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Fernando Krahn (Illustrateur)Céline Leroy (Traducteur)
EAN : 9782742783489
201 pages
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 501 notes)
Résumé :
Autobiographie d'un grignoteur de livres, Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour . dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de coeur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (119) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  01 octobre 2017
Le rat n'a pas bonne presse. Cependant, soit l'homme cherche à l'exterminer soit il accepte de l'apprivoiser. J'ai envie de commencer cette présentation en expliquant que Firmin est un petit rat sympathique a qui j'aimerai tenir compagnie moi qui ait la phobie de ce genre d'animal.
Dès sa naissance Firmin est à part. Ses douze frères et soeurs se nourrissent aux douze mamelles de maman-rat obèse et alcoolique tandis que lui est carrément éjecté ! Il n'a rien à se mettre sous la dent mais il a la rage de vivre et il est prêt à tout pour déjouer son destin. Il est le treizième de la fratrie ! superstitieux ou pas il devra se débrouiller seul…. ou presque. Il va se nourrir de livres de différentes façons, y prendre goût, s'en délecter et devenir lecteur assidu, écrivain, mélomane mais toujours débrouillard ! Il partage volontiers son enthousiasme, son désespoir, ses coups de coeur et ses coups de griffe. Il se rend compte qu'il n'est pas aimé de tout le monde loin s'en faut ! il lutte et savoure les bons moments chaque fois qu'il en a l'occasion. Un sage! un philosophe!
Il est un tantinet coquin. Celles qu'il va voir au cinéma et appelle "mes mignonnes" m'empêchent de conseiller ce livre aux enfants. Dommage!
L'auteur Sam Sagage nous invite à passer quelques heures en compagnie de ce rat de bibliothèque et partager sa vie insolite et risquée ou plutôt risquée parce qu'insolite, à Boston dans les années 60 ! Il est parti d'un fait divers réel: un libraire appelé à fermer définitivement sa boutique a invité les passants à emporter les livres gratuitement. L'opération a duré cinq minutes. Il a bien sûr imaginé le reste!
Il nous emmène faire un tour chez Sarah Bernhardt, dans une vieille librairie ou dans l'antre d'un raide dingue de l'écriture et de la mécanique. Il nous prévient qu' « Il n'est pas nécessaire de croire aux histoires pour les aimer » lui qui, titulaire d'un doctorat de philosophie, a exercé les métiers d'imprimeur, d'écrivain ou de réparateur de vélos.
Et si Sam Savage passait par Firmin pour nous entretenir de ses propres idées, de sa philosophie, de ses difficultés, de son parcours atypique ? Pourquoi choisir comme personnage principal un rat ?
Le rat a toujours fait partie de l'histoire de l'homme et de sa culture. En Chine il est symbole d'ambition, de charme, d'imagination, de passion d'abondance. Au japon il représente la chance et en Inde la sagesse. Certains passages de la Bible évoque le rat comme étant le symbole du diable.
En occident il inspire généralement le dégoût, la répugnance et la crainte. Dès le Moyen-âge son image maléfique et malfaisante alimente des croyances et des superstitions. Si des rats rongent les meubles d'une chambre la mort n'est pas loin ! Si les rats quittent une maison sans y avoir été invités c'est que la maison ne va pas tarder à s'effondrer. Apercevoir un rat est un funeste présage. Je n'oublies sûrement pas le symbole de l'avarice. « C'est un rat ».
En 1947 Albert Camus écrit La peste, avec en toile de fond l'épidémie de peste qui a eu lieu à Oran. Il s'en sert comme symbole du combat contre le nazisme et l'occupation allemande. La terreur, la tyrannie doivent être combattues. Les rats ne vaincront pas.
Jean de la Fontaine va servir de contrepoids en écrivant le lion et le rat, puisqu'il précise que les plus forts ont toujours besoin d'un plus petit que soi soulignant au passage que l'habit ne fait pas le moine. le rat des villes et le rat des champs met en évidence l'intelligence et la réactivité des rats deux traits de caractère plutôt positifs.
