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Pierre Furlan (Traducteur)Annie Proulx (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2264037210
Éditeur : 10-18 (27/01/2004)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Ne vous fiez pas à la couverture de ce livre. Vous croyiez avoir affaire à un western littéraire comme il en existe tant, viriles échauffourées de vachers sous le soleil du Montana? Que nenni. Paru en 1967, ce cinquième roman de Thomas Savage passa largement inaperçu – moins à cause de son style, maîtrisé au possible, que de sa remise en cause d'une alors intouchable icône du Far West: l'invulnérabilité du cow-boy misogyne. Nous sommes en 1924, non loin du vil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
latina
  19 mai 2015
Il est des livres qui habitent, qui taraudent, qui obsèdent, qui envahissent. Mon univers, à partir du moment où j'ai découvert « le pouvoir du chien », en a été transformé, il s'est ouvert à l'immense ciel bleu, aux Rocheuses, aux collines couvertes d'armoise. le Montana s'est offert à mon imagination, et Thomas Savage y a déposé une histoire de bienveillance et de sauvagerie.
Oui, j'ai adoré ce roman qui me poursuit encore, et qui parle de 2 cow-boys, l'un au coeur dur et l'autre au coeur tendre, d'une petite bonne femme subissant des coups du sort, d'un homme bon et de son fils étrange.
D'un côté, nous vivons dans un vaste ranch entouré d'une nature grandiose ; de l'autre, nous suivons la petite vie d'un médecin d'une petite ville voisine, marié à la petite Rose.
Phil, le cow-boy qui, par orgueil, ne met jamais de gants, mène de main de maitre son exploitation, aidé par son frère George, le pataud taciturne. Phil est hermétique à tout apitoiement, intelligent, rusé et cassant. Et George fait ce qu'il peut, armé d'un tel frère. Les parents de ces 2 hommes, d'ailleurs, « le Vieil Homme et la Vieille Femme », ont plié bagage depuis longtemps dans un hôtel très loin de là. Et puis George le bon s'éprend de Rose, restée seule avec son fils après le décès de son mari, décès lié de près à l'attitude de Phil le rude... L'arrivée de Rose au ranch ne serait-elle pas l'entrée du mouton dans la tanière du loup ? « Il n'est qu'un homme, répétait-elle, rien qu'un homme avec des problèmes secrets. Or, au bord du précipice, debout sur sa corde raide, elle savait qu'il était bien plus qu'un être humain, ou bien moins; aucun discours humain ne le toucherait. »
Une lutte sourde, secrète, s'enclenche. A coups de petits indices, nous entrons de plain-pied dans le monde obscur de la psychologie de Phil, et nous suivons avec délectation et une horreur grandissante ce combat sauvage, à la fois dans l'être intime de Rose et à l'extérieur, où les êtres humains et la Nature s'affrontent et se complètent.
Une psychologie fouillée et discrète à la fois, un sens lumineux des rapports humains qui va à l'essentiel, une description vraie de la nature exaltante, tout ceci m'amène à dire que « le pouvoir du chien » m'a enflammée. Je peux assurer que jamais je ne l'oublierai et je vais m'empresser de lire d'autres romans de cet auteur américain génial !
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Bazart
  15 août 2016
Deux frères, la quarantaine célibataire, sont propriétaire d'une des plus grosses exploitations agricoles du Montana. Leurs parents richissimes descendant de Bostonien leur ont laissé les rênes et coulent des jours paisibles à Salt Lake City. Phil, l'ainé est beau, brillant et intelligent il est la suffisance et la méchanceté personnifié, George de deux ans son cadet est lourd, timide et emprunté mais il est la bonté même.
Le bon et le méchant patron c'est idéal pour faire tourner une ferme et la ferme des Burbank est respectée dans toute la région. Alors lorsque ce lourdaud de George se marie avec une veuve flanquée d'un ado efféminé, Phil en est sûr c'est à leur argent que ces deux-là en veulent. Il va tout mettre en oeuvre pour les faire déguerpir et ouvrir les yeux à ce « gras double » de George.
