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EAN : 9791035414146
Audiolib (23/08/2023)
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3.74/5   315 notes
Résumé :
« Marcher là-bas, où tout a commencé. »

Après « La Nuit de feu » , où Éric-Emmanuel Schmitt décrivait son expérience mystique dans le désert du Hoggar, il revient aux sources avec ce récit de voyage en Terre sainte, territoire aux mille empreintes. Bethléem, Nazareth, Césarée, lieux intenses et cosmopolites qu’il saisit sur le vif tout en approfondissant son expérience spirituelle, ses interrogations, réflexions, sensations, étonnements jusqu’à la su... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 315 notes
Sur un coup de fil surprise du Vatican, Eric-Emmanuel Schmitt accepte de suspendre l'écriture de son cycle La Traversée des Temps, dont le troisième des huit tomes est paru l'an dernier, pour une visite en Terre Sainte et, peut-être, la publication d'un journal de voyage.


Lui que l'étude des Evangiles et l'expérience du désert du Hoggar ont convaincu de croire au mystère divin – lui inspirant au passage plusieurs livres comme L'Evangile selon Pilate et La Nuit de Feu –, mais qui, peu assidu des églises, observe la liturgie chrétienne avec des yeux de « poisson rouge », débarque donc à l'aéroport de Tel-Aviv pour, passablement décontenancé, rejoindre à Nazareth un groupe de pèlerins réunionnais, menés par le père Henri et la guide Guila. Bardé de sa bonne volonté et de ses carnets de notes qu'il noircit studieusement, le voilà lancé dans le circuit habituel du pèlerinage en Terre Sainte, avec en point d'orgue la découverte de là « où tout a commencé » : Jérusalem.


L'érudition et la qualité de réflexion de l'écrivain se mêlent à sa sincérité pour un compte-rendu souvent aussi drôle qu'intéressant, tandis que ses observations le conduisent d'une certaine frustration – entre contagion du béton, tohu-bohu urbain et flots de bimbeloterie à destination des hordes de touristes, « l'unique berceau de l'extraordinaire est l'ordinaire » – à une franche irritation – « Quand je lis les récits de voyageurs anciens, tels Chateaubriand, Lamartine, Loti, je les jalouse d'avoir foulé des sites vierges » –, et même à de vraies bouffées de rejet – « Que fais-je ici ? La dérision me gagne. Mon esprit voltairien commence à persifler, jugeant ce spectacle aussi navrant que ridicule » « L'envie de déserter cette mascarade me ronge. Je ne m'estime ni en résonance ni en sympathie avec ceux qui m'encerclent, j'aspire à récupérer ma liberté, ma rationalité, mon autonomie. Maillon de cette chaîne de bigots, moi ? Quelle prison ! Je vais m'extraire de ce rituel imbécile. »


Pourtant, à sa plus grande stupéfaction, alors que, s'appliquant à suivre sans broncher le parcours programmé, il se prend insensiblement à lâcher prise, ce n'est pas moins qu'une vraie révélation, l'incompréhensible expérience d'une évidence rappelant le « Il fait Dieu » de Didier Decoin, qui l'attend au détour de ce voyage dont il reviendra confondu et bouleversé.


L'on reste durablement impressionné par ce texte intelligent et sincère, qui sertit si bien l'extrême intimité d'une expérience spirituelle à corps défendant dans la sage objectivité d'observations et de réflexions historiques, politiques et philosophiques, en tout point captivantes. Voilà un écrivain que l'on ne se lasse pas de lire et d'écouter, fasciné par son érudition, son humanité et… son carnet d'adresses où figure désormais Le Pape François à qui l'on doit la postface de ce livre. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Quel bonheur de revisiter la Terre Sainte en compagnie, aujourd'hui, d'Eric-Emmanuel Schmitt et d'un groupe de réunionnais.

Nazareth, Bethléem, Jérusalem, Abu Gosh me remémorent mes séjours en Israël, comme touriste, comme pélerin, les rencontres avec le rabbin Alain Michel, le Cardinal Barbarin, les offices vécus au sein de communautés monastiques. Et Eric-Emmanuel Schmitt restitue aussi ses dialogues silencieux avec Charles de Foucauld, Jésus ou Marie et nous confesse les étapes qui l'ont ramené à la foi. Il révèle les doutes, les interrogations, les mystères qui l'assaillent mais il se laisse capter par la grâce et guider par l'espérance.

