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Pierre Furlan (Traducteur)Annie Proulx (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782264037213
363 pages
Éditeur : 10-18 (27/01/2004)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 229 notes)
Résumé :
En évoquant la lente dégradation des relations entre deux frères, que vient troubler l'arrivée d'une femme, Thomas Savage signe un huis clos d'une rare intensité psychologique, un western littéraire d'avant-garde qui scandalisa la critique lors de sa sortie en 1967 pour avoir porté atteinte au mythe du rude et viril cow-boy de l'Ouest.

Inexplicablement resté dans les limbes de l'édition pendant de longues décennies, redécouvert à la fin des années 19... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  26 avril 2019
Montana 1924, entre Grandes Plaines et Rocheuses. La toile de fond est conforme aux « clichés » : paysages démesurés, immenses ranchs, climat rude , isolement total, tout est parfaitement décrit avec une attention particulière pour le quotidien des hommes qui peuplent ces territoires à ce moment charnière de bascule où l'arrivée de la modernité déstabilise ces modes de vie à l'ancienne.
Mais cela s'arrête-là pour les stéréotypes, ils sont justes là pour poser un décor. Ce qui est très fort avec ce roman, c'est comment l'auteur parvient brillamment à déconstruire le mythe du Far West en misant sur une psychologie des personnages finement analysée.
Qu'est-ce qu'être un homme , ici ou ailleurs ?
Les Burbank sont les plus riches propriétaires fonciers – éleveurs de la région, deux frères que tout oppose, comme une relecture d'Abel et Cain, avec Phil, le dominant, brillant mais surtout autoritariste, sadique, raciste, un misanthrope haineux menant d'une main de fer son ranch et la vie de son frère. Tout bascule lorsque ce dernier, pourtant si falot, se marie quasi en douce avec une veuve, mère d'un adolescent dont la cérébralité et la délicatesse – jugées efféminées - détonne dans cet Ouest. Phil veut détruire ce mariage, cette femme et ce garçon si peu viril qui ne peut qu'être homosexuel.
Thomas Savage présente ce bras de fer de façon très subtile, sur un tempo lent, très lent où chaque micro-événement déploie une infinité de camaïeu de sentiments, des détails sensibles que le lecteur doit précieusement collecter pour s'immerger dans ce drame qui avance à pas de loup.
J'ai beaucoup pensé à Tennessee Williams pour la description de ses intérieurs intimes cassés, pour la sensibilité de l'analyse psychologique qui explose dans ce huis clos familial.
Les personnages sont tous formidablement campés, surtout les deux qui finissent par s'affronter : Peter, le jeune homme "différent" mais empli d'une force invisible aux yeux des autres, malgré les vexations et les humiliations ; Phil, bien évidemment, dont la dureté terrible vacille aux souvenirs d'un certain Bronco Henry, le cow-boy qui l'a initié à la vie du ranch, qu'il semble avoir beaucoup aimé … Pas un hasard que cela soit Annie Proulx, l'auteure du Secret de Brokeback Mountain, qui préface ce roman dans son édition actuelle.
La tension monte, chapitre après chapitre, sans fracas, jusqu'à la révélation de la signification du mystérieux titre « the power of dog », magnifique. Plus je repense à ce roman, plus je le trouve magistral dans sa mise en scène à la fois ouatée et percutante.
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marina53
  08 juillet 2019
Montana, 1924. Phil et George Burbank sont deux frères au caractère opposé. le premier est grand et anguleux, autoritaire, froid, intelligent. le second est trapu et lourd, timide, discret et un peu gauche. Bien que différents, ils s'accordent parfaitement quant à la gestion du ranch familial, le plus gros du sud-ouest du Montana, leurs parents étant partis s'installer à Salt Lake City. Quand Phil assure l'élevage du troupeau et dirige avec fermeté les cow-boys et les aides saisonnières, George, lui, s'occupe de la comptabilité et des tâches administratives. La petite quarantaine, célibataires endurcis, un lien très fort les unit. Aussi, lorsque George rencontre Rose, une jeune veuve tenancière d'un restaurant à Beech, et en tombe amoureux, l'équilibre de leur vie routinière va basculer...
