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Critiques sur Olga (35)
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nameless
  15 février 2019
Olga raconte la vie d'Olga, née à la fin du XIXème siècle en Silésie, qui après la mort prématurée de ses parents, est transplantée en Poméranie chez une grand-mère mal-aimante. Le premier combat de cette fillette, avide d'observer et comprendre ce qui se passe autour d'elle, est de refuser la germanisation de son si joli prénom slave ; elle ne répond pas lorsqu'on l'appelle Helga. Cette résistance enfantine n'est que la première d'une longue liste. Dans un monde archaïque où l'enfance est un luxe, moins un plaisir qu'une préparation à la lutte pour la vie, le pasteur et l'instituteur tentent de persuader Olga qu'il est inutile d'entamer des études. Une fois encore, Olga désobéit et devient institutrice dans des conditions surhumaines pour une fille, pauvre de surcroît. Concomitamment, elle rencontre Herbert, futur héritier d'un empire betteravier et sucrier. Ils s'aiment, ne sont pas du même milieu, leur union est jugée contre-nature idéologique par la famille d'Herbert. Pour Olga, Herbert n'est pas le fils d'un grand propriétaire, et pour lui, elle n'est pas une fille du village. Ils se sont trouvés entre les classes et ne se sentent pas liés par les conventions.


Sauf que... Herbert a la bougeotte. Infecté par les idées d'expansionnisme initiées par Bismarck, il rêve d'une Deutschland über alles, de déserts à conquérir, en Afrique d'abord, puis en Arctique. Avec un égoïsme sans méchanceté, il fait du mal à Olga et l'entraîne dans un amour tout terrain, parce qu'il ne la voit pas ; il l'abandonne dans le rôle d'une maîtresse dans la vie d'un homme marié alors qu'il est célibataire. Il vit dans son monde et vaque à ses affaires, en lui en mettant un petit morceau de côté quand il rentre en permission, si rarement. Il file en Arctique pour représenter la virile discipline, l'audace et l'héroïsme allemands. Il se contente d'y mourir de froid.


Voilà, c'est l'histoire d'Olga que je ne fais qu'effleurer pour ne pas déflorer le suspense soutenu par le style épuré et émouvant de Bernhard Schlink. Olga a connu la mort de ses parents, la misère, deux guerres, les nazis, la solitude. Toute sa vie, elle écrit à son amoureux disparu dans un enfer glacé. Dans le coeur de cette femme insoumise qui refuse de se subordonner aux diktats sociaux ou politiques, résiste une part inviolable que les lecteurs de ce magnifique roman découvriront dans son épilogue. La vie est une succession de pertes.
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palamede
  11 mai 2019
Toute sa vie Olga aura été la femme amoureuse d'un seul homme. Mais celui-ci par esprit d'aventure, de besoin de grands espaces, dans une sorte de fuite en avant, a été constamment hors de portée de cet amour. Olga la fidèle a toutefois mené sa vie. Devenue institutrice, elle a à coeur d'aider les enfants pauvres. Quand elle ne peut plus exercer son métier, elle travaille dans une famille dont le garçon deviendra son ami et son confident.

Bernard Schlink trace le beau portrait d'une femme meurtrie, volontaire et libre penseuse dans l'Allemagne de la fin du XIXe siècle — qui se réunie sous l'impulsion de Bismarck et que sa recherche de grandeur a mené aux deux grands conflits mondiaux du XXe siècle — aux années 1970, époque où Olga disparaît à son tour non sans avoir jugé son aventure humaine.

« Parfois j'ai eu pitié de moi, qui ai grandi sans amour et qui, même avec toi, n'ai pu vivre son amour que tant bien que mal. Maintenant je pense aux soldats morts par milliers et à leurs vies qu'ils n'ont pas vécues, aux amours qu'ils n'ont pas vécues, et cela m'ôte tout apitoiement sur moi-même. Reste la tristesse. »
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isabelleisapure
  01 avril 2019
Olga naît à la fin du dix-neuvième siècle, dans une petite ville de l'Est de l'Empire allemand. Rapidement orpheline, elle est élevée par sa grand-mère incapable de lui donner le moindre amour. C'est donc seule qu'elle va avancer dans la vie, à une époque où la place des femmes est encore bien malmenée, surtout lorsqu'on doit trouver du travail et vivre seule. Elle veut étudier pour transmettre le savoir.
Herbert, son camarade de jeu appartient à un milieu bien différent, fils de riches industriels, il se verrait bien parcourir le monde pour devenir explorateur. Quelques années plus tard alors que l'amitié enfantine à fait place à l'amour, le jeune homme part en expédition dans les glaces du Spitzberg dont il ne reviendra jamais.