Les rats sont présents dans la littérature pour la jeunesse. Ils sont parés des plus beaux attraits et loin de repousser les enfants ils précèdent habilement leur sommeil et leurs rêves. Chickens run, deux escrocs comiques et prêts à sacrifier leurs biens pour sauver une vie et Ratatouille un rat débrouillard et amateur de bons petits plats nous font sourire.
On en aura jamais fini avec l'ambivalence du rat. Alors de là à imaginer que le choix de Sam Savage ne soit pas le fruit du hasard, lui qui effleure au fil des pages une palette de sentiments, de ressentis allant de la pure satisfaction au désespoir le plus sombre. Firmin s'immisce partout. Lui le lettré, le penseur, le mélomane lutte pour sauver sa peau. Ce rat est sans doute lourd des nombreux écrits du passé de ses ancêtres! lourd des étiquettes qui lui collent à la peau! Mais il est fort et derrière son image impure l'esprit s'agite.
L'auteur nous fait rencontrer un rat civilisé. Une nouvelle page de l'histoire du rat. Il s'appelle Firmin. Il vous attend.

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si-bemol
  26 janvier 2020
Sous-titré “Autobiographie d'un grignoteur de livres”, voilà un tout petit roman d'à peine 200 pages qui a tout pour séduire les amoureux et dévoreurs de livres de Babelio !
Dévoreur et grignoteur de livres, Firmin, lui, l'est au sens propre : d'abord parce que Firmin est un rongeur ; ensuite parce que c'est dans le sous-sol garni de milliers de livres d'une vieille librairie que sa mère a mis bas - après s'être fabriqué un nid avec les pages du monumental “Finnegans Wake” de Joyce qu'elle a réduites en confettis ; enfin - et surtout - parce qu'il n'y a dès le départ pas de place en ce monde pour Firmin le chétif, “Celui Qui Reste en Plan” : douze mamelles pour treize ratons, une mère alcoolique qui ne se rend compte ni ne se soucie de rien, une lutte à mort pour la survie dont il sort toujours vaincu…
Alors, pour calmer sa faim, parce que “le simple fait de mastiquer, d'avaler quelque chose, sans nourrir forcément le corps, nourrit les rêves”, Firmin le malingre, le disgracieux, grignote à qui mieux mieux les pages et les mots - histoire, romans, mémoires, philo, religion... tout y passe dans un mélange indistinct et brouillon, jusqu'à l'indigestion, jusqu'à l'addiction, jusqu'à la passion à tous points de vue dévorante qui, désormais, gouvernera sa vie. D'autant que cette ingestion compulsive et déraisonnable lui ouvre spontanément les portes de la lecture et de la compréhension de tout ce qu'il ingère… Mais lui a-t-elle, pour autant, ouvert les portes du bonheur ?
Sam Savage, décédé il y a tout juste un an (le 17 janvier 2019) et rendu célèbre précisément avec ce livre qui fut son premier roman, nous offre avec "Firmin", en même temps qu'un très bel hommage rendu à la littérature, un petit bijou d'érudition, d'intelligence, d'émotion et, en apparence, de drôlerie. Mais en apparence seulement, car cette parabole animalière, écrite sur un mode enjoué et un ton plein d'humour, raconte aussi et peut-être surtout la solitude de l'enfance mal aimée, la souffrance qu'engendrent la différence et l'exclusion, l'impossible communication entre les êtres et cette forme de désenchantement intérieur qui ne peut trouver rempart que dans la littérature et l'édification patiente d'univers imaginaires et secrets.
“Toute ma vie j'ai été convaincu que tout le monde avait droit au bonheur sauf moi”, écrit Firmin dans les toutes premières pages de cette “Autobiographie d'un grignoteur de livres”… et c'est avec beaucoup de tendresse et de chagrin que j'ai pris congé de ce petit rat mi-animal, mi-humain, si mal enraciné au monde - et de ce roman subtil, sensible et fort bien écrit, qui m'a serré le coeur.
