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EAN : 9782226450227
576 pages
Éditeur : Albin Michel (03/02/2021)
  Existe en édition audio
4.13/5   325 notes
Résumé :
Cette « Traversée des temps » affronte un prodigieux défi : raconter l'histoire de l'humanité sous la forme d'un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
4,13

sur 325 notes

Ladybirdy
  06 février 2021
Époustouflant, passionnant, immersif, j'ai passé quatre jours incroyables dans ce premier tome de la traversée des temps: Paradis perdus.
Nous suivons ici le jeune Noam dans son village lacustre au temps de la préhistoire. On découvre les us et coutumes de cette communauté avec au centre Noam, Trigor le guérisseur, Panoam son père, Barak l'homme sauvage et Noura, la belle et envoûtante Noura.
On vit ce livre.
Les personnages sont des plus vivants.
Les sentiments nous tiennent en émois.
Les aventures nous remuent de toute part.
On sent le vent, on embrasse les arbres, on voit des femmes réincarnées en mésange.
Il y a beaucoup d'amour dans ce livre, des femmes émouvantes et envoûtantes au service de Noam.
Une grande épopée moderne où l'ennui n'a pas sa place, dévorée de page en page. J'aime les pavés de ce grand auteur. Son écriture est explorée et affinée à la perfection. EES a le sens des détails, et surtout ici il s'attache à camper des personnages qui se dressent devant vous et vous en jettent pleins les yeux.
Un grand moment !
NB : 4 étoiles car il sera difficile de détrôner dans mon coeur l'éponyme l'incroyable roman : La part de l'autre.
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Cannetille
  23 juillet 2021
Avec ce premier tome d'une série de huit, Eric-Emmanuel Schmitt entreprend la narration de l'histoire du monde au travers des yeux d'un immortel. Noam est né il y a 8000 ans, en cette période néolithique, à la fin de l'ère glaciaire, où, de plus en plus sédentarisés en groupes organisés, les hommes commencent à développer élevage, agriculture et techniques. Partagé entre l'ancienne liberté du chasseur-cueilleur dans une nature intacte, et le nouveau confort assortis d'obligations sociales au sein de son village, le jeune homme s'éprend de la belle Noura et finit par endosser le rôle de chef de sa petite communauté, lorsque le Déluge les emporte, lui et les siens, dans une migration de la dernière chance. Cet événement, qui deviendra bientôt mythique, scelle par ailleurs le destin de Noam qui, privé de son statut de mortel, se retrouve à traverser les époques…

Eric-Emmanuel Schmitt est d'abord un excellent conteur, et c'est avec grand plaisir qu'on se laisse emporter par le souffle romanesque du récit et par ses rebondissements sans temps morts, servis par une plume parfaitement maîtrisée. Là n'est toutefois pas l'intérêt premier du roman, les aventures de Noam n'étant qu'habile prétexte à un questionnement de notre modernité au travers d'une relecture de l'histoire du monde et de nos récits fondateurs. Fort de ses connaissances historiques, philosophiques et littéraires, l'écrivain se lance ainsi dans une composition aussi éblouissante qu'amusante, où se croisent en permanence, de la manière la plus vivante qui soit, les références aux grands courants de pensée de tous les temps, des grands mythes aux religions, des philosophes antiques aux modernes. le résultat réjouit autant qu'il impressionne par la pertinence et la clarté de ses réflexions qui font mouche à tout coup. S'y dévoile une vision de l'humanité pleine d'intelligence et de vérité qui ne cesse d'interpeller le lecteur, admiratif tant de la justesse du propos que de la divertissante manière dont il est amené.

