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EAN : 9782221127933
198 pages
Éditeur : Robert Laffont (23/02/2012)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Avec Le combat continue, Roberto Saviano prouve qu'il compte parmi les plus importantes figures intellectuelles et artistiques contemporaines.

Le combat continue réunit des textes écrits pour une émission de " télévision citoyenne ", conçue et présentée par Roberto Saviano, consacrée à l'Italie d'aujourd'hui – un programme plébiscité par le public transalpin. Le présent recueil témoigne de la rencontre entre un homme – Roberto Saviano, intellectuel e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
fee-tish
  29 mars 2012
Ce n'est pas sans me rappeler de l'histoire de Giovanni Falcone, ce juge italien figure de la lutte antimafia et assassiné en 1992, que je me suis lancée dans la lecture de ce roman-témoignage de Roberto Saviano.
Cet homme de trente-deux ans vit depuis six ans sous protection policière. Et pour cause, en 2006 paraît Gomorra, récit dans lequel il dénonce ouvertement les activités de la Camorra, Mafia napolitaine. Menacé de mort, accusé par Silvio Berlusconi de donner une « mauvaise image de l'Italie », cet écrivain engagé est le symbole d'une lutte quotidienne où, à force d'engagement, de recherche et d'écriture, il trouve la force de combattre une des plus puissantes entreprises mondiales, la Mafia.
Le combat continue est un recueil de différents sujets liés à la Mafia, abordé par l'auteur dans son émission télévisée Vieni via con me, diffusée sur RaiTre à la fin de l'année 2010. Une émission qui contre toute attente a battu tous les records d'audience de la chaîne. C'est dire que les italiens sont touchés dans leur âme par les agissements de la Mafia, par les corruptions, les injustices.
Roberto Saviano nous dit son engagement pour une Italie unie et fière, à un moment de l'histoire où la Lega Nord (la Ligue du Nord) souhaite une scission entre l'Italie du Nord et du Sud. Ce qui prouve aussi que le problème majeur qui permet à la Mafia de croître sans réel souci est le détachement de certains : ça ne nous regarde pas, c'est loin de nous, on ne pourra jamais les arrêter, etc. Autant de phrases intolérables pour un homme qui vit pour ce combat. Grâce à ses discours, sortes de témoignages, il nous met face à la réalité : la présence de la Mafia (l'exemple de la ‘Ndrangheta) au Nord de l'Italie et notamment à Milan ; la gestion catastrophique des déchets dans la région de Naples ; les élections achetées ; la reconnaissance des criminels mafieux dans la mort (enterrement à l'église et honneurs), etc. Mais il met aussi en lumière la force de quelques irréductibles inconnus à lutter contre les Mafias.
Ce que je retiens de ces différents récits, c'est l'urgence de ne plus considérer la Mafia comme impossible à vaincre. Selon l'auteur, c'est en pensant ainsi que rien n'est faisable puisqu'on part perdant d'avance. Il rappelle le combat de Giovanni Falcone, isolé durant toute son action et dont la reconnaissance n'est venue qu'une fois mort.
Avec des mots simples, des histoires émouvantes et percutantes, Roberto Saviano nous ouvre les yeux. Nous, français, pour qui la Mafia nous semble une chose lointaine, presque exotique, et pourtant plus proche de nous qu'on voudrait bien nous le faire croire.
A la fin du livre, un entretien inédit ; Autoportrait d'un boss ; avec Maurizio Prestieri, un repenti, ancien boss camorriste. Un texte excellent et exceptionnel qui clôt parfaitement cet ouvrage.
A tous, je conseille cette lecture.
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Katsandrya
  08 novembre 2012
j'ai vibré au son de ces mots écrits sur les pages. Ce journaliste de 33 ans, qui a un contrat de la part de la mafia sur sa tête et qui est aussi l'auteur du célèbre livre devenu film : Gomorra.
Titre mal choisi je trouve en français, en Italien, il s'intitule "Vieni via con me" qui signifie "Pars avec moi", et qui sous-entend un voyage de compréhension, c'est du moins mon interprétation.