Un très beau livre, et une très belle lecture. ❤
[Challenge Multi-Défis 2020]
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araucaria
  17 septembre 2013
Un livre très agréable, très frais, amusant. Il s'agit de l'histoire de Firmin, rat né dans le sous-sol d'une librairie de Boston. Cette autobiographie d'un grignoteur de livres, nous fait connaître un rongeur très érudit, aimant aussi le cinéma, le chant, la danse et la musique. "Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco
Lien : http://araucaria20six.fr/
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diablotin0
  28 juin 2018
Cela faisait un moment que j'avais envie de faire la connaissance de Firmin, le petit rat grignoteur de livres, c'est chose faite !
Notre petit Firmin va devenir un vrai rat de librairie, un passionné de lectures, il ne se contentera donc plus de grignoter les livres mais de les déguster et les savourer intellectuellement !
Il va passer du rialto , cinéma où il va pouvoir admirer « ses mignonnes » à la librairie où il va se délecter des belles lettres. Oui, mais sa vie n'est pas si belle qu'on pourrait le croire, Firmin est seul et ne peut pas partager ce qu'il lit , la parole lui manque. La destruction de son quartier devant être réhabilité renforce sa mélancolie et son désarroi .
Sa rencontre avec Jerry, un écrivain marginal lui permettra de découvrir le jazz, le monde autrement et de rompre avec sa solitude « J'avais déjà fait le tour de la chambre installé sur son épaule et j'avais adoré. J'aimais faire semblant d'être Lauwrence d'Arabie juché sur son chameau. ». Mais, ne vous y trompez pas, Firmin, n'est pas ce petit rat craquant comme l'était ratatouille ! non, il n'est pas aussi sympathique, il a souvent un regard méprisant sur ses congénères et sur l'homme, il est un brin pervers, il est beaucoup dans la plainte et tout compte fait pas très attachant.
Ce roman porte un regard sur la solitude, l'exclusion , la différence, à travers un rat certes, mais le parallèle avec l'humain est aisé.
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brigittelascombe
  16 octobre 2012
"Certains écrivains n'égalent jamais leur première ligne.Moi,je n'ai jamais pu égaler ma première phrase". Cette remarque pétillante d'humour de Firmin, rat de bibliothèque au sens propre et au sens figuré nimbe déjà Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres, d'une aura de bonne humeur.
Sam Savage, auteur et philosophe américain, dont ce premier roman est devenu un best seller, retrace ici le destin hors normes de Firmin (treizième raton malchanceux d'une nichée dont la mère obèse et alcoolique ne possède que douze mamelles, qui s'accommode de son sort en se disant qu'en arrivant après la bataille des "picoleurs", il a droit, lui, à du lait plus sain) qui parfait son éducation en explorant la librairie (de livres d'occasion) de Scollay Square où loge sa famille, qui dévore tout ce qui lui passe sous la dent et qui, après avoir été boulimique devient érudit.
L'intérêt de ce roman, grâce au personnage de Firmin, ce grand lecteur à la "grosse tête et au corps rachitique" est de démontrer ce qu'est un vrai lecteur qui s'identifie aux personnages jusqu'à vivre leurs passions, qui voyage à travers livres,apprend la vie...jusqu'à parfois ne plus vivre sa propre vie et croire qu'il converse vraiment avec des personnalités.
Sam Savage situe son roman dans un contexte de crise historique (des années 60) où ce quartier de Boston sera rasé et parallèlement à la vie insouciante de Firmin, il est intéressant de comprendre la dépression du libraire pour cause de faillite et la mélancolie de l'écrivain qui le recueille pour cause de manque probant de reconnaissance.
Les humains sont-ils des êtres sympathiques? interroge l'auteur, alors qu'ils se croient "infestés" par des rats et s'infestent eux-mêmes.
Un style naïf, pour un portrait de rat obstiné témoin d'une époque hostile, pour un récit mélancolique aux nombreuses références littéraires entre le fantasme et la réalité, entre les joies et les angoisses d'un vrai grand lecteur qu'on quitte à regret lorsque la dernière page de son extravagante vie est tournée.