Bien plus qu'une très plaisante saga romanesque, Paradis perdus entame une fascinante mise en perspective de la situation du monde contemporain, au travers d'une relecture de l'histoire et des textes fondateurs de l'humanité. C'est avec la plus apparente simplicité que la plume exercée de l'auteur conjugue l'excellence du fond et de la forme, nous offrant une lecture éblouissante qui a toutes les chances de devenir incontournable. Au-delà du coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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La_Bibliotheque_de_Juju
  02 février 2021
Ce roman est une folle entreprise.
Imaginez ! Racontez l'histoire du monde en huit tomes à travers les yeux d'un immortel … Il n'y a bien que Monsieur Schmidt pour se lancer dans une telle odyssée !
Ce roman est la première pierre d'un projet pharaonique qui tient à coeur à l'auteur depuis des années et qu'il préparait avec amour depuis longtemps.

Pour lancer son grand oeuvre, il nous amène à la rencontre de Noam, qui semble se réveiller d'un long sommeil, dans une grotte, de nos jours. Que fait-il là ? Où va-t-il ? En quel état erre-t-il ?
Noam est né il y a 8000 ans et ce premier tome nous entraîne à sa suite dans « dans un pays de ruisseaux et de rivière, au bord d'un lac, devenu une mer », ce fameux paradis terrestre, où sa folle destinée viendra à sa rencontre sous les traites d'une femme, la femme qui hantera ses jours et ses nuits, qui le révélera à son destin hors du commun, la mystérieuse Noura …
Erudit et passionnant, un roman à l'orée de l'humanité et des genres. Un roman comme une machine à remonter le temps qui vient illuminer le présent, lorsqu'hier explique aujourd'hui. Un roman pour remonter les courants, les idées, les concepts, dans tant de domaines qu'il donne le vertige. Remonter aux origines, celles du Savoir, cette connaissance de l'Homme que chérit Eric-Emmanuel Schmitt et qui nous pousse à tourner chaque page comme un album de famille, celle de notre humanité, Noam devenant notre ancêtre à tous.
Parlons également de cette superbe couverture qui donne tout de suite envie de plonger dans cette saga folle, qui une fois terminée, dans quelques années, fera du plus bel sur nos rayonnages.
Je ne peux que vous conseiller à vous lancer, à votre tour, sur les traces de Noam, pour profiter pleinement d'un ouvrage qui véritablement, vous offrira un « déluge » d'émotions, de sensations, de réflexions et d'aventures. Un ouvrage qui redonne vie aux paradis perdus et à l'Homme dans ce qu'il fut pour devenir …
J'attends le second tome avec impatience, foi de Juju …

Lien : https://labibliothequedejuju..
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bilodoh
  21 mars 2021
Un roman qui m'a déçue malgré ses qualités.

J'avais beaucoup d'attentes, au vu de critiques élogieuses et parce que c'est un auteur sympathique dont j'ai apprécié plusieurs oeuvres.

J'ai été déçue pour plusieurs raisons. Je croyais avoir en main un roman historique. Mais, d'entrée de jeu, on s'aperçoit qu'on est dans le fantastique plutôt que dans l'histoire. le héros qui est aussi le narrateur qui écrit son histoire est un immortel qui ne vieillit pas. Il raconte les débuts de sa vie au bord d'un lac avec sa tribu dans la région de la mer Noire. Régulièrement, on ramène le fantastique, avec des visions et des rêves prémonitoires.

Un autre détail qui ne m'a pas plu, c'est que, encore une fois, c'est l'histoire d'une famille de chef. C'est celui qui dirige, qui est privilégié et qui voit le monde à travers son oeil de privilégié. (Un exemple, il parle de la propreté, du bain remplacé par les parfums à la Renaissance. Si c'est vrai pour les nobles « poudrés » des salons, je ne suis pas sûre que le petit peuple avait droit à une si grande quantité de parfum…). de plus, son héroïne, la belle Noura, se distingue d'abord par sa quantité de robes et de chaussures. Quel beau cliché!

Aussi, j'aime quand un roman nous fait sentir les choses, nous oblige à voir autrement, par les émotions et les rebondissements de l'intrigue plutôt que par des « sermons » du personnage (de l'auteur…) qui compare les époques et porte des jugements de valeur. Pour moi, lorsqu'on s'arrête pour me dire « voilà, c'est ça que tu dois comprendre », ça m'agace et me sort du roman. Est-ce que l'auteur veut écrire un essai ou raconter une histoire, il faut choisir.

