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ISBN : 2205079247
Éditeur : Dargaud (25/01/2019)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Suite au succès de son roman La Vénus à la fourrure, l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch reçoit une jeune femme décidée à s'emparer du rôle de Wanda décrit dans le livre. Ils concluent un contrat où il se soumet totalement à elle dans un jeu de dominante-dominé tel qu'il les aime. Des années après leur séparation et un remariage plus normé, Léopold est surpris par les sollicitations de jeunes admiratrices attirées par sa réputation sulfureuse. Il apprend alors qu'à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sphilaptere
  18 mai 2019
Pour qui le fouet ? Cinq choix.
1 - Pour Leopold von Sacher-Masoch ? Il aimait le recevoir (dans certaines conditions) ?
2 - Pour "Wanda" qui règle ses comptes publiquement ?
3 - Pour Krafft-Ebing qui le promeut pathologie, et le tue comme homme et écrivain ?
4 - Pour la postérité, qui n'a retenu que La Vénus à la Fourrure ?
5 - Pour Babelio qui ne cite pas Anne Simon comme autrice. Son dessin très vivant et naïf qui fait penser à des strips de presse rétro. Un bel album en bichromie.
Commenter  J’apprécie          240
AugustineBarthelemy
  03 mai 2019
Qui se souvient encore de cet illustre inconnu qu'est Léopold Ritter von Sacher-Masoch ? de son oeuvre prolifique et éclectique, publiant de son vivant plus de cent romans, contes, recueils de nouvelles et pièces de théâtre ? Mais aussi des ouvrages à la portée sociale, philosophique voire même mystique. Un touche-à-tout érudit, qui fut connu dans l'Europe entière, distingué par la légion d'honneur en France en 1887, où il connut un succès plus durable, et alors que son oeuvre sulfureuse, La Vénus à la fourrure, était encore totalement inconnue ! (cet ouvrage ne sera traduit en français qu'en 1902). Et pourtant, malgré la gloire et les lauriers littéraires, von Sacher-Masoch a disparu des mémoires, ne reste que de lui un néologisme, le masochisme, inventé par le docteur von Krafft-Ebing, qui en fit le synonyme d'une déviance sexuelle. Avec L'homme à la fourrure, Catherine Sauvat et Anne Simon proposent de partir à la découverte d'un écrivain qui fut englouti par ses « fantaisies » et une époque passionnée par la psychiatrie et la balbutiante psychanalyse.
Graz, Autriche, 1872. Sacher-Masoch se livre chez lui à une lecture en public de son ouvrage, La Vénus à la fourrure. Public conquis, qui trouve certes les fantasmes osés, piquants, mais n'est pas choqué. Et le mystère demeure, l'histoire d'amour entre Wanda et Séverin est-elle réelle ou est-elle pure fiction ? Attirée, ou simplement curieuse, surgit alors Aurore Rümelin. Elle se propose d'être la Wanda de Léopold. Elle sera sa maîtresse dominatrice, celle qui acceptera de le maltraiter, de le fouetter, tout en se pliant à son obsession, revêtir toutes les fourrures qu'il lui achètera avant de le soumettre. Elle acceptera aussi le penchant candauliste de Sacher-Masoch : ensemble, pour être au plus près de l'histoire de la Vénus à la fourrure, ils chercheront des amants de passage. Souffrir dans l'amour, tel est le plaisir de Léopold.
Les premiers temps du ménage sont félicités. Wanda et Léopold sont complices. En public, elle s'efface, épouse ordinaire soutenant son mari dont le succès va toujours croissant. Et dans l'intimité, il est son esclave qui reçoit les humiliations avec bonheur. Mais très vite, le mariage bas de l'aile. La naissance d'un premier enfant, puis d'un second une année plus tard, déstabilise leur vie de couple. Wanda n'est plus si empressée qu'avant, elle se montre hésitante, puis se résigne devant l'insistance de Léopold à respecter le contrat signé. A Leipzig, où ils ont déménagé et où Léopold dirige une revue littéraire « Au sommet », elle le trompe avec le voisin. Première entorse au contrat. le couple fera la rencontre d'un journaliste français, Armand de Saint-Cère, en fait un escroc qui parviendra à subjuguer le naïf Sacher-Masoch et à lui souffler sa femme sous le nez. Cette fois, Wanda quitte le foyer, abandonnant derrière elle son fils aîné. En son nom, elle contractera de multiples dettes qui finiront de ruiner Léopold, dont le succès va décroissant.
Ils divorceront et Léopold se remariera avec sa secrétaire, la timide Hulda Meister. Avec elle, les fantasmes de fourrure et de fouet disparaissent. Épouse modèle, elle soutient son mari dans ses difficultés. Ils emménagent à Lindheim, auront trois enfants. Une vie de famille bien banale en somme. Jusqu'à ce qu'ils découvrent, bien fortuitement lors d'un passage en librairie, qu'un médecin s'intéressant aux déviances sexuelles vient de créer un néologisme à partir de son nom. le masochisme est né, et La Vénus à la fourrure en est la parfaite incarnation : « Ces perversions de la vie sexuelle peuvent être appelées masochisme, car le célèbre romancier Sacher-Masoch, dans de nombreux romans et surtout dans son célèbre La Vénus à la fourrure, a fait de ce type spécial de perversions sexuelles le thème favori de ses écrits. » On ne peut pas faire définition plus claire et plus infamante. Voilà l'auteur dévoré par son oeuvre. Désormais, son nom est lié à celui du divin marquis, qui fut rejeté par ses pairs, condamné à la prison puis à l'asile d'aliénés. C'est l'opprobre. Tous les milieux se ferment peu à peu à Léopold.