À la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n'est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d'apparence si modeste.
Plus qu'un roman d'amour, « Olga » est aussi l'histoire d'une nation, l'Allemagne confrontée à ses rêves de grandeur.

Le personnage d'Olga est à la fois discret et incroyablement fort. C'est une femme amoureuse qui a traversé l'histoire en rencontrant de nombreuses embûches et qui malgré tout ne s'est pas laissé abattre.

Un magnifique portrait de femme.


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tynn
  06 mai 2019
Olga attend. Icône d'amour et de fidélité.

Bernhard Schlink a le talent des magnifiques portraits de femme. On ne peut oublier son «Liseur» (1995), jeune homme fasciné par le destin d'une ancienne nazie.
En découvrant la vie d'Olga, c'est encore l'histoire de l'Allemagne du 20e siècle qui s'impose dans une société entraînée vers le pire par ses rêves de grandeur, entre deux guerres mondiales et un empire colonial tenu de main de fer. Un pays où les hommes font des choix funestes pour assouvir leur désir de gloire, quand les femmes s'effacent et souffrent en silence.

Olga, l'institutrice, traverse des petits bonheurs mais beaucoup de zones de turbulences où la perte et le deuil ne l'oublient pas. de son trop court amour sensuel pour Herbert, à celui protecteur pour le jeune Eik, les années ont été faites de désillusions jusqu'au seuil de la vieillesse. Avec le temps, sa surdité n'est-elle pas une métaphore du refus d'un monde qui ne la concerne plus?

Femme modeste mais volontaire, indépendante par nécessité, cultivée par ténacité, résolue dans ses choix, moderne pour son époque, Olga fascine par sa personnalité. le narrateur nous construit son histoire en trois temps, dans sa jeunesse laborieuse et amoureuse, dans sa maturité de solitude adoucie par l'amitié, et dans les magnifiques lettres d'amour envoyées à un fantôme parti vers les espaces glacés de l'Arctique.

Un texte qui nous parle d'amour, de transmission et d'éducation, et d'une forme discrète de féminisme et d'humanisme.
Inutile de préciser que j'ai beaucoup aimé ! ;-)
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Josephine2
  15 février 2019
Très intéressant. En fait, je ne m'attendais pas à cette histoire là. En lisant le 4ème de couverture, je m'attendais plutôt à une histoire classique, une histoire d'amour entre un homme et une femme de classe différente.

Oui, il y a de cela mais mieux encore. Olga, jeune orpheline sera élevée par sa grand-mère qui ne l'aime guère. Elle l'emmène avec elle en Poméranie. Olga va découvrir la campagne et la pauvreté. Elle se liera d'amitié avec Herbert et Viktoria, les enfants d'un riche industriel. Viktoria partira en pension et Olga et Herbert se retrouveront seuls. Ils partageront leur temps libre, leur jeux et leur passion.

Mais Olga ne se résignera pas aux injonctions de sa grand-mère et du curé qui lui serine que les études ne servent rien. Elle décide de les continuer et pour cela elle se rendra à Posen à l'école normale d'institutrice. Une enseignante la prendra sous sa coupe et lui donnera des livres. Grâce à cela, elle a pu préparer le concours et devenir à son tour, institutrice.

Viktoria, voyant l'attachement de son frère pour Olga fera tout pour qu'elle soit nommée institutrice en Prusse-Orientale, dans un village au nord de Tilsit. Olga en prendra son parti. Cela n'empêchera pas Herbert de la rejoindre dès son retour de ses pérégrinations à travers le monde.

Il ne peut rester en place. Ce sera sans cesse des allées-retours et malgré l'injonction de ses parents à se marier et à reprendre la succession de son père, celui-ci ne renoncera pas à ses voyages, ni à Olga.

