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Pierre Furlan (Traducteur)
EAN : 9782351788509
Gallmeister (02/02/2023)
3.54/5   55 notes
Résumé :
Élevé dans une grande famille d'éleveurs de l'Ouest américain, Thomas Burton est écrivain. Un beau matin, quelques mots très simples vont bouleverser sa vie. Le contenu d'une lettre écrite par une inconnue qui prétend être sa sœur. Thomas s'efforce alors de retracer l'existence de ceux qu'il croyait connaître. Sa mère à la beauté altière, son père, un excentrique qui s'est contenté de lui donner son nom, et sa grand-mère maternelle, la reine de l'Idaho, qui toute sa... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

Ma deuxième lecture de Thomas Savage après le pouvoir du chien (je suis contente d'avoir fait dans cet ordre, il y a des pages qui font écho) est moins enthousiasmée mais cela tient à la forme de la narration qui passe d'une histoire à une autre de manière un peu brutale. Car ce roman raconte en fait trois histoires, liées certes : celle de l'écrivain qui raconte sa vie, sa famille, son enfance ; celle du titre, au temps des pionniers, la reine du mouton, matriarche ; celle d'un bébé adopté dans une famille aimante mais qui est celle qui l'a abandonnée ? Trois histoires qui font la peinture d'un monde américain du début des États, dans les terres à l'ouest des Rocheuses, où l'appartenance familiale compte énormément. Une peinture agréable à lire qui fait voyager dans le temps et l'espace.

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Après mon enthousiasme pour "le pouvoir du chien" de Thomas Savage, je me suis engouffrée dans son deuxième roman où il continue de creuser son sillon sur l'histoire d'une grande famille américaine de l'Ouest. Il raconte cette fois encore plus intimement car Tom Burton, c'est lui, le véritable héros du livre dont il fait un écrivain.

La grand -mère, riche éleveuse de moutons qui paye plus d'impôts que la société de Chemins de Fer règne sur son monde. On découvrira au fil du roman les secrets de famille qui vont se dévoiler par l'arrivée d'une curieuse lettre qui parle d'une naissance cachée.

J'ai retrouvé bien des éléments communs au roman précédent, en particulier les deux frères dont l'un jaloux pervers qui n'accepte pas le mariage du cadet et s'emploie à détruire la nouvelle épouse obligée de subir son emprise et se perdant dans la boisson.

Très belle saga familiale sur ces pionniers de l'Ouest américain.

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Tom Burton, un écrivain d'âge mûr, reçoit une lettre d'une inconnue qui prétend être sa soeur (même mère, même père). C'est alors pour Tom l'occasion de se pencher sur l'histoire de sa famille. Cela fait longtemps qu'il n'habite plus l'Idaho mais au bord de l'océan, on comprend à demi-mot qu'il a « fui » l'Idaho. Il va nous relater l'histoire de sa grand mère, la reine de l'Idaho (le titre anglais est « Sheep Queen », et pourrait donc être (mieux?) traduit par « Reine des moutons ». Dans l'Idaho des années 1910 et 1920, nous assistons à l'avènement de cette reine, à la fois aimante mais despotique.

Tout d'abord, Tom nous explique pourquoi le fait qu'Amy soit sa soeur est strictement impossible. Une deuxième partie vue du côté d'Amy nous raconte son histoire d'enfant abandonnée, elle a été adoptée par un couple aimant mais en « remplacement » d'un petit garçon mort dans un accident.

Au fil du temps, Tom se remémore son enfance auprès de sa mère, (alcoolique et minée par un secret), son père (un homme très beau mais qui rate tout ce qu'il entreprend), son beau père, ses tantes. Une saga familiale qui exprime une nostalgie des grands espaces et de chaleureuses tablées familiales. Peu à peu, Il devine et explique dans une lettre magnifique à Amy le drame qui s'est écoulé cinquante années plus tôt…

J'ai énormément aimé le rythme de ce livre et le style de l'auteur qui rend les personnages principaux très proches et intimes. La grand mère (la reine du titre) est parfois un petit peu caricaturale, mais le portrait de Beth, la mère de Tom est émouvant, tout en finesse. (la quatrième précise que ce roman est fortement autobiographique ce qui explique peut être pourquoi j'ai trouvé qu'il sonne si juste)

