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EAN : 9782350720180
240 pages
Éditeur : Editions Nuit d'Avril (10/02/2006)
3.56/5   34 notes
Résumé :
Dans sa sombre masure, au cœur du Moyen-Âge, une jeune fille attire les convoitises par sa sublime beauté. Amoureuse en secret de son frère adoptif, amie d’un étrange occultiste vivant à l’écart du village, elle semble prête à tout pour sortir de sa misérable condition de paysanne.
Le destin lui offre l’occasion de croiser le fils du puissant seigneur Sorsele, mais cette rencontre ne se déroule pas sous les meilleurs auspices : violentée, battue, elle se retr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Soleney
  18 octobre 2017
J'ai été bluffée par deux choses : l'écriture, fine et précise, et l'histoire, chaotique à souhait.
Pour ceux qui ne connaissent pas, je vais faire un résumé (très) détaillé des trois premiers chapitres (attention, spoilers !).
L'héroïne, qui n'a pas de nom, vit au 15e siècle dans un village paumé et est amoureuse de son frère adoptif. le jour où ils couchent ensemble, ils décident de rentrer chacun de son côté pour ne pas éveiller les soupçons, mais elle croise le fils du seigneur du coin qui, affriolé par sa mise, la viole, la kidnappe et l'enferme dans une cellule moisie. La nuit même, un démon apparaît à la jeune fille, prétendant pouvoir lui donner le moyen de se venger. « de qui voudrais-tu voler l'anatomie ? – Anders est un être parfait. Il est magnifique et aura bientôt la seigneurie en succession. Il est injuste qu'un tel imbécile soit pourvu de toutes les grâces, tandis que moi je souffre en silence… Je veux son corps ! » le démon la vampirise et la laisse comme morte. le lendemain, son violeur se jette à ses genoux en pleurant, assurant qu'il n'était pas dans son état normal et qu'il fantasmait sur elle depuis longtemps. Il est bien fait de sa personne, alors elle lui pardonne et entame un amour secret avec lui. Mais voilà : sa nature est en train de changer. Au bout du sixième jour, elle ne peut résister à l'appel du sang, dévore son amant… Et prend son apparence !
Ce livre est une succession d'épisodes trashs et choquants. Au début enthousiasmée par l'écriture de l'auteure, je suis passée sur quelques détails qui auraient dû m'alerter. Je ne résiste pas au plaisir de faire un petit récapitulatif :
Tout ceci aurait dû m'annoncer que ça n'allait pas tarder déconner. Pour moi, la descente aux enfers commence quand Elle prend involontairement l'apparence de son amant après l'avoir vidé de son sang. Elle perd le sens de la réalité, devient bipolaire, se met à haïr gratuitement des gens qu'elle vient de rencontrer, les met à mort sans sourciller. « Normal, elle est bouleversée après les épreuves qu'elle a traversé. »
Mais non ! En tout cas, je n'ai clairement pas ressenti la mort d'Anders comme étant une souffrance insurmontable. D'ailleurs, Elle se fait très vite à son nouveau corps. « Alors c'est sa transformation, qui l'a changée plus que de raison. »
Sans aucune transition ? Sans qu'elle-même s'en aperçoive ? Sans se remettre en question (elle le fait, mais beaucoup trop tard) ?
C'est mal fait. Cette transformation soudaine d'une jeune fille de seize ans, bien que prétentieuse et égocentrique, en un monstre amoral n'est pas DU TOUT crédible.
En somme, les personnages étaient mal maîtrisés. Leur évolution était mauvaise, leur comportement était mal rendu, leurs atermoiements étaient pénibles au lieu de les rendre profonds. Plus on les connaît, plus on se détache – un comble. Mais LE comble, c'est qu'on s'efforce de nous présenter le personnage principal comme étant un être bon malgré son sale caractère. « C'est vrai qu'elle tue à tour de bras, mais elle pourrait en tuer encore plus ! »
Ah bon ?
C'est vrai qu'à côté de Maynard, Anders fait office d'enfant de choeur.
MAIS il n'en est pas moins un sacré salaud, complètement indifférent au sort d'autrui.

Mais revenons sur un détail.
À quoi servait l'amourette avec Kethel ? Longtemps, j'ai cru qu'on allait le revoir, qu'il allait permettre à Anders de se remettre en question, de se souvenir de la jeune fille qu'il/elle était, que ces retrouvailles allaient susciter des émotions terribles, entre l'amour, la déception et le désespoir.
