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EAN : 9782211309837
251 pages
L'Ecole des loisirs (12/02/2020)
3.69/5   26 notes
Résumé :
Carter Jones n’en revient pas. Alors qu’il se réveille un beau matin, voilà qu’il trouve un véritable majordome anglais – avec chapeau melon et tout le tralala, s’il vous plaît ! – sur le pas de sa porte. Comme si survivre et comprendre le collège ne suffisait pas, Carter doit aussi s’adapter à la présence opportune de cet inconnu venu aider la famille Jones – un brin fauchée. Mais lorsque la colère et le chagrin deviennent trop lourds à porter, Carter découvre qu’u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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« Si ça n'avait pas été le jour de la rentrée, si ma mère n'avait pas passé la nuit à sangloter, si la pompe à injection de la Jeep avait fonctionné comme une pompe à injection de Jeep est censée fonctionner, s'il n'y avait pas eu une pluie diluvienne digne d'un orage tropical australien – et je sais de quoi je parle, car j'en ai vu un de près – et si le tout dernier litre de lait demi-écrémé n'avait pas complètement tourné, eh bien, ma mère n'aurait sans doute pas laissé le Majordome franchir le seuil de la maison. »

Et il aurait été dommage de nous priver de l'histoire extraordinaire qu'ouvre cette intrigante première phrase ! Quel plaisir de se laisser surprendre par l'intrusion complètement improbable d'un majordome so british, avec son chapeau melon, son parapluie-antenne parabolique, son thé au lait et son anglais délicieusement châtié. Carter, ses trois petites soeurs et leur mère, chacun à sa manière aux prises avec les défis du quotidien et de la vie, sont loin d'imaginer ce qui les attend…

Une fois surmontées nos incertitudes – peut-on se fier à un tel énergumène ? – mon fils de 10 ans et moi sommes tombés sous le charme de son flegme de gentleman, de ses convictions aussi agaçantes que rassurantes, de son regard singulier sur la société et l'histoire américaines, de sa gentillesse et de ses petites expressions choisies – aussitôt adoptées par mon moussaillon, en particulier lorsqu'il s'agit de constater qu'une « assistance fraternelle serait sans doute appropriée ». Gary Schmidt est un conteur génial, qui parvient par exemple à faire de l'ouverture d'un oeuf à la coque une histoire palpitante. Il déroule son récit avec beaucoup de rythme et d'originalité, ouvrant chaque chapitre sur une règle de cricket, nous donnant à entendre la voix drôle et émouvante de Carter, imaginant les dialogues les plus réjouissants.

Et puis il y a ces incursions perturbantes de visions australiennes qui piquent notre curiosité. Et le vent d'optimisme et d'humanité qui souffle sur ces pages. du grand art ! Et quelle révélation de réaliser que la vie, c'est finalement… comme le cricket : pas de la tarte de parvenir à concilier fair-play et réactivité face aux googlies inattendus, savoir évaluer les risques, composer avec les particularités du terrain et prendre les bonnes décisions.

Ce roman est définitivement l'un des plus chouettes que nous ayons lus ces derniers mois. Il confirme que Gary Schmidt, dont j'avais déjà beaucoup aimé Autour de Jupiter, est un auteur incontournable.
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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" le majordome et moi".
De nos jours qui a encore des majordomes, à part Bruce Wayne ( cf. Comics Batman)?
Justement, n'est-ce pas là déja un indice pour nous proposer aussi le contexte incongru du livre?
Nous serons invités donc dans un univers très privilégié.

Ce moi du titre, qui est-ce?
Nous sommes en Amérique (New York) et non en Angleterre.
Le majordome fait son entrée dans les règles, toquant à la porte entre le mauvais temps et la tempête domestique de l'autre côté, à l'identique de Nanny McFee et Marie Poppins.
Quel que soit le personnage, il est l'homme de la situation.
À l'instar des deux autres, ses bonnes manières le décalent avec le temps présent, il est anglais, mais au bout de quelques pages, nous savons d'or et déja qu'il se montrera avec sa posture très posée bigrement efficace.

Notre employé en habit de pingouin est porteur d'une bonne et d'une mauvaise nouvelle qui explique sa présence et sa proposition d'assister la famille.
Vous le découvrirez.
Dès les 1ères pages, nous sourions des drôles d'interractions entre la mère, l'épouse de militaire aux quatres mômes, et celui très très guindé qui a vu grandir ce captaine actuellement au long court.
La famille, on le comprend, a appris à se démontrer un peu dégourdi, se faire appuyer et servir devrait être une énorme nouveauté pour les enfants. Quoi que, la maman se montre très très disponible.
Mais le Majordome a un autre plan: rendre les enfants encore plus autonome, avec l'absence du père et la maman très affairée.