Ceci dit, c'est quand même une lecture agréable, l'écriture de EE Schmitt est toujours maîtrisée, de jolies phrases, de belles pensées et de grands sentiments, des amours éternelles et romantiques ainsi que des relations familiales complexes.

À vous de voir si un mélange romantico-fantastico-historique vous attire…
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Sourisetdeslivres
  27 février 2021
Tout commence par un frisson. le frisson pèse, file, s'étend, se lézarde et se multiplie.
Tout commence dans la Grotte de Jeita, au Liban.
Située à 18 km de Beyrouth, on fait la connaissance de Noam.
Il cherche Elle. Chaque fois, de dos, il espère que ce soit Elle. Chaque fois, il regrette parce que ce n'est pas Elle.
Il a quitté le monde pour LA fuir. Ne rentre-t-il que pour la retrouver ?
Noam ne supporte plus rien. Ni le sommeil ni la veille. Ni lui ni les autres. Ni la conscience ni l'oubli. Il se découvre un des derniers contemplateurs. Lui qui prend plaisir à paresser ; le délice de manger. D'ici peu, le monde n'existera plus.
Noam est né il y a plusieurs milliers d'années, dans un pays de ruisseaux et de rivières, au bord d'un lac devenu une mer.
Il ne veut plus se résoudre au mutisme plus maintenant. Il doit agir et écrire. Écrire sa vie. Ou la nôtre ?
Noam parle plus de 20 langues.
« Connaît-on le bonheur lorsqu'on n'a plus d'illusions ? »
En très peu de pages, Eric-Emmanuel Schmidt parvient à donner densité, poids et caractère à son personnage principal, Noam, par qui le récit commence. Immédiatement, je me suis sentie proche de lui.
Une intimité immédiate.
Je me suis sentie liée à lui de suite, il partage son récit avec moi, avec toi si tu le lis. Noam partagera un morceau de sa vie et de son coeur avec toi, lecteur.
Noam qui est cultivateur, cueilleur, fils et petits fils de chefs réputés.
Éric-Emmanuel Schmidt, comme Tibor, t'apprend à percevoir la nature et à la rêver.
Paupières ouvertes et paupières fermées.
Les mystères de la terre, la richesse de la nature et sa logique, la transmission des savoirs, le respect des anciens et de la nature qui offre et reprend.
L'aube parfaite, le soleil dur, la douceur du crépuscule. L'arbre magique qui apaise quand on s'allonge sur une de ses branches. L'embrun fade, la noblesse lugubre dont une averse parait le paysage.
L'évanouissement des ombres. La simplification des couleurs.
La pluie qui allonge les objets tandis que le soleil les écrase.
La consistance des troncs, des ramures aux rochers. le spectacle enchanteur de la nature.
Philosophie et sagesse.
Poésie et leçons de vie.
Une amnistie-amnésie,
Il soulève le voile des apparences et nous éclaire de sa lumière.
C'est doux et lumineux. Ce livre palpite d'amour. L'affection d'une mère, l'amour d'un homme pour une femme.
L'auteur te montre la complexité des âmes.
Tout n'est pas peint uniformément tout en noir, tout en blanc.
Il faut accepter les multiples couleurs d'une personnalité et être capable d'en apercevoir toutes les nuances qui la composent.
Le temps qui passe, l'émergence des sentiments telle que la jalousie, l'amour, la paternité, l'exaltation de la vie qui rugit toujours plus fort.
Dans les notes de bas de page, Noam te donne des compléments d'information. Toutes très intéressantes et passionnantes.
