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Critiques sur Journal d'un adieu (10)
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Nastasia-B
  06 novembre 2014
Voici un petit roman graphique (72 pages en style aéré) dont le traitement graphique est très sobre, très simple comme certains dessins de presse, avec un emploi judicieux de la bichromie. Cette technique un peu minimaliste colle très bien au propos.

Il s'agit d'une autobiographie où l'auteur-illustrateur italien Pietro Scarnera nous décrit cinq années de sa vie marquées par l'absence et le vide, au chevet de son père. Celui-ci était tombé dans un coma profond suite à un arrêt cardiaque ayant entraîné une non-oxygénation prolongée du cerveau.

Par sa thématique, cette oeuvre graphique pourrait être rapprochée d'albums réalistes et sombres comme Paul À Québec de Michel Rabagliati, récipiendaire il y a quelque temps du prix FNAC ou de la Parenthèse d'Élodie Durand.

C'est une oeuvre intimiste, sans concession, crue, poignante de réalisme, de dureté aussi. On entre dans les hôpitaux, les cliniques, les centres de réadaptation, on partage le quotidien des proches, fait d'attentes, d'angoisses, de vide, de doutes, de soupçons, et d'espoirs, minces, ténus, mais toujours présents, aux moments les moins opportuns.

On y lit aussi une certaine défiance face au monde médical qui laisse les proches dans l'incertitude, voire le brouillard le plus total, comme s'il avait fait tout son devoir lorsqu'il assure que le coeur d'un patient fonctionne convenablement.

C'est également un voyage dans les souvenirs et la nostalgie, celle du déni de la perte d'un parent, celle d'une prise de conscience que quelque chose est brisé à jamais.

Dessins épurés, textes sobres, mais propos forts, qui témoignent d'une épreuve terrifiante, marquante, probablement formatrice pour ceux qui la vivent. Dépressifs, s'abstenir, mais pour tous les autres, un petit bijou de sincérité et d'expérience vécue. Ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Ziliz
  19 novembre 2012
L'histoire d'un deuil "ante-mortem", qui se fait lentement, mais pas en douceur. Pietro Scarnera pensait avoir perdu son père en le retrouvant sans connaissance, terrassé par une crise cardiaque... le vieil homme en réchappe finalement, mais dans quel état ! Coma profond, et cerveau probablement très endommagé. de sentences médicales pessimistes en infections, l'espoir s'affaiblit pour la famille.

Difficile de faire le deuil d'un défunt, mais difficile aussi et insupportable de perdre l'espoir face à la maladie, au coma... Aussi, lorsque son père apparaît dans les rêves de ce fils adulte, c'est en homme bien vivant et en pleine santé.

Par des dessins épurés, un texte sobre mais émouvant, l'auteur évoque ses visites quotidiennes et éprouvantes à l'hôpital (père momie/méconnaissable, médecins froids...), où il essaie de se persuader que chaque changement du malade est un progrès... Une poignante évocation de la maladie du point de vue des proches, qui se sentent impuissants malgré leur présence, leurs manifestations d'affection, leurs efforts, leurs espérances...

Deux postfaces très intéressantes : une sur le droit à l'euthanasie, une sur le coma.
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Henriette
  22 mai 2012
Bref, concis et déchirant, ce roman graphique décrit les cinq années pendant lesquelles l'auteur a assisté à l'agonie de son père, en état végétatif depuis une crise cardiaque.

Avec beaucoup de sobriété et d'élégance, on y décrit un cauchemar calme et paisible, fait de silences, de bruits de machines et de terribles moments d'espoir, toujours déçus et de plus en plus rares.

On y parle de l'absurdité de l'acharnement thérapeutique, quand il est devenu clair que la personne touchée n'en est plus une et ne le redeviendra jamais; mais que ses proches, culpabilisés et n'ayant de toute façon aucune autre alternative, sont forcés de la laisser dans cet état jusqu'à ce que mort s'ensuive.

