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ISBN : 2072799805
Éditeur : Gallimard (03/01/2019)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 28 notes)
Résumé :
L’est de l’empire allemand à la fin du XIX⊃e siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d’un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu’elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d’aventures et d’exploits pour la patrie. Amis d’enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l’opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une expé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  15 février 2019
Olga raconte la vie d'Olga, née à la fin du XIXème siècle en Silésie, qui après la mort prématurée de ses parents, est transplantée en Poméranie chez une grand-mère mal-aimante. Le premier combat de cette fillette, avide d'observer et comprendre ce qui se passe autour d'elle, est de refuser la germanisation de son si joli prénom slave ; elle ne répond pas lorsqu'on l'appelle Helga. Cette résistance enfantine n'est que la première d'une longue liste. Dans un monde archaïque où l'enfance est un luxe, moins un plaisir qu'une préparation à la lutte pour la vie, le pasteur et l'instituteur tentent de persuader Olga qu'il est inutile d'entamer des études. Une fois encore, Olga désobéit et devient institutrice dans des conditions surhumaines pour une fille, pauvre de surcroît. Concomitamment, elle rencontre Herbert, futur héritier d'un empire betteravier et sucrier. Ils s'aiment, ne sont pas du même milieu, leur union est jugée contre-nature idéologique par la famille d'Herbert. Pour Olga, Herbert n'est pas le fils d'un grand propriétaire, et pour lui, elle n'est pas une fille du village. Ils se sont trouvés entre les classes et ne se sentent pas liés par les conventions.

Sauf que... Herbert a la bougeotte. Infecté par les idées d'expansionnisme initiées par Bismarck, il rêve d'une Deutschland über alles, de déserts à conquérir, en Afrique d'abord, puis en Arctique. Avec un égoïsme sans méchanceté, il fait du mal à Olga et l'entraîne dans un amour tout terrain, parce qu'il ne la voit pas ; il l'abandonne dans le rôle d'une maîtresse dans la vie d'un homme marié alors qu'il est célibataire. Il vit dans son monde et vaque à ses affaires, en lui en mettant un petit morceau de côté quand il rentre en permission, si rarement. Il file en Arctique pour représenter la virile discipline, l'audace et l'héroïsme allemands. Il se contente d'y mourir de froid.

Voilà, c'est l'histoire d'Olga que je ne fais qu'effleurer pour ne pas déflorer le suspense soutenu par le style épuré et émouvant de Bernhard Schlink. Olga a connu la mort de ses parents, la misère, deux guerres, les nazis, la solitude. Toute sa vie, elle écrit à son amoureux disparu dans un enfer glacé. Dans le coeur de cette femme insoumise qui refuse de se subordonner aux diktats sociaux ou politiques, résiste une part inviolable que les lecteurs de ce magnifique roman découvriront dans son épilogue. La vie est une succession de pertes.
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Josephine2
  15 février 2019
Très intéressant. En fait, je ne m'attendais pas à cette histoire là. En lisant le 4ème de couverture, je m'attendais plutôt à une histoire classique, une histoire d'amour entre un homme et une femme de classe différente.
Oui, il y a de cela mais mieux encore. Olga, jeune orpheline sera élevée par sa grand-mère qui ne l'aime guère. Elle l'emmène avec elle en Poméranie. Olga va découvrir la campagne et la pauvreté. Elle se liera d'amitié avec Herbert et Viktoria, les enfants d'un riche industriel. Viktoria partira en pension et Olga et Herbert se retrouveront seuls. Ils partageront leur temps libre, leur jeux et leur passion.
Mais Olga ne se résignera pas aux injonctions de sa grand-mère et du curé qui lui serine que les études ne servent rien. Elle décide de les continuer et pour cela elle se rendra à Posen à l'école normale d'institutrice. Une enseignante la prendra sous sa coupe et lui donnera des livres. Grâce à cela, elle a pu préparer le concours et devenir à son tour, institutrice.
Viktoria, voyant l'attachement de son frère pour Olga fera tout pour qu'elle soit nommée institutrice en Prusse-Orientale, dans un village au nord de Tilsit. Olga en prendra son parti. Cela n'empêchera pas Herbert de la rejoindre dès son retour de ses pérégrinations à travers le monde.
Il ne peut rester en place. Ce sera sans cesse des allées-retours et malgré l'injonction de ses parents à se marier et à reprendre la succession de son père, celui-ci ne renoncera pas à ses voyages, ni à Olga.
Olga est donc souvent seule, mais s'en accommode. Elle va se lier avec un petit garçon, Eik qu'elle va présenter à Herbert, qui ne lui prêtera guère attention au grand dépit d'Olga, même si elle n'en montre rien.
