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Duca Lamberti tome 2 sur 4
EAN : 9782743621452
266 pages
Payot et Rivages (13/10/2010)
3.9/5   31 notes
Résumé :
Les qualités de cette série demeurent aujourd'hui éclatantes. Mais ce qui marque définitivement, c'est évidemment la superbe complexité de son personnage central, Duca Lamberti. Perpétuellement tendu, incertain, douloureux, cet antihéros au visage ambigu est un ancien médecin radié de l'Ordre à la suite d'une affaire d'euthanasie qui a bouleversé sa vie. Un être profondément déchiré, portant sur le monde et les humains un regard amer et désabusé, mais dans le même t... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Duca Lamberti est un ancien médecin, radié de l'Ordre pour avoir euthanasié l'une de ses patientes. Sorti de prison, il se retrouve sans emploi et désoeuvré.

Le père de Lamberti était policier : l'ancien médecin a donc des contacts avec les services de police milanais. Ceux-ci vont lui être bien utiles lorsqu'il se retrouve plongé dans une affaire assez douteuse, à l'occasion de laquelle un homme lui propose sa réintégration dans l'Ordre des médecins contre une hyménoplastie pratiquée sur une jeune femme devant se marier.

A tous les râteliers est un « vieux » polar, écrit en 1966. Pourtant, à la lecture, à part quelques détails (comme l'absence de téléphones portables), on pourrait presque se croire dans le Milan d'aujourd'hui.

Duca Lamberti se retrouve aux prises avec une bande organisée, spécialisée dans des trafics divers. L'ex-médecin va très vite se prendre au jeu et commencer à se poser des questions sur son propre avenir : si on lui donne l'occasion de réintégrer l'Ordre des médecins, que fera-t-il ? Veut-il réellement redevenir médecin, ou préférerait-il marcher dans les traces de son père et intégrer les services de police ? Ce polar propose donc plus qu'une enquête policière, puisqu'on suit un personnage principal très caustique, qui porte un regard assez ironique (presque désabusé) sur sa vie et sur son pays.

Les personnages créés par Scerbanenco sont tous très hauts en couleurs, même si l'auteur n'est pas spécialement tendre avec les femmes. Seule Susanna semble trouver grâce à ses yeux, peut-être parce qu'elle est Américaine et non Italienne. Toutes les autres sont soit vieilles avant l'âge, soit extrêmement vulgaires. Ce n'est pas trop choquant, pourtant, car étant donné le milieu dans lequel évoluent ces femmes, on comprend pourquoi l'auteur les dépeint de la sorte.

Nous suivons, à travers les 250 et quelques pages de ce polar, trois histoires de vengeance liées entre elles. le tout donne un récit très intelligent, dans lequel tout se joue dès la Seconde guerre mondiale…

A tous les râteliers est un polar assez noir et aussi très graphique, avec de belles descriptions de l'atmosphère milanaise et de moins beaux passages, où les détails des crimes commis ne nous sont pas épargnés. le récit est très réaliste et bien écrit et l'enquêteur atypique de Scerbanenco est très intéressant à suivre.

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Comment un jeune médecin, radié de l'Ordre pour euthanasie, peut-il gagner sa vie ? Il serait tentant pour Duca Lamberti d'accepter l'argent et l'aide que lui propose Silvano Solvere, l'ami d'une jeune femme qui voudrait faire recoudre son hymen avant son mariage avec un boucher ombrageux. L'opération lui répugne, mais a-t-il les moyens de résister à cette offre tentante ? Plein de scrupules et soupçonneux à l'égard de celui qui lui demande ce service, il décide de demander conseil à Carrua, le policier, ami de longue date de la famille. Contre son avis, Duca décide d'accepter l'intervention dans le seul but de s'informer sur les individus que fréquente la jeune femme. Cette dernière laisse dans l'appartement du médecin une mystérieuse valise qui devient l'enjeu des convoitises du milieu quand Silvano Solvere et sa maîtresse sont assassinés au cours d'un trajet en voiture.

