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Vincent Raynaud (Traducteur)
ISBN : 2070379868
Éditeur : Gallimard (17/09/2009)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 333 notes)
Résumé :
4° de couverture

"Ce ne sont pas les camorristes qui choisissent les affaires, mais les affaires qui choisissent les camorristes. La logique de l'entreprenariat criminel et la vision des parrains sont empreintes d'un ultralibéralisme radical. Les règles sont dictées et imposées par les affaires, par l'obligation de faire du profit et de vaincre la concurrence. Le reste ne compte pas. Le reste n'existe pas. Le pouvoir absolu de vie ou de mort, lancer u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
zwyns
  21 juillet 2015
Une étude sulfureuse sur la Maffia,qui gère aussi le problème des déchets ménagers ou industriels,Mais d'une façon qui va loin des sociétés de recyclage moderne.
On enterre tout par ci par là,sans contrôle des autorités sanitaires.De nombreuses sociétés agricoles sont touchées,mais qui aura le courage de s'opposer à la Camora?
Un grand défi lancé à la société....
Je souligne le courage de l'auteur qui risque sa vie à tout moment.
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Melpomene125
  11 août 2017
L'Italie et la Mafia… Serait-ce un cliché, un mythe, une délirante théorie du complot ourdie par les xénophobes qui pointaient du doigt jadis les « ritals », les immigrés italiens, pour les dénigrer ?
Roberto Saviano bat en brèche les idées reçues avec cette enquête minutieuse sur l'univers du crime organisé qui est aussi une analyse pertinente du monde contemporain, des excès de la mondialisation et du capitalisme sauvage où tout devient une marchandise, une source de profits, de business : des produits stupéfiants aux armes en passant par l'être humain.
Gomorra dénonce le fonctionnement du système mafieux en Campanie et à Naples. Les familles mafieuses se réunissent autour de leur chef, que nous appelons « le parrain » depuis le film de Francis Ford Coppola qui a médiatisé ce système très codifié. Elles se livrent parfois des guerres de territoire et de succession sanglantes. La Camorra domine la vie économique et commerciale de la Campanie comme Cosa Nostra domine celle de la Sicile et la ‘Ndrangheta celle de la Calabre. Son fonctionnement est similaire à celui d'une multinationale du crime et ses leaders ont intégré les codes de l'entreprise et de la mondialisation. Les chefs d'entreprise locaux, s'ils veulent du travail, sont obligés de devenir des salariés de la Camorra car, lorsqu'un appel d'offres est lancé pour obtenir un marché public, c'est elle qui envoie ses sous-traitants. Il s'agit d'une manière de réinvestir et blanchir l'argent, y compris à l'étranger, en construisant, par exemple, des immeubles en Espagne, sur la côte maritime.
La Camorra est profondément enracinée et bénéficie de la complicité de certains politiciens et de certaines industries, notamment pour le traitement illégal des déchets toxiques. Elle offre des prestations à très bas coût et enfouit les déchets toxiques du Nord dans la campagne du sud de l'Italie. Elle se positionne aussi, avec les Chinois, sur le marché du textile et de la contrefaçon des grandes marques. Elle a des ateliers clandestins où les Italiens du Sud travaillent au noir, ce qui permet de fabriquer des vêtements de luxe discount, de les revendre dans le monde et de faire ainsi de la publicité pour les grandes marques. Elle règne enfin en maître sur le B.T.P. et le trafic d'armes ; sur le B.T.P., grâce à ses ouvriers bon marché car sans protections sociales et travaillant sur des chantiers qui ne respectent aucune norme de sécurité ; sur le trafic d'armes car la mafia albanaise leur fournit un accès direct aux arsenaux militaires des pays de l'ancien bloc de l'Est. Les camorristes sont les principaux pourvoyeurs des guérilleros d'Afrique et d'Amérique latine.
Ce livre, à la fois édifiant et effrayant par rapport aux mécanismes cyniques qu'il décrit et qui profitent apparemment à beaucoup de monde, m'a fait découvrir les nouvelles formes du crime organisé, difficiles à démasquer pour les magistrats, les enquêteurs, tant elles se cachent derrière les pratiques habituelles du capitalisme : l'entreprenariat, l'argent qui coule à flot, le profit, le business, la réduction à tout prix des coûts salariaux, un accroissement toujours plus grand des marges de bénéfices etc.