Thomas Savage plante son décor, qu'il prend soin de dépeindre, dans un Montana sauvage, aux paysages démesurés et soumis à un rude climat. L'auteur décrit aussi parfaitement la vie quotidienne au ranch et les dures conditions de travail des éleveurs de bétail. Phil et George sont de ceux-là. Différents aussi bien physiquement qu'intellectuellement, ces deux frères sont pourtant indissociables. Mais, au fil des pages, l'on se rend compte de leur véritable nature, d'autant que cette dernière sera révélée dès lors que Rose et son fils, Peter, font soudainement irruption dans leur vie. Veuve d'un médecin qui s'est suicidé et enfant "différent", surnommé La chochotte par Phil, ces deux-là ne sont guère appréciés par l'aîné. L'auteur brosse des portraits magnifiques et vivants, parfois sombres, que ce soit les deux frères, les Indiens ou les prostituées, et installe un climat de tension, voire de malaise, palpable. Finement analysé et fouillé, diaboliquement et insidieusement amené, au final inattendu, ce roman, aux allures de western sauvage, se révèle tout aussi bouleversant que surprenant.
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latina
  19 mai 2015
Il est des livres qui habitent, qui taraudent, qui obsèdent, qui envahissent. Mon univers, à partir du moment où j'ai découvert « le pouvoir du chien », en a été transformé, il s'est ouvert à l'immense ciel bleu, aux Rocheuses, aux collines couvertes d'armoise. le Montana s'est offert à mon imagination, et Thomas Savage y a déposé une histoire de bienveillance et de sauvagerie.
Oui, j'ai adoré ce roman qui me poursuit encore, et qui parle de 2 cow-boys, l'un au coeur dur et l'autre au coeur tendre, d'une petite bonne femme subissant des coups du sort, d'un homme bon et de son fils étrange.
D'un côté, nous vivons dans un vaste ranch entouré d'une nature grandiose ; de l'autre, nous suivons la petite vie d'un médecin d'une petite ville voisine, marié à la petite Rose.
Phil, le cow-boy qui, par orgueil, ne met jamais de gants, mène de main de maitre son exploitation, aidé par son frère George, le pataud taciturne. Phil est hermétique à tout apitoiement, intelligent, rusé et cassant. Et George fait ce qu'il peut, armé d'un tel frère. Les parents de ces 2 hommes, d'ailleurs, « le Vieil Homme et la Vieille Femme », ont plié bagage depuis longtemps dans un hôtel très loin de là. Et puis George le bon s'éprend de Rose, restée seule avec son fils après le décès de son mari, décès lié de près à l'attitude de Phil le rude... L'arrivée de Rose au ranch ne serait-elle pas l'entrée du mouton dans la tanière du loup ? « Il n'est qu'un homme, répétait-elle, rien qu'un homme avec des problèmes secrets. Or, au bord du précipice, debout sur sa corde raide, elle savait qu'il était bien plus qu'un être humain, ou bien moins; aucun discours humain ne le toucherait. »
Une lutte sourde, secrète, s'enclenche. A coups de petits indices, nous entrons de plain-pied dans le monde obscur de la psychologie de Phil, et nous suivons avec délectation et une horreur grandissante ce combat sauvage, à la fois dans l'être intime de Rose et à l'extérieur, où les êtres humains et la Nature s'affrontent et se complètent.
Une psychologie fouillée et discrète à la fois, un sens lumineux des rapports humains qui va à l'essentiel, une description vraie de la nature exaltante, tout ceci m'amène à dire que « le pouvoir du chien » m'a enflammée. Je peux assurer que jamais je ne l'oublierai et je vais m'empresser de lire d'autres romans de cet auteur américain génial !
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gonewiththegreen
  20 juin 2020
Dans les années 20, au fin fond du Montana, les Burbank possède le plus gros ranch de la région. Sur fond de rocheuses, au milieu des vastes prairies où s'épanouissent leurs troupeaux, Georges et Phil sont deux frères que tout oppose.