Curieux, il guette l'accueil des israéliens et des palestiniens qui se disputent les territoires (et les touristes), il écoute les chrétiens, les juifs et les musulmans mais semble ignorer les colons laïcs que l'on rencontre notamment dans les kibboutz où les agnostiques qui prospèrent à Tel Aviv et constituent un élément dynamique et significatif du défi israélien.

Ce texte, postfacé par Le Pape François, se lit vite, se comprend aisément (malgré son plan erratique) et me laissera une impression durable … avec le rêve, pourquoi pas, de retourner une fois encore à Jérusalem ?
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Une invitation au voyage
OU
Toute arrivée est un nouveau départ.

Un carnet de voyage. C'est la forme que prend ce témoignage. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Un homme entreprend un voyage, ne sachant trop ce qu'il cherche, ni même s'il cherche quelque chose. Puis il est trouvé, parce qu'il ne cherchait pas car il croyait déjà le connaître. La suite est une remise en question, dont les conséquences n'ont pas fini de surprendre l'auteur.

Ainsi, dans la première moitié du récit, l'on est embarqué avec Eric-Emmanuel Schmitt dans un trajet en Galilée. Énumération fastidieuse des diverses basiliques et autres lieux de culte marquant les lieux où débuta la vie et le ministère de Jésus. Hauts lieux qu'Eric et ses compagnons pèlerins ne manqueront pas de visiter, d'escalader, de photographier, et non sans y avoir fait tourner le commerce local : vous voulez des chapelets, des statuettes, des T-shirts, des calendriers …? de la supérette religieuse aux vendeurs à la sauvette sur les parkings, tout le monde s'y met.

Longue et fastidieuse progression vers Jérusalem. Un peu comme celle du Christ, cheminant de village en hameau, par ci par là une ville, essayant de se faire entendre, adressant les immenses besoins d'un monde en proie à la pauvreté, à l'oppression, à l'exploitation. Long est le voyage, mais les compagnons d'Eric-Emmanuel sont sympathiques, la nature est belle, et l'auteur semble s'intéresser au voyage plus que le lecteur. Sans doute se passe-t-il quelque chose qu'il ignore encore mais commence déjà à percevoir.

Alors surgit Jérusalem, le terme du pèlerinage. Carrefour des trois grands monothéismes : judaïsme, chrétienté, islam. Carrefour aussi des ambitions, des conflits et des revanches à prendre. Jérusalem, saturée de haines et de peurs vieilles comme l' histoire. C'est dans ce chaudron que plonge le pèlerinage d'Eric, poursuivant son exploration des sites bibliques. Et c'est là, à l'église du saint Sépulcre, qu'il a une étrange expérience. Il y fait une rencontre, percevant une présence, comme si quelqu'un qu'il ne voyait pas se trouvait à quelques centimètres à peine de lui. Il est persuadé de la réalité de cette rencontre.

Dans les jours qui suivent, la réalité d'une transcendance sans visage, rencontrée au Hoggar, se transforme en la révélation d'une personne. Celle-là même qu'il suit à la trace depuis les collines de la Galilée. S'ouvre alors pour l'auteur un nouveau chapître de vie, dont ce livre ne relate que le commencement.

Si j'ai été touché par le message de l'auteur, et si je suis ( très) sympathique aux thèmes propres à la spiritualité, à la religion, au mysticisme, je n'ai pas beaucoup aimé le style de ce livre. L'auteur m'a semblé fatigué, essoufflé. Enchaîne t-il trop de travaux ? Ou une routine littéraire commence-t-elle à se faire valoir après avoir rempli des rayons de bibliothèque de romans, de nouvelles, de pièces et davantage ? Je ne sais pas. Mais ma déception quant à l'écriture explique la note.