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   28 mai 2012
Parfois les livres étaient rangés sous le panneau correspondant à leur genre, mais il n'était pas rare qu'ils atterrissent un peu n'importe où. Au fur et à mesure que j'apprenais à connaître les humains, je me suis aperçu que les gens aimaient "Pembroke Books" justement à cause de ce capharnaüm. Ils ne venaient pas que pour faire de la gratte sur quelques livres. Ils venaient là pour se perdre dans les allées. Ils appelaient ça fouiner, mais leurs regards s'apparentaient davantage à de l'excavation ou à de l'exploitation minière. J'étais toujours étonné qu'ils n'entrent pas équipés de pelles. Ils creusaient à mains nues, parfois jusqu'aux aisselles, dans l'espoir de déterrer un trésor, et lorsqu'ils extrayaient une pépite littéraire d'une montagne de déchets, ils étaient encore plus ravis que s'ils l'avaient trouvée et achetée directement après avoir franchi la porte. De ce point de vue, faire ses emplettes chez "Pembroke" ressemblait à la lecture : impossible de deviner ce que vous réserve la page suivante - l'étagère, le carton ou la pile d'à côté -, tout le plaisir tient dans la surprise.
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araucariaaraucaria   16 septembre 2013
C'est à partir de ce moment-là que l'exode a vraiment débuté. Toutes les nuits, je croisais de longues files de rats qui évacuaient les lieux, parfois par familles entières. Le Globe avait titré : LA DEMOLITION MET AU JOUR UNE INVASION DE RATS. L'article qualifiait le quartier de "sordide et infesté de rats".
Le mot "infesté" m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent. Si vous infestez, c'est que vous cherchez les ennuis. Un jour dans un bar, un homme m'a demandé ce que je faisais dans la vie et j'ai répondu : "J'infeste." J'aimais bien l'ironie de ma réplique, mais l'homme ne l'a pas du tout saisie. Il a cru entendre : "J'investis" et m'a demandé des conseils pour ses placements. Je lui ai suggéré de miser sur l'immobilier. Tête de noeud, va.
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araucariaaraucaria   13 septembre 2013
Ce lieu accueillant qui sentait le renfermé et où Flo avait trouvé un abri était un mausolée de livres, un musée de trésors oubliés, un cimetière d'ouvrages jamais ouverts et illisibles. D'autres tomes reliés de cuir, craquelés et attaqués par la moisissure, côtoyaient des livres bon marché quasi neufs dont les pages jaunissantes et les bords cassants avaient viré au marron. Les westerns de Zane Gray se comptaient par sacoches entières, les livres de sermons lugubres par tombeaux, il y avait aussi de vieilles encyclopédies, des Mémoires de la Grande Guerre, des libelles contre le New Deal, des manuels à l'usage de la femme moderne. Mais, bien sûr, Flo ignorait que ces objets étaient des livres.
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ZiziMuleATresseZiziMuleATresse   25 novembre 2010
J’ai toujours imaginé que si, d’aventure, j’écrivais un jour l’histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante : quelque chose de lyrique à la Nobokov, «Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins» ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, «Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuse chacune à leur façon». Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d’amorce, on n’a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford : «Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ait été donnée d’entendre.» J’ai beau l’avoir lu des dizaines de fois, j’en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c’était un grand.
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GribouilleChatGribouilleChat   29 août 2009
"Est-il possible que moi, malgré mon invraisemblable apparence, j'aie une Destinée? me demandais-je. Et par Destinée, j'entendais le genre d'existence que mènent les personnages d'une histoire et qui, si chahutés, bousculés par les événements d'une vie soient-ils, sont finalement chahutés et bousculés avec une certaine cohérence. Dans les histoires, la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans Des souris et des hommes, parce qu'elles s'inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d'être des Vies Stupides et Insignifiantes, la consolation d'être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n'avons même pas cela." (p.54)
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