Phil, c'est l'archétype du cow-boy. le dur, la peau tanné, du style à avoir toujours une place au comptoir même par grande affluence. Son frère lui semble soumis, presque insignifiant. Pourtant, c'est lui qui se mariera et ramènera Rose au ranch.
Je qualifierai ce livre de western psychologique, quand bien même cette expression aurait une légitimité.
il n'y a rien à dire, l'auteur nous ballade lentement et fait tomber les clichés les uns après les autres, pénétrant au plus profond des personnages, au milieu de quelques non dits sur fond de nature à couper le souffle.
Phil est il vraiment ce cowboy de légende, Georges ne vaut il pas mieux qu'un faire valoir ?
L'auteur patiemment va jouer avec le lecteur. Au delà de l'étude des deux frangins, la vision des femmes ou des juifs peut paraitre choquante tout comme l'accès à l'érudition dans un milieu où on ne le soupçonnerait pas.
Je regrette seulement d'avoir attendu une montée en puissance dans le récit qui ne viendra pas , et qui n'a sans doute pas lieu d 'être. le quasi huis clos entre les deux frangins , Rose et son fils Peter ne pouvait se dénouer qu'avec délicatesse alors que les scènes étiquetées western , comme l'arrivée du bétail en ville auraient pu laisser penser à redondance de clichés. Il n'en est rien, bien au contraire.
Un "western" tout en finesse, ou comme ailleurs, les apparences sont trompeuses.
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Bazart
  15 août 2016
Deux frères, la quarantaine célibataire, sont propriétaire d'une des plus grosses exploitations agricoles du Montana. Leurs parents richissimes descendant de Bostonien leur ont laissé les rênes et coulent des jours paisibles à Salt Lake City. Phil, l'ainé est beau, brillant et intelligent il est la suffisance et la méchanceté personnifié, George de deux ans son cadet est lourd, timide et emprunté mais il est la bonté même.
Le bon et le méchant patron c'est idéal pour faire tourner une ferme et la ferme des Burbank est respectée dans toute la région. Alors lorsque ce lourdaud de George se marie avec une veuve flanquée d'un ado efféminé, Phil en est sûr c'est à leur argent que ces deux-là en veulent. Il va tout mettre en oeuvre pour les faire déguerpir et ouvrir les yeux à ce « gras double » de George.
Des plaines, des montagnes, une nature qui donne et qui prend, une ferme, des centaines de têtes de bétail, des cow-boys, des hommes rudes et taiseux, nous sommes dans l'Ouest, le vrai. Un huis-clos à ciel ouvert où le Chinook fait onduler l'herbe grasse du Montana, le décor est installé la tragédie peut commencer.
Deux frères, une femme, le bien, le mal, la peur de l'autre, et la sexualité refoulée, disons-le tout net « le pouvoir du chien » est un roman parfait. Aucune longueur, chaque description, chaque évènement font évoluer le récit, c'est net précis est formidablement agréable à lire.
Bien sûr John Steinbeck et Tennessee Williams sont tout près, mais Thomas Savage a une écriture qui lui est propre, pas de gras, pas de fioriture, des personnages bien construits et une intrigue concise, impossible d'en dire plus de peur de gâcher le plaisir du futur lecteur. Encore une belle découverte que nous devons à la collection « Vintage » de chez Belfond. « le pouvoir du chien » est paru aussi chez 10-18, donc à offrir à tous les apprentis romancier.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   16 mai 2015
- Je te dirai, Peter, de ne jamais te soucier de ce que racontent les gens. Les gens ne peuvent pas savoir ce qu’il y a dans le cœur des autres.
- Je ne me soucierai jamais de ce que racontent les gens.
- Peter, s’il te plait, ne le dis pas tout à fait comme ça. La plupart des gens qui ne s’en soucient pas, oui, la plupart d’entre eux deviennent durs, insensibles. Il faut que tu sois bienveillant, il faut que tu sois bienveillant. Je crois que l’homme que tu es capable de devenir pourrait faire beaucoup de mal aux autres, parce que tu es si fort. Est-ce que tu comprends ce qu’est la bienveillance, Peter ?