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Marcel Brion écrivait dans son quadriptyque "Allemagne Romantique" :
« Le voyage qui s'accomplit de l'ignorance, même docte, à la haute connaissance, que ce soit sur les routes du vaste monde ou sur les tracés des cartes symboliques, le long des puits qui descendent jusqu'au coeur de la roche ou à travers les espaces de l'imagination, voilà en définitive le véritable Grand Oeuvre, et la totale transformation de la sensibilité et de l'intelligence de l'homme qui s'ensuit, voilà le vrai but, le chemin réel. »

Voilà une définition qui sied à merveille à ce récit d'Éric Emmanuel Schmidt. L'auteur s'est accordé une parenthèse", dans l'écriture de son cycle romanesque "La Traversée des Temps" pour répondre à l'invitation du Vatican d'être un « pèlerin parmi les pèlerins ».
De ce voyage, dans lequel d'autres auteurs - et pas des moindres si l'on pense à Loti, Chateaubriand, Flaubert ou Renan - est né ce récit, où plutôt ce "défi de Jérusalem".
Dans ce texte, pas de chapitres, juste un récit formant un tout cohérent d'un point vue chronologique, temporel, spirituel,....

Lui qui a écrit deux ouvrages qui pourraient entrer en résonance avec ce récit "La part de l'autre" et "l'évangile selon Pilate" tout le désignait pour faire ce "voyage"

On suit l'auteur dans un cheminement tout ce qu'il y a de plus touristique, encadré, jusqu'à la saturation par moment
"Je trépigne. L'envie de déserter cette mascarade me ronge. Je ne m'estime ni en résonance ni en sympathie avec ceux qui m'encerclent, j'aspire à récupérer ma liberté, ma rationalité, mon autonomie. Maillon de cette chaîne de bigots, moi ? Quelle prison ! Je vais m'extraire de ce rituel imbécile"

Et peu à peu l'armure se fend jusqu'à ce que  :
"Brusquement mon tour. Je m'agenouille, me penche en avant et...
Et…
Et je suis saisi.
Je respire soudain l'odeur d'un corps.
Je sens subitement, physiquement, tout près de moi, sa chaleur.
Un regard puissant me couvre. Il vient de là.
Je tressaille. Impossible ! Pour me débarrasser de ces impressions, je ferme les yeux, je m'ébroue, j'inspire un bon coup. Vite, reprendre mes esprits. Je rouvre les paupières. le regard pèse toujours sur moi, lourd, attentif, tendu dans ma direction, inévitable. L'odeur se précise : frémissante, tiède, elle est bien celle d'un humain, un effluve de chair, de peau, pur, sans parfums artificiels ni arômes contemporains. Et la chaleur émane d'un être qui se tient à quelques centimètres une personne invisible dont je perçois la vie organique. Me voici éjecté du rôle que je m'apprêtais à jouer, dissocié de la scène bruyante à laquelle j'appartenais, tandis que mes sens, arrachés au monde ordinaire, s'ouvrent à une autre dimension. le temps se suspend. Quelque chose m'absorbe. Ou plutôt quelqu'un."

Inconsciemment ou pas l'auteur construit un pont : "L'histoire humaine se résume à une tension entre deux éléments d'architecture : le mur et le pont. Ils fonctionnent à l'inverse. le mur sépare, le pont rapproche. le premier interdit, le second permet. L'un exprime la méfiance, l'autre la confiance. À l'évidence, les deux ont leur nécessité. Mais je préfère les ponts aux murs."
Reste malheureusement, que les murs sont plus simples à construire que les ponts....

L'auteur pose à de multiples reprises la question" Pourquoi partir ? " et bien les réponses se trouvent dans ses mots, dans ses lignes dans ses constats - qui semblent tellement évidents - que tout le monde a fini par les oublier :

" Les combats auxquels se livrent Israël et la Palestine depuis soixante-quinze ans se révèlent donc une guerre fratricide. le même sang coule des deux côtés. du point de vue de l'humanité, toutes les guerres le sont, fratricides, comme les mythes s'échinent à nous le rappeler, opposant Seth à son frère Osiris, Caïn à Abel, Étéocle à Polynice, Rémus à Romulus. Quelle cruelle ironie de constater qu'ici aussi l'Histoire défait ce que la nature a fait ! Les péripéties des conquêtes, des conversions, des exils, des retours ont séparé ce qui était uni. La conscience d'une fraternité originelle parviendrait-elle à modifier les esprits, à induire de nouveaux comportements ? Un tel savoir aidera-t-il à diminuer les tensions ? "

