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EAN : 9782072799808
272 pages
Gallimard (03/01/2019)
3.73/5   270 notes
Résumé :
L’est de l’empire allemand à la fin du XIXe siècle.
Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d’un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu’elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d’aventures et d’exploits pour la patrie. Amis d’enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l’opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une exp... > Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,73

sur 270 notes

nameless
  15 février 2019
Olga raconte la vie d'Olga, née à la fin du XIXème siècle en Silésie, qui après la mort prématurée de ses parents, est transplantée en Poméranie chez une grand-mère mal-aimante. Le premier combat de cette fillette, avide d'observer et comprendre ce qui se passe autour d'elle, est de refuser la germanisation de son si joli prénom slave ; elle ne répond pas lorsqu'on l'appelle Helga. Cette résistance enfantine n'est que la première d'une longue liste. Dans un monde archaïque où l'enfance est un luxe, moins un plaisir qu'une préparation à la lutte pour la vie, le pasteur et l'instituteur tentent de persuader Olga qu'il est inutile d'entamer des études. Une fois encore, Olga désobéit et devient institutrice dans des conditions surhumaines pour une fille, pauvre de surcroît. Concomitamment, elle rencontre Herbert, futur héritier d'un empire betteravier et sucrier. Ils s'aiment, ne sont pas du même milieu, leur union est jugée contre-nature idéologique par la famille d'Herbert. Pour Olga, Herbert n'est pas le fils d'un grand propriétaire, et pour lui, elle n'est pas une fille du village. Ils se sont trouvés entre les classes et ne se sentent pas liés par les conventions.

Sauf que... Herbert a la bougeotte. Infecté par les idées d'expansionnisme initiées par Bismarck, il rêve d'une Deutschland über alles, de déserts à conquérir, en Afrique d'abord, puis en Arctique. Avec un égoïsme sans méchanceté, il fait du mal à Olga et l'entraîne dans un amour tout terrain, parce qu'il ne la voit pas ; il l'abandonne dans le rôle d'une maîtresse dans la vie d'un homme marié alors qu'il est célibataire. Il vit dans son monde et vaque à ses affaires, en lui en mettant un petit morceau de côté quand il rentre en permission, si rarement. Il file en Arctique pour représenter la virile discipline, l'audace et l'héroïsme allemands. Il se contente d'y mourir de froid.

Voilà, c'est l'histoire d'Olga que je ne fais qu'effleurer pour ne pas déflorer le suspense soutenu par le style épuré et émouvant de Bernhard Schlink. Olga a connu la mort de ses parents, la misère, deux guerres, les nazis, la solitude. Toute sa vie, elle écrit à son amoureux disparu dans un enfer glacé. Dans le coeur de cette femme insoumise qui refuse de se subordonner aux diktats sociaux ou politiques, résiste une part inviolable que les lecteurs de ce magnifique roman découvriront dans son épilogue. La vie est une succession de pertes.
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palamede
  11 mai 2019
Toute sa vie Olga aura été la femme amoureuse d'un seul homme. Mais celui-ci par esprit d'aventure, de besoin de grands espaces, dans une sorte de fuite en avant, a été constamment hors de portée de cet amour. Olga la fidèle a toutefois mené sa vie. Devenue institutrice, elle a à coeur d'aider les enfants pauvres. Quand elle ne peut plus exercer son métier, elle travaille dans une famille dont le garçon deviendra son ami et son confident.
Bernard Schlink trace le beau portrait d'une femme meurtrie, volontaire et libre penseuse dans l'Allemagne de la fin du XIXe siècle — réunie sous l'impulsion de Bismarck et que sa recherche de grandeur a mené aux deux grands conflits mondiaux du XXe siècle — aux années 1970, époque où Olga disparaît à son tour non sans avoir jugé son aventure humaine.
« Parfois j'ai eu pitié de moi, qui ai grandi sans amour et qui, même avec toi, n'ai pu vivre son amour que tant bien que mal. Maintenant je pense aux soldats morts par milliers et à leurs vies qu'ils n'ont pas vécues, aux amours qu'ils n'ont pas vécues, et cela m'ôte tout apitoiement sur moi-même. Reste la tristesse. »
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enjie77
  24 mai 2019

