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ISBN : 2072798108
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 383 notes)
Résumé :
"Ce ne sont pas les camorristes qui choisissent les affaires, mais les affaires qui choisissent les camorristes. La logique de l'entreprenariat criminel et la vision des parrains sont empreintes d'un ultralibéralisme radical. Les règles sont dictées et imposées par les affaires, par l'obligation de faire du profit et de vaincre la concurrence. Le reste ne compte pas. Le reste n'existe pas. Le pouvoir absolu de vie ou de mort, lancer un produit, conquérir des parts d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Melpomene125
  11 août 2017
L'Italie et la Mafia… Serait-ce un cliché, un mythe, une délirante théorie du complot ourdie par les xénophobes qui pointaient du doigt jadis les « ritals », les immigrés italiens, pour les dénigrer ?
Roberto Saviano bat en brèche les idées reçues avec cette enquête minutieuse sur l'univers du crime organisé qui est aussi une analyse pertinente du monde contemporain, des excès de la mondialisation et du capitalisme sauvage où tout devient une marchandise, une source de profits, de business : des produits stupéfiants aux armes en passant par l'être humain.
Gomorra dénonce le fonctionnement du système mafieux en Campanie et à Naples. Les familles mafieuses se réunissent autour de leur chef, que nous appelons « le parrain » depuis le film de Francis Ford Coppola qui a médiatisé ce système très codifié. Elles se livrent parfois des guerres de territoire et de succession sanglantes. La Camorra domine la vie économique et commerciale de la Campanie comme Cosa Nostra domine celle de la Sicile et la ‘Ndrangheta celle de la Calabre. Son fonctionnement est similaire à celui d'une multinationale du crime et ses leaders ont intégré les codes de l'entreprise et de la mondialisation. Les chefs d'entreprise locaux, s'ils veulent du travail, sont obligés de devenir des salariés de la Camorra car, lorsqu'un appel d'offres est lancé pour obtenir un marché public, c'est elle qui envoie ses sous-traitants. Il s'agit d'une manière de réinvestir et blanchir l'argent, y compris à l'étranger, en construisant, par exemple, des immeubles en Espagne, sur la côte maritime.
La Camorra est profondément enracinée et bénéficie de la complicité de certains politiciens et de certaines industries, notamment pour le traitement illégal des déchets toxiques. Elle offre des prestations à très bas coût et enfouit les déchets toxiques du Nord dans la campagne du sud de l'Italie. Elle se positionne aussi, avec les Chinois, sur le marché du textile et de la contrefaçon des grandes marques. Elle a des ateliers clandestins où les Italiens du Sud travaillent au noir, ce qui permet de fabriquer des vêtements de luxe discount, de les revendre dans le monde et de faire ainsi de la publicité pour les grandes marques. Elle règne enfin en maître sur le B.T.P. et le trafic d'armes ; sur le B.T.P., grâce à ses ouvriers bon marché car sans protections sociales et travaillant sur des chantiers qui ne respectent aucune norme de sécurité ; sur le trafic d'armes car la mafia albanaise leur fournit un accès direct aux arsenaux militaires des pays de l'ancien bloc de l'Est. Les camorristes sont les principaux pourvoyeurs des guérilleros d'Afrique et d'Amérique latine.
Ce livre, à la fois édifiant et effrayant par rapport aux mécanismes cyniques qu'il décrit et qui profitent apparemment à beaucoup de monde, m'a fait découvrir les nouvelles formes du crime organisé, difficiles à démasquer pour les magistrats, les enquêteurs, tant elles se cachent derrière les pratiques habituelles du capitalisme : l'entreprenariat, l'argent qui coule à flot, le profit, le business, la réduction à tout prix des coûts salariaux, un accroissement toujours plus grand des marges de bénéfices etc.