Des plaines, des montagnes, une nature qui donne et qui prend, une ferme, des centaines de têtes de bétail, des cow-boys, des hommes rudes et taiseux, nous sommes dans l'Ouest, le vrai. Un huis-clos à ciel ouvert où le Chinook fait onduler l'herbe grasse du Montana, le décor est installé la tragédie peut commencer.
Deux frères, une femme, le bien, le mal, la peur de l'autre, et la sexualité refoulée, disons-le tout net « le pouvoir du chien » est un roman parfait. Aucune longueur, chaque description, chaque évènement font évoluer le récit, c'est net précis est formidablement agréable à lire.
Bien sûr John Steinbeck et Tennessee Williams sont tout près, mais Thomas Savage a une écriture qui lui est propre, pas de gras, pas de fioriture, des personnages bien construits et une intrigue concise, impossible d'en dire plus de peur de gâcher le plaisir du futur lecteur. Encore une belle découverte que nous devons à la collection « Vintage » de chez Belfond. « le pouvoir du chien » est paru aussi chez 10-18, donc à offrir à tous les apprentis romancier.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Crossroads
  05 juin 2011
Imaginez deux cow-boys , face à face dans une rue déserte ,un soleil rouge déclinant pour seul témoin . Ils ont la main sur le flingue , les yeux masqués par leur chapeau poussiereux , le cigarillo aux levres , prets à en découdre sur une musique d'Ennio Morricone...Voilà exactement ce que vous ne trouverez pas dans ce livre...Pas de pistolero solitaire ressemblant vaguement à Clint Eastwood , pas de méchants indiens ivres de sang , pas de bandits mexicains ne vivant et tuant que pour quelques grammes d'or... le seul point commun entre ces deux univers : le far-west et basta .
L'univers qui se rapprocherait le plus de ce roman serait peut-etre celui de Brokeback Mountain .
George et Phil Burbank sont freres . Deux ans les séparent temporellement , tout les sépare intellectuellement et physiquement .
Alors que Phil est svelte , vif d'esprit et sur de lui , George est enrobé , laborieux et réservé . Lorsqu'ils reprennent le ranch familial au départ de leurs parents ( le vieux monsieur et la vieille dame comme ils les appellent ) , chacun semble avoir un role bien défini auquel il s'astreint journalierement . Phil etant devolu à assurer le bon fonctionnement du ranch alors que George , lui , supervise le tout . Phil fait l'admiration de tous , George etant plutot transparent . Les jours se suivent et se ressemblent jusqu'au jour ou George annonce à son frere sa volonté d'épouser Rose , veuve de Johnny retrouvé pendu , ne souffrant plus les sarcasmes journaliers de ces autochtones rugueux dont Phil en était le parfait archétype , et mere de Peter , jeune enfant prometteur ne revant que de marcher dans les trace de son defunt docteur de pere .
C'est des lors le début d'un veritable affrontement entre Phil et Rose fait de non-dits , de petites phrases assassines , d'attitudes hostiles sans etre véritablement frontales...Ambiance , ambiance sous les yeux d'un George partagé entre son amour fraternel et celui de sa nouvelle épouse . La goutte d'eau pour Phil etant la venue de Peter aux vacances prochaines , enfant qu'il se fait un malin plaisir à faire passer pour éfféminé ( madame chochotte ) aux yeux des vachers qui le considerent , lui , comme le modele ultime . le gars viril , legerement misogyne , se suffisant à lui-meme , instruit , que rien ne semble pouvoir destabiliser . S'ils connaissaient le lourd secret qu'il traine , expliquant ainsi son attitude toujours hostile à l'égard des personnes percues comme differentes de par leur présumée faiblesse ou leurs manieres et lui rappelant sans cesse qu'il n'est qu'un imposteur jouant un role : Phil n'est pas le modele affiché . Il est systématiquement dans l'apparence et le change donnant de lui l'image du cow-boy bien dans sa peau à mille lieues de l'homosexuel refoulé qu'il tente de cacher par tous les moyens .