Aussi, par exemple, tu remonteras aux origines de l'aspirine. Des éoliennes.
Ce roman est captivant, exaltant.
Je te défie de le commencer et ne pas le terminer.
Les fins de chapitres se terminent par un rebondissement ; une révélation, chaque fois si inattendus que tu ne peux que continuer ta lecture. Tu n'as qu'une envie : reprendre le livre en main et te plonger à nouveau dans ses pages qui te coupent de tout.
J'étais en immersion totale, loin de tout, cela fait tellement de bien.
Il raconte les hommes.
Il narre les femmes.
Épouses et mères, mais femmes avant tout.
Tendresse et volupté, amour moral et physique.
Féminité.
Femme-Terre. Femme-nature. Femme-matrice.
Tibor, Ponnoam, Mina, Noura, Barak, Derek, Tita. Vous restez dans ma tête.
Une écriture viscérale, minérale tu ressens au plus profond de toi ce qu'il a bien voulu te dévoiler.
Que cela soit la neige recouvrant de son manteau blanc le pays ou une grotte aux formes masculine et féminine.
Une plume animale quand il le faut, précise et pourtant concise quand il le doit, toujours juste et observatrice, il te parlera autant de la différence qui est inexistante entre homme et femme, que de bonheur.
Comment, mais comment décrire une telle écriture ?
Un tel projet ?
C'est impossible.
Je le porte en moi désormais, Noam m'accompagnera, Noam a la main sur mon épaule, on avance l'un avec l'autre.
Il m'offre sa sagesse ; je lui ai donné mon coeur.
Écoute Éric-Emmanuel Schmidt oui j'ai bien écrit écoute, car ce livre bruisse, chante, écoute-le il a tant à te dire.
Écoute-le mieux que tu n'avais entendu. Lis-le vraiment.
Lentement. Apprécie chaque mot, chaque point, chaque geste.
Tout n'est que splendeur à celui qui saura lire entre les lignes.
Distingue les formes et les couleurs, les teintes et les nuances qui changent au rythme des saisons.
Écoute la mélopée des arbres, le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes.
Lis Noam te raconter tout cela et bien plus encore.
Il narre l'évolution et la décadence de l'humanité.
C'est incroyablement riche en sujets que je ne pourrais pas tous te les citer.
De l'évolution du vent à l'hygiène buccale, de Moby Dick aux éoliennes.
Un livre érudit, rempli de savoir et pourtant jamais tu ne te lasses.
Il couvre tellement de savoirs. Tellement de domaines, sans jamais pourtant te perdre.
Jamais poussif ; on sent l'homme passionné.
On lit l'auteur passionnant. Il n'écrit pas, il nous conte.
C'est la sagesse de la nature, celle des temps anciens, où l'homme était à son écoute et trouvait en elle tout ce dont il avait besoin. Aliment et médicament. Nourriture et fourrure. Gibier et foyer.
Je n'ai ressenti aucune lassitude, aucune longueur.
J'ai cheminé aux côtés de Noam durant son périple. J'ai vu comme lui l'azur vif, les torrents bavards, le murmure des ruisseaux, le chant âpre et viril du vent, la douceur du crépuscule, les questions des ténèbres, les étoiles réconfortantes, la lune coquette qui se pare d'argent ou de cuivre, les nuages qui lui rendent hommage, les rideaux d'averses.
Éric-Emmanuel Schmidt te montre la splendeur de l'univers.
Il narre
La préhistoire ocre, une âme bleue, la vie ocre, une mésange beige,
Un coeur pur, un autre lucide,
Toi aussi entame ce périple aux confins de l'univers et de ces mystères.