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The Sheep Queen

Traduction : Pierre Furlan

De Thomas Savage, "Le Pouvoir du Chien", découvert assez tardivement dans notre pays, ne cessait d'attirer mon attention sur les présentoirs des librairies. Mais les commentaires dithyrambiques qui accompagnent sa quatrième de couverture me maintenaient à distance : je me méfiais. Néanmoins, cet auteur m'intéressait, une sorte de feeling passait de lui à moi sans que je susse très bien pourquoi et comment cela se faisait puisque je n'avais jamais rien lu de lui.

Finalement, je coupai la poire en deux et choisis un roman moins connu dont le sujet me plaisait : "La Reine de l'Idaho." Et tout de suite, au-delà la traduction, j'ai été envoûtée : l'un de ces styles si simples en apparence qu'on oublie volontiers la charge de travail qu'il a fallu pour en arriver là, un récit fluide et attentif aux émotions de chaque personnage, un rythme faussement paresseux, des héros atypiques et pourtant authentiques, une quête affective pleine de pudeur et de tendresse.

Pionnier du mouvement dit "des écrivains du Montana", Thomas Savage raconte les vastes paysages de l'Ouest américain que l'industrialisation du pays est en train de transformer, lentement mais sûrement. Pour les Burton, la famille d'éleveurs à laquelle appartient le narrateur (Thomas, Tom, comme le narrateur ), la vie s'écoule d'abord paisiblement car il faut tout créer dans ce monde encore inviolé. Puis, avec la seconde génération et l'entrée dans la famille d'Emma, la future "Reine des Moutons", tout s'accélère. Un tout petit peu d'abord, puis un peu plus, et enfin de plus en plus.

Toute famille a ses squelettes et ses drames : celui du clan Burton, c'est la mort de Tom-Dick, le fils d'Emma. Un décès qui va influer de façon catastrophique sur le destin de sa fille, Beth, faisant celle-ci se noyer peu à peu dans l'alcool jusqu'à ce que son propre fils, Tom, découvre un jour la raison de cette dépression.

On notera que ce roman a été également publié sous le titre : "I heard my sister speak my mind", titre beaucoup plus explicite que "The Sheep Queen" (et bien plus que "La Reine de l'Idaho") puisqu'il se réfère à la quête d'Amy, la soeur inconnue de Tom, qui ouvre la première partie du roman.

Prochain objectif : "Le Pouvoir du Chien." ;o)

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Roman échoué par hasard dans ma bibliothèque, et qui se révéla une excellente surprise.

Histoire à tiroirs, portrait de famille (modèle ?) et récit intimiste, ce bon roman est un peu tout cela à la fois. Il débute par une révélation. Un homme, Thomas Burton, reçoit une lettre lui apprenant qu'il a une soeur. A travers le récit de cette femme qui lui a écrit, il remonte dans le passé de sa famille.

Le lecteur découvre ainsi l'histoire de cette famille sur plusieurs générations. Les femmes ont la part belle : Emma Sweringen, surnommée la Reine du mouton, dirige le clan familial et assure la prospérité du domaine, la belle Elizabeth sa fille, et enfin Amy, fil conducteur de ce récit, celle par qui cette saga nous est dévoilée.

On ne peut être que fasciné par Emma qui, par la seule force de sa volonté, se bâtit une vie à sa mesure et veille sur sa famille. Même émaillée de quelques drames, l'existence de cette femme forte au physique très ordinaire est riche et heureuse. Paradoxalement, Elizabeth, dont la beauté aurait dû lui assurer un bonheur sans mélange, va connaître l'amertume et la résignation, puis le remords.

Amy, dans sa quête douloureuse et obstinée, se montre peut-être plus proche de l'extraordinaire Madame Sweringen.

Ici, les hommes ne sont que de pâles compagnons, instruments de ces femmes hors du commun. Une fois n'est pas coutume !