- Je n’en suis pas sûr, père.
- Eh bien, être bienveillant, c’est essayer d’ôter les obstacles sur le chemin de ceux qui t’aiment ou qui ont besoin de toi.
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cardabellecardabelle   12 octobre 2019
Les soirs d'été [...]
la disparition du soleil était aussitôt suivie d'un calme stupéfiant ,
d'un calme surnaturel dans lequel se glissaient de petits bruits [...]

les feuilles de saule qui chuchotent ,
les branches qui se frôlent et se touchent ,
l'eau qui caresse et câline les pierres lisses du ruisseau ,
les voix humaines paresseuses , rapprochées par l'amitié [...]

Ce soleil disparu suscitait une fraîcheur soudaine dans laquelle la brume se levait et ,
lourde d'une odeur d'herbe coupée ,
flottait à la manière d'un spectre au-dessus du ruisseau .
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marina53marina53   09 juillet 2019
Si le vent soufflait correctement et si vous aviez un bon odorat, vous pouviez sentir les parcs à bestiaux de Beech bien avant de les voir ; ils se situaient au bord de la rivière, presque à sec à cette période de l’année, rétrécie loin de ses berges et si tranquille qu’à sa surface se reflétaient la voûte du ciel vide, les pies qui battaient des ailes au-dessus en quête de charogne, de gauphres et de lapins morts de tularémie, ou d’un cadavre de veau boursouflé, victime de ce qu’ils appelaient dans la région la maladie du charbon. Oui, si le vent soufflait correctement et si vous aviez un bon odorat, vous perceviez l’odeur de l’eau, la puanteur de soufre et d’alcali dégagée par le ruisseau apathique qui se jetait dans la rivière devant les enclos et la polluait.
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le_Bisonle_Bison   06 février 2012
Phil n’avait pas de notions romantiques au sujet des Indiens. Il laissait ce genre de sentiment aux professeurs et aux rigolos de l’Est avec leurs appareils photos extravagants. Les enfants de la nature, mon œil. Des conneries. En réalité, les Indiens étaient des feignants et des voleurs. On avait bien essayé d’employer des Indiens dans les champs au moment des foins, mais, pour ce qui était des machines, ils étaient complètement abrutis, incapables de colmater un trou de taupe avec du sable. Et médiocres avec les chevaux. Quand on avait voulu installer ces Indiens avec les autres hommes, dans des tentes dressées dans les champs, les hommes s’étaient plaints des odeurs, et il avait fallu choisir : soit eux, soit les indiens.
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santorinsantorin   04 février 2018
Il méprisait ce que jouait Rose, des morceaux qui n'étaient ni chair ni poisson - le genre de truc qu'elle avait sans doute pianoté dans son bastringue ou Dieu sait où ; et il savait fort bien pourquoi elle s'exerçait comme elle le faisait.
Ce vieux Georges avait vendu la mèche.
Le grandissime va venir dîner ici, avait dit George.
Eh bien, m'sieur, mais c'est qu'on monte dans le Gr-ra-and Monde remarqua Phil. On va sortir les rince-doigts? Et Phil avait ri. Voilà donc la manière dont George voulait introduire sa pianoteuse de femme dans le Gr-ra-and Monde ! Il se marrait en écoutant Rose s'escrimer sur son buffet tout neuf, faire bourde sur bourde, larguant ses notes comme des miettes de pain, et puis, quand elle avait fini, il jouait le morceau correctement.
Il fallut plusieurs jours à Rose avant de se rendre compte de ce qu'i faisait, et alors elle s'arrêta de jouer sauf s'il était dehors. Maintes et maintes fois, Phil entendit Rose s'interrompre lorsqu'il ouvrait la porte de derrière, et ça, c'était presque aussi bon que de la singer. Elle était facile à énerver. Comme elle avait les mains qui tremblaient, quand elle servait le café ! Phil ne supportait pas les gens qui se prennent eux-mêmes en pitié.
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