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Critique de svecs


Parfois, à la lecture d'un livre, on ressent les contours d'un immense gâchis. C'est un peu l'impression que j'ai eue en lisant Acqua Alta. Les 2 tomes sont parus simultanément et réunis en un coffret. Etrange choix marketing pour un premier album, d'une inconnue, même si elle est adoubée par rien moins que François Schuiten, qui signe la postface.
Dès les premières pages, la filiation est évidente, mais elle paraît aussi bien lourde à porter pour Daria Schmitt. Non pas que le travail de Daria Schmitt soit mauvais, mais tout dans la manière dont est vendu ce livre laisse présager un résultat qui rivaliserait avec le Maître Schuiten. Hélas, on reste loin du compte.
Avec Schuiten, Daria Schmitt partage une esthétique qui mélange Art Nouveau et grandiloquence post-soviétique. Je décèle aussi des influences de Raoul Servais ou d'Enki Bilal, mais surtout une vraie personnalité qui ne demande qu'à exploser, et c'est là qu'un bien mauvais service lui a été rendu par l'éditeur. J'ignore ce qui a pu se passer dans les coulisses de la création de cet album, mais en tant que lecteur, je découvre un univers riche mais brouillon. Les idées sont nombreuses. Trop, peut-être. le scénario se perd dans un manque de lisibilité, des chutes de rythme, des longueurs et un hermétisme qui achève de rendre la lecture frustrante. La césure en deux tomes paraît d'autant plus artificielle que ceux-ci paraissent simultanément, et que nous n'avions pas d'autre choix que d'acheter l'ensemble, de toute façon.
Je me dis qu'il aurait fallu effectuer des changements importants dans cette histoire. Il fallait soit lui laisser plus de temps pour se développer, soit, plus vraisemblablement, opérer des coupes sévères pour ramener cette intrigue sur un seul volume, et clarifier le propos. Cela n'a pas été fait et le résultat est un premier double album bancal. Je présume que la vente forcée des deux tomes a déjà dû refroidir pas mal d'acheteurs potentiels. Et ceux qui ont fait l'effort de donner sa chance à cette nouvelle venue ont en leurs mains un ouvrage ambitieux mais bien mal né. Daria Schmitt méritait une meilleure entrée en matière et je ne peux que lui souhaiter un deuxième essai plus concluant.
Je vais quand même toucher un mot de l'intrigue. La cité lacustre d'Ultréquinoxe vit isolée du reste du monde toute l'année, sauf durant 7 jours. Durant cette période, elle ouvre ses portes pour un carnaval grandiose et magique. de nombreux visiteurs s'y pressent, empruntant le train Chimère-Express, seul moyen de transport qui relie la Cité au continent, au moyen d'un pont immense. Mais en plus de l'ivresse de la fête, ce qui motive les visiteurs, c'est la possibilité d'être choisi pour devenir citoyen permanent de la Cité. La popularité exceptionnelle d'Ultréquinoxe inquiète la Commission, qui dirige le Continent et qui a attribué certains privilèges à la cité lacustre. le Maire de la Cité, conscient du danger, fonde de grands espoirs dans le contenu d'une boîte que doit lui ramener deux appariteurs. Cette boîte étrange, qui s'illumine parfois sans raison et qui change de taille à volonté, excite bien des convoitises et les deux appariteurs qui en ont la charge, Luc et Matthieu, tentent tant bien que mal, de mener à bien leur mission...
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