La nature sait. La nature anticipe. La nature calcule. La nature voit loin. Nous nous demeurons aveugles à l'avenir.
Éric Emmanuel Schmidt t'offre une porte sur ces paradis perdus que tu n'as vraiment, mais vraiment pas envie de quitter.
L'homme d'aujourd'hui a beau se glorifier il n'a rien inventé.
Pourquoi je dis cette phrase ? Il faudra lire Paradis perdus qui porte incroyablement bien son titre.
Paradis perdus a comblé plusieurs de mes facettes de lectrice.
La passionnée d'histoire, l'avide de connaissance ;
la passionnée portée par ces beaux mots, la rêveuse emmenée loin dans le temps, et maintenant l'impatiente qui n'attend qu'une seule chose : la suite de cette lecture qui m'a enivrée.
Un roman d'un homme inspiré et inspirant.
Un périple inoubliable au temps du néolithique.
Paradis perdus c'est la vie et tous ses cycles.
La vie, l'amour, la mort.
De la nature et des hommes.
Huit milliards de personnes ne veulent rien changer pendant que tout change.
Le consumérisme. le culte du faon. La conquête frénétique de nouveaux marchés.
Les glaciers alpins ont fondu, les ours polaires auparavant menaçants traînent aujourd'hui leur misérable carcasse à la lisière des cités.
J'ai fait la plus parfaite des rencontres.
Celle qui dit tout quand on ne dit plus rien.
Quelque chose de puissant. Souverain.
Je me suis sentie liée à Noam. Tellement.
Je n'aspire qu'à le retrouver. J'aime à m'imaginer en regardant le ciel qu'il est peut-être en train de marcher à Damas, où naviguer sur la mer morte. Il est là quelque part dans le monde, il attend de pouvoir continuer à nous livrer toutes ses connaissances.