Scerbanenco montre, dans cet ouvrage, l'entrée encore officieuse de Duca Lamberti dans la police milanaise. Nous retrouvons ce ton si particulier qui est sa marque de fabrique, fait de pessimisme sur la nature humaine et de compassion pour les victimes. L'histoire est sombre, les personnages sont comme habités par une fatalité qui les conduit au vice ou au crime et Duca, comme les autres, possède sa part d'ombre et de violence. Sur fond de trafic d'armes entre la France et l'Italie, nous découvrons un pays qui vit encore avec les séquelles de la seconde guerre mondiale, où les organisations criminelles se reconstruisent sur le terreau du marché noir, de la trahison et de la collaboration. Chez Scerbanenco, personne n'échappe à la lèpre du crime, jeunes comme vieux, hommes comme femmes, et Suzanna Paany, la jeune Américaine qui a vengé son père livré aux Allemands par des faux résistants, fait exception en venant se livrer aux autorités après ses deux meurtres. Car le mal s'attaque aussi aux innocents et Duca ne l'oublie pas en regardant le visage abîmé de Livia Ussaro qui, malgré les efforts des chirurgiens d'une clinique privée, porte toujours les cicatrices des entailles infligées par un sadique.

L'Italie de Scerbanenco n'est ni joyeuse ni superficielle. Son Milan est souvent baigné de brumes ou écrasé par la chaleur. La tristesse se lit sur les visages fatigués et les vies brisées sont le lot commun des mortels. Mais la droiture, la loyauté, l'amour de la famille sont encore les seules forces qui restent à l'homme pour échapper à la gangue de la corruption et du profit, en tout cas, ce sont les seules ressources qui restent à Duca Lamberti pour affronter une existence où l'injustice le dispute au lâche abandon.

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Deuxième opus de la série Duca Lamberti, Ils nous trahiront tous (publié en France lors de sa sortie sous le titre A tous les râteliers, le livre a bénéficié d'une nouvelle traduction en 2010) est un roman réjouissant, découvert très tard pour ce qui me concerne. Il mérite d'être (re)lu pour deux raisons :

1. Il propose un « héros » atypique, Duca Lamberti, médecin radié de l'ordre et emprisonné pour avoir pratiqué une euthanasie (cf. Vénus privée), un peu enquêteur privé à ses heures mais collaborant volontiers et même étroitement avec la police de Milan avant de la rejoindre officiellement. Duca est un mélange de détective « hard-boiled » ne rechignant pas à pratiquer des interrogatoires musclés quand il s'agit de crapules mais pouvant faire preuve de compréhension voire de compassion quand les suspects s'avèrent être plus victimes que coupables. « Contradictoire, sensible, inquiet, confronté à des choix douloureux » comme le définit Claude Mesplède, c'est un homme honnête (il ne vendra pas son âme pour réintégrer le corps médical) et, finalement assez attachant, malgré un petit côté machiste.

« Elle devait avoir autour de trente-cinq ans, n'était en rien attirante, mais quelqu'un, peut-être par courtoisie, lui avait fait un enfant. » © Rivages/Noir, 2010

2. La série (quatre romans) même habilement des intrigues solides et une description du milieu social italien et milanais des années 70, abordant des thèmes comme le trafic de drogue et d'armes, la manipulation d'esprits faibles, etc. Avec en fil rouge le rôle de la police et ses difficultés à faire son travail.

« En Italie, le policier prend des coups de tous les côtés, les pavés des grévistes, les balles et les couteaux des braqueurs, le mépris et les insultes des honnêtes citoyens, les accès de colère des supérieurs. Et très peu d'argent de l'État. » © Rivages/Noir, 2010

Ils nous trahiront tous – titre plus conforme au contenu du roman que A tous les râteliers, très « Série noire » et jugé certainement plus vendeur à l'époque – traite de vente illégale d'armes et de mescaline et met en scène une brochette de personnages sans moralité et sans scrupules, prêts à toutes les trahisons, même et surtout quand il s'agit de leurs propres comparses. D'où des rebondissements, des poursuites, des fusillades et des exécutions particulièrement violentes… le roman revient aussi – dans un flash-back un peu long – sur un épisode de la seconde guerre mondiale qui entraîne un désir de vengeance ; cela arrive un peu abruptement vers la fin du livre, mais comme Giorgio Scerbanenco a du métier (51 romans et 181 contes et nouvelles en moins de quarante ans) il retombe habilement sur ses pieds.