Non, Kethel ne revient pas. Il ne sert à rien.
À part caser une scène de pseudo-inceste pour nous pseudo-dégoûter.

Bref, je suis complètement passée à côté de l'histoire. À part l'écriture (vraiment très très bien, j'insiste là-dessus), je n'ai pas vu de point positif. Finalement, j'ai l'impression d'avoir lu une fanfiction améliorée plutôt qu'un roman – sans doute à cause des scènes de sexe, ça me fait penser au yaoi.
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Melisende
  21 juin 2015
Afin de préparer au mieux le festival des Imaginales le mois dernier, je m'étais lancée le défi de lire un maximum de titres d'auteurs présents, histoire d'avoir quelques mots à échanger avec eux au moment de la dédicace. C'est donc à cette occasion que j'ai décidé de sortir le premier tome de Virginia Schilli de ma PAL, désireuse de découvrir la plume de cette jeune auteure et, ajoutant au passage un nouveau titre des éditions du Riez à mon actif.
Malheureusement, et à mon plus grand regret, je n'ai pas vraiment apprécié ma lecture. Je lui reconnais de belles qualités - notamment littéraires - mais l'intrigue n'a pas su m'accrocher. Je ne lirai donc pas la suite mais vous encourage à jeter un oeil à Par le sang du démon si le thème fait partie de ceux que vous appréciez.
Virginia Schilli nous propose ici une histoire de démons et surtout de vampires. A la base, j'apprécie le thème avec modération mais n'en suis pas plus friande que ça. J'ai lu quelques classiques (Dracula, Carmilla, Entretien avec un vampire) et des choses plus modernes (La Communauté du Sud, Rebecca Kean...) qui traitent le mythe de façon assez différentes mais finalement, ce que je retiens le plus de tout ça, c'est le passage de l'humain au monstre et ce qu'il reste "d'âme" après la transformation.
Anne Rice s'y attarde assez brillamment et Virginia Schilli nous offre elle aussi un personnage qui se questionne sur son humanité. Malheureusement, là où Louis avait su me toucher, le héros de Par le sang du démon m'a laissée de glace car je n'ai jamais réussi à le comprendre.
L'auteure met en scène une jeune fille de 16 ans, belle paysanne du Moyen Age qui attire les convoitises et fait jaser. Son but : séduire son frère adoptif et sortir de la fange dans laquelle elle a été élevée. En chemin, elle tombe un jour sur le fils du seigneur du coin qui, séduit, la violente et la kidnappe. Enfermée dans sa geôle, la demoiselle est visitée par un démon qui lui propose de l'aider... mais il faut évidemment se méfier des pactes conclus dans l'urgence. Anders, le fils coupable, veut s'excuser, il s'en veut. L'héroïne lui pardonne et tombe amoureuse du jeune homme, éblouit par sa beauté et sa richesse... malheureusement, sa nature a changé depuis sa rencontre avec le démon et lors d'ébats, sa soif de sang est telle qu'elle tue son amant... et prend sa place dans son corps (car une partie de son souhait était de prendre la place sociale du fils du seigneur). Dorénavant dans un corps d'homme et atteinte d'une soif inextinguible, notre héroïne/héros doit réapprendre à "vivre", avec tout ce que sa nouvelle nature implique !
Je n'ai pas apprécié ce personnage. J'ai tout d'abord détesté cette jeune femme imbue d'elle-même, méprisante et méprisable. Et puis, alors que l'horreur lui tombe dessus, je n'ai pas compris ses réactions et surtout ce syndrome de Stockholm accéléré. J'ai eu un peu plus d'empathie lorsqu'elle (devenue il par la force de la transformation) se questionne sur son besoin de tuer mais une nouvelle fois, j'ai été complètement déstabilisée par son retournement de veste à l'arrivée dans son entourage d'un personnage encore plus cruel. du vampire implacable, le héros se transforme en moralisateur choqué par les actes de son compagnon... les réactions, émotions et sentiments changent trop soudainement pour qu'ils soient crédibles et compréhensibles du lecteur, à mon avis.
