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EAN : 9782377311002
272 pages
Éditeur : Sarbacane (02/05/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 40 notes)
Résumé :
« Les vapeurs d'essence, ça ronge les cerveaux. Regardez mes parents: trente ans qu'ils moisissent dans leur station essence. De mon côté, c'est pas beaucoup mieux. J'aime trop la baston pour une fille, à ce qu'il paraît surtout une fille qui s'appelle Fleur. Il n'y a bien que mon frère Killian pour relever le niveau. Il a un truc, lui. La musique. Sauf que c'est pas en restant ici qu'il deviendra violoniste. Alors forcément, quand un type vient nous agoniser à la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  14 décembre 2019
Fleur a les poings qui démangent. Elle frappe et se bat contre cette enfance et adolescence qui ne lui ont apportées qu'un goût d'essence et de vieux pneus.
Si elle pouvait avec son frère Kilian prendre la route vers un avenir plus ouvert...
L'occasion se pointe à l'horizon. Sac à dos et violon sous le bras ils débarquent dans un appartement miteux tout près de l'échangeur de la Porte de Montreuil.
Un autre monde leur ouvre les bras et les poings aussi. Un microcosme abritant des personnages qui restent au bord de la route.
Survivent en se servant sans demander.
Voler c'est manger.
Graffent sur les piliers de l'autoroute, leur hargne, leurs couleurs, leur talent brut aussi lumineux que des tableaux épinglés dans une galerie d'Art.
Le frère et la sœur se retrouvent à nouveau piégés dans ce microcosme, serrés par la ceinture de cet univers d'une hiérarchie sans pitié. C'est marche ou crève.
J'ai aimé cette ambiance dure et réaliste pour un roman jeunesse, où plane aussi un air de mystère, de fantômes. On ne fait pas dans l'eau de rose ni dans la dentelle. Les personnages sont bien campés.
C'est une histoire qui roule sur des chemins cabossés, avec de vieux pneus.
Et le violon de Kilian s'adapte au décor, au tumulte, au vertige sidéral.
Et les graffitis dessinent cette réalité qui ne veut pas finir écrasée sur le bitume, dans le bruit assourdissant de cette vie qui file sans un regard pour l'autre.
Étranglée par les bretelles d'un monde qui s'enroule, asphyxie les moins lotis.
Une belle surprise.
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Ichirin-No-Hana
  11 septembre 2018
Anne Schmauch est une auteure française dont j'apprécie énormément les romans jeunesse. Après avoir adoré Mémé Dusa et Un troupal de chevals édités dans la très bonne collection Pépix de Sarbacane, deux romans pour les plus jeunes lecteurs, je suis heureuse de découvrir la plume de l'auteure dans un roman pour les adolescents.
Fleur et Kilian sont deux jeunes frères et soeurs qui vivent dans une famille plutôt atypique. Une mère un peu naïve qui aime les romans à l'eau de rose et un père un peu trop macho et violent dans ses propos, Fleur et Kilian vivent dans une station essence perdue au fin fond de la cambrousse. Comme on s'en doute, les deux adolescents ne rêvent que d'une chose : s'enfuir et découvrir la vie citadine notamment parisienne. Grâce au talent de musicien de Kilian, le rêve ne paraît pas si loin…
La Sauvageonne fut une super lecture, comme je m'y attendais. Nos deux protagonistes sont très attachants. On a un Kilian musicien très intelligent et très calme contre une Fleur qui cherche quotidiennement la bagarre et qui a du mal à se créer des relations au vu de son caractère difficile. Et pourtant, la relation entre ses deux-là est fusionnelle et Kilian ne se voit pas découvrir la capitale sans sa soeur. Ces deux personnages, bien que vivant dans un environnement difficile et particulier, sauront évoluer, et s'ouvrir aux autres. La Sauvageonne est un véritable récit initiatique où nos personnages vont apprendre à se connaître en s'enfuyant de leur quotidien morose et en osant prendre de gros risques pour changer leur vie actuelle mais également celle que l'on leur impose. En plus d'être un récit intelligent, La Sauvageonne est un récit particulièrement drôle. Anne Schmauch nous avait déjà prouvé son humour dans ses écrits précédents et elle continue sur sa lancée avec celui-ci en nous proposant des situations particulièrement cocasses. de plus, je précise également que la fin du roman est très marquante. Loin d'être spectaculaire (loin de là) la fin est d'une intelligente comme elles le sont rarement.