Pour ma part, j'ai été happée dès les premières lignes par l'écriture de Thomas Savage. le roman m'a rappelé à la fois l'univers de Dalva de Jim Harrison et celui de Montana 1948 de Larry Watson, même s'il n'égale pas ces derniers. Thomas (qui n'est autre que l'écrvain, qui déguise à peine l'histoire de sa propre famille) va en effet découvrir un lourd secret qui risque bien de changer sa propre vie.

Je découvre donc avec retard, cet écrivain de l'Ouest, né au Montana (c'est une référence sérieuse à mes yeux ) et je compte bien me précipiter sur deux autres livres : Rue du Pacifique et le pouvoir du chien.


Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation

... Ce jour-là, l'océan était d'un calme inhabituel ; de petites ondulations couraient sur sa surface et reflétaient le soleil. C'est ce genre de soleil, sur des eaux semblables, qui a poussé Eschyle à écrire "le sourire d'océan aux mille miroitements." Il savait de quoi il parlait. Cette journée aurait pu être joyeuse.

Et puis, soudain, un goéland est passé en volant près de nous - si près que j'ai senti l'air qu'il déplaçait et que j'ai vu le regard de ses petits yeux perçants.

Deux sortes de goélands patrouillent sur notre plage et dans le ciel au-dessus. Le plus commun est le goéland argenté : il est protégé par la loi parce qu'il est charognard, et on l'aime pour son vol plein de grâce qui évoque la liberté. On peint son image sur du bois flotté et on la sculpte dans du bois de pin, puis on la vend tout au long de la Route Un en souvenir d'un nouvel été passé dans le Maine avec ses rochers et ses marées éternelles.

Les goélands marins sont moins communs. Ils sont plus gros et ne frayent pas avec les goélands argentés. Ils aiment s'isoler sur des corniches ou des îlots ; ils évitent les humains. Et ils ont bien raison, parce qu'on les déteste. Ils cherchent les oeufs ou les petits des autres oiseaux, et ils les dévorent.

Le goéland dont j'ai senti le passage et dont j'ai vu le regard était un goéland marin.

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Il n'y a peut-être pas d'autre fête--pas même Noël, dont les policiers affirment que c'est la jour où ils sont le plus sollicités pour intervenir dans des disputes familiales se soldant parfois par des coups de feu-- qui nourrisse aussi fortement les sentiments de culpabilité, de solitude et de deuil. Alors qu'autrefois les gens mettaient tout simplement un oeillet rouge si leur mère était en vie et en bonne forme, ou un oeillet blanc si elle avait disparu, la Mère est à présent devenue une figure si terrifiante qu'il faut l'apaiser par des cadeaux concrets. Il arrive que les cartes, les friandises et les fleurs ne suffisent pas. Il arrive qu'on pousse une mère à devenir exigeante du seul fait qu'elle est une mère, et elle a beau dire avec insistance qu'elle ne veut rien de ses enfants sinon leur amour, ses protestations n'ôtent pas à ceux-ci la conviction que les sentiments qu'elle éprouve vont tourner à l'aigre s'ils ne lui versent pas leur tribut en temps et heure.

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Certains disaient que l’étranger était entré dans Jeff Davis Gulch sur un alezan. D’autres parlaient d’un cheval bai. Cette monture qui levait les pieds si haut aurait pu être l’un ou l’autre : un cheval bai peut passer pour un alezan dans les premiers éclats de lumière, car le soleil est déjà haut quand il apparaît au dessus des montagnes Rocheuses. Mais lorsque le soleil glisse de l’autre côté, un alezan peut passer pour un bai. La lumière s’évanouit vite. Quelle importance, la couleur de ce cheval? Elle en a, parce qu’il se peut qu’un jour quelqu’un, en cherchant dans le passé, veuille commencer une histoire par la couleur du cheval sur lequel est arrivé l’homme apportant des nouvelles qui ont changé une vie.

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Les rôtis ont une qualité fondamentale, ai-je dit. Quelque chose d’élémentaire et de cruel. Les rôtis nous rappellent qu’aucune vache ne s’en tire indemne. 

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L'espoir est un remède plus puissant que l'alcool, mais il laisse une sacrée gueule de bois.

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