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Pierre Malherbet (Traducteur)
ISBN : 9782070129041
Éditeur : Gallimard (01/02/2011)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Crimes est un recueil de nouvelles relatant onze affaires criminelles stupéfiantes. Pour son auteur, Ferdinand von Schirach, avocat de la défense à Berlin depuis une quinzaine d’années, le monstrueux fait partie du quotidien. Mais si les faits rapportés sont bien réels, l’écrivain brouille les pistes et nous introduit dans un monde fictionnel aussi fascinant qu’inquiétant. La violence des crimes est sublimée par le laconisme d’un style presque chirurgical dont le my... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  21 septembre 2016
Ferdinand von Schirach a un nom difficile à porter, son grand-père Baldur von Schirach (1907-1974) a été chef des Jeunesses hitlériennes et gauleiter de Vienne, mais c'est peut-être cela qui lui a donné envie de devenir avocat.
Dans Crimes, le spécialiste en droit pénal relate onze affaires sous forme de nouvelles. Des cas où les coupables sont des gens « ordinaires » qui ont réagi violemment par un concours de circonstances malheureux pour la victime, ou pour de réels motifs qui, s'ils n'excusent pas leur crime, l'expliquent en partie.
L'analyse poussée et ironique des causes conjoncturelles ou psychologiques du crime, conjuguée avec l'expérience et la compréhension des tréfonds de l'âme humaine de Ferdinand von Schirach font dans ce premier recueil une vraie réussite.
Commenter  J’apprécie          560
Malaura
  06 mars 2012
L'auteur du délit est Ferdinand von Schirach, avocat de la défense à Berlin.
Fort de son expérience du barreau, des affaires criminelles et des sombres méandres de l'esprit humain, il a échafaudé le « Crimes » parfait, un recueil de onze histoires criminelles inspirées ou tirées de son vécu par lesquelles il nous propulse avec préméditation dans le petit théâtre du sordide où se joue chaque jour l'humaine tragédie.
Semant les indices de la culpabilité tout autant que du doute, laissant les empreintes de la faute, de la démence et de la peur sur chaque scène de crime, cultivant l'art du faux semblant, l'auteur, avec ce premier ouvrage, dissémine les preuves comme autant de pièces à charge ou à décharge et verse aux dossiers des éléments qui introduisent questionnement et trouble dans l'esprit du lecteur.
Car si tous les acteurs des drames qui se déroulent dans « Crimes » sont bel et bien coupables, combien d'entre eux sont foncièrement condamnables dans l'intention préméditée de faire le mal pour le mal ? Combien sont-ils à n'être animés que du seul désir morbide d'ôter la vie ?
C'est la problématique que soulève Ferdinand von Schirach dans le traitement de ces dossiers criminels.
Le narrateur, avocat de la défense des personnes incriminées, est le fil délicat qui relie et fait le lien entre toutes les affaires. Sorte de double de l'auteur, c'est par lui que le lecteur pénètre dans une dimension à la fois terriblement ordinaire et épouvantable, où l'atrocité et la monstruosité côtoient indubitablement les sentiments les plus humains :
Ce médecin qui, pour ne pas rompre le serment de mariage, se laisse humilier pendant cinquante ans par une épouse ignominieuse puis finit par la tuer à coups de hache…
Cette jeune violoncelliste qui tue son frère gravement accidenté, paralysé à vie, amnésique, à jamais déficient…
Ce jeune homme qui veut protéger sa fiancée prostituée et découpe un de ses clients, mort accidentellement pendant l'une de ses prestations…
Ce cambrioleur qui commet des hold-up afin de pouvoir rejoindre sa famille en Afrique…
Gestes fatals, actes horribles guidés par l'amour, la passion, le désespoir, la légitime défense, la folie…mais qui révèlent et relèvent presque toujours de sentiments humains même si poussés à leur paroxysme.
L'auteur amène les faits avec une grande impartialité, se bornant à les raconter sobrement, cliniquement, avec la distance qui sied aux procédures judiciaires, en soulevant telle ou telle question de droit ou de légitimité, en examinant la recevabilité des accusations et des charges, en évitant la justification des actes tout en attirant néanmoins l'attention sur le cadre personnel, la psychologie et le faisceau d'évènements qui ont conduit les personnages à basculer dans l'horreur.