Pas de grandes inventions au niveau d'une intrigue parfois déroutante (cf. supra) et des scènes assez typiques du genre dans Ils nous trahiront tous mais on retiendra une utilisation adroite des analogies dans l'exécution des trois doubles crimes qui ponctuent le roman (lieux, modus operandi…). Côté ambiance, c'est un roman rugueux, cruel et sombre, alliant modernité – les trafics ne changent pas avec les années – et aspect rétro, années 70 obligent. Giorgio Scerbanenco mérite bien son titre de créateur du roman noir italien.


Lien : http://www.polarsurbains.com..
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Scerbanenco a un style très particulier pour parler de Milan dans les années 60 : entre l'ironie et le cynisme, même le climat de la ville suit les doutes et les angoisses du personage principal, le docteur Duca Lamberti. Cet antihéros est un médecin radie de l'Ordre à la suite d'une affaire d'euthanasie, qui decide alors de collaborer avec la police, suivant les pas de son père. Un moment anthologique est la lettre que, poussé par le commissaire Carrua, Duca écrit à l'Ordre de médecin pour demander sa reintegration : il copie la lettre d'ABJURATION de Galileo Galilei. Et ça resume bien et le personnage et le style de l'auteur. Une vrai délice !!!

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Une intrigue juste ce qu'il faut de complexe et une rédaction volontaire et incisive: un bon policier de l'école italienne.

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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation

Quand on dit Marseille, Chicago, Paris, on pense à des grandes métropoles, bourrées de délinquants, mais pas Milan, car les imbéciles ne s’imaginent pas qu’il s’agit d’une grande ville, ils cherchent encore ce qu’ils appellent la couleur locale, la brasera, la pesa… Ils oublient qu’une ville de deux millions d’habitants a une vocation internationale et pas locale, que des salauds arrivent du monde entier, des fous, des alcooliques, des drogués ou simplement de pauvres diables en quête d’argent qui vont louer une arme, voler une voiture et sauter sur le comptoir de la banque en hurlant “Tout le monde à terre”, comme ils ont entendu qu’il fallait le faire.

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On peut très bien quitter un homme qui vous plaît pour en épouser un autre qui vous paraît ridicule. Mais après il faut aller vivre là-bas, dans son pays. Je me suis déjà enfuie de ce pays, quand j’étais petite. Je n’y tenais plus. Si encore c’était un vrai petit village. Non, c’est un groupe de quatre fermes qu’on n’ose pas même appeler un hameau. Ça s’appelle Ca’Tarino di Romano-Banco à Buccinasco. Quand on a fini d’écrire l’adresse, le stylobille est à sec.

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Le cas particulier, très humain, concernait une jeune fille qui allait se marier. Son futur mari exigeait qu’elle soit vierge et croyait vraiment qu’elle l’était. La jeune fille n’avait pas eu le courage, ce qui est profondément humain, d’avouer à son fiancé qu’elle avait perdu sa virginité dans un aveugle – et lointain – transport d’amour. Mais si le cher homme, après les noces, découvrait la vérité, il était capable de la tuer. La petite opération permettait de résoudre la question avec élégance et sans drames. L’époux se réjouirait de la virginité de sa femme, qui ferait un bon mariage.

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Un médecin, c’est le policier du corps, la maladie, c’est presque toujours un criminel à découvrir, à suivre pas à pas. Tu as pu être un bon médecin parce que tu es un policier comme ton père.

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Après tout, elle n’était pas tueuse de profession ; mais, en théorie, elle était très documentée, elle savait tout. Les façons de tuer sont innombrables, mais elle les connaissait presque toutes. Ainsi une aiguille à tricoter portée au rouge et enfilée dans le foie provoque la mort dans des souffrances atroces, avec une cruelle lenteur.

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Video de Giorgio Scerbanenco (1) Voir plusAjouter une vidéo

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