L'auteur, Bernhard Schlinck, est tombé, par hasard, sur le journal du vrai Herbert Schröder-Stranz, explorateur méconnu, et impressionné par la fascination de cet homme pour le néant et le désert, son imagination s'est emparée de l'histoire de cet homme. Il a alors construit son récit autour d'Herbert et s'est demandé quelle femme pouvait aimer un homme tel que lui. Olga est donc née sous la plume de Bernard Schlinck. Nous traversons avec intérêt l'histoire de l'Allemagne de la fin du 19ème siècle jusqu'aux années 1970 en compagnie de cette femme qui, à mes yeux, représente l'histoire de toutes ces femmes courageuses qui n'ont jamais baissé les bras devant ce terrible 20ème siècle.
Olga est donc née fin du 19ème siècle, dans un milieu pauvre, à Breslau. Dès sa plus tendre enfance, Olga ne cesse de surprendre par son désir de rester debout et de regarder autour d'elle. C'est une enfant silencieuse, observatrice. Ces attitudes qualifieront cette femme tout au long de sa vie.
Ses deux parents sont emportés par le typhus, elle est élevée par une grand-mère antipathique. Prisonnière de son temps, de la pauvreté et du statut imposé à la femme à cette époque, elle n'a de cesse de vouloir faire des études. La culture, la lecture sont ses échappatoires. Elle fera toujours preuve d'une immense volonté afin de parvenir à son métier d'institutrice.
Viktoria et Herbert, ses deux amis, sont des enfants de bonne famille. Les années passant, Herbert et Olga vont tomber amoureux au grand désespoir de la famille Schröder. Adultes, ils vont vivre leur amour en dépit de l'opposition de la famille d'Herbert.
Ce dernier, contaminé par le désir expansionniste de l'Allemagne, assoiffé d'aventures, s'engage dans l'armée pour mieux assouvir son besoin d'espace. Cette ivresse de conquête le mène à sa perte. Il disparait dans les glaces du Spitzberg en 1913 au cours d'une expédition mal organisée.
Olga lui restera fidèle, c'est cet amour qui nourrira le coeur d'Olga tout au long de sa vie.

