée de l'écrire. Il en a supervisé l'adaptation en audiobook, avec une pléiade d'actrices et d'acteurs comme Julianne Moore, Don Cheadle, Susan Sarandon, ou Ben Stiller. Un livre pour ceux qui n'ont pas peur de se risquer à sortir de leur confort littéraire. Je remercie les Editions Fayard et Alina Gurdiel du service Presse pour leur confiance, pour l'envoi du roman et le très complet dossier revue de presse en Anglais qui l'accompagnait.
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sweetie
  12 août 2019
Lincoln au Bardo, étrange objet littéraire, transpose la douleur de perdre un enfant à travers le drame vécu par Abraham Lincoln et sa femme, alors qu'en pleine guerre de Sécession, la fièvre typhoïde emporte leur fils de onze ans, Willie.
Le roman est composé de plusieurs voix : celles des entités spectrales qui accueillent le corps du petit garçon dans son « caisson de souffrances », celle de Lincoln, désespéré, et celles des témoins de l'époque, que l'auteur a choisi de retranscrire telles quelles.
Les niveaux de langage et le style d'écriture transcendent alors le récit pour nous emmener au plus profond du désarroi causé par la perte irrémédiable de tout être cher, a fortiori celle d'un enfant.
Même si le ton peut sembler déconcertant au début, j'ai été rapidement emportée par cette histoire de douleur et d'acceptation de la mort.
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topocl
  28 janvier 2019
Quel livre étrange et sombre ! Qui m‘a emportée comme je comprends qu'il puisse laisser sur le côté.
Regardez ce pauvre petit Willie qui arrive au cimetière de Oak Hill. Son père, le respecté Abraham Lincoln, éploré et toute une foule accablé l'ont accompagné dans son « caisson de souffrance ». Mais à la nuit, les morts se réveillent, sortent des tombes, déambulent, discourent, soupirent après le monde d'avant. Et ce jeune garçon qui arrive, que son père déchiré entre son drame personnel et le drame national de la Guerre de Sécession n'arrive pas à quitter, ce garçon pur et droit dont les force du mal ne tardent pas à vouloir s'emparer, va chambouler tous les non-dits et les précaires équilibres.
Le lecteur se voit offrir une narration alternée : du côté des vivants, l'enfant agonisant pendant la resplendissante réception du Président des Etats-Unis, l'enterrement dans la boue, le père qui revient hanter le cimetière la première nuit, incapable d'y abandonner son doux enfant à la solitude de la mort, George Saunders compile des extraits de livres, articles, textes, références systématiquement à l'appui, dans un compilation scrupuleuse de points de vues extérieurs ainsi confrontés. Je me suis demandé tout au fil de ma lecture si ces extraits étaient réels, ou s'ils étaient composé malicieusement par l'inventif auteur, et je dois dire que je n'ai pas su répondre. Qu'importe, George Saunders refuse en tout cas d'être un narrateur omniscient, il laisse la parole à à ces nombreux témoins qui se sont plus ou moins amicalement penchés sur le destin de Lincoln..
Pour ce qui est du monde des morts, là non plus on ne dispose pas d'un récit linéaire, mais bien d'une pièce de théâtre où chacun prend la parole sans intertexte, commente, vitupère, n'hésitant pas au recours aux néologismes. C'est une sorte de choeur antique qui rapporte cette folle nuit de luttes, de terreur et de remise en question. Et ce choeur, s'il a quelques acteurs principaux, est composé de pas moins de 170 voix (dit-on) qui s'interpellent dans la nuit, alternativement tragiques, dérisoires, héroïques.
Les morts répondent ainsi aux vivants, de leurs deux royaumes de douleur et de misère.