Son auteur connut un succès d'édition qui médiatisa le phénomène. Avant lui, de nombreux journalistes d'investigation et magistrats tentèrent de s'attaquer à ce problème, au péril de leur vie, comme les juges assassinés Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. le reportage "Italie et Mafia, un pacte sanglant" de Cécile Allegra et Mario Amura leur rend hommage et va jusqu'à évoquer la thèse d'un pacte entre l'État italien (en particulier la démocratie chrétienne de Giulio Andreotti) et la mafia sicilienne. Il remonterait à la Seconde Guerre mondiale et au débarquement des Alliés en Sicile, rendu possible grâce à l'aide d'un gangster italo-américain en prison, Lucky Luciano. Il contrôlait les dockers new-yorkais et pouvait donc obtenir des renseignements sur les éventuels espions allemands. Il fut, en effet, curieusement libéré à la fin de la guerre et rentra en Sicile où il reprit ses activités criminelles. Les chefs mafieux de Cosa Nostra remplacèrent les fascistes de Mussolini à la tête des villages. L'écrivain sicilien Leonardo Sciascia, auteur du Jour de la chouette, évoque également le pouvoir de la mafia, longtemps nié : la célèbre omerta, et le « préfet de fer » Cesare Mori, nommé par Mussolini, bien qu'il ait critiqué les fascistes, pour éradiquer la mafia. Pour cette raison sans doute, le nom de Mussolini en Italie, pendant longtemps, ne fut pas aussi honni que celui d'Hitler, son allié nazi.
Pour sortir définitivement des clichés, la mafia ne concerne pas que l'Italie mais malheureusement bien d'autres pays, comme l'Albanie, la Colombie, le Mexique où le cartel de Juárez a rendu cette ville célèbre pour sa violence et son taux de criminalité. Quant au cartel de Sinaloa, il n'est pas en reste. Son chef, El Chapo, évadé de prison, a rencontré Sean Penn et a même failli avoir droit à un film sur sa vie, comme Lucky Luciano en son temps.
Qu'est-ce qui motive ces hommes – et parfois ces femmes ? le fric facile ? La célébrité ? Pas forcément. El Chapo a dit qu'il n'avait eu que cette opportunité, rien d'autre à faire dans le coin pourri où il est né et où son père était fermier, cultivateur de pavot à opium ; le Colombien Pablo Escobar avait même lancé le programme « Medellín sans taudis » pour tenter de résoudre le problème avec l'argent sale de son cartel de la drogue. Corleone, petit village sicilien d'où est partie Cosa Nostra, n'était pas non plus un exemple de prospérité économique. Quant aux bédouins du désert qui vendent des migrants érythréens et font ainsi de la traite humaine en complicité avec des passeurs, des réseaux de trafiquants, ils se justifient eux aussi en disant que c'est le seul moyen de survivre, à l'heure actuelle, dans ces contrées hostiles. le bouleversant reportage "Voyage en barbarie" de Cécile Allegra et Delphine Deloget, qui a eu le prix Albert Londres, le montre très bien. Dans certains endroits de la planète, il ne fait pas bon vivre ou naître. Qui sommes-nous pour les juger ? Aurions-nous fait mieux à leur place ?
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michfred
  21 juillet 2015
Vous ne mangerez plus jamais de mozzarella buffala sans lui trouver un sérieux arrière-goût de sang...
Un livre effrayant, documenté, courageux, qui démonte, en quelques épisodes judicieusement choisis, ingénieusement composés, et efficacement distribués, le mythe romantique du maffioso (presque) sympathique à la Scorsese...
Les "parrains" de Salviano sont d'impitoyables business men qui combinent le marketing du capitalisme le plus cynique aux méthodes éprouvées du gangstérisme..Terrifiant.
L'omerta qui frappe son auteur- j'allais écrire "la fatwa".- est telle qu'il mène une vie perpétuellement menacée. Courageusement, il continue son travail d'investigation et de conseil: le film puis la série qui se revendiquent de son livre - et qu'il a éclairés de ses enquêtes- sont la preuve qu'il ne baisse pas les armes. Les siennes sont la pertinence du témoignage, la force de la plume et l'estocade du style!
Les armes de l'esprit contre celles du profit et du crime. L'histoire donne toujours raison aux premières.
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blandine5674
  30 juillet 2016
Avant de commencer la lecture, malaise avec la photo de couverture (celle de Gallimard). Deux jeunes debout et en maillot de bain sur une plage font feu avec des kalachnikovs. Ils rient. Derrière eux, la mer. Effrayant et fascinant ! La critique de Zwyns ‘m'obligeait' pourtant à le lire. ‘Dossier' très fourni sur la mafia italienne. Les nombreux coups de poings sur la tronche oblige à lire autre chose pour reprendre son souffle, en l'occurrence pour moi Bukowki. Des tueries morbides et horribles qui se passent dans notre siècle. Je n'ai eu de cesse de me dire que je n'étais pas dans un roman, mais bien dans la réalité. Je salue bien bas l'énorme travail et courage de Roberto Saviano qui risque sa vie chaque jour. Je ne pourrais plus voir des vêtements de grandes marques sans écoeurement. Une des dernières parties est consacré à l'évacuation des ordures chimiques. Encore une horreur qui met l'être humain dans une rage folle. Récit effrayant et indispensable.