Le point d'orgue de ce livre étant le sort réservé par Phil à Peter . En effet , quoi de plus efficace pour toucher une mere , qu'il a déja rendu dépendante à l'alcool , que d'humilier sa progéniture , la chair de sa chair , la prunelle de ses yeux . C'est pourquoi Phil finira par se rapprocher insidieusement de Peter afin de lui reserver un sort des plus funestes mais ce gamin , à la passion immodérée pour les plantes , n'est peut-etre pas l'agneau qu'il veut bien faire paraitre..
Le Pouvoir du Chien , sorte de western social , est de ces livres qui meritent une deuxieme lecture afin d'en apprehender tous les niveaux . L'auteur aura réussi à instaurer un huis clos pasionnant tout en nous dépeignant avec talent l'immensité de ces plaines de l'Ouest et rien que pour ça , ce livre mérite d'etre lu .
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blandine5674
  12 janvier 2017
Roman obsédant qui restera gravé dans ma mémoire. le cheminement se fait peu à peu, la pression monte. Montana, deux frères cow-boys de 38 et 40 ans. Phil, l'aîné affiche un caractère d'ours mal léché, misogyne, à la propreté douteuse, dont le comportement a fait se suicider un médecin et en plus sa veuve épouse son frère ! Quant son fils ado, d'allure efféminée et passionné par les plantes, viendra au ranch, les moqueries fuseront de sa part et des employés qui donnent des scènes fortes. Jusqu'au jour où il décide de s'en faire un ami pour mieux détruire sa mère, cette femme qu'il ne supporte pas d'avoir dans les pattes. le gagnant de ce combat ne sera pas celui qu'on pense. le postface d'Annie Proulx est intéressant puisqu'il permet d'éclaircir nos doutes. Une belle analyse noire de l'être humain sur fond de paysages beaux et purs du Wyoming ! Magnifique ! Lu grâce à la critique de le_Bison
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Thyuig
  26 juillet 2014
Les années 20 dans le Montana, Phil et George Burbank, deux frères propriétaires du ranch le plus prospère de la région vivent à leur façon les dernières heures du western. Celles-ci, crépusculaires, n'ont plus grand chose de glorieux tant l'esprit de conquête est désormais enfui avec les derniers indiens, maintenant parqués en réserves.
Phil et George gèrent le ranch familial comme deux vieux garçons, se pliant quotidiennement aux mêmes rituels : le petit-déjeuner en compagnie des ranchers à 6h00 précise, le dîner, le souper, le marquage des bêtes, la dèscente à la ville, la castration des jeunes veaux, le vêlage et toutes sortes de réjouissances revenant telles une ritournelle chaque année à la façon d'un morceau sur u disque microsillon.
Mais George veut changer : il se déplace en voiture et surtout, il vient de se marier derrière le dos de son frère avec une jolie veuve du village voisin dont le défunt mari, médecin, s'est pendu dans sa chambre la laissant seule en compagnie d'un fils.
Contre toute attente George se marie et vit les moments les plus dingues de sa vie. Sa femme, Rose, rigole à ses blagues - il fait des blagues !!-, elle l'accompagne partout, se risque à composer des bouquets, joue du piano : il l'aime.
Tout irait pour le mieux s'il n'y avait la présence de Phil qu ne voit absolument pas d'un oeil approbateur la venue d'une "traînée" qui saborde son vieux monde.
Ici va s'enclencher le grand talent de Thomas Savage qui va, en quelques chapitres confiner les grands espaces de l'ouest sauvage dans la rigueur d'un huis-clos absolument étouffant où les quelques protagonistes vont se livrer une guerre psychologique effroyable et dont dès l'entame, nous savons qu'il y aura un perdant.