On y décrit les "malades" eux-mêmes, figés dans des poses parfois grotesques, parfois déformés, souvent la trachée ouverte, passant leurs journées entre la télévision, des soins parfois terribles ("l'aspiration"...) et leurs proches, qui, au fil de visites, savent de moins en moins quoi faire pour s'en occuper.
Très souvent, tout ceci se finit, au bout de plusieurs années, par une mort en quelques jours suite à une banale infection.

A un moment, l'auteur déclare: "je continuais de croire, depuis le premier jour, que mon père n'était plus ici. Dans ce lit se trouvait une personne à laquelle j'étais lié d'une certaine façon, mais ce n'était pas mon père. Il m'arrivait bien plus souvent de sentir sa présence lorsque j'étais en dehors de la clinique".
Pour moi, ça résume toute l'horreur de cette situation: la personne atteinte est contrainte de "rester", sous une forme dans laquelle les personnes qui l'aiment ne peuvent plus la reconnaître - et parfois dans des souffrances muettes - tandis que les proches sont contraints de se soumettre à une sorte de mise en scène grotesque, forcés à un espoir que tout le moment sait absurde; et surtout, ils sont dans l'impossibilité de faire leur deuil.
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soso1974
  30 septembre 2013
La maladie peut etre quelque fois mortelle. Malheureusement, nous ne sommes pas immortels, il y a une fin à tout; la vie est pourtant précieuse mais, nous ne la gardons pas................ etre vivant à tout jamais, ce serait formidable.
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akahama
  12 avril 2012
Dans un style extrêmement sobre, Pietro Scarnera décrit les années passées à veiller un parent en état végétatif. le trait épuré convient parfaitement au caractère intime et tragique du récit. Il n'y a pas de pathos, tout est dit très simplement: comment accepter l'inacceptable? C'est un peu le fil rouge de ce texte, comment accepter que l'homme étendu sur le lit est votre parent? Comment nouer un lien neuf avec lui? Comment accepter le caractère unilatéral de cette relation? Jusqu'à quel point faut-il s'investir?
Le récit soulève des questions très actuelles, la situation n'est pas non plus sans rappeler d'autres pathologies comme la maladie d'Alzheimer par exemple, qui transforme totalement le malade au point qu'il devient autre, lui aussi.
Le texte et sa mise en image sont suivis de deux témoignages, l'un concernant l'euthanasie, l'autre la gestion du coma par les familles. Que l'on soit d'accord ou non avec les propos tenus, la question posée reste importante, à savoir celle de l'adéquation de la solution médicale à la situation humaine.
Un livre touchant.
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bookaure
  07 avril 2012
Je ne suis pas une grande lectrice de BD, je n'en lis pratiquement jamais, mais c'est assez secouée que je referme cet ouvrage.

Dans Journal d'un adieu, Pietro Scarnera évoque les cinq années qui ont suivi l'attaque cardiaque de son père. Il y décrit aussi bien les conditions de vie des patients (machines, chambres d'hôpital, diverses infections...), que les émotions que peut ressentir un proche dans une telle situation: cette personne est-elle toujours celle que j'ai connu auparavant? Dois-je me sentir me coupable de penser que la mort serait une délivrance pour elle?...

Le style des dessins est en complète adéquation avec le texte: ils réussissent à traduire l'absurdité de certaines situations, et aussi à traduire les sentiments de manière très vraie.
Les sujets sensibles que sont la fin de vie, l'acharnement thérapeutique et la question de savoir si l'on a le droit ou non de décider de sa mort, sont traités ici de manière sobre et cartésienne, sans tomber dans des pages de pathos.

En bref, il s'agit d'une bande dessinée qui évoque un sujet pas amusant, mais qui pose des questions essentielles. Elle le traite avec le ton adéquat et c'est ce qui plait.
Je la recommanderais vivement à toute personne traversant ce type de situation, car je pense qu'elle peut vraiment aider à se sentir moins seul et à mieux comprendre ce que l'on ressent face à une telle épreuve.