Ayant eu trop de mal avec le personnage principal, j'ai de ce fait ressenti une grande distance avec ses aventures et donc avec l'intrigue qui, même si elle n'est pas inintéressante, n'a pas su m'accrocher. Je me suis ennuyée, je n'ai jamais réussi à me sentir impliquer et donc à entrer dans l'action.
Pour le coup, c'est une impression tout à fait personnel qui est due à mes goûts et mes attentes de lectrice mais aussi, peut-être, à mon état d'esprit (peu concentré) lors de ma découverte de ce premier tome. Je suis persuadée qu'il y a un moment idéal pour chaque livre et je n'étais définitivement pas dans la meilleure optique lors de ma lecture.
Malgré tout, et c'est le point positif de ce premier tome, j'ai été franchement impressionnée par la plume de la jeune Viriginia Schilli. Je ne sais pas s'il s'agit de son premier roman mais le moins que l'on puisse dire, c'est que le style est maîtrisé.
L'auteure utilise un vocabulaire et des tournures de phrases pas mal travaillés mais sans non plus tomber dans le pédant ou le pompeux. C'est riche et bien construit mais n'en demeure pas moins fluide et agréable. L'exercice n'est pas évident et je salue la prouesse.
Finalement, Par le sang du démon n'est pas mauvais, il n'est juste pas fait pour moi puisque ce que je lui reproche n'est lié qu'à des goûts personnels. Je suis donc persuadée que d'autres lecteurs seront à la fois séduits par la plume mais aussi et surtout par les personnages et l'histoire dans laquelle ils évoluent ! Je ne renonce donc pas aux écrits de Virginia Schilli, peut-être qu'une autre histoire, avec un autre thème, saura me convaincre de A à Z ?
Lien : http://bazardelalitterature...
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Xian_Moriarty
  02 octobre 2014
Un premier tome qui fut une bonne surprise, mais qui souffre de nombreux défauts.
J'avoue que le style de l'auteure m'a tout de suite surprise. J'ai immédiatement été happé par ce récit à la première personne. L'écriture est poétique tout en étant rude, parfois violente. Son style particulier nous met tout de suite dans l'ambiance sombre et glauque.
J'adore détester les personnages. L'héroïne de cette histoire est antipathique au possible : bien que l'on comprenne son désir de s'émanciper de son milieu social, il est très désagréable de la voir mépriser ainsi ses congénères. C'est une femme de caractère qui sait ce qu'elle veut. L'auteure nous offre un personnage féminin puissant qui ne cessera de nous surprendre. Je me suis même étonnée à m'attacher à elle au fur et à mesure de l'histoire, car il y a une vraie évolution dans son comportement.
Pour ce qui est des autres, chacun a été très bien travaillé, avec des caractères complexes.
Pour l'intrigue, j'avoue n'avoir pas été particulièrement surprise, mais l'histoire se laisse bien lire (grâce au style) et reste très agréable. Ceci dit, l'auteure nous propose quelques originalités assez intéressantes. Surtout que le récit traite beaucoup d'histoire d'amour.
Hélas, il y a pas mal de petits défauts qui gâchent un peu le récit.
La première chose qui m'a gêné, c'est le mot « vampire ». le mot apparait un peu comme un cheveu sur la soupe. On comprend vite qu'on a affaire avec ce genre de créature, mais l'auteure n'en dit rien à sa première apparition. Il est dommage que ce terme apparaisse plus tard dans le récit.
L'histoire, bien qu'encrée dans le moyen-âge, reste relativement intemporelle et sans localisation particulière dans la géographie. Ce n'est pas un mal, mais c'est perturbant quand les localisations géographiques réelles sont citées, comme la Scandinavie. Je pense que le récit aurait gagné en puissance en restant plus neutre (à moins que les deux suites ne me contredisent).
Enfin, je vais terminer avec ce qui a été le gros point noir de ce récit. La relation amoureuse qui se développe entre l'héroïne et son violeur. Avec un syndrome de Stockholm, j'aurai été mal à l'aise, mais j'aurai accepté le principe. Mais là, c'est juste pas possible ! le coup de « il était bourré » et encore pire « il est super canon », c'est juste insupportable ! Rien, absolument rien, n'excuse un viol. Je ne vais pas m'étendre sur ce sujet, mais je n'ai pas du tout aimé cette relation. Ce détail m'offusque d'autant plus que je pense qu'il y avait beaucoup de choses à faire avec les deux protagonistes au niveau relationnel (sans forcément parler de romance) tout en gardant l'idée du viol. Notre héroïne est tellement ambitieuse qu'elle aurait très bien pu faire abstraction de cette humiliation pour parvenir à ses fins. Bref… Voilà quelque chose qui m'a profondément déçue et surtout très choquée !
