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EAN : 9781025104010
383 pages
Éditeur : French Pulp Éditions (11/10/2018)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l'océan, jaunes et violets contre le ciel d'azur.
Elle était allongée au soleil, l'herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd'hui, l'astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l'odeur était celle d'une marée putride qui se retire. Les papillons s'éloignaient de plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (81) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 novembre 2018
Un grand merci à Babelio et aux éditions French Pulp...
Elle contemple, à travers les barreaux de la fenêtre, l'aurore éclore. Après la pluie qui n'a cessé de toute la nuit, la cour est encore noire. le silence règne encore dans le Centre. D'ici peu de temps, les premiers résidents ne tarderont pas à se lever, les chariots à couiner dans les couloirs...
Juillet 2006. Cela aurait dû bien se passer. Beau Gosse avait tout prévu. Malheureusement, le cambriolage a mal tourné. Un petit vieux et son chien dans la rue, ce dernier ameutant tout le quartier avec ses aboiements. Des fenêtres, ici et là, qui s'éclairent. Beau Gosse qui tente de faire taire le cabot à coups de pied, La Fouine, apeurée, qui s'en prend au vieillard. Deux coups de feu tirés depuis l'un des immeubles en face. Beau Gosse et La Fouine tués par une balle de 22 long rifle. L'autre s'est pris 15 ans ferme. Une double peine pour celle qui se sent enfermée dans son corps...
Enfermé.e, titre très à propos, narre l'histoire de Virginie, née garçon et devenue fille. de sa naissance dans une famille mal aimante à l'enfer dans les prisons en passant par une enfance compliquée et une adolescence révélatrice. À partir de nombreuses références, d'articles et de témoignages, Jacques Saussey tisse un scénario ô combien passionnant mais encore tabou de nos jours. La preuve : la transidentité n'est plus considérée, en France, comme une affection psychiatrique seulement à partir de 2010. de même, l'OMS affirmera seulement le 18 juin 2018 que le transsexualisme n'est plus considéré comme une maladie mentale. le texte sera présenté en mai 2019 à l'Assemblée mondiale de la Santé et entrera en vigueur le 1er janvier 2022 ! Traitant de ce sujet mais aussi des conditions des transgenres en prison, des mentalités, des regards, l'auteur dépeint avec force le parcours très personnel de Virginie. Alternant passé et présent, il dévoile peu à peu les pièces du puzzle. Tout en nous plongeant dans une ambiance noire et violente, il nous offre un roman tout à la fois brut, bouleversant et captivant, habité par une Virginie inoubliable, le seul personnage prénommé.
Dense, original et remarquable...
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La_Bibliotheque_de_Juju
  02 mars 2019
Je savais que ce livre allait me plaire. Je le lorgne depuis longtemps.
Je lis enfin Jacques Saussey et quelle lecture !
Virginie est née dans le mauvais corps. C'est une femme enfermée à l'intérieur d'un corps masculin.
Après une peine de prison, elle se retrouve embauchée au Centre où elle semble avoir un but bien précis mais mystérieux.
Le roman s'articule entre la vie de Virginie dans ce Centre où des personnes très âgées viennent passer les derniers instants de leur vie et le récit de l'existence de Virginie depuis l'enfance.
Virginie est un des rares personnages du livre qui porte un prénom. Tous les êtres, souvent abjects, qui gravitent autour d'elles n'ont pas d'identité. le Pére. La Mère. le Curé. le Moche. le Musicien. L'auteur explique ce choix à la fin du livre. La société refusant à Virginie une identité, il décide d'enlever cette identité aux protagonistes du livre. Retour de boomerang.
On a entre les mains un roman très dur, parfois trop. Beaucoup de noirceur. de désespoir.
J'ai pensé à Karine Giebel ou à Claire Favan avec ce destin de femme qui prend aux tripes et sans concession.
Décidément le roman noir français est plein de pépites à découvrir.
Un sujet rare. Qui, au-delà d'un récit mené tambour battant qu'on ne peut lâcher, fait réfléchir à la place donnée dans notre société à la différence. A une époque où le droit à l'indifférence semble de plus en plus menacer, j'ai trouvé salutaire d'évoquer dans un roman de genre le transsexualisme.
J'ai donc encore une fois pu découvrir un auteur et ce roman étant le onzième de Jacques Saussey, je vais pouvoir prendre quelques cours de rattrapage.
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Ziliz
  30 octobre 2019
« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu'être emprisonnée dans un corps qui n'est pas le mien. »
Emprisonnée, enfermée, Virginie l'est depuis l'enfance : dans son corps de garçon, alors qu'elle se sent fille. Et quand vos parents prennent pour une lubie un tel décalage, qu'ils s'attendent à ce que 'ça passe', quitte à sévir violemment pour vous remettre dans le droit chemin (éventuellement avec l'aide d'un psy), c'est douloureux pour le corps et surtout pour l'âme. En-dehors de la maison, c'est encore pire avec le harcèlement scolaire, entre 'simples' moqueries et passages à tabac : « Ce besoin de torturer ceux qui ne vous ressemblent pas, ceux dont les moyens de défense sont réduits à l'espoir que les choses changent un jour. »
Virginie connaît ensuite un double enfermement : la prison. Une prison pour hommes, puisqu'officiellement, elle est de sexe masculin.