Cette narration totalement inédite déconcerte au début. N'est-ce pas la pose d'un auteur qui s'est interrogé sur comment faire autre original, l'aboutissement surfait d'un atelier d'écriture mal digéré ? J'y ai cru un moment, puis, peu à peu cette scénarisation m'a envoûtée : une écriture déconcertante pour un conte baroque. Ces morts hurlant d'angoisse dans la nuit m'ont réellement subjuguée, je voyais ces formes hallucinées, hallucinantes, ces spectres grotesques, j'étais la metteuse en scène fébrile de cette farce tragique.
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critiques presse (4)
LeDevoir   15 avril 2019
Le livre de George Sanders présente un Lincoln marqué par le deuil et la mort de trois des quatre enfants qu’il a eus avec Mary Todd, décédés avant d’arriver à l’âge adulte.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse   09 avril 2019
Le premier roman du nouvelliste George Saunders est une véritable anomalie littéraire. Lauréat du Man Booker Prize 2017, Lincoln au Bardo est un texte déroutant, déstabilisant, décalé, dont la forme inusitée s'apparente plutôt, par moments, à une pièce de théâtre, et la narration brise toutes les conventions.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   08 février 2019
Saunders a inventé pour son roman une forme aussi inédite qu’audacieuse, et terriblement risquée, convoquant pas moins de cent soixante-six récitants.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   22 janvier 2019
La pensée bouddhiste habite l’étonnant premier roman de George Saunders.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   25 juillet 2019
Rien n'eût pu être plus paisible ou plus beau que l'emplacement de cette tombe. Elle était parfaitement indécouvrable pour le visiteur ordinaire, se trouvant la dernière sur la gauche à l'extrême limité du cimetière, au sommet d'une colline presque perpendiculaire dont le versant opposé descendait jusqu'à Rock Creek. Le torrent d'eau vie bruissait d'une douche mélodie et les arbres de la forêt se dressaient nus et puissants contre le ciel.
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StelphiqueStelphique   14 janvier 2019
Puis, de l'intérieur de la carapace, retentit la déflagration, familière et pourtant toujours aussi glaçante, associée au phénomène de substanluminéclosion.
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rkhettaouirkhettaoui   22 janvier 2019
Il était malséant de lancer de telles réjouissances alors même que la Mort venait de faire son apparition sur le pas de la porte, et sans doute eût-il été plus convenable, en pareil moment, que la vie publique fût conduite avec plus de discrétion.
Commenter  J’apprécie          20
Alice_Alice_   24 juillet 2019
La voilà donc, me dis-je alors, voilà la chaotique communauté humaine qui, éperonnée par la médiocrité de son génie collectif conduisait aujourd'hui la nation en armes vers elle ne savait quel fantastique cataclysme martial : un énorme organisme frétillant, doué d'autant de droiture et de discernement qu'un chiot indiscipliné.
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rkhettaouirkhettaoui   22 janvier 2019
Se retrouver confiné dans un caisson de souffrances à un âge si tendre — et devoir entendre un adulte déblatérer sur la présence d’une petite crotte sèche dans son caisson de souffrances — n’est pas précisément la façon, hum, idéale de faire son entrée dans un nouveau, euh —
Un petit garçon. Rien qu’un enfant. Diantre.
Commenter  J’apprécie          10
Video de George Saunders (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Saunders
George Saunders, winner of a 2006 MacArthur Foundation fellowship, and a four-time winner of the National Magazine Award for fiction, is widely regarded as one of the most original writers of short fiction of his generation. Writer Zadie Smith says, "Not since Twain has America produced a satirist this funny." His newest collection, Tenth of December: Stories (2013), presents an assortment of characters faced with particular moral quandaries and painful existential dilemmas. In advance praise, Jennifer Egan called the collection, "his most subversive, hilarious, and emotionally piercing," and said, "Saunders is a true original—restlessly inventive, yet deeply humane." The New York Times Magazine proclaimed in the title of a January 2013 profile, "George Saunders Has Written the Best Book You'll Read This Year." Earlier collections include In Persuasion Nation (2006), Pastoralia (2000), and CivilWarLand in Bad Decline (1996) - 2013/02.
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