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EAN : 9782226195913
240 pages
Éditeur : Albin Michel (03/03/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.71/5 (sur 964 notes)
Résumé :
Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin honnête et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle, une image de sainte Rita, patronne des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ? Tous ces héros ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l'ombre. À chacun, un jour, la rédempti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (143) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  02 mai 2020
Ces quatre nouvelles ont quelques aspects d'énigmes policières. Bien que racontant des histoires bien différentes Eric Emmanuel Schmitt les a entouré d'un fil conducteur solide afin de les relier entre elles, dans un même livre.
Dans la première histoire nous côtoyons Marie, amidonnée dans son tailleur noir. Elle a empoisonné ses maris. Un jeune prêtre arrive dans le village. Ils se rencontrent une fois, deux fois puis tous les jours. Il est beau. Elle est pécheresse. Ils ne sont pas indifférents l'un à l'autre et pour des raisons bien différentes. Un tremblement de terre va bouleverser notre tueuse.
Dans la seconde histoire nous sommes sur un cargo. Un capitaine convoque Greg, un matelot, et lui annonce qu'il a reçu un message télégraphique. L'une de ses quatre filles est morte ! Il ne sait pas laquelle. Instinctivement Greg souhaite que ce soit l'une d'elles plutôt que les autres……Lui aussi vit un tourment sans nom, pris au piège de cette pensée cruelle, injuste et inadaptée. Arrivé à quai une surprise monumentale l'attend.
La troisième histoire est celle qui donne au livre son titre : Concerto à la mémoire d'un ange. Axel joue du violon et Chris du piano. Ces deux jeunes virtuoses sont amis. L'un rayonne. Il est intègre, généreux « en connivence avec le génie », tandis que l'autre est besogneux et n'y arrive que par l'étude. Un événement effroyable se produit. Les cartes sont redistribuées violemment. Engloutis sous une tempête de ressentis nos deux jeunes musiciens pourront-ils continuer leur route ?
La quatrième histoire se passe à l'Elysée. La première dame fait le point sur sa vie. Elle le fait devant son Président de mari, coureur de jupons, de mandats et d'honneurs. Elle le fait bruyamment, ne lui épargnant rien. le couple sombre jusqu'au coup de tonnerre inattendu. Et là encore un dénouement s'opère sous nos yeux et nous laisse sans voix.
Eric-Emmanuel Schmitt a, je trouve, le don de nous présenter des univers bien différents, tous décrits de manière séduisante. Les personnages sont vivants et nous aurions vite fait de comparer leur profil à des visages qui nous sont familiers. Sauf qu'ici ce sont quatre histoires de destins ébranlés, des histoires inédites, originales, comprenant une intrigue, un dénouement complètement inattendu, égrenant çà et là un cortège de sentiments qui vont de l'amour à la haine, de la jalousie à l'admiration, de la prise de conscience au repenti, de la manipulation à la sincérité, de l'altruisme à la cupidité, du bien au mal.
Et bien sûr, comme à chaque fois qu'un livre est terminé, l'auteur part sur la pointe des pieds, laissant le lecteur-témoin réagir seul face aux questions qu'il ne manque pas de se poser. Seul avec son libre arbitre, sa réflexion, ses manières de voir et là, ça peut aller très loin……
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Croquignolle
  17 août 2019
Eric-Emmanuel Schmitt est une valeur sûre pour moi.
Pourtant, j'appréhendais d'entamer ce livre car je réalise de plus en plus que les nouvelles en général ne me transportent pas. En effet, à peine entrée dans une histoire, elle se termine me laissant sur ma faim.
Eh bien, une fois n'est pas coutume.
Concerto à la mémoire d'un ange est l'exception qui confirme la règle.
Les quatre nouvelles qui composent ce recueil sont très variées, se passent dans des contextes très différents, pour un dépaysement parfait. Toutes parlent de l'humain dans toute sa beauté ou dans sa cruauté la plus sauvage. Toutes racontent l'Homme dans son côté terrestre et dans sa quête vers le ciel. Toutes parlent de rencontres décapantes qui chamboulent le quotidien et la vie toute entière.
L'empoisonneuse raconte l'histoire de Marie qui s'attache au jeune prêtre qui débarque dans son village et qui, petit à petit, aspire toute son énergie, sa sève, sa substance spirituelle.
Le retour est une réflexion sur la paternité, sur le sens de la famille, de la descendance, les préférences dans une fratrie. C'est une réflexion sur la vie et la mort et sur les priorités d'une existence.
Concerto à la mémoire d'un ange est une partition de musique sur laquelle se rencontrent et s'affrontent Axel et Chris que la musique à unis, qu'un drame a désunis.
Enfin, Un amour à l'Elysée, révèle le lien du couple présidentiel que la politique a lentement séparés, que Cupidon a passionnément rassemblés.