Herbert rêve de l'Arctique et monte une expédition, épaulé par Olga, pour trouver les fonds. A partir de ce départ, Olga sera seule. Elle lui écrira souvent, mais n'aura jamais aucune réponse à ses missives. Elle va traverser les deux guerres, survivre, et après la deuxième guerre mondiale, deviendra couturière chez une famille qui la prendra sous son aile.
Elle se liera d'amitié avec le fils de la famille. Elle lui confiera certains éléments de sa vie. Ils resteront toujours en contact jusqu'au décès d'Olga et ce n'est que bien plus tard, lorsqu'il sera à la retraite, que Ferdinand partira à la recherche du passé d'Olga et de sa vie, notamment à la recherche de la correspondance qu'Olga a adressé pendant des années à Herbert, Poste restante à Tromso, en Norvège. C'est par ce biais qu'il découvrira vraiment qui était Olga.
Une histoire dense et foisonnante, passionnante, où l'on traversera les deux guerres mondiales, l'Histoire de l'Allemagne, mais aussi le choix de cette femme déterminée à vivre sa vie sans se la laisser dicter.
Un très beau portrait de femme libre qui aura eu la chance de connaître un très court grand amour qui dura toute une vie.
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montmartin
  23 janvier 2019
Fin du XIXe siècle, Olga orpheline est élevée par sa grand-mère qui ne l'a jamais portée dans son coeur, comme si elle était une déception ou le rappel de quelque chose de fâcheux. Elle est solitaire, elle n'est pas intégrée, n'a aucun ami jusqu'au jour où elle trouve quelqu'un qui est aussi différent. Herbert, son père est l'homme le plus riche du village. L'amitié va se transformer en amour, mais Herbert rêve de vastes horizons, aventurier passionnément attiré par les grands espaces lointains. Il n'aura de cesse de voyager, jusqu'à disparaître.
J'ai bien aimé la construction originale de ce récit en trois parties. Dans la première, le narrateur raconte la vie d'Olga jusqu'à sa retraite. Elle obtient alors un poste de couturière dans une famille de pasteur et se lie d'amitié avec le plus jeune des enfants, Ferdinand. Dans la deuxième partie, celui-ci devient le narrateur jusqu'à ce qu'il retrouve des lettres qu'Olga a adressées régulièrement à Herbert. Ces lettres vont constituer la troisième partie et nous éclairer sur la vie de cette femme volontaire, indépendante, intelligente, tolérante et aimante qui espère pendant des années le retour de l'être aimé.
Un récit tout en sensibilité, une histoire d'amour et de vie triste et aussi un morceau d'Histoire contemporaine de l'Allemagne. La mélodie de la vie d'Olga est son amour pour Herbert entre accomplissement et déception. Des chapitres brefs, une écriture simple, un personnage fort, tous les ingrédients pour un bon roman.
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traversay
  09 février 2019
Le premier tiers d'Olga, dernière traduction en date de Bernhard Schlink, est comme une vie en accéléré. Celle d'une femme qui a vécu dans l'ombre de l'histoire allemande : les ambitions coloniales, deux guerres mondiales, jusqu'au terrorisme des années 70. Une existence anonyme, dans la simplicité, rien d'une héroïne a priori. Sauf que Schlink, après avoir presque tout dit, semble t-il, change de focale dans les deux autres parties du livre et raconte Olga à travers quelqu'un qui l'a connu à l'automne de sa vie et s'est tellement intéressée à elle qu'il s'évertue à rechercher des lettres envoyées à l'homme de sa vie, égaré dans un voyage en terre inconnue. Ainsi, le portrait s'affine au fil des pages, devient plus intime et nous fait aimer cette femme de convictions, lucide quant à l'évolution dramatique de son pays et amoureuse éternelle d'un homme qui s'est perdu dans la fuite et n'a pas su voir que le bonheur était proche de lui et non dans des aventures aux allures de suicide. le style de Schlink peut paraître froid, notamment dans toute la première partie du livre. Il est surtout clair et limpide, au service d'une architecture narrative d'une grande intelligence qui récompense le lecteur dans ses dernières pages avec l'émotion qui affleure et un joli pied de nez final, qui l'est aussi vis-à-vis de l'histoire de l'Allemagne.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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DemainJeLis
  09 février 2019
Voilà, il fallait que ça arrive. On ne peut pas aimer tous les livres. Certains nous parlent, d'autres moins. Olga, le dernier roman de Bernhard Schlink est de ceux-là.