Là, il s'agit de faire suite à une émission de télévision diffusée en 2010 sur la Rai 3. Deuxième partie de soirée, un concept un peu "étrange" des sujets pas toujours drôles, jamais même vraiment, et pourtant : 30 % d'audience. Plus de 8 millions de spectateurs, plus 5 millions en ligne quelques jours après la diffusion de l'émission.
Laquelle est toujours disponible au visionnage et ce de façon gratuite. Et oui, je l'ai regardée aussi.
Le livre est différent. Les sujets abordés ne sont pas tout à fait les même et tout a été plus ou moins ré-écrit. Mais le message est fort.
Le message que veut faire passer Roberto Saviano est très simple : chaque citoyen doit s'impliquer dans sa vie de tous les jours pour changer les choses, les petites ou les grandes - tout dépend de ces capacités - et de changer l'Italie. Pour qu'elle devienne enfin l'Italie dont les Italiens ont envie, dont ils rêvent.
Ne plus vendre son vote à la mafia pour le candidat qui aura payé le pot de vin adéquat, ne plus regarder ailleurs quand un immeuble est mal construit (La Casa delle Studente à l'Aquila par exemple !), ne plus se laisser faire et encore moins considérer la "pieuvre" comme faisant partie de la culture Italienne.
Car la culture Italienne c'est bien plus que de la résumer à la mafia, aux pots de vins, au travail au noir, au trafic de drogue. Ce n'est pas non plus le caffé ristretto, les lasagnes bolognaises, les anti-pasti, le calcio... c'est aussi la justice, le droit, et la possibilité de changer ce qui semble immuable.
Parce que le peuple Italien le peut, il faut qu'il le fasse.
C'est un message fort, qui va droit dans ma toute petite partie qui a passé du temps en Italie avec la famiglia qu'elle avait là-bas, des amis qui lui ont montré l'Aquila, Roma, Pescara.... et même Napoli, ville d'origine.
La République Italienne est un choix des habitants, l'Etat, ce sont eux.
Voilà le fin mot de l'histoire, et même si on a l'impression que j'ai "tout dit" du livre, laissez-vous emportez par les mots de l'auteur : partez avec lui...
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encoredunoir
  06 mars 2013
Après avoir lu, il y a quelques années l'impressionnant Gomorra, j'ai, comme tout le monde entendu parler ici ou là de Roberto Saviano, lu quelques-unes de ses tribunes et vu quelques reportages sur lui. Personnage fascinant, condamné à une fuite perpétuelle et à l'intimité définitivement détruite par l'obligation de toujours déménager avec une escorte à son train. Personnage courageux aussi, fort de ses convictions et du besoin de dire son écoeurement face aux collusions entre mafieux et milieux politiques, religieux et d'affaires. Et, bien entendu, personnage un tantinet agaçant avec cette façon qui semble parfois un peu arrogante de donner des leçons sur tout et à tout le monde.
Bref, cela faisait un moment que j'hésitais à lire le combat continue, recueil de textes écrits pour l'émission Vieni via con me, dans laquelle Saviano contait des histoires illustrant l'emprise mafieuse sur son pays et le poids d'un certain archaïsme dans la pensée et la manière de voir le monde des Italiens. Parce que, si j'étais de prime abord attiré par ces réflexions, je craignais aussi une dérive à la BHL chez Saviano. Et, de fait, quand bien même Roberto Saviano à cela de différent de BHL que lui, paye vraiment le prix de ses engagements et le paiera peut-être même un jour de son sang, il est indéniable que ce côté moralisateur et parfois emphatique peut-être gênant à certains moments.
Néanmoins, comme il l'avait montré avec Gomorra, Saviano possède une belle plume et montre un grand talent de journaliste en ce qu'il connaît à fond son sujet et sait l'illustrer avec des histoires particulièrement bien choisies et parlantes.
De la manière dont le juge Falcone, avant de devenir un héros en mourant, fut longtemps considéré comme un paria y compris par ses pairs, à l'édifiante histoire de la résidence étudiante qui s'effondra lors du séisme de l'Aquila en passant par la question de l'euthanasie ou par le traitement des déchets, Saviano dresse un portrait bien morne et désespérant de son pays tout en mettant en avant ces personnes, souvent anonymes qui, parce qu'elles se dressent à leur niveau contre l'ordre mafieux, lui rendent une part de sa dignité.