Et si le milieu carcéral est particulièrement impitoyable et violent, il l'est plus encore pour les 'minorités visibles', notamment les homosexuels et transgenres, victimes des pires sévices de la part de co-détenus et de matons. Un enfer dont on s'échappe un peu (avec la drogue), ou beaucoup - en se suicidant.
Ce roman est magistral ! ♥
La lecture est douloureuse, on passe de la colère à la nausée, on est souvent triste à hurler, poings serrés, sourcils froncés, certains passages sont insoutenables. J'ai pensé à 'Meurtres pour rédemption' (Karine Giebel) pour la violence carcérale, à 'En finir avec Eddy Bellegueule' (Edouard Louis) pour le calvaire vécu par ceux dont l'identité sexuelle 'dérange'.
Mais surtout, le talent de l'auteur me rappelle celui de Thierry Jonquet, pour la construction de l'intrigue, la richesse des personnages (jamais nommés, habilement désignés par des pseudos ou des fonctions) et la pertinence des propos.
A travers l'histoire cruelle de Virginie, Jacques Saussey nous bouscule et fait réfléchir à la transidentité, à la sexualité en général, au regard de l'autre, aux relations parents-enfants, à la prison et aux Ehpad...
L'ouvrage commence comme un roman noir, il le reste, mais se double d'une intrigue policière troublante en huis clos qui évoque une ambiance Cluedo et Agatha Christie…
Passionnant et bouleversant ! Les explications de l'auteur en fin d'ouvrage rendent l'histoire de Virginie encore plus poignante, alors qu'on pense avoir atteint des sommets et être passé par toutes sortes d'émotions.
Bravo et merci à l'auteur pour son intelligence et sa sensibilité. ♥
________
(…)
Mais mon vrai métier c'est la nuit
Je l'exerce en travesti, je suis artiste
J'ai un numéro très spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n'en croient pas leurs yeux.
(…)
On rencontre des attardés
Qui pour épater leurs tablées
Marchent et ondulent
Singeant ce qu'ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule
Ça gesticule et parle fort
Ça joue les divas, les ténors
De la bêtise.
Moi les lazzi, les quolibets
Me laissent froid puisque c'est vrai...
(…)
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=-4-zC8WtwBw
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Crossroads
  11 janvier 2019
Quand ça veut pas, ça veut pas.
Certains sont assujettis à la double peine.
Virginie, elle, connaîtra un double enfermement, celui du mitard couplé à celui du corps.
Pas née avec les bons chromosomes, elle n'aura qu'une seule et unique obsession, vouloir s'affirmer malgré l'effroi ouvertement affiché du Père et de la Mère.
Mais la roue tourne, dit-on. Lentement. Roue de l'infortune évoluant péniblement au rythme des pires brimades et de biens lourds tourments.
Puis vient la délivrance. Celle que l'on espérait plus. Celle qui allait lui permettre une certaine forme de résilience acquittée au prix fort.
♪Saussey, sey, sey, sey, sey le même♫.
Ben non, justement.
Il fait ici preuve d'un regard aiguisé et touchant sur un thème rarement usité, la transidentité.
Une problématique délicate traitée avec énormément d'acuité mais également de douleur psychique et physique.
Un agrégat de supplice et de désespoir suscité par un environnement aussi bestial que bas de plafond.
Le récit est habile, accrocheur, sans toutefois préserver le lecteur à la digestion un brin délicate d'user à l'envi de son sac à vomi.
En effet, Saussey ne nous épargne rien du quotidien dantesque de Virginie. Un karma placé sous le signe de la matriochka et c'est un cercle (sans mauvais jeu de mot) d'affliction infini auquel l'auteur nous convie.
J'ai adoré la trame, un peu moins le brouillard épais qu'il a fallu percé à grands coups de patience et de persévérance .
Nonobstant cette légère amertume finale, Enfermé.e se dévore littéralement tout en questionnant sur le sujet ce qui est plutôt notable dans ce genre littéraire qu'est le polar.
Enfermé.e, libérateur des pulsions les plus malsaines, légitime le talent pressenti de conteur de Jacques Saussey qui s'affirme comme une valeur incontournable du roman noir.
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Tostaky61
  27 décembre 2018
ATTENTION, pour lecteur averti...
Enfermé.e, c'est l'histoire d'un... euh ! d'une..., enfin, c'est l'histoire de quelqu'un.
Virginie assume sa différence, elle assume l'inconfort de sa situation.
Virginie assume le regard des autres.
Virginie subit. Les vexations, les coups, les viols.
Virginie veut être libre.
Mais un jour, dans cette vie déjà bien chaotique, tout bascule.
Virginie, déjà enfermée dans son corps se retrouve derrière les barreaux.
D'une prison à l'autre, Virginie va connaître la violence.