Malgré ce dernier point très négatif, j'ai passé un bon moment de lecture. L'univers de ce cycle est vraiment très plaisant et je serais curieuse de découvrir la suite un jour.
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DawnG
  26 juin 2013
Par le sang du démon de Virginia Schilli est une jolie découverte.
Il était temps que je continue mon exploration des titres de ma PAL publiés aux Editions du Riez, après Un autre et le ballet des âmes, je me suis penché sur Par le sang du démon en vu des Imaginales, où l'auteure était présente.
Virginia Schilli nous entraine dans le passé, au XVème siècle, au temps des serfs et des seigneurs, une période médiévale avec laquelle j'ai souvent beaucoup de mal et ici, on tient une exception, ça ne m'a pas déplut cette période pour une fois ! le récit est fait à la 1ère personne, on suit une jeune fille issue d'une famille de paysans sales et sans éducation, assez pauvres et pieux. On découvre tout de suite que notre narratrice (qui n'a pas de nom) déteste sa condition, loin d'être ignorante et naïve, elle déborde au contraire, d'ambition et souhaite plus que tout se défaire de sa condition. A 16 ans, elle est grande, belle et douée. Elle est aussi très arrogante et très (trop) sure d'elle ! Et … je l'ai d'emblée détesté ! Rien à faire, je n'arrive pas à avoir de l'empathie, de l'attachement ou de l'affection pour ce type de personnage (surtout quand il n'a pas de nom) ! Mais on ne peut pas dire, Virginia Schilli nous croque une héroïne avec un tempérament qui ne laisse pas le lecteur indifférent.
C'est avec brio que Virginia dépeint la vie de cette jeune fille qui repousse les avances des hommes alors que de par sa condition elle ne peut espérer mieux qu'un mariage. C'est que notre héroïne en pince pour son frère ainé Kethel. Ce dernier est grand, fort et vigoureux et on comprend vite qu'il n'est le frère de cette jolie garce que sur le papier, il a été recueilli par ses parents. Kethel lui aussi doit se marier et cela rempli sa soeur de jalousie et de haine envers l'éventuelle promise. J'avoue que ce point de départ ne m'a pas beaucoup plut, j'avais peur d'une énième histoire d'amour impossible mais possible quand même. Bref, j'aurai pu m'arrêter là et grand bien m'en a pris de continuer ! Parce que cette trame vole ensuite en éclat pour nous amener dans un univers tout autre, sombre et envoutant.
Notre héroïne va croiser le chemin du fils Sorcele, le seigneur du coin, et les choses vont prendre une tournure différente. Pour moi, l'histoire commence vraiment là avec la rencontre avec Anders. On va alors changer de décor, suivre notre héroïne et Anders. Mais attention, l'aventure est loin d'être rose et l'histoire ne sera pas qu'une simple histoire de vampires. Virginia Schilli s'approprie le genre et en fait un traitement audacieux et original. le lecteur croisera des personnages touchants, d'autres horribles. Et découvrira que les apparences sont bien souvent trompeuses ! J'ai beaucoup apprécié ne pas savoir où tout ça allait me mener ! Et en me laissant porter, je suis allée de surprises en surprises, n'ayant pas entrevu certains retournements de situation.
Je me suis plus attachée à Anders, qu'à notre narratrice et c'est Ô combien surprenant ! (ceux qui l'ont lu comprendront je pense). Et certaines choses qui m'auraient semblé complètement étrange ou impossible dans d'autres livres, m'ont conquises ici, parce que tout est si bien décrit, imagé. Même si j'aurai aimé un peu plus de rythme dans l'histoire, la lecture est agréable et aisée. La fin est peut être un poil trop rapide. En tout cas, il y a une fin même si c'est là, un premier tome d'une trilogie.