Nous sourions de la douce déconvenue de notre héros principal qui voit son quotidien se compliquer de responsabilités et notre majordome sait y faire.
Bowles-Fitzpatrick ( Fitz suffirait mais il n'est pas certain que le personnage apprécie) nous apparait progressivement et rapidement comme quelqu'un d'attachant, se comportant avec les enfants comme une seconde mère, un second père, selon les besoins et soutiens éducatifs.
Il est extrêmment bienveillant avec la mère, la soutenant et amenant les enfants à prendre conscience du rôle de parents, sans culpabilisation, juste en sachant dire merci beaucoup de temps à autre.
Le "jeune maitre" Carter va apprendre à promener le chien, conduire une voiture à 12 ans, à manger un oeuf à la coque, à jouer au cricket ( qui n'est pas vraiment le sport national en Australie). La cohabitation avec Bowles-Fitzpatrick va devenir un parcours de découvertes étonnant pour Carter et parfois plein de fierté au final.
On aime.
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Carter Jonathan Jones vit a Marysville aux Etats-Unis avec sa mère, Carolyn Samantha, ses soeurs, Charlotte Doyle dite Charlie en CM1, Anne Elizabeth dite Annie en CM2 et Émily Hope en CE1 et leur chien teckel Ned pendant que son père, le capitaine Jack Jones est en mission militaire en Allemagne. Il a perdu un petit frère Currier Bronson. Son grand-père, Seymour Jones, vient de mourir et leur offre en héritage son majordome, "un gentleman au service d'un gentleman", M. August Paul Bowles-Fitzpatrick.

Carter entre alors en sixième au collège Longfellow. L'arrivée du majordome va complètement bousculer la vie de la famille car il sait certes tout organiser mais il tient à ce que le jeune Carter ait une conduite de gentleman et non de barbare, qu'il devienne homme...

Nous retrouvons avec délice l'art du roman de Gary D. Schmidt, l'auteur unanimement célébré aux Etats-Unis et aujourd'hui traduit dans de nombreuses langues. Il y a tout d'abord cette narration toujours à la première personne au plus près des pensées d'un jeune héros avec toutes les circonvolutions de la pensée, les hésitations et les secrets qui apparaissent tôt ou tard mais dont les traces sont disséminées dès les premiers chapitres. Il y a cette formidable tendresse pour des personnages terriblement humains avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs qualités et leurs défauts. Et toujours un fil rouge, on se souvient des planches aquarellées dans Jusqu'ici tout va bien, ici, c'est le cricket dont les règles, les techniques et les usages ouvrent chaque chapitre et servent de métaphores au récit de chacun de ces chapitres.

Et il y a enfin l'humour, tendre et féroce à la fois. Ici, Gary D. Schmidt met en scène un majordome so british avec un jeune américain et c'est toute l'histoire du lien entre ces deux nations qui est aussi le sujet du roman. Les références historiques sont nombreuses mais jamais didactiques car elles servent l'humour et il y a aussi pour tous les passionnés de nombreuses références à la littérature pour la jeunesse avec ici un hommage appuyé à E. Nesbit. On adore, incontestablement. Et ce nouveau roman de Gary D. Schmidt va à nouveau figurer dans de nombreuses sélections !

Coup de coeur.



