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ISBN : 2072799805
Éditeur : Gallimard (03/01/2019)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 89 notes)
Résumé :
L’est de l’empire allemand à la fin du XIX⊃e siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d’un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu’elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d’aventures et d’exploits pour la patrie. Amis d’enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l’opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une expé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  15 février 2019
Olga raconte la vie d'Olga, née à la fin du XIXème siècle en Silésie, qui après la mort prématurée de ses parents, est transplantée en Poméranie chez une grand-mère mal-aimante. Le premier combat de cette fillette, avide d'observer et comprendre ce qui se passe autour d'elle, est de refuser la germanisation de son si joli prénom slave ; elle ne répond pas lorsqu'on l'appelle Helga. Cette résistance enfantine n'est que la première d'une longue liste. Dans un monde archaïque où l'enfance est un luxe, moins un plaisir qu'une préparation à la lutte pour la vie, le pasteur et l'instituteur tentent de persuader Olga qu'il est inutile d'entamer des études. Une fois encore, Olga désobéit et devient institutrice dans des conditions surhumaines pour une fille, pauvre de surcroît. Concomitamment, elle rencontre Herbert, futur héritier d'un empire betteravier et sucrier. Ils s'aiment, ne sont pas du même milieu, leur union est jugée contre-nature idéologique par la famille d'Herbert. Pour Olga, Herbert n'est pas le fils d'un grand propriétaire, et pour lui, elle n'est pas une fille du village. Ils se sont trouvés entre les classes et ne se sentent pas liés par les conventions.

Sauf que... Herbert a la bougeotte. Infecté par les idées d'expansionnisme initiées par Bismarck, il rêve d'une Deutschland über alles, de déserts à conquérir, en Afrique d'abord, puis en Arctique. Avec un égoïsme sans méchanceté, il fait du mal à Olga et l'entraîne dans un amour tout terrain, parce qu'il ne la voit pas ; il l'abandonne dans le rôle d'une maîtresse dans la vie d'un homme marié alors qu'il est célibataire. Il vit dans son monde et vaque à ses affaires, en lui en mettant un petit morceau de côté quand il rentre en permission, si rarement. Il file en Arctique pour représenter la virile discipline, l'audace et l'héroïsme allemands. Il se contente d'y mourir de froid.

Voilà, c'est l'histoire d'Olga que je ne fais qu'effleurer pour ne pas déflorer le suspense soutenu par le style épuré et émouvant de Bernhard Schlink. Olga a connu la mort de ses parents, la misère, deux guerres, les nazis, la solitude. Toute sa vie, elle écrit à son amoureux disparu dans un enfer glacé. Dans le coeur de cette femme insoumise qui refuse de se subordonner aux diktats sociaux ou politiques, résiste une part inviolable que les lecteurs de ce magnifique roman découvriront dans son épilogue. La vie est une succession de pertes.
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palamede
  11 mai 2019
Toute sa vie Olga aura été la femme amoureuse d'un seul homme. Mais celui-ci par esprit d'aventure, de besoin de grands espaces, dans une sorte de fuite en avant, a été constamment hors de portée de cet amour. Olga la fidèle a toutefois mené sa vie. Devenue institutrice, elle a à coeur d'aider les enfants pauvres. Quand elle ne peut plus exercer son métier, elle travaille dans une famille dont le garçon deviendra son ami et son confident.
Bernard Schlink trace le beau portrait d'une femme meurtrie, volontaire et libre penseuse dans l'Allemagne de la fin du XIXe siècle — qui se réunie sous l'impulsion de Bismarck et que sa recherche de grandeur a mené aux deux grands conflits mondiaux du XXe siècle — aux années 1970, époque où Olga disparaît à son tour non sans avoir jugé son aventure humaine.
« Parfois j'ai eu pitié de moi, qui ai grandi sans amour et qui, même avec toi, n'ai pu vivre son amour que tant bien que mal. Maintenant je pense aux soldats morts par milliers et à leurs vies qu'ils n'ont pas vécues, aux amours qu'ils n'ont pas vécues, et cela m'ôte tout apitoiement sur moi-même. Reste la tristesse. »
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enjie77
  24 mai 2019