Olga est donc souvent seule, mais s'en accommode. Elle va se lier avec un petit garçon, Eik qu'elle va présenter à Herbert, qui ne lui prêtera guère attention au grand dépit d'Olga, même si elle n'en montre rien.

Herbert rêve de l'Arctique et monte une expédition, épaulé par Olga, pour trouver les fonds. A partir de ce départ, Olga sera seule. Elle lui écrira souvent, mais n'aura jamais aucune réponse à ses missives. Elle va traverser les deux guerres, survivre, et après la deuxième guerre mondiale, deviendra couturière chez une famille qui la prendra sous son aile.

Elle se liera d'amitié avec le fils de la famille. Elle lui confiera certains éléments de sa vie. Ils resteront toujours en contact jusqu'au décès d'Olga et ce n'est que bien plus tard, lorsqu'il sera à la retraite, que Ferdinand partira à la recherche du passé d'Olga et de sa vie, notamment à la recherche de la correspondance qu'Olga a adressé pendant des années à Herbert, Poste restante à Tromso, en Norvège. C'est par ce biais qu'il découvrira vraiment qui était Olga.

Une histoire dense et foisonnante, passionnante, où l'on traversera les deux guerres mondiales, l'Histoire de l'Allemagne, mais aussi le choix de cette femme déterminée à vivre sa vie sans se la laisser dicter.

Un très beau portrait de femme libre qui aura eu la chance de connaître un très court grand amour qui dura toute une vie.
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montmartin
  23 janvier 2019
Fin du XIXe siècle, Olga orpheline est élevée par sa grand-mère qui ne l'a jamais portée dans son coeur, comme si elle était une déception ou le rappel de quelque chose de fâcheux. Elle est solitaire, elle n'est pas intégrée, n'a aucun ami jusqu'au jour où elle trouve quelqu'un qui est aussi différent. Herbert, son père est l'homme le plus riche du village. L'amitié va se transformer en amour, mais Herbert rêve de vastes horizons, aventurier passionnément attiré par les grands espaces lointains. Il n'aura de cesse de voyager, jusqu'à disparaître.

J'ai bien aimé la construction originale de ce récit en trois parties. Dans la première, le narrateur raconte la vie d'Olga jusqu'à sa retraite. Elle obtient alors un poste de couturière dans une famille de pasteur et se lie d'amitié avec le plus jeune des enfants, Ferdinand. Dans la deuxième partie, celui-ci devient le narrateur jusqu'à ce qu'il retrouve des lettres qu'Olga a adressées régulièrement à Herbert. Ces lettres vont constituer la troisième partie et nous éclairer sur la vie de cette femme volontaire, indépendante, intelligente, tolérante et aimante qui espère pendant des années le retour de l'être aimé.

Un récit tout en sensibilité, une histoire d'amour et de vie triste et aussi un morceau d'Histoire contemporaine de l'Allemagne. La mélodie de la vie d'Olga est son amour pour Herbert entre accomplissement et déception. Des chapitres brefs, une écriture simple, un personnage fort, tous les ingrédients pour un bon roman.
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traversay
  09 février 2019
Le premier tiers d'Olga, dernière traduction en date de Bernhard Schlink, est comme une vie en accéléré. Celle d'une femme qui a vécu dans l'ombre de l'histoire allemande : les ambitions coloniales, deux guerres mondiales, jusqu'au terrorisme des années 70. Une existence anonyme, dans la simplicité, rien d'une héroïne a priori. Sauf que Schlink, après avoir presque tout dit, semble t-il, change de focale dans les deux autres parties du livre et raconte Olga à travers quelqu'un qui l'a connu à l'automne de sa vie et s'est tellement intéressée à elle qu'il s'évertue à rechercher des lettres envoyées à l'homme de sa vie, égaré dans un voyage en terre inconnue. Ainsi, le portrait s'affine au fil des pages, devient plus intime et nous fait aimer cette femme de convictions, lucide quant à l'évolution dramatique de son pays et amoureuse éternelle d'un homme qui s'est perdu dans la fuite et n'a pas su voir que le bonheur était proche de lui et non dans des aventures aux allures de suicide. le style de Schlink peut paraître froid, notamment dans toute la première partie du livre. Il est surtout clair et limpide, au service d'une architecture narrative d'une grande intelligence qui récompense le lecteur dans ses dernières pages avec l'émotion qui affleure et un joli pied de nez final, qui l'est aussi vis-à-vis de l'histoire de l'Allemagne.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Sallyrose
  08 avril 2019