Et d'étayer son propos à l'aune des Écritures :
« Je ne crois que ce que je vois », s'exclama Thomas, le disciple qui doutait de la résurrection de Jésus. Ce sceptique ne céda que lorsqu'il posa ses mains sur l'empreinte des clous, ses doigts dans les plaies du revenant.
Je l'ai toujours contredit : « Tu ne vois que ce que tu crois. » Nous avons appris à regarder le monde à travers des concepts, des savoirs, des idéologies, en plus de nos attentes et centres d'intérêt singuliers. Personne n'appréhende la réalité pure, chacun la discerne avec les lunettes qu'il a chaussées, lesquelles apportent leur précision autant que leurs limites. Ce qui paraît prodigieux à telle époque change de catégorie quand la science l'élucide. Voilà pourquoi les miracles se raréfient de siècle en siècle…"

Et tout en s'inscrivant dans les respect de chacun, loin de tout prosélytisme, posant un constat tellement évident :
" Au-dessus de la rivière Cédron qui entaille les reliefs se profilent des remparts crénelés sur une muraille de roche naturelle. Les toits qui en dépassent sont couverts de tuiles, d'or, de nickel, pointus ici, arrondis là, aplatis plus loin, rivalisant d'aspects variés, clochers, tours, donjons, minarets, miradors, terrasses, coupoles, bulbes, mêlant les styles, ceux des croisés, des Sarrasins, des Byzantins, des Templiers, des Ottomans, des Franciscains, des orthodoxes russes ou grecs, à droite un peu d'arabe, à gauche du turc, au centre du colonial. L'architecture assemble des monuments juifs, chrétiens, musulmans, et pourtant une harmonie paradoxale se dégage de cette profusion. le disparate s'efface, comme si les bâtiments qui se dressent vers le ciel parvenaient, en quittant le sol, à trouver un espace de concorde. Les pierres réussissent quelque chose que n'arrivent pas à réaliser les hommes : coexister."

Ce livre est à l'image de son auteur il laisse la place l'intuition, la sensation, l'imagination, l'ouverture d'esprit, la bienveillance on omettant pas de poser des pistes de réflexions et des constats qui poussent à exercer notre droit à la vigilance.

Ultime précision ce livre est postfacé par Le Pape François qui conclut, en reprenant le titre de l'ouvrage « le défi que Jérusalem pose encore aujourd'hui au monde est d'éveiller dans le coeur de chaque être humain le désir de regarder l'autre comme un frère dans l'unique famille humaine ».

Et pour conclure à l'instar de l'auteur qui fait référence à Dante. Je dirais que par certains égards ce livre me fait penser au Chant II du Paradis
"On verra là ce en quoi nous croyons
par foi, sans preuve, et que nous connaîtrons
ainsi qu'on croit aux vérités premières."
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Passionné depuis l'adolescence de l'histoire de la création de l'Etat d'Israël, bien après celle des Juifs en exil et de la shoah, jugeant le tout indissociable, j'ai ajouté : le défi de Jérusalem à ma source de documentation.

C'est le deuxième Éric-Emmanuel Schmitt que je lis, le premier étant : Ulysse from Bagdad que j'avais trouvé dans une boîte à livres.

Le défi de Jérusalem prend sa source dans un voyage que l'auteur a réalisé récemment en Israël et en Cisjordanie. D'emblée l'auteur explique que son voyage et par conséquence son livre est divisé en trois parties. La première, il s'associera à un groupe de pèlerins de l'île de la Réunion sous la conduite du Père Henri. La deuxième, il visitera seul ce qu'il y a d'intéressant à voir à Jérusalem. La troisième, il retrouvera à Jérusalem Lorenzo Fazzini qui lui avait proposé ce voyage disant : « Nous apprécions votre foi et votre liberté. Nous aimerions vous envoyer en Terre sainte : Vous visiteriez les lieux, feriez des rencontres, et peut-être reviendriez-vous avec un livre, le journal de votre voyage. Qu'en pensez-vous ? E.E. Schmitt n'aura pas la chance de voir Lorenzo à Jérusalem. Lorenzo lui annoncera qu'il ne peut se déplacer sa maman étant décédée.