Cependant, plus que l'histoire, ou l'intrigue (ce type de récit n'est pas vraiment ma tasse de thé de prime abord), j'ai adoré la plume de Virginia Schilli, une plume sensible et aguerrie, pour un premier roman c'est épatant ! le style est soutenu (ni trop, ni lourd), le vocabulaire est recherché, les descriptions sont très réussies, la psychologie des personnages très travaillée. On plonge dans l'univers vampirique et le moyen-âge sans aucune difficulté, Virginia Schilli est talentueuse, elle a réussi à me surprendre, à m'immerger dans son imaginaire et à me donner l'envie de tourner les pages !
Par le sang du démon est une jolie découverte, une jolie surprise, que je conseille aux fans et non fans de lecture vampirique (à tous quoi!), parce que le talent de Virginia Schilli est présent à chaque page, que les personnages sont travaillés et que l'ambiance créée est particulièrement réussie.
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Aelynah
  05 septembre 2018
Notre personnage principal est une jeune femme belle et insoumise dans un monde qui n'en a cure. le moyen-âge, on s'en est rendu compte n'en a que faire des "femelles" qui ne sont que bras pour travailler et ventre pour procréer.
Elle se rebelle à sa manière en côtoyant des personnages hétéroclites comme un étrange occultiste ou des laissés pour compte. Elle sait que son existence ne devrait pas être cantonnée à ses tâches ménagères et cette servitude. Elle acquiert alors des connaissances qui lui donnent du pouvoir.
Du moins le pense-t-elle.
Car elle est intelligente la bougresse, et dégourdie mais aussi naïve et pas si indépendante qu'elle veut le croire.
Pourtant c'est sa jeunesse qui va la perdre en laissant parler sa vanité. En la poussant à se pavaner dans des atours inacceptables pour son sexe et qu'une souillon de son espèce n'oserait espérer voir en rêve, des mots se chuchotent sur son passage « catin », « sorcière ». Mais elle n'en tient pas compte et espère toujours trouver un moyen de passer outre sa condition.
Alors quand le destin va lui permette de changer tout cela, sa colère et son ressentiment lui dicte de le suivre sans réfléchir plus avant aux conséquences. Car elle le rencontrera sous forme d'hommes séduisants. L'un pour la détruire, l'autre pour la « sauver ». Mais parfois la médaille a son revers et le choc est rude.
C'est ainsi le début de sa descente aux enfers car ce choix ne sera pas sans conséquences.
Elle va changer.
Physiquement et moralement.
Son innocence lui être ravie de plus d'une façon.
Sa vision du monde va devenir plus sombre et plus brutale.
Et pourtant elle va garder une part d'humanité dans toute cette noirceur. Cette part qui va la détruire à petit feu face aux désagréments de sa nouvelle vie.
Tous ces changements se ressentent dans l'écriture de l'auteure. Sous forme d'un récit à la fois cru et poétique, elle nous dépeint ses personnages sans fioritures mais hélas parfois aussi sans trop de profondeur.
Un élément du style d'écriture m'a cependant posé quelques soucis mais je ne peux trop vous en parler sans spoiler une des informations cruciales du récit. Un des personnages principaux va vivre une expérience qui va amener l'auteure à changer sa narration. C'est ce bouleversement narratif qui m'a troublée. Il crée comme un décalage entre le personnage et sa façon d'être.
Je n'en ai pourtant pas moins continué ma lecture dans ce monde sombre, cruel et sanglant. Meurtres, viols, fratricide ou bain de sang ne nous seront pas épargnés. Des sentiments exacerbés pousseront les protagonistes à croire à l'amour quand il n'y a que désir, pulsions ou carrément aveuglement.
Du coup on en arrive à penser que certains événements vont trop vite ou sont trop simples.
Car ce récit nous plonge dans la noirceur de l'âme humaine, dans sa turpitude et sa cruauté. Dans les images les plus sombres de cette période d'obscurantisme. Pour qui être différent est synonyme de péché, de sorcellerie et d'esprit démoniaque.
En bref, une plume à la fois candide et décadente et des personnages peu orthodoxes et torturés. Je reste au final sur un sentiment mitigé qui m'amène à penser que cette fin se suffit à elle-même. Et d'un autre côté, je lirais bien le tome 2 histoire de connaître la suite.... un roman paradoxal, peut-être suis-je aussi tordue que le personnage principal ...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
milaHmilaH   27 mai 2014
J’appris la mort de ma mère un crépuscule brumeux de novembre. Cela ne me fit, à vrai dire, ni chaud ni froid. Elle était la seule qui aurait pu percer mon secret et à présent, ce qu’elle avait pu entrevoir à mon insu disparaissait avec elle dans la tombe. Ca n’était pas plus mal.