Ce médecin, c'est Richard von Krafft-Ebing, et son ouvrage Psychopathia Sexualis, publié en 1886, fait référence et connaîtra de nombreuses réimpressions et traductions. Ce qui était jusque-là considéré comme une fantaisie osée, une obsession parmi tant d'autres, devient signe de perversion. La société change, évolue, progresse. Ce qui dépasse est déviance. Krafft-Ebing est l'homme en vue, l'expert que l'on écoute même au sein des tribunaux. le lecteur entrapercevra l'affaire de la comtesse Sarolta Vay, accusée de se travestir en homme, d'avoir menti sur son état civil pour pouvoir épouser une femme. Paternalisme et misogynie feront le reste : c'est un cas de gynandrie, une maladie mentale congénitale. La comtesse n'est pas responsable de ses actes. Grâce au diagnostic de Krafft-Ebing, elle est libre. Mais à cause de lui, elle est désormais un monstre déviant mis au ban de la société. Tout comme le malheureux Léopold, qui est envahi par une horde de « malades » qui le prennent comme figure de proue de leur déviance.
L'homme à la fourrure est un roman graphique intéressant quoique laissant un petit goût d'inachevé. On y découvre la vie d'un auteur à la réputation sulfureuse mais qui est, au fond, un homme bien ordinaire dépassé par son oeuvre. de cette oeuvre monumentale, j'aurais aimé en savoir plus. Celle-ci ne sera que vaguement entraperçue à la toute fin, quand Léopold se lamentant d'être mis au même niveau qu'un fétichiste ou d'un exhibitionniste se promènera parmi une multitude de livres, les siens, déplorant d'être devenu moins un écrivain qu'un symptôme. de même, il est dommage que le portrait de la société autrichienne passionnée par les découvertes médicales sur les perversions et autres déviances sexuelles ne soit que survolé (bien que ce ne soit évidemment pas le sujet principal).
Pour évoquer la vie de Léopold, Anne Simon a fait le choix d'un dessin monochrome en noir et blanc expressif mais naïf. le rouge, la seule couleur du récit, correspond à l'invasion, dans le réel, des fantasmes de l'auteur, permettant au lecteur de faire la distinction mais aussi de s'apercevoir à quel point ces deux aspects sont intrinsèquement liés dans la vie de Sacher-Masoch. C'est d'ailleurs dans cette couleur qu'est évoquée, à la fin de cette biographie, la scène primitive, celle qui esquisse une tentative d'explication quant à l'origine des fantasmes de notre écrivain. Réalité ou fiction, à vous de trancher.
Je remercie Babelio et les éditions Dargaud pour l'envoi de cette jolie bande dessinée.
Lien : https://enquetelitteraire.wo..
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cecilit
  22 mai 2019
L'écrivain Léopold von Sacher-Masoch avait hélas raison : de son oeuvre, de sa vie, ne sera retenu que le néologisme tiré de son nom, masochisme. Qui peut aujourd'hui citer un autre roman que la Vénus à la fourrure, oeuvre cannibale qui a dévoré toutes ses autres publications ? Catherine Sauvat , scénariste et Anne Simon , dessinatrice, rendent hommage à ce personnage torturé et lucide, avec pudeur et délicatesse. le livre est beau, les dessins magnifiques, le noir et blanc cède la place au bistre quand les souvenirs refont surface. Parmi la pléthore de romans graphiques, bd s'attachant à un ou des personnages célèbres qui paraissent depuis ces quelques années, L'homme à la fourrure n'a pas à souffrir de la concurrence.
Reste maintenant à découvrir l'oeuvre de cet écrivain finalement méconnu.
Merci à la Masse Critique de Babelio et aux Éditions Dargaud pour m'avoir offert cet ouvrage. Décidemment, l'univers graphique se porte bien en ce moment, en tout cas, au niveau des productions !
+ Lire la suite
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SdImag
  20 mars 2019
Un auteur dépassé par son oeuvre
[Résumé] Avec pudeur et retenue, Catherine Sauvat met en lumière la vie méconnue de cet écrivain dont le nom devint, bien malgré lui, une maladie psychiatrique pour la bourgeoisie bien-pensante autrichienne, éclipsant durablement son oeuvre.
Le dessin délicat d'Anne Simon s'avère particulièrement expressif et rend Leopold von Sacher-Masoch, auteur rattrapé et dépassé par ses écrits, particulièrement touchant et attachant…

Lien : http://sdimag.fr/index.php?r..
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critiques presse (2)
BoDoi   13 juin 2019
Si le dessin d’Anne Simon est délicieusement épuré, avec un trait assez rond à la Pénélope Bagieu, si l’utilisation parcimonieuse du rouge distille un nuage d’érotisme dans ces pages, l’histoire est délibérément et uniquement instructive.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo   29 mars 2019
Dans cette biographie attachante Catherine Sauvat et Anne Simon réhabilite avec délicatesse et élégance Leopold von Sacher-Masoch, auteur souvent réduit (à son insu) à la pratique sexuelle tirée de son patronyme : le masochisme.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SphilaptereSphilaptere   18 mai 2019
Telle est donc la morale de cette histoire : qui se laisse fouetter mérite d'être fouetté.
Commenter  J’apprécie          104
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Video de Catherine Sauvat (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Sauvat
Anne Simon a reçu en 2004 le prix Jeunes Talents au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême... Quinze ans et une dizaine d'albums plus tard (dont les biographies dessinées de Freud, Marx et Einstein), l'artiste continue d'éblouir de son talent et propose cette année, avec Catherine Sauvat au scénario, une nouvelle biographie dessinée, celle de Sacher-Masoch (qui donna, bien malgré lui, son nom au masochisme), dans L'homme à la fourrure ! Découvrez l'album : http://www.dargaud.com/bd/Homme-a-la-fourrure-L
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