Fin du XIXème siècle, en Allemagne. de basse condition et orpheline, Olga devient la compagne de jeu de Herbert et Viktoria, enfants d'un riche industriel. Les années passant, Olga et Herbert développent des sentiments amoureux et resteront fidèles l'un à l'autre alors même que les conventions sociales ne leur permettent pas de se marier.
Herbert se révèle attiré par les voyages et la conquête des grands espaces. C'est ainsi que, quelques mois avant la première guerre mondiale, il entreprend une expédition en Arctique dont il ne revient pas.
A travers le portrait d'une femme forte et passionnée, de son amour indéfectible pour un homme porté par les rêves de grandeur de son pays, l'auteur nous délivre son approche des politiques coloniales et expansionnistes de l'Allemagne.
Olga est une femme terriblement attachante, à la vie bien remplie, dont le lecteur découvre les tenants et les aboutissants dans la dernière partie du roman grâce à une construction très habile qui se fait fi de la chronologie.
Un pan d'histoire, de belles tranches de vie : un excellent roman

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rosacalifronia
  28 février 2019
Ce roman est un paradoxe à lui seul, tant sur la forme que sur le fond. S'il n'était pas construit en trois parties : récit d'Olga, récit de Ferdinand, lettres d'Olga, on s'ennuierait. Le rythme est lent et pourtant on traverse les deux guerres mondiales sans vraiment s'en rendre compte. Ce n'est pas un roman sur fond de guerre, c'est le récit d'une femme libre. Un roman sobre, tout en finesse et convaincant.
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cecille
  06 avril 2019
Olga est une toute jeune orpheline quand elle est recueillie par sa grand-mère qui ne ressent aucune affection pour elle. d'un milieu très modeste, elle souhaite en grandissant poursuivre ses études car elle veut devenir institutrice. Lui son amoureux du nom de Herbert, est d'une famille aisée, fils d'industriel. Dès que ses études sont terminées, lui n'a qu'un seul désir partir. c'est ainsi qu'il s'embarque en Afrique du Sud-Est qui est à cette époque sous protectorat allemand. Dès lors il va toujours avoir l'envie d'aller plus loin, d'avoir, comme elle peut lui reprocher plus tard, toujours envie de plus grand. Ils vont vivre l'amour entre ses expéditions. Jusqu'au jour où il lui annonce organiser une expéditions dans le grand nord.

Ce roman est construit d'une manière très particulière. En effet, nous découvrons dans une première partie les deux jeunes gens. Leurs ambitions et aspirations, leur amour. Tout va extrêmement vite dans l'écriture. Trop à mon sens. Ainsi nous arrivons au bout de quelques pages après l'enfance, à la vieillesse d'Olga ! Et puis dans la seconde partie, cette femme âgée, en retraite de l'enseignement, va travailler comme couturière chez des particuliers. Et elle va se lier d'amitié avec le tout jeune Ferdinand. Et enfin dans la troisième partie nous allons revenir, grâce à Ferdinand, sur les traces d'Olga, par l'intermédiaire de lettres découvertes.

Olga est un portrait de femme sensible dans une société dans laquelle il est très difficile de se faire une place comme pauvre, comme femme. Pourtant elle va se battre à sa façon, elle va vivre sa vie malgré toutes les barrières qui lui barrent la route, l'accès à un bonheur plus complet, abouti. Dans cette Allemagne qui a soif de grandeur, comme le cher Herbert, nous voyons l'arrivée du nazisme, le premier génocide où ces derniers ont fait leur premières armes en Afrique du Sud-Est, cela n'est pas sans me rappeler le magnifique livre d'Elise Fontenaille N-Diaye : Blue book aux éditions Calmann-Lévy

Un roman d'amour, de grand amour, histoire d'une femme qui vit l'amour simplement, fidèlement et sincèrement, dans un contexte historique qui est au balbutiement de l'horreur pour ce pays qui souhaite, lui, bien au contraire, toujours plus de grandeur.
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