Son auteur connut un succès d'édition qui médiatisa le phénomène. Avant lui, de nombreux journalistes d'investigation et magistrats tentèrent de s'attaquer à ce problème, au péril de leur vie, comme les juges assassinés Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. le reportage "Italie et Mafia, un pacte sanglant" de Cécile Allegra et Mario Amura leur rend hommage et va jusqu'à évoquer la thèse d'un pacte entre l'État italien (en particulier la démocratie chrétienne de Giulio Andreotti) et la mafia sicilienne. Il remonterait à la Seconde Guerre mondiale et au débarquement des Alliés en Sicile, rendu possible grâce à l'aide d'un gangster italo-américain en prison, Lucky Luciano. Il contrôlait les dockers new-yorkais et pouvait donc obtenir des renseignements sur les éventuels espions allemands. Il fut, en effet, curieusement libéré à la fin de la guerre et rentra en Sicile où il reprit ses activités criminelles. Les chefs mafieux de Cosa Nostra remplacèrent les fascistes de Mussolini à la tête des villages. L'écrivain sicilien Leonardo Sciascia, auteur du Jour de la chouette, évoque également le pouvoir de la mafia, longtemps nié : la célèbre omerta, et le « préfet de fer » Cesare Mori, nommé par Mussolini, bien qu'il ait critiqué les fascistes, pour éradiquer la mafia. Pour cette raison sans doute, le nom de Mussolini en Italie, pendant longtemps, ne fut pas aussi honni que celui d'Hitler, son allié nazi.
Pour sortir définitivement des clichés, la mafia ne concerne pas que l'Italie mais malheureusement bien d'autres pays, comme l'Albanie, la Colombie, le Mexique où le cartel de Juárez a rendu cette ville célèbre pour sa violence et son taux de criminalité. Quant au cartel de Sinaloa, il n'est pas en reste. Son chef, El Chapo, évadé de prison, a rencontré Sean Penn et a même failli avoir droit à un film sur sa vie, comme Lucky Luciano en son temps.
Qu'est-ce qui motive ces hommes – et parfois ces femmes ? le fric facile ? La célébrité ? Pas forcément. El Chapo a dit qu'il n'avait eu que cette opportunité, rien d'autre à faire dans le coin pourri où il est né et où son père était fermier, cultivateur de pavot à opium ; le Colombien Pablo Escobar avait même lancé le programme « Medellín sans taudis » pour tenter de résoudre le problème avec l'argent sale de son cartel de la drogue. Corleone, petit village sicilien d'où est partie Cosa Nostra, n'était pas non plus un exemple de prospérité économique. Quant aux bédouins du désert qui vendent des migrants érythréens et font ainsi de la traite humaine en complicité avec des passeurs, des réseaux de trafiquants, ils se justifient eux aussi en disant que c'est le seul moyen de survivre, à l'heure actuelle, dans ces contrées hostiles. le bouleversant reportage "Voyage en barbarie" de Cécile Allegra et Delphine Deloget, qui a eu le prix Albert Londres, le montre très bien. Dans certains endroits de la planète, il ne fait pas bon vivre ou naître. Qui sommes-nous pour les juger ? Aurions-nous fait mieux à leur place ?
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blandine5674
  30 juillet 2016
Avant de commencer la lecture, malaise avec la photo de couverture (celle de Gallimard). Deux jeunes debout et en maillot de bain sur une plage font feu avec des kalachnikovs. Ils rient. Derrière eux, la mer. Effrayant et fascinant ! La critique de Zwyns ‘m'obligeait' pourtant à le lire. ‘Dossier' très fourni sur la mafia italienne. Les nombreux coups de poings sur la tronche oblige à lire autre chose pour reprendre son souffle, en l'occurrence pour moi Bukowki. Des tueries morbides et horribles qui se passent dans notre siècle. Je n'ai eu de cesse de me dire que je n'étais pas dans un roman, mais bien dans la réalité. Je salue bien bas l'énorme travail et courage de Roberto Saviano qui risque sa vie chaque jour. Je ne pourrais plus voir des vêtements de grandes marques sans écoeurement. Une des dernières parties est consacré à l'évacuation des ordures chimiques. Encore une horreur qui met l'être humain dans une rage folle. Récit effrayant et indispensable.
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michfred
  21 juillet 2015
Vous ne mangerez plus jamais de mozzarella buffala sans lui trouver un sérieux arrière-goût de sang...
Un livre effrayant, documenté, courageux, qui démonte, en quelques épisodes judicieusement choisis, ingénieusement composés, et efficacement distribués, le mythe romantique du maffioso (presque) sympathique à la Scorsese...
Les "parrains" de Salviano sont d'impitoyables business men qui combinent le marketing du capitalisme le plus cynique aux méthodes éprouvées du gangstérisme..Terrifiant.