Ce livre est dépourvu de chapitre titrés et même de chapitre tout court, ce que je n'aime pas trop. Je trouve que ce récit de voyage à dur à démarrer. L'auteur s'attarde trop, selon moi, sur les préambules du voyage.

E. E. Schmitt partira avec moins de bagages que d'habitude et exceptionnellement un seul livre, une bible. A l'indispensable, il y aura un carnet de notes.

Allons-y ! Accompagnons-le ! Délectons-nous de tous ce qu'il nous communique !

Avec les pèlerins réunionnais, il visitera : le mont de Béatitudes où Jésus prononcera son Sermon sur la montagne : « Heureux … » Les huit béatitudes. A Nazareth, la basilique de l'annonciation. le mont Thabor où selon les chrétiens Jésus se transfigura : au sommet, le fils de Dieu rejoignit le firmament accompagné de Moïse et d'Elie laissant en bas trois apôtres, Simon Pierre, Jacques et Jean. Une autre tradition situe la Transfiguration sur le mont Hermon, sur la frontière entre la Syrie et le Liban. Bethléem, la basilique de la nativité fut édifiée dès la IV -ème siècle réclamée par Hélène à son fils Constantin I er..

Au cours de ce pèlerinage en grouper E. E. Schmitt commente le miracle, Jésus ressuscite Lazard et donne son avis sur la porté du miracle. Pendant l'antiquité, les faiseurs de miracles florissaient et Jésus craignait qu'on l'assimilât à l'un d'eux. Il ne désirait pas prendre le pouvoir, mais transmettre un message spirituel. Ce qui paraît prodigieux à telle époque change de catégorie quand la science évolue. Voilà pourquoi les miracles se raréfient de siècle en siècle …

Le groupe visite l'église du Saint-Sépulcre. La fille est longue et contingentée par un moine. E. E. Schmitt est pris de tout son être dans une relation surnaturelle, odeur de corps humain, une lumière aveuglante, un transfert d'intention bienveillante, d'Amour. Il se sent irradié par un regard posé sur lui. le voilà, bien malgré lui contraint de sortir d'un émerveillement , d'une apparition, d'une relation inattendue. Un moine vocifère, lui tapote l'épaule sans ménagement. En fait, le moine l'oblige à dégager. Après cela, une phrase réflexion de l'auteur :
― Pourquoi mon dieu, Pourquoi tant d'amour ?
Jérusalem, ce n'est pas que cela. Il y a le mont des oliviers avec vue sur la vieille ville, la mosquée Al-Aqsa, le Dôme du Rocher, le mur des lamentations, ce qu'il reste côté ouest du Saint des Saints, Yad Vashem, l'Institut international pour la mémoire de la Shoah et bien d'autres points de visites.

Ce livre me fait penser à la bande dessinée de Sarah Glidden ; Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) que j'ai eu le plaisir de lire et de commenter.

J'ai eu l'opportunité de visiter Israël, il y a cinquante années de cela.

L'auteur clôture son voyage à l'Ecole biblique et archéologique de Jérusalem où il bénéficie d'un accueil de Jean-Baptiste Humbert qui le documente sans compter.

L'auteur a également pu rencontrer Vincent Lemire qui a travailler cinq à scénariser une remarquable bande dessinée éditée récemment.

