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Fernando Krahn (Illustrateur)Céline Leroy (Traducteur)
ISBN : 2742783482
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 451 notes)
Résumé :
Autobiographie d'un grignoteur de livres, Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de coeur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des h... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  01 octobre 2017
Le rat n'a pas bonne presse. Cependant, soit l'homme cherche à l'exterminer soit il accepte de l'apprivoiser. J'ai envie de commencer cette présentation en expliquant que Firmin est un petit rat sympathique a qui j'aimerai tenir compagnie moi qui ait la phobie de ce genre d'animal.
Dès sa naissance Firmin est à part. Ses douze frères et soeurs se nourrissent aux douze mamelles de maman-rat obèse et alcoolique tandis que lui est carrément éjecté ! Il n'a rien à se mettre sous la dent mais il a la rage de vivre et il est prêt à tout pour déjouer son destin. Il est le treizième de la fratrie ! superstitieux ou pas il devra se débrouiller seul…. ou presque. Il va se nourrir de livres de différentes façons, y prendre goût, s'en délecter et devenir lecteur assidu, écrivain, mélomane mais toujours débrouillard ! Il partage volontiers son enthousiasme, son désespoir, ses coups de coeur et ses coups de griffe. Il se rend compte qu'il n'est pas aimé de tout le monde loin s'en faut ! il lutte et savoure les bons moments chaque fois qu'il en a l'occasion. Un sage! un philosophe!
Il est un tantinet coquin. Celles qu'il va voir au cinéma et appelle "mes mignonnes" m'empêchent de conseiller ce livre aux enfants. Dommage!
L'auteur Sam Sagage nous invite à passer quelques heures en compagnie de ce rat de bibliothèque et partager sa vie insolite et risquée ou plutôt risquée parce qu'insolite, à Boston dans les années 60 ! Il est parti d'un fait divers réel: un libraire appelé à fermer définitivement sa boutique a invité les passants à emporter les livres gratuitement. L'opération a duré cinq minutes. Il a bien sûr imaginé le reste!
Il nous emmène faire un tour chez Sarah Bernhardt, dans une vieille librairie ou dans l'antre d'un raide dingue de l'écriture et de la mécanique. Il nous prévient qu' « Il n'est pas nécessaire de croire aux histoires pour les aimer » lui qui, titulaire d'un doctorat de philosophie, a exercé les métiers d'imprimeur, d'écrivain ou de réparateur de vélos.
Et si Sam Savage passait par Firmin pour nous entretenir de ses propres idées, de sa philosophie, de ses difficultés, de son parcours atypique ? Pourquoi choisir comme personnage principal un rat ?
Le rat a toujours fait partie de l'histoire de l'homme et de sa culture. En Chine il est symbole d'ambition, de charme, d'imagination, de passion d'abondance. Au japon il représente la chance et en Inde la sagesse. Certains passages de la Bible évoque le rat comme étant le symbole du diable.
En occident il inspire généralement le dégoût, la répugnance et la crainte. Dès le Moyen-âge son image maléfique et malfaisante alimente des croyances et des superstitions. Si des rats rongent les meubles d'une chambre la mort n'est pas loin ! Si les rats quittent une maison sans y avoir été invités c'est que la maison ne va pas tarder à s'effondrer. Apercevoir un rat est un funeste présage. Je n'oublies sûrement pas le symbole de l'avarice. « C'est un rat ».
En 1947 Albert Camus écrit La peste, avec en toile de fond l'épidémie de peste qui a eu lieu à Oran. Il s'en sert comme symbole du combat contre le nazisme et l'occupation allemande. La terreur, la tyrannie doivent être combattues. Les rats ne vaincront pas.
Jean de la Fontaine va servir de contrepoids en écrivant le lion et le rat, puisqu'il précise que les plus forts ont toujours besoin d'un plus petit que soi soulignant au passage que l'habit ne fait pas le moine. le rat des villes et le rat des champs met en évidence l'intelligence et la réactivité des rats deux traits de caractère plutôt positifs.
Les rats sont présents dans la littérature pour la jeunesse. Ils sont parés des plus beaux attraits et loin de repousser les enfants ils précèdent habilement leur sommeil et leurs rêves. Chickens run, deux escrocs comiques et prêts à sacrifier leurs biens pour sauver une vie et Ratatouille un rat débrouillard et amateur de bons petits plats nous font sourire.