On se rend compte alors que, dans la plupart des cas, seuls de malheureux concours de circonstances ou un enchevêtrement dramatique des faits ont poussé les inculpés à commettre l'acte décisif, fatal, répréhensible, et qu'aucun n'est véritablement le monstre que l'on voudrait qu'il soit pour pouvoir le juger avec facilité et sans états d'âme.
Mais nul n'est jamais tout blanc ou tout noir, toutes ces personnes restent indiscutablement humaines. Là est la difficulté d'émettre un jugement décisif à leur encontre.
Aucune d'entre elles ne pensait tuer un jour mais…c'est ce « mais » que l'auteur, en bon avocat, désigne et qui retentit au fond de nous, ce « mais » qui renvoie à chacun d'entre nous avec ses peurs, ses obsessions, ses névroses, et qui ne met personne à l'abri d'être un jour confronté à l'abîme qui est en lui.
Au terme de la lecture on pourra méditer ainsi à loisir cet aphorisme de Georg Büchner « chaque homme est un abîme, on a le vertige quand on s'y penche dessus ».
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viou1108
  03 décembre 2013
D'un côté il y a la Loi, et son bras armé, la Justice. La Loi, que nul n'est censé ignorer, parfois dure, mais la Loi. Puis la Justice et son allégorie, Thémis, représentée les yeux bandés, une balance dans une main, un glaive dans l'autre. Elle veut nous convaincre à toute force qu'elle tranche les litiges en toute impartialité après avoir pesé les arguments de toutes les parties à la cause. Voilà pour les principes, pour la théorie. Ce serait si simple : un acte illégal, qu'on qualifierait juridiquement de crime, de délit ou d'infraction pour le faire rentrer dans l'une des « cases » du Code pénal, et auquel il suffirait ensuite d'appliquer la sanction prévue par la Loi. Limpidité, automatisme de la procédure…
Mais de l'autre côté il y a la pratique judiciaire, bien différente, et la vérité judiciaire n'est que l'une des vérités possibles, même si c'est elle qui compte aux yeux de la Société.
C'est bien de cela qu'il s'agit dans ce recueil de nouvelles : dans la plupart des cas qui nous sont présentés, les faits bruts et objectifs ne laissent pas la place au doute. Mais que l'on s'intéresse de plus près à ces tragédies (car ce sont de véritables drames), à leur contexte, à leurs acteurs, aux « circonstances de l'espèce », bref à la subjectivité qui les imprègne, et l'on comprendra l'infinie complexité de la tâche du juge.
Ces onze affaires nous sont relatées sans les effets de manche coutumiers aux audiences des Assises, froidement, cliniquement, avec une sobriété qui les rend d'autant plus saisissantes. On aurait pu craindre qu'un auteur avocat nous assomme avec éléments de procédure, recours et devoirs d'enquête, mais heureusement il préfère nous entraîner dans les méandres de la psychologie des victimes et de leurs bourreaux. Un quasi-documentaire aussi passionnant qu'un vrai polar.
Et la démonstration est faite que le responsable n'est pas toujours coupable. C'est d'autant plus vrai que l'on peut s'offrir les services d'un ténor du barreau plutôt qu'un commis d'office. Mais ceci est un autre débat…
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HORUSFONCK
  30 juillet 2018
Quelle belle jaquette, pour un volume de la collection DU MONDE ENTIER...
Et quelle volume!.. Onze nouvelles de haute tenue, puisée de la réalité criminelle allemande. Onze histoires ciselées, contées par un avocat à la plume précise et bien traduite.
Des histoires de folie, d'amour, de mort qui dépassent parfois, et de loin, la fiction policière.
L' avocat von Schirach nous plonge dans les arcanes de la justice allemande, sans nous y noyer. Il parle clair et limpide.
Certaines scènes relèvent de la poésie, comme par exemple celle d'un couteau qui trace un sillon sur un dos... Ou d'une statue qui éclate en deux-cent morceaux.
Chose rare, pour un recueil de nouvelles, pas une des onze ne m'a semblé inférieure à telle autre. Chacune a son charme et intérêt particulier.
Et voilà qui augure bien des livres suivants d'un auteur que je découvre avec bonheur!