Le nom de cet auteur vous dit surement quelque chose. Vous devez avoir vu le film le Liseur avec Kate Winslet, adaptation de son roman éponyme paru en 1995 et devenu rapidement un succès planétaire. Depuis, Bernhard Schlink est devenu une rock star de la littérature allemande, pas une sortie de livre sans que les honneurs tombent outre-rhin.
Olga, c'est un destin de femme marqué par l'histoire allemande du XXe siècle. Olga naît à la fin du 19e siècle à l'est de l'empire Allemand. Pauvre, orpheline, elle traverse les deux guerres mondiales, perd tôt l'homme qu'elle aime dans une expédition au pôle nord, et son protégé dans les affres du national socialisme. Elle meurt elle-même dans les années 70, dans des circonstances troubles.
Le point positif de ce roman, c'est sa construction. Les 3 parties du roman sont autant de voix successives, qui livrent leur propre vision de l'histoire d'Olga. D'abord racontée par ce qui semble être un narrateur omniscient, elle est ensuite prise en charge par un personnage qui s'est lié d'amitié avec elle à la fin de sa vie. le roman se clôt sur les lettres d'Olga, qui livre au lecteur sa vérité.
Ce que je reproche à ce roman, ce sont les personnages. A force d'avoir voulu en faire des incarnations de leur temps et des vicissitudes de l'histoire, ils en deviennent caricaturaux. Leurs traits manquent de finesse, leurs rêves de nuance. Ils manquent de chair.
En clair, ce livre ne m'a pas fait vibrer.
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critiques presse (6)
LeJournaldeQuebec   12 février 2019
Composé de trois parties bien distinctes, ce court roman nous permettra surtout de voir ce qu’Olga traversera de son côté pendant toutes les années où elle attendra désespérément le retour d’Herbert. Et ce qu’on découvrira sera souvent bouleversant.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   06 février 2019
Plus de vingt ans après la publication de son best-seller “Le Liseur”, adapté en 2009 au cinéma, paraît Olga, ou le destin d’une femme empêchée par le monde patriarcal. Une magnifique épopée féministe dans l’Allemagne du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   05 février 2019
Bernhard Schlink signe le portrait raffiné de celle qui, malgré les revers, traversa son époque la tête haute.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   30 janvier 2019
Sublime portrait de femme, Olga est une aussi une réflexion passionnante sur le bien et le mal, et sur ce qui a pu pousser un pays comme l'Allemagne dans la démesure.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   28 janvier 2019
Ancien juge, professeur de droit, l’auteur du best-seller mondial Le Liseur, adapté au cinéma en 2008, assure que les histoires s’imposent à lui. Ainsi celle d’Olga, son nouveau roman très réussi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   18 janvier 2019
Ultime trace d'un amour inassouvi que Bernhard Schlink ressuscite dans ce livre émouvant, avec la nostalgie qu'on lui connaît et un raffinement de tous les instants.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   15 février 2019
Apprendre, c’était un privilège. Ne pas apprendre quand on en avait la possibilité, c’était se montrer bête, enfant gâté, prétentieux. Non, ces mauvaises notes au lycée, ça n’allait pas, mais alors pas du tout.
p. 96
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missmolko1missmolko1   16 décembre 2018
La voisine trouvait que la petite aurait dû jouer davantage avec d’autres enfants. Mais dans la pénombre des cours et des entrées d’immeuble, la brutalité régnait, pour s’affirmer il fallait se battre, et qui ne se battait pas se faisait brimer. Les jeux des enfants étaient moins un plaisir qu’une préparation à la lutte pour la vie.
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montmartinmontmartin   21 janvier 2019
Elle se disait qu'en amour on n'est pas à la disposition l'un de l'autre, mais qu'on est un cadeau, et qu'on pouvait être un cadeau l'un pour l'autre aussi par lettres.
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montmartinmontmartin   23 janvier 2019
Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s'était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué
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rkhettaouirkhettaoui   10 janvier 2019
Ce qui lui manquait tous les jours, c’était la musique. Elle avait chanté avec les enfants à l’école, dirigé le chœur et joué de l’orgue à l’église, et adoré les concerts où elle se rendait quelquefois à Tilsit. Maintenant elle lisait des partitions et jouait la musique dans sa tête, c’était une piètre compensation. Elle avait adoré aussi les bruits de la nature, les oiseaux, le vent, les vagues de la mer. Elle avait aimé être réveillée en été par les coqs, en hiver par les cloches. Elle était heureuse de ne plus entendre les haut-parleurs. Avec les nazis, le monde était devenu bruyant ; ils avaient installé des haut-parleurs partout, qui crachaient sans arrêt des discours, des marches militaires, des appels, un tintamarre obsédant. Mais rien n’est si désagréable à entendre qu’on renonce aussi à entendre ce qui ne l’est pas.
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