L'omerta qui frappe son auteur- j'allais écrire "la fatwa".- est telle qu'il mène une vie perpétuellement menacée. Courageusement, il continue son travail d'investigation et de conseil: le film puis la série qui se revendiquent de son livre - et qu'il a éclairés de ses enquêtes- sont la preuve qu'il ne baisse pas les armes. Les siennes sont la pertinence du témoignage, la force de la plume et l'estocade du style!
Les armes de l'esprit contre celles du profit et du crime. L'histoire donne toujours raison aux premières.
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ay_guadalquivir
  06 septembre 2012
Après la lecture de ce livre, la mozzarella n'a plus tout à fait le même goût ! A la lecture de ce livre édifiant, qui a révélé le combat permanent de Roberto Saviano au grand public, la baie de Naples n'est plsu tout à fait la même. Les gangsters imaginaires, du Parrain ou d'autre image d'Epinal, ne sont pas vraiment ceux que dépeint Saviano. Son monde est gangréné, pourri du pied à la pointe des feuilles. La camorra est partout, dans le crime organisé, mais aussi dans toute la vie économique du Sud - et parfois du Nord - de l'Italie. On en ressort sonné, incrédule parfois, et pourtant convaincu que Saviano expose la vérité que tout le monde refuse de voir, au prix de sa vie s'il le faut. Entre investigation, témoignages, anecdotes, ce livre est tout à fait passionnant. S'il qu'il ne s'agit pas d'un roman.
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Charybde2
  19 mars 2013
Une lecture indispensable à la saisie de notre sympathique modernité...
À l'issue de la lecture de « Gomorra », on comprend le séisme que représenta sa parution en Italie en 2006. Cet auteur de 27 ans à l'époque, loin du romantisme mafieux hollywoodien (qu'il déshabille et moque d'ailleurs abondamment dans son récit), réalise une peinture épique, précise, détaillée et structurée de la VÉRITÉ de la camorra napolitaine. Et cette vérité n'est pas tant celle du « vieux » banditisme, même à grande échelle, que celle du capitalisme le plus moderne et le plus financier. C'est en ce sens que le livre fait le plus scandale, et entraîne à la fois les menaces de mort (Roberto Saviano vit désormais sous protection policière permanente) et le savoureux (si l'on veut) jugement de Silvio Berlusconi, accusant l'auteur de « faire la promotion des gangs mafieux « et de « donner une mauvaise image de l'Italie », en avril 2010.
Le reportage est un roman, ou vice versa. le mystérieux narrateur (journaliste ? simple voisin curieux ? enquêteur infiltré ? prête-nom d'une enquête documentée par écrit ?) évolue dans le château des cartes camorristes en décrivant leur histoire, leur méthode, leurs territoires, leurs diversifications, leur rotation du capital, leurs investissements, davantage avec le style qu'utiliserait un journaliste économique ou un stagiaire (de bon niveau tout de même) d'école de commerce ... Étonnant de prime abord, ce parti pris d'écriture augmente encore l'impact des faits bruts et chiffrés, pourtant déjà extrêmement fournis.
Quelques brefs extraits significatifs :
« Ici, les ateliers n'ont pas d'existence formelle, pas plus que les travailleurs. Si l'on respectait les règles, les coûts augmenteraient et il n'y aurait plus de marché, l'Italie perdrait ces emplois. C'est une logique que les entrepreneurs de la région connaissent par coeur. Souvent, dans ces ateliers, il n'y a pas de heurts entre ouvriers et patrons, et la lutte des classes y est aussi molle qu'un biscuit trempé. »
« Ces ateliers reçoivent de l'argent de la camorra à des taux très bas, de 2 à 4%. Aucun d'eux ne pourrait avoir accès au crédit bancaire : ils représentent l'excellence italienne sur le marché des marchés, mais ce sont des usines fantômes, et les directeurs de banque ne reçoivent pas les spectres. Faire appel à la camorra est également la seule solution qu'ont les salariés qui veulent obtenir un prêt immobilier. »
« Les larmes de Luisa [face au désespoir du couturier Pasquale qui décide d'arrêter] m'ont elles aussi fait l'effet d'un jugement sur le gouvernement et sur l'histoire. Ce n'était pas de la rage. C'était un chapitre revu et corrigé du Capital de Marx, un paragraphe des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith, un alinéa de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie de J.M. Keynes, une note de bas de page à L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme de Max Weber. Une page ajoutée ou arrachée, une page qu'on avait oublié d'écrire ou qui peut-être continuait à s'écrire, mais dans un autre espace. »
« La flexibilité de la camorra répond à la nécessité pour toute entreprise de faire circuler les capitaux, de créer et de dissoudre des sociétés, d'investir librement dans l'immobilier, sans que les choix d'implantation territoriale ou les intermédiaires politiques jouent un rôle trop significatif. Désormais les clans n'ont plus besoin de se constituer en entités gigantesques. Un groupe de personnes peut décider de s'unir, d'organiser des braquages, de briser des vitrines et de voler sans être massacré ou absorbé par le clan, comme c'était le cas auparavant. Les bandes qui sévissent à Naples ne sont pas exclusivement composées d'individus qui commettent des crimes pour leur propre compte, pour s'acheter une grosse voiture ou simplement vivre mieux. Souvent ces individus sont aussi conscients qu'en s'unissant et en accroissant le volume et la violence de leurs opérations ils pourront améliorer leurs capacités économiques et devenir des interlocuteurs des clans ou de leurs sous-traitants. »
Le développement de la logique militaire et économique des clans camorristes va crescendo tout au long du livre... A rapprocher du pur roman, qui approchait toutefois encore ces thèmes sous un mode « humour noir », qu'était le « État dynamique des stocks » d'Alain Wegscheider (2003).