Sans doute, l'émotion que cette lecture a suscité en moi n'est pas étrangère au fait que j'ai perdu moi aussi une personne proche, il y a moins d'un mois, après plusieurs années dans un état quasi-végétatif, mais j'ai dans tous les cas été extrêmement séduite par cette bande dessinée, et dire encore une fois que je la recommande chaudement ne sera pas de trop.
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alouett
  05 avril 2012
En 2003, le père de l'auteur fut victime d'un arrêt cardiaque. Si l'intervention des premiers secours le ramène à la vie, il ne se remettra jamais de cette attaque.

S'ensuit une longue prise en charge médicale : Service hospitalier de réanimation, Centre de réadaptation et Clinique privée spécialisée. Ce parcours a duré de 2003 à 2008. Cinq années à visiter son père quotidiennement, à relayer les membres de sa famille pour assurer une présence permanente auprès de ce père devenu absent. Cela dans le but de le stimuler, de le solliciter… et d'apprendre à l'aimer autrement.

-

En postface, Fulvio de Nigris (Directeur d'un Centre d'études pour la recherche sur le Coma) souligne que « le coma représente un changement, pas seulement pour le patient, mais aussi pour les membres de sa famille qui doivent établir une relation avec une personne différente. le premier contact avec cette nouvelle personne (…) est une situation déroutante, face à laquelle il est difficile de savoir comment se comporter. Il peut y avoir une situation de rejet, mais cela peut également être le commencement d'un parcours vers l'acceptation et l'adaptation ».

C'est de cette démarche individuelle dont il est question dans cet album. le ton intimiste teinte le récit dès la première planche. Les dessins minimalistes imposent une forme de silence respectueux, il m'a accompagné durant toute la lecture.

En toute simplicité et de manière très humaine, Pietro Scarnera parle de son expérience. Au moment du drame, en 2003, l'auteur avait 24 ans. Avec pudeur, il se souvient de ce qu'était son quotidien : ses inquiétudes, ses attentes et tout le panel d'émotions par lequel il est passé. Un homme en permanence tiraillé par des sentiments contraires, entre l'espoir d'une possible amélioration et le besoin que tout s'arrête pour pouvoir enfin tourner la page sur cette interminable lutte contre la mort. On a l'impression qu'il a affronte seul les événements, comme s'il ne souhaitait pas déstabiliser davantage les membres de sa famille en se confiant à eux. Il tente de rationaliser les réactions physiques de son père… et il espère. Parfois, on le sent flotter, incapable de maîtriser ce sentiment d'angoisse permanente qui l'habite. En parallèle, on le voit attentif au fait de ne pas fuir sa propre vie : poursuivre ses études et maintenir un minimum de liens amicaux (mais on ne le verra pas en dehors des murs des établissements de soins). L'album dispose d'un rythme narratif atypique puisque le temps est suspendu aux battements de coeur saccadés du père de l'auteur.

Sans pathos et sans amertume, ce témoignage est certainement l'occasion pour l'auteur de conclure significativement ce long travail de deuil débuté malgré la présence de son père. Grâce à des ressentis qu'il exprime très clairement, on comprend sans difficulté comment telle ou telle situation se sont imprimées dans sa mémoire, à tel point qu'il peut les retranscrire fidèlement. J'ai trouvé ce récit fluide et accessible. Car s'il m'est facile d'imaginer ce qu'induit le fait de vivre aux côtés d'une personne en train de mourir, il m'est plus difficile d'appréhender la souffrance et l'inquiétude permanente que cela sous-tend à très long terme. Cinq ans ! Voire plus pour certaines familles croisées durant ce témoignage. Pietro Scarnera nous fait percevoir cette réalité.
(...)
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Zazette97
  23 avril 2012
Publié en 2009 en Italie et disponible en français dès demain, "Journal d'un adieu" est le premier roman graphique de l'illustrateur italien Pietro Scarnera.