J'ai eu du mal avec l'écriture froide, distante, de Bernhard Schlink. J'ai pensé arrêter ma lecture à la fin de la première partie tant aucune émotion ne se dégageait du récit. Les mots s'enchaînaient les uns derrière les autres, un peu comme un manuel, et je restais indifférente à ce qui se déroulait sous mes yeux. Ce livre est divisé en trois parties. A partir de la seconde partie, son écriture s'est un peu plus humanisée. le narrateur change. On suit l'histoire d'Olga raconté par le fils d'une famille pour laquelle Olga a travaillé après sa retraite anticipée. L'auteur s'est-il inspiré d'une grand-mère aimante, toujours est-il qu'il y met beaucoup plus d'émotions et que son récit y gagne en sensibilité. Quant à la troisième partie, je vous laisse le soin de la découvrir, c'est émouvant.
Je note quatre étoiles. Je n'aime pas nuire à un roman, je préfère m'abstenir de commenter d'autant que la lecture d'un tel auteur que j'apprécie, est subjective et dépend du « liseur ». Nos amies Palamede et Nameless ont eu une approche différente de la mienne, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion.
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Bruidelo
  16 octobre 2021
J'aime bien ce personnage, Olga, discrètement insoumise, j'aime aussi la façon dont les zones d'ombre de l'Histoire allemande sont évoquées à travers ce portrait de femme, les guerres mondiales, la colonisation avec le massacre des Héréros, considéré comme le premier génocide du XXème siècle et dont j'ignorais tout.
Pour ce qui est de l'histoire d'amour, je suis un peu partagée. Ce n'est pas qu'elle manque d'intérêt, les ressorts romanesques des amours compliqués par les différences de classe et l'opposition de la famille sont exploités avec justesse. Mais la description des sentiments est peut-être un peu trop raisonnable, trop calme, c'est un chouïa trop froid à mon goût. L'héroïne est bien consciente qu'avec cette relation «sa vie serait attente et que l'attente n'aurait pas de but, pas de fin», mince! ça m'agace qu'elle ne s'en agace pas plus fort: amour ou dépit, ce qu'elle ressent aurait gagné à se voir pourvu de plus d'intensité.
En même temps ça ne m'a pas déplu, cet amour qui n'aveugle pas, Olga aime Herbert, mais elle les voit bien, ses limites, ses défauts.
Elle aime son enthousiasme, ses yeux qui brillent, mais pas ses rêves coloniaux, ni sa façon d'aller massacrer les Héréros en se racontant qu'ils appartiennent à «un type d'humanité qui se trouve encore au plus bas degré de civilisation et qui est dépourvu de nos meilleures et plus hautes qualités comme le sérieux dans le travail, la gratitude, la compassion, tout ce qui est idéal». Hé! Quoi de plus compassionnel qu'un génocide?
Ses grands projets, son attirance pour les lointains, pour l'immensité sans fin, elle en vient aussi à les trouver absurdes, à voir son Herbert sous l'emprise d'un désir auto-destructeur: se perdre dans le néant. Elle trouve que son homme, tout comme son pays, se perdent dans des fantasmes de grandeur qui ne produisent que du malheur.
«Elle estimait que c'était avec Bismarck que le funeste malheur avait commencé. Depuis qu'il avait assis l'Allemagne sur un cheval trop grand pour qu'elle pût le chevaucher, les Allemands avaient tout voulu trop grand.»
Je regrette un peu que la narration ne soit pas plus tendue, surtout dans les lettres, c'est un peu mou, mais c'est quand même plutôt un bon roman.
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Sylviegeo
  28 novembre 2019
Qu'a de particulier cette Olga , femme tout à fait ordinaire, pour que l'on en fasse un récit ? Outre le fait qu'elle fut la compagne d'Herbert Schröder-Stranz (officier allemand et explorateur des régions polaires ) ?? Rien. Rien et tout. Une femme qui a su se bâtir toute seule à une époque où on devait se marier pour être quelqu'un. Une femme qui a dessiné son destin elle-même. Une femme qui a étudié, devenue institutrice, elle a formé - à sa manière- des générations d'enfants allemands. Une femme qui fut également à sa manière une mère. Une femme qui a accepté sa solitude. Une femme qui a su deviner sa nation, survivre à 2 guerres, déplorer la folie de grandeur de Bismarck, de l'Allemagne et une femme fidèle à un amour. "Quelle chance , quand la vie que mène quelqu'un et la folie qu'il commet s'accordent comme mélodie et contrepoint! Et lorsque non seulement les deux s'accordent, mais que c'est la personne elle-même qui les met en accord!" (p.266)
Voilà Olga. Amour, résistance, accomplissement et déception.
Et la plume de Bernhard Schlink, tout en délicatesse et sensibilité nous berce du récit de la vie de Olga sans jamais nous ennuyer. C'est simplement le destin d'une femme et c'est beau .
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critiques presse (8)
LeDevoir   04 mars 2019
Pour Olga, la vie est une succession de pertes. Et c’est ce que nous dit aussi avec humanité Bernhard Schlink à travers ce magnifique portrait de femme qui nous fait traverser un siècle agité.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro   21 février 2019
L'histoire d'une Allemande dans la tourmente des deux guerres, signée par l'un des maîtres du trouble et de l'ambiguïté, est un bijou de subtilité et de finesse.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeJournaldeQuebec   12 février 2019
Composé de trois parties bien distinctes, ce court roman nous permettra surtout de voir ce qu’Olga traversera de son côté pendant toutes les années où elle attendra désespérément le retour d’Herbert. Et ce qu’on découvrira sera souvent bouleversant.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   06 février 2019
Plus de vingt ans après la publication de son best-seller Le Liseur, adapté en 2009 au cinéma, paraît Olga, ou le destin d’une femme empêchée par le monde patriarcal. Une magnifique épopée féministe dans l’Allemagne du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   05 février 2019
Bernhard Schlink signe le portrait raffiné de celle qui, malgré les revers, traversa son époque la tête haute.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   30 janvier 2019
Sublime portrait de femme, Olga est une aussi une réflexion passionnante sur le bien et le mal, et sur ce qui a pu pousser un pays comme l'Allemagne dans la démesure.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   28 janvier 2019
Ancien juge, professeur de droit, l’auteur du best-seller mondial Le Liseur, adapté au cinéma en 2008, assure que les histoires s’imposent à lui. Ainsi celle d’Olga, son nouveau roman très réussi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   18 janvier 2019
Ultime trace d'un amour inassouvi que Bernhard Schlink ressuscite dans ce livre émouvant, avec la nostalgie qu'on lui connaît et un raffinement de tous les instants.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
palamede palamede   09 mai 2019
Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s’était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué. À cela le mausolée ou la statue d’ange ou l’imposant tombeau ne changeaient rien. Ils étaient tous également morts, nul ne pouvait ni ne voulait plus être grand, et trop grand ne voulait plus rien dire. 
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jeunejane jeunejane   22 septembre 2019
Je pensais savoir pourquoi Mlle Rinke aimait à parcourir les cimetières...Elle ne dialoguait pas avec ses morts, parmi ces tombes d'inconnus. Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s'était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué. À cela le mausolée ou la statue d'ange ou l'imposant tombeau ne changeaient rien...
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palamede palamede   11 mai 2019
Quels lâches vous êtes, vous les hommes ! Tu n’avais pas eu le courage de m’annoncer la bêtise que tu allais faire en partant pour l’hiver, lui n’a pas eu le courage de parler avec moi de son choix politique démentiel. ... Face à la neige et à la glace, aux armes et à la guerre, là vous vous sentez à la hauteur, vous les hommes, mais pas face aux questions d’une femme. 
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palamede palamede   06 mai 2019
Apprendre, c’était un privilège. Ne pas apprendre quand on en avait la possibilité, c’était se montrer bête, enfant gâté, prétentieux.
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Sylviegeo Sylviegeo   29 novembre 2019
Elle trouvait que nous autres, étudiants et étudiantes, nous moralisions à l'excès, et aujourd'hui elle se moquerait des médias, qui ont désappris à rechercher la vérité et ont remplacé cette recherche par l'indignation moralisante devant le scandale.
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