Pour ne pas éveiller les soupçons de ma sœur ( qui devint dès lors mentalement irrécupérable ) je vins veiller la morte toute la nuit avec elle, adoptant un air consterné de circonstance. Me voir ainsi atterré sembla apaiser ses suspicions. Il valait mieux pour elle, d’ailleurs, qu’elle ne vienne pas me déranger à son tour. On n’était plus à un mort près chez les Sorsele.

Par peur du qu’en dira-t-on, je réussis à obtenir de l’évêque que la messe ne débute que le lendemain soir pour pouvoir y assister sans devoir être momifié par peur de la brûlure du jour. Lorsque je pénétrai derrière le cercueil de ma mère aux côtés de ma sœur, suivis par un cortège de plus de trois cents nobles et petits seigneurs _ nous étions les plus puissants, forcément _ un frisson atroce me parcourut des pieds à la racine des cheveux. Une sueur froide coula le long de mon dos. Je n’avais vraiment plus rien à faire dans un endroit pareil.

Pendant toute la cérémonie, ennuyeuse à se pendre, je m’imaginai bondissant sur l’homme de foi pour le trucider sur l’autel et boire son sang au léger goût de vin de messe dans le calice consacré. Quelle panique cela créerait dans l’assistance ! Quelle apothéose pour en finir avec cette famille de damnés !
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malo87malo87   26 mars 2014
J'augurais, sans me l'avouer, que serait réparé l'outrage qui m'avait fait naître fille de serfs dans une campagne moribonde, quand j'aurais pu déployer mes innombrables dons pour les sciences, la magie, l'écriture, la chasse et la séduction dans une cour prestigieuse. Il ne m'était pas concevable que mon âme flamboyante ait eu pour destination ce corps de gamine mal nourrie, alors que je savais posséder au fond de moi l'étoffe d'un grand général, la bravoure innée d'un seigneur et la ruse d'un démon.
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compulsifcompulsif   24 mai 2012
Eu regard à mon équipement archaïque et à mes forces amoindries par le jeûne et l'effort, je n'avais aucune chance de lui arracher une victoire écrasante mais, guidé par une rage sourde et une peine mûrie par des semaines, j'escaladais les remparts de ronces entrelacées sur de ridicules murets qu'un baudet aurait aisément pu sauter. Comme pour mieux me guider sur le chemin de ma rédemption, les nuages pommelés obstruant l'horizon se dissipèrent et l'astre de marbre qui m'avait vu faire le voyage éclaira pour moi une cour jonchée de cadavres puants. Le temps humide et suave en avait encore aggravé le pourrissement. Cette vision était insoutenable, même pour un charognard tel que moi.
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RhiaRhia   21 février 2015
Cela m’était de toute manière bien égal.
Je n’avais pas la moindre étincelle d’envie de vivre ancrée au cœur. Cela pouvait paraître dérisoire, car c’était un sentiment avec lequel je composais depuis longtemps, mais cette fois j’avais la conviction d’avoir touché le fond. Plus jamais je ne pourrais connaître autre chose que l’indolence.
En effet, malgré ma colère j’étais devenu mou, privé de la volonté de me battre contre le désespoir qui me gangrenait. La moindre secousse sur le chemin menaçait de me faire tomber de selle.
Et si je venais à chuter, j’avais bien peur de ne plus trouver la volonté de remonter sur mon cheval.
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RhiaRhia   21 février 2015
Je me coulai de nuit entre les chaumières endormies. Je ne dis pas qu’il fut agréable de fondre sur la première jeune fille pour m’abreuver avec voracité, tel le loup se repaissant de l’agneau. Son nectar était trop suave, trop insipide et pas assez brûlant sur ma langue. Mais, pour la première fois, je tuai sans sentiment de culpabilité. J’étais délivré du poids de ma mauvaise conscience. Après tout, on abattait bien des porcs pour en faire de la nourriture. Les humains n’étaient rien d’autre que mes cochons. J’avais enfin admis que je faisais ce pour quoi j’étais fait et qu’il m’était inutile de lutter contre ma nature. Je boirais dorénavant à la gorge de mes victimes sans détours et sans me torturer de questions.
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