Une belle lecture pour clore ces vacances estivales avant de reprendre la route du travail, les lectures professionnelles et le pas de course quotidien.
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AudreyT
  22 mai 2015
Une vie est-elle toute tracée ou peut-on en choisir la direction ? Peut on changer de voie en cours de route ou la ligne est-elle droite ? Les 4 nouvelles de ce recueil nous montre les choix de plusieurs personnages. Après des actes parfois peu avouable, chacun décide ou non de se racheter. Mais même dans ce cas là, le fait-on pour soi ou pour l'autre ? 4 univers différents, 4 histoires dont seule l'ombre de Sainte Rita noue les liens...
Je connais l'écriture d'Eric Emmanuel Schmitt, et j'ai beaucoup apprécié ces courts récits. La nouvelle du marin m'a particulièrement émue... Une lecture très agréable...
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Lune
  21 décembre 2011
L'empoisonneuse
Ingrédients -un petit village
-une empoisonneuse
-un non-lieu
-des rumeurs
-des villageois intéressés
-Dieu et un prêtre
Mélangez le tout, vous obtiendrez des relents d'arsenic à la Besnard, des épices sensuelles fleurant l'encens, le lys et le goupillon, des effluves divines et sataniques.
Dans ce shaker, il y a de belles phrases qui font mouche, un rythme qui entraîne le lecteur en un seul souffle du début jusqu'à la fin, quelques trémolos qui ornent la morale et un don certain pour accrocher le lecteur avide de savoir.
En somme, la dégustation n'est ni agréable, ni désagréable, elle laisse simplement un goût un peu... fade.
Le retour
Un camaïeu de sentiments et de réflexions conduit le héros de cette courte nouvelle à se découvrir et à se construire.
De machine exécutante, il devient un homme qui pense.
D'association maritale, il trouve enfin un sens à ce que peut être un couple.
De géniteur indifférent, il comprend ce qu'est être père.
Court mais fougueux, ce récit frappe par ce que tout être peut porter en lui d'inconnu, de laideur, d'anéantissement et que seule l'ouverture à une pensée critique peut faire éclore même sans... Sainte Rita !
Concerto à la mémoire d'un ange
Un ruisseau entraîne dans son cours les scories qui se trouvent sur son passage.
Je souhaite qu'une prise de conscience puisse se révéler à la lecture de ces pages simples où les clichés se disputent la vedette.
Quant à moi, je n'aime pas cette morale dégoulinante de bons sentiments que l'on devine avant de les avoir lus.
Le début de cette nouvelle me plaisait dans certaines descriptions de l'élan créateur mais après... les descriptions et les échanges des différents protagonistes me sont apparus grotesques.
La visite de l'usine d'objets de piété est un superbe moment d'humour...
J'ai presqu'envie de m'excuser de ne pas avoir aimer ce sentimentalisme de bon aloi.
Sainte Rita ! Je suis une cause désespérée !
Non, j'écouterai Alban Berg.
Un amour à l'Élysée
Comme pour les autres nouvelles, Éric-Emmanuel Schmitt captive le lecteur.
Ne dit-il pas en page 210 du Livre de Poche : « La brièveté rend la lecture captive ».
J'ai donc spontanément utilisé le même terme que lui.
Je le concède, la forme l'emporte.
Les idées sont belles. Ce ballottement des êtres entre tous ces instants, ces influences et ces choix qui le construiront est un questionnement continuel.
Chacune peut se retrouver dans certaines pensées de Mme Morel, chacun peut ressentir la course effrénée de Mr Morel.
Je n'aime pas la fin où il me semble entendre « la » voix qui me dit le comment et le pourquoi.
Je préfère me contenter du fait, y réfléchir et ensuite échanger.
Journal d'écriture
Seuls les inconditionnels se rassasieront des pensées de l'auteur, de ses explications, de ses élans, de ses émois et trouveront des réponses qui ne seront pas les leurs.
« Forcer le lecteur à réfléchir ».
Certes mais trop d'explications l'empêcheront de le faire par lui-même. Ce journal, en ce sens, me semble superflu.
Les dernières phrases (page 216 – Livre de Poche) sont « éblouissantes ».
« Je souscris à son idée (Voltaire) mais, au fond de moi, j'ai toujours envie d'ajouter ; pourvu que le lecteur ait du talent... »
A mon tour de souhaiter un talent critique, corrosif, brûlant, dépassant les « simples » histoires qu'on lit, affamés de bons sentiments dans un siècle qui en a peu.
Aller plus loin que la simplicité trop simple, ne pas s'en contenter.
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araucaria
  20 juin 2020
Quatre nouvelles très différentes par leur thème, mais reliées entre elles par la présence de Sainte Rita. Des histoires sombres, des personnages pas toujours très reluisants, voire même antipathiques. Un bon travail psychologique. J'ai apprécié ce livre, quand même déprimant, même si je n'ai pas été vraiment emballée par la dernière nouvelle : "Un amour à l'Elysée".
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Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
AuroraMAuroraM   15 mai 2021
Ouvrir la Bible, ce n'est pas lire, c'est réfléchir.