L'auteur, Bernhard Schlinck, est tombé, par hasard, sur le journal du vrai Herbert Schröder-Stranz, explorateur méconnu, et impressionné par la fascination de cet homme pour le néant et le désert, son imagination s'est emparée de l'histoire de cet homme. Il a alors construit son récit autour d'Herbert et s'est demandé quelle femme pouvait aimer un homme tel que lui. Olga est donc née sous la plume de Bernard Schlinck. Nous traversons avec intérêt l'histoire de l'Allemagne de la fin du 19ème siècle jusqu'aux années 1970 en compagnie de cette femme qui, à mes yeux, représente l'histoire de toutes ces femmes courageuses qui n'ont jamais baissé les bras devant ce terrible 20ème siècle.
Olga est donc née fin du 19ème siècle, dans un milieu pauvre, à Breslau. Dès sa plus tendre enfance, Olga ne cesse de surprendre par son désir de rester debout et de regarder autour d'elle. C'est une enfant silencieuse, observatrice. Ces attitudes qualifieront cette femme tout au long de sa vie.
Ses deux parents sont emportés par le typhus, elle est élevée par une grand-mère antipathique. Prisonnière de son temps, de la pauvreté et du statut imposé à la femme à cette époque, elle n'a de cesse de vouloir faire des études. La culture, la lecture sont ses échappatoires. Elle fera toujours preuve d'une immense volonté afin de parvenir à son métier d'institutrice.
Viktoria et Herbert, ses deux amis, sont des enfants de bonne famille. Les années passant, Herbert et Olga vont tomber amoureux au grand désespoir de la famille Schröder. Adultes, ils vont vivre leur amour en dépit de l'opposition de la famille d'Herbert.
Ce dernier, contaminé par le désir expansionniste de l'Allemagne, assoiffé d'aventures, s'engage dans l'armée pour mieux assouvir son besoin d'espace. Cette ivresse de conquête le mène à sa perte. Il disparait dans les glaces du Spitzberg en 1913 au cours d'une expédition mal organisée.
Olga lui restera fidèle, c'est cet amour qui nourrira le coeur d'Olga tout au long de sa vie.

J'ai eu du mal avec l'écriture froide, distante, de Bernhard Schlink. J'ai pensé arrêter ma lecture à la fin de la première partie tant aucune émotion ne se dégageait du récit. Les mots s'enchaînaient les uns derrière les autres, un peu comme un manuel, et je restais indifférente à ce qui se déroulait sous mes yeux. Ce livre est divisé en trois parties. A partir de la seconde partie, son écriture s'est un peu plus humanisée. le narrateur change. On suit l'histoire d'Olga raconté par le fils d'une famille pour laquelle Olga a travaillé après sa retraite anticipée. L'auteur s'est-il inspiré d'une grand-mère aimante, toujours est-il qu'il y met beaucoup plus d'émotions et que son récit y gagne en sensibilité. Quant à la troisième partie, je vous laisse le soin de la découvrir, c'est émouvant.
Je note quatre étoiles. Je n'aime pas nuire à un roman, je préfère m'abstenir de commenter d'autant que la lecture d'un tel auteur que j'apprécie, est subjective et dépend du « liseur ». Nos amies Palamede et Nameless ont eu une approche différente de la mienne, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion.
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isabelleisapure
  01 avril 2019
Olga naît à la fin du dix-neuvième siècle, dans une petite ville de l'Est de l'Empire allemand. Rapidement orpheline, elle est élevée par sa grand-mère incapable de lui donner le moindre amour. C'est donc seule qu'elle va avancer dans la vie, à une époque où la place des femmes est encore bien malmenée, surtout lorsqu'on doit trouver du travail et vivre seule. Elle veut étudier pour transmettre le savoir.
Herbert, son camarade de jeu appartient à un milieu bien différent, fils de riches industriels, il se verrait bien parcourir le monde pour devenir explorateur. Quelques années plus tard alors que l'amitié enfantine à fait place à l'amour, le jeune homme part en expédition dans les glaces du Spitzberg dont il ne reviendra jamais.
À la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n'est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d'apparence si modeste.
Plus qu'un roman d'amour, « Olga » est aussi l'histoire d'une nation, l'Allemagne confrontée à ses rêves de grandeur.
Le personnage d'Olga est à la fois discret et incroyablement fort. C'est une femme amoureuse qui a traversé l'histoire en rencontrant de nombreuses embûches et qui malgré tout ne s'est pas laissé abattre.
Un magnifique portrait de femme.