Durant 5 années, le quotidien de Pietro Scarnera s'est articulé autour de ses visites quotidiennes à l'hôpital où se trouvait son père qui, suite à un arrêt cardiaque, était plongé dans un état végétatif.
L'auteur retranscrit et illustre, étape par étape, l'attente interminable, prélude à la découverte d'un homme qui ne ressemble plus au père qu'il a connu autrefois, ce monde qui le sépare de médecins habitués à côtoyer toutes sortes de patients, la quête d'un regard ou d'un geste significatif, le moindre signe de vie qui lui donnerait l'espoir de pouvoir revoir son père tel que dans son souvenir.

Difficile d'évoquer un tel sujet sans tomber dans un certain pathos. Et pourtant Pietro Scarnera y est parvenu, un peu trop à mon goût...
J'ai apprécié le choix de la bichromie pour représenter ce lieu au temps suspendu, stérile et silencieux qu'est l'hôpital. Appuyé par un trait épuré voire même minimaliste, ce contraste noir et blanc renvoie également aux sensations de vide et de solitude éprouvées par le narrateur lorsqu'il tente d'entrer en contact avec son père ou se pose des questions quant à une possible amélioration de son état.
Bien que je ne sois pas très fan de ce genre de dessins (je m'amusais à colorier ce type de visages indifférenciés quand j'avais 5 ans), je reconnais que les images convoquées par l'auteur attestent d'un réalisme indéniable.

Seulement voilà, durant ma lecture de ces 80 pages, je suis restée sur cette impression de lire un manuel destiné à expliquer le coma aux enfants, utilisant par exemple le mot "docteur" pour "médecin" ou "mort de peur" là où "effrayer" aurait selon moi mieux convenu à un lectorat adulte.
Mais peut-être était-ce là la volonté de l'auteur que de nous renvoyer à ce sentiment de petitesse qu'entraîne la peur et l'impuissance face à la perte d'un être cher.
Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé ce narrateur un peu trop simplet, lisse, clinique dans sa façon d'évoquer des souvenirs supposés douloureux et l'émotion n'a donc pas été au rendez-vous malgré le thème abordé.
J'aurais aimé que le dépouillement graphique soit soutenu par une plus grande maturité dans le discours.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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VanessaV
  09 mai 2012
Au fil des pages, cinq années se succèdent et avec elles, cette vie conditionnée aux visites à l'hôpital. Pietro raconte les lieux, ceux-là même que nous ne découvrons normalement que pour un laps de temps défini, une maladie, une maternité, un accident. Et pourtant là, ils deviennent lieu de vie. Son père est dans le coma et va changer de services mais reste entre ces murs impersonnels. La chambre, les couloirs, la salle à café, la salle d'attente. Ce sont les gestes de gène, de tristesse, puis la prise d'habitudes...

C'est aussi un corps, des mesures thérapeutiques de survie. Un corps différent de l'homme vivant. Où est donc le papa? Est-il coincé dans ce corps? Est-il déjà mort? Tout est mis en place pour le tenir dans son état, pour croire en une amélioration... c'est une attente de la famille épiant chaque détail... le mouvement des yeux... et une succession de prise en charges médicales.

C'est de cette attente qu'il s'agit. de l'état végétatif qui n'est pas la vie. Une attente de récupération voire de réadaptation, une attente d'avis médicaux plus francs, une attente de la mort.

Il est aussi question, bien-sûr, de la relation du fils au père. le retrouver dans ce corps inerte, le retrouver aussi sans corps, retrouver ce qui fait de l'homme le papa. Des objets mais aussi des gestes, des mimiques... une reprise de la mémoire.

L'auteur nous parle là de sa vie et tous les détails donnent de la texture à ce témoignage. La bande dessinée aux bulles faites de détails, et non de pathos, est suivie d'autres témoignages sur le coma, l'attente des familles, le choix des victimes sur leurs lits.
Lien : http://1pageluechaquesoir.bl..
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MlleLit
  21 avril 2012
De l'efficacité de la sobriété pour raconter l'histoire poignante d'un père dans le coma pendant plusieurs années vu par son fils.
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