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critiques presse (6)
LaCroix   05 juillet 2021
Dans « Paradis perdus », premier tome d’une nouvelle saga monumentale, Éric-Emmanuel Schmitt veut raconter l’histoire de l’humanité.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaPresse   22 février 2021
On ne peut que saluer l’ambition de ce grand chantier littéraire lancé par Éric-Emmanuel Schmitt, cherchant à romancer l’histoire de l’humanité à travers une seule et même paire d’yeux, celle du vaillant Noam, né il y a 8000 ans au sein d’un village préhistorique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   18 février 2021
Dans ce premier tome d'une octalogie, l'auteur réécrit l'histoire de l'humanité. Ambitieux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeSoir   18 février 2021
Eric-Emmanuel Schmitt ose une saga en huit volumes, «La traversée des temps». Noam l'immortel parcourt les siècles et nous emballe dans un récit romanesque à souhait qui interroge subtilement notre modernité.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeMonde   08 février 2021
Raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. C’est le défi que s’est lancé l’auteur avec « La Traversée des temps », dans lequel il revisite nos récits fondateurs en huit volumes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeJournaldeQuebec   08 février 2021
Une œuvre épique, ambitieuse, inspirante, s’appuyant sur une quantité phénoménale de connaissances et une maîtrise absolue de l’écriture.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (199) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   23 juillet 2021
Noam cultive des sentiments ambigus envers les survivalistes qu’il a rejoints. Il leur donne autant tort que raison. Il ne les confond pas avec les prophètes apocalyptiques qu’il a croisés durant des siècles, lesquels appartenaient à des civilisations qui, faute de savoir, croyaient. De nos jours la situation s’est inversée : les hommes savent, mais ne croient pas. Pire : ils ne croient pas à ce qu’ils savent. Quoique le réchauffement de l’atmosphère et ses conséquences relèvent de la science, ils n’y accordent ni crédit ni attention. Seuls les écologistes et les survivalistes, aux yeux de Noam, ont le mérite de croire à ce qu’ils savent.
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CannetilleCannetille   23 juillet 2021
Des colonnes de migrants, j’en ai croisé pendant des siècles. Non seulement elles n’ont jamais cessé, mais elles ont crû avec le temps. Leur fréquence a augmenté, ainsi que le nombre de marcheurs qui les composent, passant de cette trentaine d’individus à plusieurs centaines, plusieurs milliers, plusieurs millions. À ceux qui doutent que l’humanité s’améliore, je signale ce progrès indiscutable ! Aujourd’hui, sur les écrans, j’aperçois des familles hagardes qui échappent aux coups d’une tyrannie ou aux bouleversements du climat ; lorsque j’arpente Beyrouth, je rencontre des Syriens cherchant à s’éloigner des terroristes qui les asservissaient, des bombardements qui détruisaient leur ville, de la famine, de la pauvreté, de l’injustice, du chaos. L’exode relève de la condition humaine.
Pourtant, ceux qui ne fuient pas refusent cette réalité. Provisoirement à l’abri, campés sur leur terrain ainsi qu’un chêne dans le sol, prenant leurs pieds pour des racines, ils estiment que l’espace leur appartient et considèrent le migrant comme un être inférieur doublé d’une nuisance. Quelle bêtise aveugle ! J’aimerais tant que l’esprit de leurs aïeux circule en eux pour leur rappeler les kilomètres parcourus, les transhumances sans fin, la peur au ventre, l’incertitude, la faim. Pourquoi, au fond de leur chair, ne subsistent pas les souvenirs de leurs anciens qui survécurent au danger, à l’hostilité, à la misère, aux guerres ? La mémoire de ces courages ou de ces sacrifices auxquels ils doivent leur vie les rendrait moins sots. S’ils connaissaient et reconnaissaient leur histoire, leur fragilité constitutive, la volatilité de leur identité, ils perdraient l’illusion de leur supériorité. Il n’existe pas d’humain plus légitime à habiter ici que là. Le migrant, ce n’est pas l’autre ; le migrant, c’est moi hier ou moi demain. Par ses ancêtres ou par ses descendants, chacun de nous porte mille migrants en lui.
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CannetilleCannetille   23 juillet 2021
Les hommes rapportent tout à eux. Les événements n’arrivent pas, ils leur arrivent. Mieux : ils ne leur arrivent pas, ils leur sont destinés. Une calamité, aussi durement qu’ils la subissent, s’avère un message à leur intention. Peu importe que les bêtes meurent, que les plantes crèvent, que des déserts stérilisent champs et forêts, elle leur est adressée, à eux, à eux seuls. Qui leur parle à travers typhons et cataclysmes ? Les Dieux quand ils pullulaient, Dieu depuis qu’il est devenu célibataire, la Nature maintenant que Dieu s’est absenté. Toujours, une entité intelligente leur administre une leçon. Les Dieux, Dieu, la Nature se vengent de leur arrogance et les incitent à la modestie. Quel paradoxe ! Des êtres présomptueux affirment que la Puissance les encourage à l’humilité, mais, ce faisant, en manquent puisqu’ils s’érigent en centre et en finalité de la création !
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CannetilleCannetille   23 juillet 2021
Les anciens veulent sauvegarder le monde non tel qu’il est, mais tel qu’il fut. À leurs yeux, le présent, déjà perverti, provoque l’indignation. Sans hésiter, ils désignent le bon modèle dans un passé qu’ils n’ont pas connu. Mon oncle Barak, en plein néolithique, brandissait un avant merveilleux, un âge d’or perdu, celui où les hommes ne vivaient pas en société. Nostalgique, il essayait, à lui seul, de ressusciter ce temps mythique. Utopie mélancolique.
Les modernes, valorisant l’innovation, s’estiment rationnels, pragmatiques, alors qu’ils jouent avec le feu et virent aux incendiaires. Non seulement ils détruisent ce qui existe, mais ils installent des éléments dont ils ne subodorent ni l’avenir ni les nuisances. Mon père Pannoam introduisait chez nous l’agriculture en y voyant un progrès. Il n’imaginait pas que, pour l’humanité, une vie entièrement concentrée sur le sol conduisait à travailler davantage, à s’ancrer définitivement, à brûler des forêts, à supprimer la diversité de la flore et de la faune, à affronter des famines, à appauvrir l’alimentation, à créer des razzias et des guerres, voire à surpeupler la Terre. Le progrès n’est pas que l’histoire de la connaissance, il se révèle tout autant l’histoire de l’ignorance : il pratique l’aveuglement quant aux conséquences. Utopie prospective.
À première vue, dans ce duel, tout tourne autour du savoir : l’ancien s’en tient au savoir antérieur, le moderne invente un savoir neuf. Or, en réalité, l’ancien fantasme sur ce qu’il croit savoir pendant que le moderne fantasme sur ce qu’il saura. J’ai donc peur que tout tourne autour de l’ignorance.
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Pixie_dustPixie_dust   24 juillet 2021
- Peut-on souffrir de solitude au milieu des siens?
(...)
- Tel est le destin de l'homme qui pense par lui-même.
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