Le combat continue, malgré un titre un peu pompeux et, donc, cette posture un peu agaçante de martyr seul contre tous qu'a parfois tendance à adopter son auteur – et il le reconnait d'ailleurs parfois – se révèle finalement être un livre à la fois instructif et propre à stimuler la réflexion et un ouvrage porté par une écriture agréable, ce qui n'est pas forcément le cas de ce genre d'ouvrage. On signalera par ailleurs que Saviano a adapté sa préface à la traduction française en parlant de la façon dont les organisations mafieuses s'implantent en France. On y apprendra notamment que certains clans de la N'Drangheta calabraise ont choisi de s'implanter à… Clermont-Ferrand. Puisque je vous dis que c'est instructif.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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ay_guadalquivir
  30 mars 2012
Oh bien sûr, on pourra s'agacer de voir Roberto Saviano faire une promotion importante de son livre. On pourra s'agacer aussi que la préface à l'édition française rappelle au lecteur que la corruption mafieuse n'est pas une amusante particularité italienne, mais touche aussi notre pays. Et pour le reste, il faut bien admirer l'engagement incroyable de ce jeune homme (32 ans) dans un combat dont on peut craindre qu'il l'épuisera, mais porte si haut la dignité, l'intégrité. Ce livre est le recueil des histoires présentées lors d'une émission télévisée dont la vie fut trop courte, Vieni via con me. Quelques histoires de mafia qui suscitent la curiosité, et d'autres qui montrent la corruption profonde de l'Italie entière (séisme de l'Aquila, déchets de Naples). le tout baigné dans une eau républicaine tout à fait vivifiante. Gomorra était peut-être plus sombre, le combat continue plus tourné vers l'espoir, pour tous ceux qui veulent simplement ne pas renoncer, et se tenir debout.
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Elea57
  25 janvier 2021
Roberto Saviano est l'homme le plus mondialement connu de la lutte contre les mafias. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ce journaliste vit sous escorte depuis l'écriture de «Gomorra», menacé de mort par les clans qu'il a dénoncés. Ce livre retrace la série d'émissions qu'il a réalisées en 2010 avec un record d'audience historique et sa mission de dévoiler certaines anomalies de l'Italie. En préambule, il nous explique combien il lui a été difficile en tant qu'écrivain de passer à la télévision. Il a pourtant réussi à relever ce défi, tant son rôle de journaliste lui tient à coeur.
8 chapitres, correspondant à 8 thèmes choisis, qui affligent l'Italie d'aujourd'hui, le tout illustré par l'histoire de personnes courageuses et honnêtes, qui se battent pour que justice soit faite :
1. le rêve de l'unification italienne, une lutte de longue haleine
2. « La machine à boue » : que se passe-t-il lorsque quelqu'un est contre le gouvernement ?
3. La 'Ndrangheta dans le Nord, ses origines et le poids de son engagement
4. L'acharnement thérapeutique face à l'Eglise
5. La montagne toxique des déchets à Naples, qu'il compare à la plus haute montagne de la Terre et tous les problèmes qui en découlent
6. L'habileté du sud
7. le tremblement de terre de l'Aquila et tout ce qui aurait pu être évité
8. La démocratie italienne et la Constitution qui en était à l'origine
Chaque thème se veut porteur d'un message, raconté avec une force incroyable et des mots percutants (version italienne). Il rend compte d'une Italie censurée, corrompue et nous bouscule dans nos préjugés. le Sud est un fardeau pour le Nord ? Lisez-le pour être convaincu du contraire ! L'auteur dresse un portrait unique de l'Italie contemporaine, où il pointe du doigt plusieurs aspects du pays qui dérangent, avec une volonté évidente de nous ouvrir les yeux et de nous faire réagir, ce qu'il le fait merveilleusement bien. On ne reste certainement pas indifférent à ses propos, et on se prend même à rêver avec lui à une Italie différente. Comme il le dit d'ailleurs : raconter est déjà un pas en avant vers l'action, puisque les paroles sont des actes.