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ay_guadalquivir
  06 septembre 2012
Après la lecture de ce livre, la mozzarella n'a plus tout à fait le même goût ! A la lecture de ce livre édifiant, qui a révélé le combat permanent de Roberto Saviano au grand public, la baie de Naples n'est plsu tout à fait la même. Les gangsters imaginaires, du Parrain ou d'autre image d'Epinal, ne sont pas vraiment ceux que dépeint Saviano. Son monde est gangréné, pourri du pied à la pointe des feuilles. La camorra est partout, dans le crime organisé, mais aussi dans toute la vie économique du Sud - et parfois du Nord - de l'Italie. On en ressort sonné, incrédule parfois, et pourtant convaincu que Saviano expose la vérité que tout le monde refuse de voir, au prix de sa vie s'il le faut. Entre investigation, témoignages, anecdotes, ce livre est tout à fait passionnant. S'il qu'il ne s'agit pas d'un roman.
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
NuageuseNuageuse   06 décembre 2017
Contrairement aux hommes, les femmes ont tendance à considérer le crimes comme une étape, une marche sur laquelle on pose le pied et qu'on franchit rapidement. Le point de vue des autres. Celles qui font partie dest clans le prouvent de façon évidente : elles se sentent outragées, insultées, quand on leur dit qu'elles sont des camorristes, des criminelles. Comme si c'est termes exprimaient un jugement, sans rapport avec leurs comportements et leurs actes réels. Seulement, une accusation. Du reste, à l'inverse des hommes, aucune femme dirigeant un clan de la camorra ne s'est encore repentie à ce jour. Jamais.
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NuageuseNuageuse   04 décembre 2017
Presque tous les parrains ont un surnom, unique, qui les identifie. Le surnom est au parrain ce que les stigmates sont au saint : un signe d'appartenance, en l'occurrence au Système. Tout le monde peut être Francesco Schiavone, mais il n'y a qu'un Sandokan. Tout le monde peut s'appeler Carmine Alfieri, mais un seul homme se retourne quand on l'appelle : " 'o 'ntufato". Tout le monde peut porter le nom de Francisco Verde, mais il n'y a qu'un seul " 'o negus". Et il peut y avoir plus d'un Paolo Di Lauro sur les registres d'état civil, mais un seul d'entre eux est "Ciruzzo 'on milionario".
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lependulependu   07 janvier 2010
(Saviano cite une lettre d'un jeune détenu)

Tous ceux que je connais sont soit morts, soit en prison. Moi, je veux devenir un parrain. Je veux avoir des centres commerciaux, des boutiques et des usines, je veux avoir des femmes. Je veux trois voitures, je veux que les gens me respectent quand je rentre quelque part, je veux des magasins dans le monde entier. Et puis je veux mourir. Mais comme meurent les vrais, ceux qui commandent pour de bon. Je veux mourir assassiné.
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Perle-de-ChinePerle-de-Chine   08 novembre 2014
Le Système avait alimenté le marché international de l'habillement, royaume de l'élégance italienne. Chaque recoin de la planète pouvait être atteint par les entreprises, les hommes et les produits du Système. Système : un mot qu'ici tout le monde connaît mais qui, pour les autres, reste encore à déchiffrer, une référence inaccessible à ceux qui ignorent quelles sont les dynamiques du pouvoir de l'économie criminelle. Le mot camorra n'existe pas, c'est un mot de flics, utilisé par les magistrats, les journalistes et les scénaristes. Un mot qui fait sourire les affiliés, une indication vague, un terme bon pour les universitaires et appartenant à l'histoire. Celui que les membres d'un clan utilisent pour se désigner est Systèmes : " J'appartiens au Système des Secondiggliano." Un terme éloquent, qui évoque un mécanisme plutôt qu'une structure. Car l'organisation criminelle repose directement sur l'économie, et la dialectique commercial est l'ossature du clan.
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EcureuilEcureuil   12 novembre 2009
Choisir de sauver la vie à celui qui doit mourir, c'est vouloir partager son sort, car ici la volonté ne fait pas bouger les choses. Aucune décision ne permet de résoudre un problème, aucune prise de conscience, aucune idée ni aucun choix ne peut donner la sensation d'agir de la meilleure des façons. Quoiqu'on fasse, ce sera une erreur, pour une raison ou pour une autre. C'est ça, la vraie solitude.
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Videos de Roberto Saviano (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Saviano
Le 16 octobre 2014, François Busnel reçoit :
Roberto Saviano pour Extra pure Philippe Djian, Chéri-chéri Gauz, Debout-payé Ingrid Astier, Petit Éloge de la nuit

France 5 #LGLf5
-- François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité : https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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