Dans des scènes parfois insupportables, Jacques Saussey va nous entrainer dans l'enfer de la vie de son personnage.
Le lecteur va l'accompagner de son plus jeune âge jusqu'à demain, en 2019.
Vous allez la suivre dans son parcours de combattant, pour se faire admettre, par les siens qui l'ont renié, par une société qui la condamne ou la rejette.
Derrière ce déchaînement de haine et de violence, il y a un message.
Saussey vous interpelle.
Il vous pointe du doigt.
Alors, serez-vous bourreau ?
Aurez-vous de la compassion ?
Vous révolterez-vous ?
Combattrez-vous pour la cause ?
En tout cas, je pense que vous ne resterez pas indifférent.
Un roman qui nous parle de notre monde.
D'êtres humains que nous croisons, avec mépris ou interrogation.
Des personnes que notre société a trop longtemps considérées comme des malades.
Il en a fallu des combats et des injustices pour arriver à les accepter comme nôtres.
Vous allez avoir le ventre noué, n'en doutez pas.
Comme moi, vous aurez envie d'abandonner cette lecture.
Mais au final, tout au bout, quand vous aurez tourné la dernière page, que vous aurez consulté les notes de l'auteur, alors viendra le temps de l'analyse et des questions.. Et si ce livre changeait votre regard ?
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   17 novembre 2018
- Quoi ?? Tu parles ? Mais pourquoi tu ne nous a jamais rien dit ?
La Vieille pose un regard d'un gris blanc sur lui.
- Ce n'est pas parce qu'une armoire est fermée qu'elle est vide... (...)
- En tout cas, c'est pas souvent qu'une bonne femme ouvre la bouche pour dire quelque chose d'intelligent ! (...)
- C'est parce qu'on n'a pas souvent en face de nous quelqu'un qui l'est assez pour comprendre.
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   29 octobre 2019
Le type était sauvé. Il serait suivi médicalement, cette fois, et c'était tout ce qui comptait. Maintenant, il allait falloir qu'il parvienne à convaincre le directeur de la prison de le faire transférer ailleurs, dans un établissement adapté pour les homos et les transgenres comme lui. Un endroit où il serait plus en sécurité. Un endroit où 'ces gens-là' avaient simplement le droit de survivre. Ce qui était mieux que ce qu'ils pouvaient trouver dans la majorité des centres de détention, où leur destin était rapidement scellé par la férocité de la libido de leurs compagnons d'incarcération, voire par les matons eux-mêmes.
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ZilizZiliz   28 octobre 2019
- Mais alors… t'es quoi, exactement ? Gay ? Travesti ? Transsexuel ?
[Elle] a rabaissé sa robe et s'est allongée sur le ventre. Elle a noué le préservatif et l'a laissé tomber sur le sol de béton brut.
- Je suis moi. C'est tout.
[Il] a insisté.
- C'est que je voudrais bien savoir, moi.
- Savoir quoi ?
- Eh bien…
- Si t'es pédé parce que t'as baisé avec moi ?
- Heu… oui. Ça te paraît con, comme question ?
Elle s'est redressée. Soudain, elle en avait assez de ce jeune type au cheveu flamboyant, mais au cerveau aussi pâle que commun.
- Cette question, c'est à toi d'y répondre. Et je pense que tu sais déjà ce que tu as à apprendre sur toi-même.
(p. 67)
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ZilizZiliz   29 octobre 2019
Le Directeur opine du bout des lèvres tandis que la famille fait des efforts louables afin de ne pas déguerpir trop vite. Il déballe sans élan l'attirail complet des répliques habituelles usées jusqu'à la corde. Oui, le Centre est un endroit parfaitement adéquat pour accueillir les personnes âgées, et même très âgées. Non, pas en fin de vie, madame. Nous préférons utiliser le terme 'en transition'. Car la vieillesse n'est qu'un état passager entre la jeunesse et la vie éternelle, n'est ce pas ? C'est en tout cas ce que nous explique monsieur le curé, le dimanche matin. Non, monsieur, nous n'allons pas à l'Eglise. Nos pensionnaires en sont hélas incapables, pour la plupart. En réalité, c'est l'Eglise qui vient à nous.
(p. 144)
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ZilizZiliz   29 octobre 2019
Le Bouledogue serre ses griffes sur les accoudoirs de son fauteuil. Ils vont voir. Ils vont voir ce qu'ils vont voir. Ils n'ont pas réussi à l'avoir, en Algérie. La clope ne l'a pas eu. Ils ne l'auront pas ici non plus. Il se battra jusqu'à la mort, jusqu'à son dernier souffle.
Le Bouledogue glisse sa langue entre les trois dents qu'il lui reste et il ricane en silence. Le premier qui va se pointer, il va s'en souvenir. Parole d'ancien combattant. La Légion d'honneur, à l'époque, ça voulait dire quelque chose. On ne la donnait pas au premier abruti qui écrit des chansons ou qui sait frapper dans un ballon.
(p. 153)
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Du poison dans la tête - Jacques Saussey - Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur
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[Juillet 2006] Qui a participé au cambriolage avec Virginie et la Fouine ?

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