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critiques presse (5)
Actualitte   23 août 2012
[…] Ce n'est pas avec cela que Roberto SAVIANO peut espérer convaincre qui que ce soit qui n'est pas déjà convaincu. Ce qu'il dénonce comme une machine à salir reste d'évidence du menu fretin.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   04 avril 2012
C'est peu dire que le regard de Saviano soit sévère. Qu'il s'agisse de […] la "machine à salir" qui vise à délégitimer tous ceux qui ont cherché à s'opposer au pouvoir corrompu de Silvio Berlusconi, de la crise des déchets, l'auteur juge sévèrement son "beau et malheureux pays".
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   03 avril 2012
De loin, cela ressemble à l'oeuvre d'un journaliste. Il se pourrait pourtant que Saviano soit aussi un véritable écrivain. […] C'est un auteur qui ne s'économise pas. Et sur la balance, ça compte.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   29 mars 2012
Une grande leçon de vaillance.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   09 mars 2012
Dans «le Combat continue» (Robert Laffont), l’auteur du formidable «Gomorra» persiste et signe, dans sa volonté de «résister à la Mafia et à la corruption».
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   30 mars 2012
"Avec 1000 euros, en général, un "chef d'immeuble" de Campanie procure 50 voix. Le "chef d'immeuble" est un individu qui arrive à convaincre les gens qui, habituellement, ne votent pas, d'accorder leur suffrage à tel homme politique. Pour preuve du vote, il faut montrer la photo de la carte d'électeur, prise par un téléphone portable."
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stellinastellina   07 septembre 2013
À l'instant où chacun de nous refuse de faire le mal, il fait reculer celui qui le commet, et il rêve, peut-être, d'une autre Italie.
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stellinastellina   07 septembre 2013
Je sens que la démocratie est réellement en danger. Dire cela peut paraître exagéré, mais ne l'est pas. La démocratie est en danger à partir du moment où, si tu t'opposes à certains pouvoirs, si tu t'opposes au gouvernement, tu risques d'être la proie d'une machine qui te couvre de boue ; l'attaque part de la vie privée, de faits minuscules concernant ta vie privée, et on les utilise contre toi.
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historiahistoria   09 juillet 2013
Les clans sont gagnants parce qu'ils peuvent offrir des prix compétitifs.
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Videos de Roberto Saviano (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Saviano
Dans la famille Holleeder, il y a d'abord le père : alcoolique et violent qui détruit tout sur son passage, rabaisse femme et enfants et fait régner un climat de terreur dans son foyer. Ouvrier chez Heineken, il se soûle en rentrant de l'usine, distribue raclées et insultes sous l'effet de l'alcool et de la frustration. Il y a la mère, être fragile et docile qui tente tant bien que mal de protéger ses enfants. Il y a Willem, le fils aîné, seul à tenir tête à son père et qui finit par le dépasser en devenant l'un des plus grands criminels des Pays-Bas, le célèbre "Neus" (le Nez). Avec comme premier haut fait d'armes, l'enlèvement en 1983, à vingt-cinq ans, du patron d'Heineken, Freddy Heineken et son chauffeur, Ab Doderer. Fort de cette réputation et tout en purgeant une peine de prison, Willem Holleeder va se transformer en chef de gang, prêt à tout pour régner sur un monde mafieux qu'il va contribuer à bâtir.
De prisons en prisons, la petite frappe va se muer en meurtrier assoiffé de sang et de pouvoir, "Scarface" hollandais, sans scrupule, soupçonné d'avoir commandité le meurtre de son meilleur ami et beau-frère, Cor. Et puis il y a Sonja et Astrid Holleeder, les deux soeurs, deux femmes qui un jour vont trouver le courage de dénoncer ce frère qu'elles ne reconnaissent plus, monstre de cruauté. Témoignages, enregistrements clandestins, les soeurs vont se faire Judas et envoyer leur cher frère en prison.
Ce thriller du réel, entre Roberto Saviano et Gitta Sereny, nous plonge au coeur d'une histoire de trahison, de crime, de haine et d'amour qui n'a rien à envier aux tragédies grecques ni au "Parrain".
Traduction de Brigitte Zwerver-Berret et Yvonne Pétrequin
Pour en savoir plus : https://bit.ly/2OwrxbW
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