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J'ai déjà lu un roman de cet auteur : Jusqu'ici tout va bien, que j'avais bien aimé et que j'avais trouvé assez beau, un peu suranné, un peu dense pour des ados, mais sympa à lire.
Le majordome et moi est sans doute un peu plus court, un peu plus léger. le matin de sa rentrée en 6e, Carter découvre un majordome anglais sur le pas de sa porte. Une grande partie de l'humour de ce roman vient du décalage entre les manières très guindées, très anglaises du majordome et l'attitude de Carter, jeune ado américain. L'éducation à l'anglaise avec bonne manière, attitude de gentleman et pratique du cricket fera des merveilles sur la famille de Carter, par ailleurs pas épargnés par les malheurs… Un roman agréable à lire, avec des touches d'humour, de la fantaisie et de la tendresse, même s'il aborde des sujets plus difficile comme le deuil et l'abandon. C'est tellement beau de voir un grand frère prendre soin de ses soeurs et de sa mère !
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Quel bouleversement quand le majordome Bowles-Fitzpatrick entre dans la vie du jeune Carter Jones. Bouleversement intérieur, bouleversement familial et, plus étonnant, bouleversement sportif.
Dans ce roman accessible à partir de 12 ans, il est question de cricket (énormément), de bonnes manières britanniques (indéniablement) mais également de deuil, d'amitié...On se délecte de l'écriture de l'auteur et on rit franchement des bons mots prononcés par le majordome.
Bien que les règles du cricket restent obscures pour moi, je peux vous garantir que ce roman est une lecture très très plaisante, touchante et drôlissime.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
- C’est un paquet pour Miss Charlotte. Dites-lui qu’on ne peut que se réjouir de l’éclectisme des épiceries américaines en dépit de leur parcimonie quant à leur sélection de produits alimentaires ayant vu la lumière du soleil.
- Elle ne va pas comprendre le mot « éclectisme ».
- « Hétéroclisme » alors.
- Pareil.
Le type a soupiré.
- Le contenu parle de lui-même.
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Si ça n’avait pas été le jour de la rentrée, si ma mère n’avait pas passé la nuit à sangloter, si la pompe à injection de la Jeep avait fonctionné comme une pompe à injection de Jeep est censée fonctionner, s’il n’y avait pas eu une pluie diluvienne digne d’un orage tropical australien – et je sais de quoi je parle, car j’en ai vu un de près – et si le tout dernier litre de lait demi-écrémé n’avait pas complètement tourné, eh bien, ma mère n’aurait sans doute pas laissé le Majordome franchir le seuil de la maison.
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- Vous parlez toujours comme ça ?
- Si vous vous demandez si je parle toujours l’anglais de la reine d’Angleterre, la réponse est bien entendu affirmative.
- Enfin, je veux dire… votre façon de vous exprimer, comme si vous vouliez tout enjoliver.
Le type a fait secouer son parapluie pour en faire tomber les gouttes de pluie. Je me suis demandé s’il n’avait pas l’intention de le secouer en plein sur moi.
- Jeune maître Jones…
- Et cette expression, « Jeune maître Jones ». Personne ne parle comme ça.
- Indéniablement, certains le font.
- Et cette expression, « In-dé-nia-ble-ment ». Il faut carrément une minute pour dire ça. In-dé-nia-ble-ment.
[…]
- Attendez, ai-je lancé. Vous voulez dire que mon grand-père, genre, nous fait don de votre personne dans son testament ?
- C’est crûment exprimé, mais exact dans son sens le plus large.
- Genre, on vous possède ?
Le type a soigneusement replié son parapluie.
- Jeune maître Jones, les contrats de servitude ayant été abolis, y compris dans votre pays, la réponse est non. Genre, vous ne me possédez pas.
- Alors, s’est écriée Charlie, vous êtes une nounou ?
Le type a ouvert de grands yeux.
- Non, espèce d’idiote. C’est pas une nounou, ai-je dit.
- Jack nous a envoyé un majordome, a ajouté ma mère, surtout pour elle-même.
Le type s’est éclairci la voix.
- Je suis terriblement conservateur sur ce genre de sujets. Je préférerais de loin qu’on me considère comme un gentleman au service d’un gentleman.
Ma mère a secoué la tête.
- « Un gentleman au service d’un gentleman… » Jack nous a envoyé un gentleman au service d’un gentleman.
Le type a refait sa petite courbette.
- Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas de gentleman ici, a-t-elle protesté.
Alors le type m’a regardé droit dans les yeux. Véridique. Droit dans les yeux.
- Probablement pas encore, a-t-il dit en me tendant le parapluie-antenne parabolique.
Et c’est comme ça que le Majordome est arrivé chez nous.
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- C’est quoi ? ai-je demandé.
- Du thé au lait, additionné de sucre, a répondu le Majordome.
- Je ne bois pas de thé.
- Tous les gens civilisés boivent du thé, jeune maître Jones.
- Eh bien, je suppose que je ne suis pas civilisé.
- Une revendication que vous partagez avec les Vikings, les Huns, diverses hordes barbares et maraudeurs en tous genres. J’ai pris la liberté de mettre plus de sucre que de coutume.
J’ai bu une gorgée. J’en ai bu une deuxième. C’était plutôt bon.
- Ça pue.
Le majordome a soupiré.
- Nul besoin de rappeler une nouvelle fois à quel point vous êtes terriblement américain.
- Vous savez, je pense que j’ai peut-être une petite idée sur le sujet puisque je n’oublie pas qui je suis, mais arrêtez-moi si je me trompe. Nous sommes aux États-Unis, pas vrai ? Enfin, je suis censé être américain, pas vrai ?
Le majordome a encore soupiré.
- Je crois, jeune maître Jones, qu’il va falloir trouver un terrain d’entente mutuel.
Dans tes rêves, ai-je pensé.
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Écoutez, lui ai-je dit, ma mère est en train de péter un câble. Il faut que j’aille à l’épicerie chercher du lait pour le petit déjeuner. Charlie hurle parce que Ned a vomi sur sa chaussette jaune, Annie est une véritable casse-bonbons, Emily est sur le point d’avoir sa frange attachée à ses sourcils, je n’ai même pas encore préparé mon sac – et, vous savez, ça ne se fait pas en 5 minutes -, il faut qu’on parte bientôt, car on est obligés d’aller à l’école à pied, vu que la pompe à injection de la Jeep ne marche plus, et on n’a qu’un parapluie. Alors allez-vous-en.
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