C'est ainsi que ce termine, avec grands regrets, pour moi aussi un voyage réalisé cette fois-ci depuis ma table de salon.
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critiques presse (4)
SudOuestPresse
17 mai 2023
Pour un croyant, la foi c’est d’abord d’accepter le mystère. Éric-Emmanuel Schmitt ne sonde pas le mystère, il s’y fond.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Son récit sort indéniablement de l’ordinaire : c’est à la fois un pèlerinage, des rencontres marquantes, des synchronicités extraordinaires, une expérience spirituelle intense et une grande méditation sur la foi et les croyances religieuses. Et une postface signée par le pape.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
OuestFrance
24 avril 2023
Éric-Emmanuel Schmitt, qui livre chaque mois des conseils d’écriture dans « Lire Magazine littéraire », publie « Le Défi de Jérusalem », récit de son voyage d’un mois en Terre sainte en septembre 2022, à l’invitation du Vatican.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
LeFigaro
17 avril 2023
Dans ce carnet de voyage, l’écrivain découvre son intimité spirituelle avec la sincérité qu’on lui connaît.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (163) Voir plus Ajouter une citation
Elle est à la fois d'Israël et du Maroc, juive et de sensibilité arabe, athée et bouleversée par le christianisme.
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Sur la paroi encore criblée de balles, une fresque a arrêté mon attention, la colombe de la paix, celle qui avait livré à Noé le rameau annonçant la fin du Déluge. Elle plne là, ailes écartées, munie d'un gilet pare-balles, mais visée à la gorge par un tireur.
Banksy, un artiste britannique de la rue, l'a peinte au pochoir en 2005. Il dénonçait la gestion militaire du différent et montrait que ce traitement ne réussirait qu'à tuer la paix. Banksy, à l'instar de Fantomas, de Zorro ou de Batman, se cache derrière une armure d'anonymat ; comme eux, il réfute l'ordre établi, opère dans la clandestinité, refuse de confondre le l égal et le juste. L'art doit s'insérer partout , pour tous, il est une manifestation de la liberté. Sa candide colombe, qui ne croit pas au pouvoir des armes et qui vit ses derniers instants, m'a touché au cœur.
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Quand on pratique un culte, on ne possède pas la vérité, plutôt une manière de vivre et de penser.

(p.172)

A Jérusalem, où tout a commencé, rien n'est fini.

(p. 173)

Avec Machka, notre chienne, une jeune Labrador noire, nous célébrons notre bonheur en reprenant nos balades, chaque jour plus longues, à travers les champs et les bois qui entourent la maison . Nous folâtrons, elle la truffe à terre, moi le nez en l'air. Certes, nous ne sillonnons pas la même forêt, la sienne se renifle, la mienne se contemple. mais régulièrement, un échange de regards, un plissement de paupières, un sourire manifestent une délectation de cheminer côte à côte.

(p. 200)

Il ne s'agit pas de rendre tout le monde chrétien, mais de se conduire en chrétien.

(p.208)

Le mystère soulève un problème, qui n'obtient nulle résolution et, comme tel, nous donne à refléchir, mieux même, à espérer...

( p.212)
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L’humanité se divise entre ceux qui résolvent des énigmes et ceux qui demeurent à l’écoute des mystères.
On ne devient pas chrétien parce qu’on a élucidé le mystère du christianisme, on devient chrétien parce que l’on palpe ce mystère, qu’on le fréquente, qu’on s’en inspire et que, de son contact, on sort modifié. Si la foi chrétienne réclame au départ une intelligence persévérante – lire les Évangiles, les comparer, les interroger, les compléter –, elle la dépasse pour se muer en adhésion. Comment ? Mon expédition me l’a révélé.
Le christianisme est un mystère auquel il reste mystérieux de croire.
Au fond, il y a deux façons d’appréhender un voyage en Israël et en Palestine, deux manières aussi légitimes l’une que l’autre. Certains cherchent leurs racines dans la terre. Moi je les ai trouvées dans le ciel.
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Je m'isole avec ce carnet de notes, élisant un coin frais du parc qui domine le lac endormi. Les fleurs m'environnent, chrysantèmes orange ou canari, delphiniums carmin autour desquels bourdonnent les abeilles, asters mauves au cœur jaune épanouis telles des étoiles. Se dévoile un aspect négligé du christianisme, l'amour de la nature, la dette envers sa beauté, l'appétit du bonheur. Immédiatement je me sens relié à l'Ombrie, aux paysages suaves dans lesquels a grandi François d'Assise, qui en a célébré toutes les créatures vivantes. Au milieu des bougainvillers exubérants aux teintes fushia ou pourpres, je ne perçois plus le christianisme triste d'Europe du Nord, ce christianisme des églises froides, sombres, humides, ce christianisme morbide qui méprise les corps et les menaces du châtiment. Tout au contraire, il expose sa face riante, orientale.
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