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EAN : 9782017085348
192 pages
Hachette Pratique (15/01/2020)
4.34/5   47 notes
Résumé :
ON N’EST PAS VRAIMENT FEMME AVANT D’ÊTRE MÈRE

T’AS QUE 30 ANS, TU VAS CHANGER D’AVIS

T’AS DÉJÀ 30 ANS, FAUT TE DÉPÊCHER !

Y A UN PÈRE ? A QUAND LE DEUXIÈME ?

T’ES SÛRE, UN TROISIÈME ?

AH BON, TU ALLAITES ? AH BON, TU N’ALLAITES PAS ?

ÊTRE MÈRE À 20 ANS, C’EST IRRESPONSABLE

ÊTRE MÈRE À 40 ANS, C’EST DANGEREUX
TU VEUX PAS D’ENFANT : T’ES FÉMINISTE... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Celiou_th
  28 septembre 2022
Fiona Schmitt explore ici le concept de la charge maternelle : en résumé, c'est non seulement l'injonction faite aux femmes de devenir mères mais aussi toutes celles qui s'ajoutent une fois qu'elles le sont. Être en couple avec un homme, qui est le père de ses enfants ; n'avoir pas plus de 2-3 enfants ; les avoir a eus jeune - mais pas trop, les allaiter - mais pas trop longtemps, travailler et avoir de l'ambition - mais pas au point de faire passer sa carrière devant sa vie de famille, continuer à prendre soin d'elle et à être en forme... Bref, le job de Wonder Woman à temps plein ! Et il s'avère que beaucoup de femmes culpabilisent, parfois à se rendre malade, de ne pas cocher chacune de ses cases - et il faut dire que l'entourage, les employeurs, les médias lui font bien sentir lorsque ce n'est pas le cas.
Le livre s'intéresse longuement àla plupart de ces "cases", s'interrogeant sur l'origine de ces injonctions, et deconstruisant des idées reçues sur le sujet. Par exemple aviez-vous déjà réalisé que c'est dans plus de 80% des cas aux femmes de s'occuper de la contraception du couple, d'en supporter la charge financière et les effets (parfois très lourds) sur sa santé... alors qu'elles ne sont fertiles que quelques jours par mois quand un homme l'est 365 jours par an ? Au fait : des pilules contraceptives pour hommes existent depuis longtemps mais n'ont jamais été commercialisées car elles généraient trop d'effets secondaires. Spoiler alert : ce sont les mêmes effets que l'on retrouve chez les pilules pour femmes... Mais ça gênait moins, bizarrement.
Ce que j'aime particulièrement dans ce livre et dans tout le travail de Fiona Schmidt (en plus de style bien mordant qui m'a aussi beaucoup faite rire, et du fait que son travail est extrêmement rigoureux et documenté), c'est l'empathie qu'elle a pour toutes les personnes concernées quelles que soient leur situation, y compris lorsqu'elle est diamétralement opposée à la sienne. Elle-même n'a pas d'enfant et ne souhaite pas en avoir, et c'est le regard (jugeant et incrédule) des gens sur son choix qui l'a poussée à creuser le sujet. Mais elle est en même temps tout à fait révoltée qu'une jeune mère de 5 enfants aux foyers subisse elle aussi des remarques laissant entendre qu'elle est bonne à rien car elle ne travaille pas...i
Elle s'attelle en fait juste à défendre le droit de chacun.e à vivre sa maternité ou son absence de maternité exactement comme il ou elle en a envie, sans avoir à supporter des remarques maladroites voire malveillantes de personnes qui ne pensent pas comme elle.
Ce n'est pas si compliqué... Mais je me rends compte moi-même que je suis tellement conditionnée que c'est un vrai exercice de ne pas me demander si "quelque chose ne va pas" quand je rencontre une personne sans enfant de + de 35 ans...
En passant, on apprend dans ce livre que la proportion de femmes n'ayant pas d'enfant a drastiquement baissé entre le début du XXeme siècle (25%) et aujourd'hui (13%). Comme quoi la maîtrise de la fécondité via la contraception aurait tendance à nous faire avoir plus d'enfants, n'en déplaise aux "pro-life"...
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meslecturesmabibliotheque
  07 janvier 2022
Photo de profil de mes.lectures.ma.bibliotheque
mes.lectures.ma.bibliotheque
{ Une lecture qui sort de mes habitudes }
Je n'ai pas l'habitude de lire ce genre de livre puisque cela doit être le premier, mais il s'agit du livre 𝔏â𝔠𝔥𝔢𝔷-𝔫𝔬𝔲𝔰 𝔩'𝔲𝔱é𝔯𝔲𝔰 ! 𝔈𝔫 𝔣𝔦𝔫𝔦𝔯 𝔞𝔳𝔢𝔠 𝔩𝔞 𝔠𝔥𝔞𝔯𝔤𝔢 𝔪𝔞𝔱𝔢𝔯𝔫𝔢𝔩𝔩𝔢 rédigé par Fiona Schmidt, créatrice du compte Instagram @bordel.de.meres
J'ai lu et appris des choses qui m'ont troublé, révolté et surprise, mais je pense que la meilleure des manières afin de vous parler de cela est de vous mettre quelques citations. Je ne sais pas si ce sont les meilleures citations, mais en tout cas c'est celles qui m'ont interpellée, fait sourire ou qui m'ont fait réagir.
· « le fait de ne pas vouloir être mère est toujours considéré en France comme un « non désir », autrement dit un manque, un trou, un espace vide sur le CV de la féminité […] bref une erreur 404 dans le système féminin universel ».
· « Je précise par ailleurs que c'est précisément à cause de ces effets secondaires que la pilule masculine n'a jamais été commercialisée – et puis une pilule pour hommes, c'est pas « naturel » ».
· « Être une femme, c'est être mère, ou pour le dire autrement, être mère est la conséquence obligée du fait d'être femme. »
· « Rappelons toutefois qu'il n'existe pas plus de mode d'emploi du parent parfait que de manuel de l'enfant idéal : dans la mesure où un enfant n'est pas un micro-ondes mais un être humain, il n'a pas des défauts techniques mais des particularités qui en font un individu unique. »
· « Si papa travaille beaucoup, c'est parce qu'il aime sa famille, alors que si maman travaille beaucoup, surtout si papa travaille beaucoup lui aussi, c'est parce qu'elle pense d'abord à elle. A dose équivalente de travail, ce qui est une qualité chez un père devient donc un défaut chez une mère. »
· « Aux parents, encore, d'apprendre à leurs filles qu'elles naissent complètes et suffisantes, que leur avenir dépend d'abord d'elles-mêmes et pas d'un homme, que la maternité est une option mais pas une condition de la féminité. »
Dans ce livre, la place de l'homme est aussi étudiée, et cette remarque m'a interpellée :
« En effet, le fait de vouloir s'occuper de ses enfants est encore considéré comme un signe de faiblesse, voire comme un manque de fiabilité pour les hommes au sein de certaines entreprises. »