Bref, La Sauvageonne est un roman adolescent qui a su me convaincre sur tous les points. Vite, vite, le prochain !
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saomalgar
  02 février 2019
Fleur et Killian, frère et soeur, vivent dans une station essence/garage au milieu de nulle part, entre une mère évaporée, immature et naïve et un père colérique et râleur. Alors dès que l'occasion se présente (un client qui meurt dans une de leurs chambres, avec une valise remplie de billets), ils mettent les voiles !
Parce qu'au milieu de nulle part et avec des parents très peu coopératifs, Fleur n'a aucune chance de passer son bac et Killian son concours au conservatoire.
Ils se retrouvent à Bagnolet avec leur ami Rodrigue, rejeté par son père très riche, dans un appart miteux situé dans un immeuble gardé par une "mamie" qu'ils surnomment la fée mais qui ressemble plus à une sorcière...
Appart tellement miteux qu'il donne directement sur les voies de l'A3 où des graffeurs s'évertuent à déposer des dessins chaque jour sous les yeux effarés des vigiles du centre commercial d'en face.
Un roman à mi chemin entre roman initiatique et road movie, entre l'Amérique justement et la France, avec des personnages pour certains réalistes et attachants pour d'autres caricaturaux et détestables.
Des rebondissements parfois improbables mais des histoires d'amour touchantes.
C'est difficile de dire si j'ai aimé ou non cette sauvageonne. Le texte est parfois lumineux dans sa noirceur et ça j'aime bien mais aussi il peut être agaçant d'invraisemblances. C'est un récit rocambolesque.
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Zarps
  31 janvier 2019
Dans ce livre il y a le bruit et l'odeur. le bruit de l'échangeur autoroutier de Bagnolet où un petit groupe d'ados trouve refuge (mais est-ce bien le terme ?) dans une maison avec vue sur les carambolages. L'odeur, c'est celle de l'essence, qui colle à la peau de l'héroïne et de son frère qui ont décidé de fuir la station essence familiale. Et puis il y a la fureur. La fureur adolescente, ce besoin irrépressible de liberté, de changement, de vie. Un besoin qui vous fait traverser l'autoroute en courant.
Anne Schmauch réussit à créer une belle galerie de personnages, assez loin des clichés qui peuvent être courant dans les romans pour ados. Ils sont eux-mêmes et le revendiquent. Ils cherchent à fuir le quotidien et à poursuivre leurs rêves, même s'ils ne sont pas toujours bien définis.
J'ai aimé ce texte et j'avais plaisir à le retrouver. Je me suis attachée à cette bande d'adolescents plongée dans un roman noir.
Un roman actuel et qui peut vraiment toucher un public adulte !
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l-ourse-bibliophile
  06 juin 2018
Ce nouvel Exprim' a encore tapé fort ! Entre les vapeurs d'essence et les vieux pneus, entre une mère qui préfère s'évader dans des romans à l'eau de rose et un père macho, le quotidien de Fleur et Kilian est plutôt morose. Et quand ils découvrent Paris, le programme s'avère être appartement miteux avec son et lumière sur le périph'. Anne Schmauch nous plonge dans un monde parallèle, un monde d'invisibles, peuplés de graffeurs, de sans-papiers, de magouilleurs et de petits voleurs. Au coeur de l'échangeur de la Porte de Montreuil se cache une micro société prête à tout pour survivre. de la ruse à la violence, voire aux trahisons.
Certains verront des oppresseurs et des opprimés, d'autres des forts qui protègent des faibles : rien n'est simple pour ceux qui vivent à la marge. Une communauté avec sa hiérarchie bien établie, silencieusement perçue et acceptée de tous, des légendes et des craintes. Si le décor m'a évoqué des souvenirs (puisque j'ai vécu un certain temps non loin de la Porte de Montreuil), j'ai aussi eu l'impression de découvrir un autre plan que l'on ne fait qu'apercevoir ici et là lorsque nous ne sommes pas concernés.