Dans l'opinion de Greg l'amour était un devoir ou un dû. [...] Il n'aurait pas soupçonné que l'amour pût consister en des sourires, des caresses, de la tendresse, des rires, de la présence, des jeux, du temps offert et partagé.

L'esprit de Greg sautait de la comtemplation de la lumière extérieure à son tumulte intérieur; jamais il n'avait saisi l'occasion d'être ainsi, un homme, un simple homme, minuscule au milieu de l'océan immense, partagé entre l'infini de la nature et l'infini de ses pensées.
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AuroraMAuroraM   16 mai 2021
Le cancer est parfois la forme que prennent les secrets qui pèsent trop lourd.

La maladie leur avait appris à tous les deux la sagesse inattendue: vivre dans l'instant, se savoir éphémères, ne se fier qu'au provisoire.
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AuroraMAuroraM   16 mai 2021
Sommes-nous libres ?
[...]
Les philosophes [...] s'opposent sans que ce combat dégage un vainqueur. Pourquoi ? Parce qu'ils se battent à coups d'arguments, pas à coup de preuves. Théorie contre théorie. Résultat : seul le problème demeure.

Telle est l'intimité essentielle de la condition humaine: vivre avec d'avantage de questions que de réponses.
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AuroraMAuroraM   15 mai 2021
Pour la première fois elle rencontrait le bonheur de la soumission. Car si le jeune homme ne la pénétrait pas physiquement, il la dominait intellectuellement; à être manipulée, elle connaissait l'épanouissement du masochiste qui se laisse attacher. La violence de son âme trouvait son exutoire. [...] Elle se reposait d'elle-même en se quittant. L'obsession du contrôle cédait la place à l'abandon; avec volupté, transport, ivresse [...]

Elle sortit du confessionnal dévorée par l'envie de dévorer les lèvres du jeune homme, de lui arracher sa soutane pour explorer avec ses doigts le grain de sa peau. [...]
Leurs huis clos quotidiens dans le confessionnal exigu devenaient suffocants.
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AuroraMAuroraM   16 mai 2021
Penser, c'est accepter la complexité, or la polémique ne pense pas puisqu'elle réduit le complexe à deux.
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Videos de Eric-Emmanuel Schmitt (96) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt
Alors qu'il achevait sa thèse sur Diderot, il y a une trentaine d'années, Eric-Emmanuel Schmitt a l'idée d'écrire le roman de l'aventure humaine. Devenu le romancier et le dramaturge traduit en quarante langues que l'on sait, il n'a jamais abandonné ce projet dont Paradis perdus (Albin Michel) constitue le premier tome. La traversée des temps est une saga qui en comptera huit. Mêlant Histoire, sciences et techniques à l'instar du grand encyclopédiste, c'est une fois encore tant le conteur que le philosophe qui prend la plume pour brosser une fresque dont le personnage central est Noam, le narrateur, un immortel qu'on retrouvera donc tout au long de la saga. A ses côtés, deux autres immortels, la belle Noura qui empruntera les traits de divers personnages historiques et Derek, l'homme péremptoire et ancré dans ses certitudes, tel qu'il en existe à toutes les époques. Dans ce premier tome dont l'action se situe il y a huit mille ans, au coeur d'une Nature paradisiaque, Noam affronte le Déluge. Boutique et cabinet de curiosités qui propose ses trouvailles animalières dans le quartier du Châtelain à Bruxelles, la Meute était l'écrin idéal pour héberger l'échange du romancier avec Apolline Elter.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
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