On en aura jamais fini avec l'ambivalence du rat. Alors de là à imaginer que le choix de Sam Savage ne soit pas le fruit du hasard, lui qui effleure au fil des pages une palette de sentiments, de ressentis allant de la pure satisfaction au désespoir le plus sombre. Firmin s'immisce partout. Lui le lettré, le penseur, le mélomane lutte pour sauver sa peau. Ce rat est sans doute lourd des nombreux écrits du passé de ses ancêtres! lourd des étiquettes qui lui collent à la peau! Mais il est fort et derrière son image impure l'esprit s'agite.
L'auteur nous fait rencontrer un rat civilisé. Une nouvelle page de l'histoire du rat. Il s'appelle Firmin. Il vous attend.

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araucaria
  17 septembre 2013
Un livre très agréable, très frais, amusant. Il s'agit de l'histoire de Firmin, rat né dans le sous-sol d'une librairie de Boston. Cette autobiographie d'un grignoteur de livres, nous fait connaître un rongeur très érudit, aimant aussi le cinéma, le chant, la danse et la musique. "Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco
Lien : http://araucaria20six.fr/
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brigittelascombe
  16 octobre 2012
"Certains écrivains n'égalent jamais leur première ligne.Moi,je n'ai jamais pu égaler ma première phrase". Cette remarque pétillante d'humour de Firmin, rat de bibliothèque au sens propre et au sens figuré nimbe déjà Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres, d'une aura de bonne humeur.
Sam Savage, auteur et philosophe américain, dont ce premier roman est devenu un best seller, retrace ici le destin hors normes de Firmin (treizième raton malchanceux d'une nichée dont la mère obèse et alcoolique ne possède que douze mamelles, qui s'accommode de son sort en se disant qu'en arrivant après la bataille des "picoleurs", il a droit, lui, à du lait plus sain) qui parfait son éducation en explorant la librairie (de livres d'occasion) de Scollay Square où loge sa famille, qui dévore tout ce qui lui passe sous la dent et qui, après avoir été boulimique devient érudit.
L'intérêt de ce roman, grâce au personnage de Firmin, ce grand lecteur à la "grosse tête et au corps rachitique" est de démontrer ce qu'est un vrai lecteur qui s'identifie aux personnages jusqu'à vivre leurs passions, qui voyage à travers livres,apprend la vie...jusqu'à parfois ne plus vivre sa propre vie et croire qu'il converse vraiment avec des personnalités.
Sam Savage situe son roman dans un contexte de crise historique (des années 60) où ce quartier de Boston sera rasé et parallèlement à la vie insouciante de Firmin, il est intéressant de comprendre la dépression du libraire pour cause de faillite et la mélancolie de l'écrivain qui le recueille pour cause de manque probant de reconnaissance.
Les humains sont-ils des êtres sympathiques? interroge l'auteur, alors qu'ils se croient "infestés" par des rats et s'infestent eux-mêmes.
Un style naïf, pour un portrait de rat obstiné témoin d'une époque hostile, pour un récit mélancolique aux nombreuses références littéraires entre le fantasme et la réalité, entre les joies et les angoisses d'un vrai grand lecteur qu'on quitte à regret lorsque la dernière page de son extravagante vie est tournée.
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kathy
  02 juin 2012
Firmin ou « le rat de bibliothèque »
Si les rats sont considérés par les hommes comme des propagateurs de terribles épidémies, notamment la peste noire du milieu du XIV° siècle ; si d'un point de vue sanitaire on considère que ce sont des opportunistes en s'attaquant aux réserves alimentaires et en mettant en péril les récoltes de certains pays tropicaux ; si au vu de leur caractère invasif ils peuvent occasionner des bouleversements dans les écosystèmes insulaires et contribuer à l'éradication de certaines espèces animales, alors rien n'est fait pour nous rendre Firmin, grignoteur de livres, sympathique.
Pourtant, malgré cette valeur symbolique négative et suite à la diffusion du film d'animation "Ratatouille" (Studios Pixar, 2007), l'engouement pour les rats comme animal de compagnie a subitement augmenté, montrant ce petit rongeur sous son meilleur jour : image à laquelle nous convie Sam Savage.
Firmin, (paru en 2009) - à l'instar de Rémy Ratatouille qui rêve de devenir un grand chef cuisinier - rêve de « vivre une histoire d'amour avec les humains ». Mais cela semble difficile lorsque l'on est un rat ! Qui plus est, un rat, petit, rachitique, poilu, large de hanches , rétro-prognathe, vaniteux et cynique !
Pourtant, habitué, dès sa naissance à grignoter des livres pour remplir son ventre, Firmin est persuadé que les pages mâchées et remâchées, au fin fond de la librairie « Pembroke Books » où il est né, ont jeté les « bases nutritionnelles de son insolite développement intellectuel ». Aussi, plein de confiance et d'appétit pour les mots, il quitte peu à peu son nid douillet pour aller affronter le vaste monde afin de rassasier sa soif livresque et rencontrer les humains.