On s'attache rapidement aux personnages, notamment à la narratrice. Fleur la mal-nommée est une boule de nerfs, une guerrière aux poings vifs comme l'éclair. Terriblement touchante quand elle se préoccupe de son frère, le génie violoniste si étranger à la violence. Pleine de doutes quant à ses capacités, à sa personnalité et à son avenir. Révoltée contre le monde, contre les injustices et les classes sociales. Fleur tente de s'extirper de ce qu'elle a connu depuis sa naissance, mais les outils que la vie lui a donnés ne sont pas de ceux qui améliorent forcément les choses.
C'est, entre autres, pour cela que le roman fait rapidement naître un mauvais pressentiment dont il est impossible de se défaire. Malgré leur bonne volonté, leurs coups de chance et leur habilité à saisir les bonnes occasions, on se doute que les fréquentations du trio et les liasses de billets qu'ils trimballent avec eux seront synonyme de dangers et d'embûches. Et effectivement, de ce point de vue-là, l'autrice ne chôme pas non plus. Pas le temps de s'ennuyer dans ce roman aux mille rebondissements. La vie monotone de la station essence devient vite un lointain souvenir pour nos héros pris dans la frénésie citadine et la nécessité de survivre chaque jour. Mille rebondissements… et mille rencontres.
Heureusement, s'ils feront bon nombre de mauvaises rencontres, des gens seront là pour croire en eux et les aider. Des personnes que l'on s'attendrait parfois à voir méprisants ou hautains. Une bourgeoise ou un artiste à la renommée mondiale par exemple. Anne Schmauch crée toute une galerie de personnages de différentes classes sociales, avec leurs préoccupations, leurs soucis et leurs passions, leurs défauts et leurs qualités. La richesse des personnages et des caractères est le gros bonus de ce roman. Mélancolique, violent, passionné, timide, égoïste, effrayant, mystérieux, généreux… Tous ont plusieurs facettes et la plupart évoluent ou se dévoilent au fil du récit. Ici, il n'est nullement question d'opposer méchants et gentils, riches contre pauvres. Ce livre est un voyage à travers Paris et sa banlieue, à travers celles et ceux qui composent la société française, de ceux qui sont chouchoutés à ceux que d'autres aimeraient parfois voir disparaître d'un coup de baguette magique.
De sa plume vive et aiguisée, Anne Schmauch nous propose un diamant brut qui parvient, en dépit d'une action dynamique et sans temps mort, à dépeindre des personnages absolument fascinants de réalisme à la psychologie fouillée et variée. (Et en ce qui me concerne, j'adore lorsque les protagonistes – principaux ou secondaires – ont une véritable épaisseur.) Une vraie opportunité de réfléchir un peu sur la société française.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
fannfann   28 septembre 2019
Et le temps s'étire, encore et encore. Il y a des jours où on s'ennuie tellement qu'on est à deux doigts de monter dans une voiture au hasard, n'importe laquelle, de se planquer dans le coffre pour voir où on atterrirait.
En même temps, si c'est pour se retrouver au supermarché de la zone industrielle, le voyage ne vaut pas tellement le coût.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   05 juin 2018
A présent qu’on se trouve à la lisière, une grande trouille me tord les boyaux. Je sais qu’il existe un monde au-delà de ce grillage, j’en ai vu les reflets sur Internet. Mais à force de m’en tenir éloigné, j’en ai fait une sorte de rêve inatteignable.
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WyomingWyoming   12 août 2018
D'une façon générale, mon père a une lecture du monde assez simple: elle est entièrement fondée sur la présomption de culpabilité. Il part du principe que les gens sont coupables, de tout, toujours, tout le temps. Surtout les femmes. Surtout la sienne.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   05 juin 2018
Les mots de Mercedes me reviennent à la figure comme un boomerang. Vide intersidéral. Est-ce qu’on peut ne rien trouver, quand on se met à chercher qui on est ?
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   05 juin 2018
Bref. Cette station, c’est un iceberg à la dérive, qui fond un peu plus chaque année. Et mon père a décidé de jouer les ours polaires.
Pas nous. Mon frère et moi, on a prévu de se tirer à la fin de l’été.
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