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Josephine2
  15 février 2019
Très intéressant. En fait, je ne m'attendais pas à cette histoire là. En lisant le 4ème de couverture, je m'attendais plutôt à une histoire classique, une histoire d'amour entre un homme et une femme de classe différente.
Oui, il y a de cela mais mieux encore. Olga, jeune orpheline sera élevée par sa grand-mère qui ne l'aime guère. Elle l'emmène avec elle en Poméranie. Olga va découvrir la campagne et la pauvreté. Elle se liera d'amitié avec Herbert et Viktoria, les enfants d'un riche industriel. Viktoria partira en pension et Olga et Herbert se retrouveront seuls. Ils partageront leur temps libre, leur jeux et leur passion.
Mais Olga ne se résignera pas aux injonctions de sa grand-mère et du curé qui lui serine que les études ne servent rien. Elle décide de les continuer et pour cela elle se rendra à Posen à l'école normale d'institutrice. Une enseignante la prendra sous sa coupe et lui donnera des livres. Grâce à cela, elle a pu préparer le concours et devenir à son tour, institutrice.
Viktoria, voyant l'attachement de son frère pour Olga fera tout pour qu'elle soit nommée institutrice en Prusse-Orientale, dans un village au nord de Tilsit. Olga en prendra son parti. Cela n'empêchera pas Herbert de la rejoindre dès son retour de ses pérégrinations à travers le monde.
Il ne peut rester en place. Ce sera sans cesse des allées-retours et malgré l'injonction de ses parents à se marier et à reprendre la succession de son père, celui-ci ne renoncera pas à ses voyages, ni à Olga.
Olga est donc souvent seule, mais s'en accommode. Elle va se lier avec un petit garçon, Eik qu'elle va présenter à Herbert, qui ne lui prêtera guère attention au grand dépit d'Olga, même si elle n'en montre rien.
Herbert rêve de l'Arctique et monte une expédition, épaulé par Olga, pour trouver les fonds. A partir de ce départ, Olga sera seule. Elle lui écrira souvent, mais n'aura jamais aucune réponse à ses missives. Elle va traverser les deux guerres, survivre, et après la deuxième guerre mondiale, deviendra couturière chez une famille qui la prendra sous son aile.
Elle se liera d'amitié avec le fils de la famille. Elle lui confiera certains éléments de sa vie. Ils resteront toujours en contact jusqu'au décès d'Olga et ce n'est que bien plus tard, lorsqu'il sera à la retraite, que Ferdinand partira à la recherche du passé d'Olga et de sa vie, notamment à la recherche de la correspondance qu'Olga a adressé pendant des années à Herbert, Poste restante à Tromso, en Norvège. C'est par ce biais qu'il découvrira vraiment qui était Olga.
Une histoire dense et foisonnante, passionnante, où l'on traversera les deux guerres mondiales, l'Histoire de l'Allemagne, mais aussi le choix de cette femme déterminée à vivre sa vie sans se la laisser dicter.
Un très beau portrait de femme libre qui aura eu la chance de connaître un très court grand amour qui dura toute une vie.
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critiques presse (8)
LeDevoir   04 mars 2019
Pour Olga, la vie est une succession de pertes. Et c’est ce que nous dit aussi avec humanité Bernhard Schlink à travers ce magnifique portrait de femme qui nous fait traverser un siècle agité.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro   21 février 2019
L'histoire d'une Allemande dans la tourmente des deux guerres, signée par l'un des maîtres du trouble et de l'ambiguïté, est un bijou de subtilité et de finesse.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeJournaldeQuebec   12 février 2019
Composé de trois parties bien distinctes, ce court roman nous permettra surtout de voir ce qu’Olga traversera de son côté pendant toutes les années où elle attendra désespérément le retour d’Herbert. Et ce qu’on découvrira sera souvent bouleversant.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   06 février 2019
Plus de vingt ans après la publication de son best-seller Le Liseur, adapté en 2009 au cinéma, paraît Olga, ou le destin d’une femme empêchée par le monde patriarcal. Une magnifique épopée féministe dans l’Allemagne du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   05 février 2019
Bernhard Schlink signe le portrait raffiné de celle qui, malgré les revers, traversa son époque la tête haute.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   30 janvier 2019
Sublime portrait de femme, Olga est une aussi une réflexion passionnante sur le bien et le mal, et sur ce qui a pu pousser un pays comme l'Allemagne dans la démesure.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   28 janvier 2019
Ancien juge, professeur de droit, l’auteur du best-seller mondial Le Liseur, adapté au cinéma en 2008, assure que les histoires s’imposent à lui. Ainsi celle d’Olga, son nouveau roman très réussi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   18 janvier 2019
Ultime trace d'un amour inassouvi que Bernhard Schlink ressuscite dans ce livre émouvant, avec la nostalgie qu'on lui connaît et un raffinement de tous les instants.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
NikozNikoz   23 mai 2019
D'ailleurs elle m'appelait encore comme ça: garçon.
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GODINHOGODINHO   16 mai 2019
" Je suis pleine d'amertume, contre Eik et contre toi. C'est la chair de ta chair et le sang de ton sang. Il est aussi bête que toi et aussi lâche que toi. Il est également capable d'être aussi gentil que toi. Mais la gentillesse ne saurait compenser la bêtise et la lâcheté "
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GODINHOGODINHO   16 mai 2019
" Ils disent que le chant du rossignol donne aux mourants une mort douce, chuchota Olga.
-Il chante pour ceux qui s'aiment;
-Nous."
Elle se blottit contre lui et il passa son bras autour d'elle.
"Que vas-tu chercher là-bas?"
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palamedepalamede   12 mai 2019
Elle avait dès le début été contre le national-socialisme : il s’agissait que l’Allemagne devienne à nouveau trop grande, après que Bismarck déjà l’avait voulue et faite trop grande. Et la Première Guerre mondiale serait suivie d’une deuxième.
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palamedepalamede   12 mai 2019
Je connaissais le sentiment qu’il n’y a rien à quoi aspirer qui soit vraiment satisfaisant, rien pour quoi travailler, rien à quoi croire, rien qu’il soit vraiment satisfaisant d’aimer. Ce sentiment transformé en philosophie : c’est ainsi que je me représentais le nihilisme.
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