« Gomorra » est une lecture indispensable à la saisie de notre sympathique modernité..., et par ailleurs un film de Matteo Garrone (2008).
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
lependulependu   07 janvier 2010
(Saviano cite une lettre d'un jeune détenu)

Tous ceux que je connais sont soit morts, soit en prison. Moi, je veux devenir un parrain. Je veux avoir des centres commerciaux, des boutiques et des usines, je veux avoir des femmes. Je veux trois voitures, je veux que les gens me respectent quand je rentre quelque part, je veux des magasins dans le monde entier. Et puis je veux mourir. Mais comme meurent les vrais, ceux qui commandent pour de bon. Je veux mourir assassiné.
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Perle-de-ChinePerle-de-Chine   08 novembre 2014
Le Système avait alimenté le marché international de l'habillement, royaume de l'élégance italienne. Chaque recoin de la planète pouvait être atteint par les entreprises, les hommes et les produits du Système. Système : un mot qu'ici tout le monde connaît mais qui, pour les autres, reste encore à déchiffrer, une référence inaccessible à ceux qui ignorent quelles sont les dynamiques du pouvoir de l'économie criminelle. Le mot camorra n'existe pas, c'est un mot de flics, utilisé par les magistrats, les journalistes et les scénaristes. Un mot qui fait sourire les affiliés, une indication vague, un terme bon pour les universitaires et appartenant à l'histoire. Celui que les membres d'un clan utilisent pour se désigner est Systèmes : " J'appartiens au Système des Secondiggliano." Un terme éloquent, qui évoque un mécanisme plutôt qu'une structure. Car l'organisation criminelle repose directement sur l'économie, et la dialectique commercial est l'ossature du clan.
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EcureuilEcureuil   12 novembre 2009
Choisir de sauver la vie à celui qui doit mourir, c'est vouloir partager son sort, car ici la volonté ne fait pas bouger les choses. Aucune décision ne permet de résoudre un problème, aucune prise de conscience, aucune idée ni aucun choix ne peut donner la sensation d'agir de la meilleure des façons. Quoiqu'on fasse, ce sera une erreur, pour une raison ou pour une autre. C'est ça, la vraie solitude.
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SardineSardine   17 avril 2013
"C'est quoi un homme sans diplôme et avec un pistolet ?
- Un con avec un pistolet...
- Exact. C'est quoi un homme avec un diplôme et sans pistolet ?
- Un con avec un diplôme...
- Exact. Et c'est quoi un homme avec un diplôme et un pistolet ?
- Un homme, papa ! "

(p261)
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EcureuilEcureuil   12 novembre 2009
De fait, le nombre de balles qu'on reçoit indique quel traitement on mérite. Si on prend une balle dans la tête ou dans le ventre, c'est un meurtre délicat, un geste nécessaire, chirurgical, sans rancune. Mais si le véhicule qu'on conduit est la cible de deux cents projectiles et qu'on est criblé de quarante balles, cela indique la volonté farouche d'effacer quelqu'un de la surface du globe.
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03.10.18 - INTEGRALE - Roberto Saviano, Emmanuel Carrère, Laurent Gaudé et Boualem Sansal
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