Ou encore celle-ci :
« plusieurs abonnées regrettent que leur conjoint n'ait pas trouvé d'ouvrage consacré à la paternité qui ne soit ni infantilisant, ni caricatural parmi les hectares de nouveaux guides parentaux qui poussent chaque année sur les rayons des librairies et qui s'adressent en réalité aux femmes »

Il faut savoir que ce livre a été écrit pour toutes les femmes, comme cela est indiqué au début du livre.
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topobiblioteca
  08 août 2021
La maternité est considérée depuis la nuit des temps comme innée pour toutes les femmes. le fameux instinct maternel ou encore l'horloge biologique seraient présents en chaque femmes et donne, encore et surtout aujourd'hui, à celles qui ne veulent pas d'enfants, la peur et la culpabilité de ne pas être normale et conforme. La société présente la maternité comme bienheureuse, consentie et surtout souhaitée par toutes les femmes. Ces qualités dites féminines perpétuent les clichés et les fantasmes selon lesquels les femmes seraient les plus à même de s'occuper des enfants et des malades, que nous sommes plus à l'aise avec les questions d'éducation intrinsèquement liées aux taches ménagères et que la charge mentale nous est donc toute droit réservée. Ces inégalités génèrent alors le préjugé qu'une femme n'est comblée qu'en enfantant, qu'en se privant pour se réaliser en tant que mère et faire passer son enfant avant tout désir. Que bien entendu celles qui n'en veulent pas, sont encore et toujours montrées du doigt comme des femmes égoïstes, ont les nomme par ailleurs nullipares, étymologiquement celles qui n'ont pas accouché, à l'oreille cela sonne vraiment mal, vous ne trouvez pas ?!. Que celles qui ont des enfants mais qui ne sont pas instagramables 24h sur 24 et 7 jours sur 7 n'ont pas réussi. Tout ces sujets et bien plus encore, comme l'impact écologique d'une naissance ou les injonctions d'éducations sont évoqués avec brio dans cet essai.
C'est avec son compte instagram @bordel.de.meres que l'autrice a récoltée des milliers de messages sur la maternité, l'éducation ou le non désir d'enfant. Avec son vécu, celui d'une femme qui n'a pas et qui ne veut pas d'enfant, elle nous dresse le portrait glaçant d'une société, la nôtre, prête à tout pour laisser les femmes à leur place. Il est stupéfiant de réaliser à quel point le manque de sororité nous porte un préjudice immense ! Les témoignages reçus par Fiona Schmidt sont effarants de violences, de préjugés et de jugements alors qu'il serait tellement plus enrichissant de nous entraider et la cause des femmes en serait bénéfique. Paradoxalement, le reste de cette société patriarcale, égoïste et égocentrée nous prédispose à rester dans le même moule, en atteste l'éducation encore trop genrée qui est dispensée dans nos écoles, magasins ou médias.
Lâchez-nous l'utérus est un manifeste pour toutes les femmes mais aussi bien évidemment pour les hommes, ils sont présents dans ce livre et il faut à tout prix les intégrer dans nos systèmes éducatifs, car ils sont bien trop souvent relégués par la pression sociale et les schémas classiques au second plan alors que l'éducation et la charge maternelle leur revient également de droit ! Pour que tous ensemble nous puissions déconstruire ces préjugés et créer enfin une société actuelle loin des schémas ancestraux et arrêter de fustiger les familles pour leurs choix novateurs !
Lien : https://topobiblioteca.fr/
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nanouche
  12 août 2022
Fiona Schmidt est journaliste, militante féministe et créatrice du compte Instagram @bordeldemeres. Je l'ai rencontrée au Festival International de Journalisme à Couthures sur Garonne où elle était venue témoigner de son choix de ne pas avoir d'enfant. Lors d'une table ronde à laquelle elle a participé plusieurs jeunes femmes sont intervenues pour dire qu'elles non plus ne souhaitaient pas avoir d'enfant ce qui était mal accepté par leur entourage. On leur oppose qu'elles changeront d'avis ou qu'elles le regretteront. Entre 32 et 37 ans l'autrice elle-même a consulté sept gynécologues pour leur demander une stérilisation, tous ont refusé. J'ai été surprise de découvrir que la parole des femmes est encore aussi peu écoutée de nos jours.
