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EAN : 9782021112955
235 pages
Éditeur : Seuil (04/09/2014)
Résumé :
Connu pour ses travaux sur les immigrés, Abdelmalek Sayad s’est également intéressé à la place de leurs enfants dans l’école française. Écrits entre la fin des années 1970, à un moment où les enseignants voient arriver de nouveaux publics issus des regroupements familiaux, et la fin des années 1990, alors que la problématique de leur échec scolaire est devenue prégnante dans les débats publics, ces textes étaient restés jusqu’à présent inédits ou cantonnés à une dif... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  09 octobre 2014
Prendre possession et faire prendre possession du futur, et aider et préparer à cette prise de possession
Dans leur introduction, Benoit Falaize et Smaïn Laacher contextualisent les textes présentés. Ils parlent, entre autres d'une « séquence historique de vingt ans », d'engouement culturaliste, de la commission Berque, des critiques et de la démission d'Abdelmalek Sayad de cette commission, de l'illusion d'une transmission de la culture familiale de génération en génération, de la sous-estimation de l'importance de l'école pour celles et ceux nommé-e-s enfants d'immigré-e-s, des injonctions d'intégrer celles et ceux qui le sont déjà et de décliner leur « différence », de l'égarement de la célébration factice de la diversité…
Ils soulignent particulièrement « L'intention bienveillante de valoriser le « culturel » ou la « culture » amène les professeurs à envisager ces notions de manière abstraite, décontextualisée et dans la majorité des cas, sans aucune référence au milieu social d'appartenance ».
Ils parlent aussi des rapports entre l'école, l'histoire de l'émigration, les situations sociales, « L'école agit comme si les conditions historiques de la venue en France des familles concernées étaient détachées de leur condition sociale et fait semblant d'ignorer l'asymétrie des rapports entre le pays d'origine et le pays d'accueil ».
Les textes d'Abdelmalek Sayad sont intéressants à plus d'un titre. L'auteur intègre dans ses analyses le passé colonial, interroge ce qui peut-être nommée une défense relativiste de la « culture » attribuée aux familles d'immigré-e-s, parle des attentes envers l'école, critique les versions qui font de l'immigration et des immigré-e-s les sources de problèmes, dénonce la non prise en compte des effets des dominations dans les pensées sur l'école, incrimine les catégorisations faisant de certain-e-s des extérieur-e-s ou l'existence des mécanismes de relégation, de disqualification sociale…
Quelques citations choisies subjectivement, mais qui me semblent bien illustrer les analyses de l'auteur :
« A parler des immigrés – adultes, enfants et familles -, on s'expose à un double écueil : on ne sait pas, dans tout ce qu'on en dit, ce qui, d'une part, tient au fait de l'immigration proprement dite (définition juridique de la population immigrée comme catégorie formelle) et ce qui, d'autre part, tient aux conditions sociales et économiques que les immigrés partagent (même si c'est selon une modalité particulière) avec une fraction de la classe ouvrière française. »
« Il faut toute la « neutralisation » dont sont capables l'école et son action pédagogique pour que l'enseignement soit « apuré » de politique alors qu'on est en pleine politique. »
« En autres effets, l'irruption de l'immigration au sein de l'école française offre l'occasion de révéler cette chose que l'école s'évertue à se dissimuler, à savoir l'hétérogénéité fondamentale de son public (ou de ses publics), mais, en même temps, elle contribue paradoxalement à mieux la masquer encore en raison de l'opération de substitution qu'elle permet : l'hétérogénéité qu'on dirait, ici, « internationale » (ou des origines nationales) et qu'ont dit plus volontiers « culturelle » se substitue à l'hétérogénéité sociale qui est, de la sorte, sinon totalement évacuée, du moins passablement euphémisée. »
« alors qu'on croit parler de l'immigration et des immigrés, ne parle-t-on pas, au fond, sous ce qui n'est qu'un simple prétexte, de l'école française, de son fonctionnement, de ses différentes fonctions (ses fonctions latentes aussi) et, plus que cela, d'une chose qu'on nie habituellement, l'hétérogénéité fondamentale de ses publics ? »
« Enfants d'étrangers, peut-être ; enfants « étrangers » à la société française, assurément non, et, plus assurément encore élèves français en tant qu'élèves de l'école française. »
J'ai notamment apprécié les analyses sur la langue, les raisons de l'émigration (« on n'émigre pas impunément »), « l'insécurité qui caractérise la condition d'immigré », les mots, les catégories créées, les réductions des problèmes socio-politiques à des problèmes scolaires et à des problèmes techniques, l'invention de « cette monstruosité ou caricature pédagogique qu'ils appellent l'« inter-culturel » », l'enseignement d'exception, le postulat de l'égalité formelle, l'illusion de la fidélité à soi, les attentes à l'égard de l'école, les illusions scolaires, les logiques spatiales, le « relativisme culturel », les rapports asymétriques, les pédagogies ou l'illettrisme…
Des analyses à débattre, loin des simplifications ou des visions unilatérales…
« Scolariser, c'est nécessairement prendre un pari sur l'avenir et, autant que possible, sur un avenir qui ne serait pas mutilé d'avance »
Lien : https://entreleslignesentrel..
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critiques presse (1)
LaViedesIdees   28 octobre 2014
Nous manquons aujourd’hui singulièrement d’ouvrages et de recherches concernant les relations entre l’école et la situation postcoloniale en France. L’ouvrage posthume d’Abdelmalek Sayad couvre partiellement ce manque. Certes la problématique des enfants étrangers, immigrés, n’est pas totalement absente des travaux de recherche. Peu en revanche, comme ceux de Sayad, se sont à ce point attachés à analyser les catégories de pensée, à déconstruire les fausses évidences et à lutter contre certains points de vue réducteurs et stigmatisants.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
dede   09 octobre 2014
En autres effets, l’irruption de l’immigration au sein de l’école française offre l’occasion de révéler cette chose que l’école s’évertue à se dissimuler, à savoir l’hétérogénéité fondamentale de son public (ou de ses publics), mais, en même temps, elle contribue paradoxalement à mieux la masquer encore en raison de l’opération de substitution qu’elle permet : l’hétérogénéité qu’on dirait, ici, « internationale » (ou des origines nationales) et qu’ont dit plus volontiers « culturelle » se substitue à l’hétérogénéité sociale qui est, de la sorte, sinon totalement évacuée, du moins passablement euphémisée.
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dede   09 octobre 2014
A parler des immigrés – adultes, enfants et familles -, on s’expose à un double écueil : on ne sait pas, dans tout ce qu’on en dit, ce qui, d’une part, tient au fait de l’immigration proprement dite (définition juridique de la population immigrée comme catégorie formelle) et ce qui, d’autre part, tient aux conditions sociales et économiques que les immigrés partagent (même si c’est selon une modalité particulière) avec une fraction de la classe ouvrière française.
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dede   09 octobre 2014
L’école agit comme si les conditions historiques de la venue en France des familles concernées étaient détachées de leur condition sociale et fait semblant d’ignorer l’asymétrie des rapports entre le pays d’origine et le pays d’accueil
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dede   09 octobre 2014
Scolariser, c’est nécessairement prendre un pari sur l’avenir et, autant que possible, sur un avenir qui ne serait pas mutilé d’avance
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dede   09 octobre 2014
Enfants d’étrangers, peut-être ; enfants « étrangers » à la société française, assurément non, et, plus assurément encore élèves français en tant qu’élèves de l’école française.
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L'école et les enfants de L'Immigration .Entretien avec SmaÎn Laacher sur les textes inédits d'Abdelmalek Sayad
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