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Ambages
  17 septembre 2016
Un heureux hasard^^ me fît commencer ma lecture de von Schirach par le dernier de ses livres Tabou, pour remonter le fil de la production artistique de cet auteur. J'avoue que Crimes est le recueil qui m'a un petit peu moins plu. Certes j'apprécie toujours autant son écriture froide, désespérément glaçante, qui pour autant ne néglige pas la psychologie des personnages -le monstrueux caché dans chacun de nous- et qui éclot parfois chez quelques uns. Mais il y a beaucoup trop de rappels à la procédure pénale dans ce recueil pour moi, cela m'empêchait de me projeter dans les nouvelles, dans l'histoire, et pour autant je n'avais pas l'intérêt que j'éprouve à la lecture d'une doctrine. J'hésitais !
S'agissant du contenu des nouvelles, j'ai trouvé que "Le violoncelle" était la plus touchante, la plus triste mais aussi belle... Elle me suivra longtemps.
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critiques presse (1)
LaPresse   27 juin 2011
Von Schirach ne se laisse jamais tenter par le sensationnalisme et la psychologie inutile. Ce recueil constitue bien plus que le compte rendu passionnant d'un avocat sur sa pratique: celui d'un écrivain offrant sa propre perception de l'âme humaine.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   29 juillet 2017
La police, en effectuant son travail, part du principe qu'il n'y a pas de hasard. Les enquêtes comprennent 95 pour cent de travail de bureau, évaluation de la matérialité des faits, rédaction de notes, auditions de témoins. Dans les romans policiers, le coupable avoue lorsqu'on lui hurle dessus; en réalité, ce n'est pas aussi simple. Et lorsqu'un homme, tenant dans la main un couteau ensanglanté, est penché au-dessus d'un cadavre, il est alors considéré comme l'assassin. Aucun policier raisonnable ne croirait qu'il est passé là par hasard ni qu'il a retiré le couteau du corps pour venir en aide. La célèbre sentence du commissaire de police judiciaire disant que "la solution est trop simple" est une invention d'auteurs de scénario. Le contraire est vrai. L'évidence est ce qui est vraisemblable. Et c'est presque toujours ce qui est vrai.
Les avocats, en revanche, cherchent une faiblesse dans l'édifice des preuves monté par l'accusation. Le hasard est leur allié, leur devoir est d'empêcher toute conclusion hâtive reposant sur une apparente vérité. Un fonctionnaire de police a dit un jour à un juge de la Cour fédérale de justice que les défenseurs n'étaient que les freins du char de la justice. Le juge répondit qu'un char sans frein n'est bon à rien. Un procès pénal ne fonctionne qu'à l'intérieur de ce jeu de forces.
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AmbagesAmbages   14 septembre 2016
Que l'avocat croie à l'innocence de son client ne joue aucun rôle. Son devoir est de défendre son client. Ni plus ni moins.

-Changement d'heure-
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   29 juillet 2017
Clients et défenseurs ont un rapport étrange. Un avocat ne souhaite pas toujours savoir ce qui s'est réellement passé. On en trouve les raisons dans notre code de procédure pénale : lorsque le défenseur sait que son client a tué à Berlin, il ne lui est pas permis de demander à entendre des témoins à décharge qui confirmeraient qu'il se trouvait à Munich le jour dit. C'est un équilibre précaire. Dans d'autres cas, l'avocat doit absolument connaître la vérité. Connaître les vraies circonstances pourra peut-être constituer le minuscule garde-fou qui préserve son client d'une condamnation. Que l'avocat croie à l'innocence de son client ne joue aucun rôle. Son devoir est de défendre son client. Ni plus ni moins.
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maylibelmaylibel   20 septembre 2012
Une fois en haut, [le tueur] se rhabilla, composa le numéro de police secours, donna son nom et son adresse puis dit, mot pour mot : "J'ai découpé Ingrid. Venez immédiatement."

(p. 19)
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   29 juillet 2017
Sur le fond il n'y a rien à défendre. C'était un problème de philosophie du droit : quel est le sens d'une peine ? Pourquoi punir ? Au cours de mon plaidoyer, j'essayai d'en chercher la cause. Il y a pléthore de théories. La peine doit nous effrayer, la peine doit nous protéger, la peine doit empêcher le coupable de récidiver, la peine doit compenser l'injustice soumise. Nos lois prennent toutes ces théories en compte mais aucune d'entre elles ne s'applique ici. Fähner ne tuera plus. L'injustice du crime allait de soi mais était difficile à évaluer. Et qui voudrait se venger ? Ce fut un long plaidoyer. Je racontai son histoire. Je voulais que l'on comprit que Fähner était à bout.
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