Sous le couvert de faux western, le Pouvoir du Chien s'invite à la table des grands romans de l'ouest sauvage et en explore la veine la plus noire en exploitant les quelques grammes de terreurs que contient l'âme humaine. Pour certains, le changement terrifie, pour d'autres, c'est tout simplement une sexualité différente ou une façon de vivre loin des canons qui provoque le ressentiment et la peur. Savage explore tout ça et donne à son livre une épaisseur peu commune : la photographie de l'Ouest vous plaisait, voici le film en téchnicolor.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   15 janvier 2019
Pour des frères, ils avaient une manière de chevaucher très différente, une manière de s’asseoir sur leurs selles très différente, l’un s’affaissant doucement, ses rênes lâches entre ses mains nues, l’autre raide sur sa selle, le dos droit, le ventre rentré, le regard rivé devant lui.
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missmolko1missmolko1   15 janvier 2019
Si le vent soufflait correctement et si vous aviez un bon odorat, vous pouviez sentir les parcs à bestiaux de Beech bien avant de les voir ; ils se situaient au bord de la rivière, presque à sec à cette période de l’année, rétrécie loin de ses berges et si tranquille qu’à sa surface se reflétaient la voûte du ciel vide, les pies qui battaient des ailes au-dessus en quête de charogne, de gauphres et de lapins morts de tularémie, ou d’un cadavre de veau boursouflé, victime de ce qu’ils appelaient dans la région la maladie du charbon. Oui, si le vent soufflait correctement et si vous aviez un bon odorat, vous perceviez l’odeur de l’eau, la puanteur de soufre et d’alcali dégagée par le ruisseau apathique qui se jetait dans la rivière devant les enclos et la polluait.
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latinalatina   16 mai 2015
- Je te dirai, Peter, de ne jamais te soucier de ce que racontent les gens. Les gens ne peuvent pas savoir ce qu’il y a dans le cœur des autres.
- Je ne me soucierai jamais de ce que racontent les gens.
- Peter, s’il te plait, ne le dis pas tout à fait comme ça. La plupart des gens qui ne s’en soucient pas, oui, la plupart d’entre eux deviennent durs, insensibles. Il faut que tu sois bienveillant, il faut que tu sois bienveillant. Je crois que l’homme que tu es capable de devenir pourrait faire beaucoup de mal aux autres, parce que tu es si fort. Est-ce que tu comprends ce qu’est la bienveillance, Peter ?
- Je n’en suis pas sûr, père.
- Eh bien, être bienveillant, c’est essayer d’ôter les obstacles sur le chemin de ceux qui t’aiment ou qui ont besoin de toi.
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le_Bisonle_Bison   06 février 2012
Phil n’avait pas de notions romantiques au sujet des Indiens. Il laissait ce genre de sentiment aux professeurs et aux rigolos de l’Est avec leurs appareils photos extravagants. Les enfants de la nature, mon œil. Des conneries. En réalité, les Indiens étaient des feignants et des voleurs. On avait bien essayé d’employer des Indiens dans les champs au moment des foins, mais, pour ce qui était des machines, ils étaient complètement abrutis, incapables de colmater un trou de taupe avec du sable. Et médiocres avec les chevaux. Quand on avait voulu installer ces Indiens avec les autres hommes, dans des tentes dressées dans les champs, les hommes s’étaient plaints des odeurs, et il avait fallu choisir : soit eux, soit les indiens.
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tamara29tamara29   11 novembre 2015
Au moment où les derniers indiens, regroupés comme du bétail, furent chassés de leurs terres et expédiés avec armes et bagages dans des réserves, le gouvernement ne faisait même plus semblant de croire aux traités. La terre était devenue trop chère pour qu'on la négocie, et il n'y avait plus de raison de craindre la violence des Indiens ; en revanche, il y avait toutes les raisons de craindre la colère des électeurs blancs.
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