La charge maternelle c'est le fait que tout ce qui concerne la maternité et les enfants est souvent considéré comme concernant les femmes en priorité. La contraception repose sur les femmes. Quand un couple ne peut pas avoir d'enfant c'est d'abord la femmes qui est supposée stérile et subit des examens invasifs alors qu'un spermogramme est facile et indolore. Dans un couple la charge des tâches ménagères revient majoritairement à la femme. Si la participation des hommes a augmenté ces dernières années, celle des femmes aussi ce qui fait que le différentiel reste le même: près du double de temps en moyenne pour les femmes. Et tout ça en s'occupant des enfants.
La charge maternelle ce sont aussi les injonctions contradictoires qui pèsent sur les femmes. Il faut faire ses enfants jeunes mais pas trop. Il faut accoucher en restant sexy. Il faut être active et s'occuper de ses enfants. Je comprends que l'usage de mettre en scène sa vie sur les réseaux sociaux où on peut voir des photos de mères épanouies et cool qui réussissent naturellement tout ce qu'elles entreprennent, qui répètent que la maternité "c'est que du bonheur", place la barre plus haut de nos jours qu'avant l'internet.
L'autrice s'est appuyée sur des ouvrages féministes (beaucoup de citations de Sorcières de Mona Chollet que cela me convainc de lire), sur des études et statistiques et sur de nombreux témoignages recueillis via son compte Instagram. le résultat est vivant et facile à lire car le ton est plein d'humour. En conclusion Fiona Schmidt appelle à une solidarité féminine, une sororité, et à une éducation moins genrée des filles et des garçons. J'ai trouvé que c'était une lecture amusante et qui m'a donné à réfléchir. Il m'a semblé que c'était un livre qu'on pourrait offrir à de futurs parents pour les inciter à inventer leur propre parentalité plutôt qu'à se conformer aux injonctions de la société.
Lien : http://monbiblioblog.revolub..
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Prawn
  16 décembre 2020
Mon but dans la vie c'est d'épouser Fiona Schmidt.
Fiona, je t'aime !
Ce livre est une montagne d'intelligence et de pertinence, il est drôle, très documenté et très, très bien écrit.
Il pointe les stéréotypes associés à la maternité, et leurs conséquences sur la société. Il FAUT faire des enfants, mais pas trop (non mais oh!), pas trop jeune (c'est mal!), ni trop vieille (c'est pas bien!).
Et comme les femmes ont encore la plus grosse part de la responsabilité des gamins (enfant malade, qui s'y colle?) ça influe fortement sur l'emploi, les carrières, l'autonomie financière...
C'est un livre qu'on a envie d'apprendre par coeur pour avoir les arguments parfaits pour ouvrir les yeux à notre entourage, et faire changer les mentalités.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
YuyineYuyine   17 septembre 2020
Alors que le monde était bien rangé, avec d’un côté les femmes normales qui avaient des enfants et de l’autre celles qu’on plaignait de ne pas en avoir, soudain, certaines femmes se sont mises à refuser d’être mères. C’est là que tout s’est barré en ovaires, que les icebergs se sont mis à fondre, et c’est pour ça que la forêt amazonienne ressemble désormais à un square parisien.
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ClaraAnnaClaraAnna   08 février 2021
Aimante, multitâche, bien organisée, dévouée, humble, rayonnante d'abnégation et de joie intérieure, la bonne mère moderne est donc un mix parfait entre Marie Kondo, la Vierge Marie et un Magimix.
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KarolynMatoakaKarolynMatoaka   27 février 2022
On a de plus en plus tendance à confondre l'existence avec une compétition et le bonheur avec une victoire
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Videos de Fiona Schmidt (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiona Schmidt
Non, toutes les femmes ne veulent pas avoir d'enfant . La journaliste et autrice Fiona Schmidt se bat pour normaliser et faire respecter ce choix. Son interview est à retrouver en intégralité sur Terrafemina : https://bit.ly/39ImbDt
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