Du haut de sa « montgolfière », sa première fenêtre sur le monde des humains, il observe.
Il voit Norman, le libraire, noyé dans son capharnaüm, participer à l'animation du commerce. La nuit, il quitte son mirador, pour aller dévorer, désormais au sens figuré du terme, livre sur livre.
Mais sa rencontre avec les humains va s'avèrer plus complexe que prévu. « Sec et froid, est le monde » : alors comment vaincre l'indifférence et l'incompréhension des hommes quand on est différent ? « Merveilleux sont les mots », mais comment communiquer son amour des mots quand on ne détient pas la parole ?
Un livre original.
Un bel hommage rendu à l'écriture et à la lecture, toutes deux sources de plaisirs, d'évasion, de connaissances –du monde et de soi-, de rencontres inédites et privilégiées.
Un conte pour les grands, qui n'est pas sans nous rappeler les livres pour la jeunesse, racontés par des animaux, qu'on nous contait petits...
Une fable qui nous parle de différence, d'exclusion, de résistance et d'altérité
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Under_The_Moon
  28 octobre 2013
Firmin : un petit rat bien sympathique qui, bien qu'appartenant à une espèce peu "élégante" aux yeux des humains, a été rendu sympathique grâce à son cousin de chez Pixar ( Rémi dans "Ratatouille").
A l'inverse de l'aventure de son "cousin", il n'est point question de dégustation culinaire, bien que le début du roman soit très sensoriel , un peu à la manière de Süskind dans le Parfum. le parallèle peu sembler un peu oser, mais ... dans les deux cas le personnage principal est un rebut de la société et éclaire les lecteurs que nous sommes de son point de vue atypique sur nos attitudes.
Au départ, on nous présente Firmin comme un amateur de littérature et de cinéma. Pourquoi pas ! Après tout, c'est vrai qu'il rend un bel hommage à la littérature dite classique. Or, très vite, des considérations plus "réalistes" viennent mettre en péril l'existence de ce pauvre rongeur. Tout d'abord le rejet du libraire chez qui il avait élu domicile, puis les ambitions de reconstructions urbaines qui ont eu lieu aux Etats-Unis dans les années 1960.
A partir de là, Firmin devient déprimé, malgré les quelques moments réconfortants qu'il vit avec son nouveau "colloc' ". L'errance de cet orphelin (pas Oliver Twist, on parle toujours du rat ! ) le mène vers des visions toutes plus désolantes les unes que les autres.
Un récit d'aventures urbaines original et pessimiste; mais je m'attendais à un petit quelque chose en plus quand même.
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Citations & extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
JolapJolap   03 octobre 2017
De plus, il n'est pas nécessaire de croire aux histoires pour les aimer.
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JolapJolap   03 octobre 2017
Je n'ai jamais eu de courage d'un point de vue physique, ou d'une toute autre manière d'ailleurs, et j'ai toujours eu du mal à affronter la pure bêtise d'une vie ordinaire qui ne serait pas devenue une histoire, d'où ce besoin précoce de me rassurer avec l'idée ridicule que j'avais vraiment une destinée.
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JolapJolap   03 octobre 2017
Mais mes lectures intensives m'avaient persuadé que, malgré les foules de sadiques, de psychopathes et d'empoisonneurs qu'elle recelait, l'espèce dominante s'enorgueillissait aussi d'exemples de douceur et de compassion, la plupart du temps incarnés par des femmes.
Commenter  J’apprécie          32
JolapJolap   03 octobre 2017
Il est intéressant de constater combien notre réserve d'illusions est sans fin.
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araucariaaraucaria   16 septembre 2013
C'est à partir de ce moment-là que l'exode a vraiment débuté. Toutes les nuits, je croisais de longues files de rats qui évacuaient les lieux, parfois par familles entières. Le Globe avait titré : LA DEMOLITION MET AU JOUR UNE INVASION DE RATS. L'article qualifiait le quartier de "sordide et infesté de rats".
Le mot "infesté" m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent. Si vous infestez, c'est que vous cherchez les ennuis. Un jour dans un bar, un homme m'a demandé ce que je faisais dans la vie et j'ai répondu : "J'infeste." J'aimais bien l'ironie de ma réplique, mais l'homme ne l'a pas du tout saisie. Il a cru entendre : "J'investis" et m'a demandé des conseils pour ses placements. Je lui ai suggéré de miser sur l'immobilier. Tête de noeud, va.
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Payot - Marque Page - Sam Savage - Spring Hope
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