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EAN : 9782234090101
140 pages
Stock (28/04/2021)
3.16/5   82 notes
Résumé :
« Sur les riches, sur les bourgeois, on croit savoir d'avance, c'est comme les cochons, on ne les aime pas. Selon un excellent dictionnaire des synonymes, borné, commun, conformiste, conventionnel, égoïste, étriqué, formaliste, grossier, lourd, moyen, pantouflard, philistin, médiocre, singe, trivial, vulgaire, c'est la même chose. Les bourgeois sont malheureux et c'est leur faute. Ils sont là, à geindre avec leurs problèmes de riches, leurs dépressions, leurs régime... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
3,16

sur 82 notes

" Un roman sur la bourgeoisie que l'on méprise, l'amitié que l'on mésestime et la mort qu'on cache", dixit la quatrième de couverture...

Et surtout un roman fulgurant. Cent quarante-sept pages qui défilent à toute allure et qui sont bien plus qu'un roman, parce qu'elles ont l'odeur de la vérité, de la vraie vie. A peine romancée cette histoire est comme une biographie qui ne dit pas son nom. Des points commun entre le personnage d'Esther et l'auteure, au niveau de la date de naissance, du métier ont comme un air de vécu. Et puis, pleins de références ,de noms de marque, etc...

Août 2018, Héloise a un cancer, un de ceux qui n'offre aucune chance...

Et dés le début, on sait comment cette histoire va finir .

Entre temps, on aura lu la rencontre en sixième entre Esther (la narratrice) et Héloïse, deux gamines issues de milieux privilégiés même si la bourgeoisie n'est pas la même selon si l'aisance finacière est ancienne ou récente. Elles habitent à Paris dans un des plus beaux quartiers, vont dans une des meilleures écoles (l'école Alsacienne , une école privée qui va de la maternelle à la terminale, où étaient les enfants du couple Hollande/Royal. ). Les vrais bourgeois sont dans l'entre-soi...

Cette amitié les réchaufera toute leur vie de 1978 à 2018 . En 2020 Esther écrit cette histoire... sans Héloïse.

Et elle raconte : l'école, le retour à la maison quartier du jardin Luxembourg, les croissants aux amandes, les baskets Stan Smith, les ballerines Sacha, les murs fleuris Laura Ashley des chambres de jeunes filles de bonnes familles, l'élection de Mitterand, un des parents d'élèves devient ministre, plus tard ce sera un ancien camarade de classe... Les garçons qui ne les regardent pas, les vacances aux bons endrois , leurs parents.

C'est très rapide, Colombe Schneck va à l'essentiel se servant d'une enquêtrice sociale pour faire comme une étude sociologique de ce que sont (ce qu'étaient ) les bourgeois parisiens de ces années -là.

Ça s'appelle "Deux petites bourgeoises", ça pourrait s'appeller "Les petits enfants du siècle", tellement ça parle d'une époque. Pour ceux et celles qui l'ont connue, ça a un côté "album de photos " qui fait du bien,pour les plus jeunes, je ne sais pas si la sensation sera la même...

Mais tout ça, n'est que la première partie du roman, après ça s'accélére et on arrive à la partie "maladie" et "mort", qui bouleverse un peu. Reflexions sur cette amitié qui a , sans qu'elle s'en rende forcément compte sur le moment, contribué à la rendre plus forte, Esther. Les petites bourgeoises ont eu une enfance privilégiée, tout leur a été servi sur un plateau d'argent : études, métier. Grande stabilité géographique , affective et émotionnelle . Elles n'ont pas eu à déménager, ont pu acheter dans le bon quartier, ont pu reproduire le même itinéraire pour leurs enfants (quartier, école Alsacienne...). Pas souvent bousculées ces filles...La base est solide mais la vie peut te faire des coups de "pute"... divorce,parents qui disparaissent trop tôt, maladie, mort..

La vie , on ne la maitrise pas, mais les douleurs sont plus faciles à vivre avec vue sur le Luxembourg que dans une cité... C'est ce que je retiendrai de cette histoire, la vie n'épargne personne.

Et puis "l'amitié que l'on mésestime", car des fois une amie t'accompagne sur un chemin plus long qu'un mari..

Un roman raconté comme en urgence, peut-être parfois un peu trop court et "clinique", mais qui m'a beaucoup "parlé".

Une excellente surprise.

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Un petit roman autobiographique qui se lit d'une traite.

Colombe Schneck raconte l'amitié entre Ester et Héloïse, de leur 11 ans à la mort de l'une d'entre elle vers 50 ans,

Entre jalousie, amour, famille, deuil et un milieu sociale partagée : la bourgeoisie, elles se lient et la mort va heurter de plein fouet cette amitié.

Un beau récit sur la vie et ses épreuves mais surtout sur une amitié indéfectible.

C'est bien écrit mais une première partie un peu trop distante : les éléments de la vie des deux filles sont énumérés. La deuxième partie apporte plus de sentiments, on se rapproche des deux protagonistes.

Un beau récit.

#Deuxpetitesbourgeoises #NetGalleyFrance

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Autant le dire d'emblée : je l'ai lu d'une traite. Il est court certes mais cette écriture ciselée, presque télégraphique, nous emporte. Il semble que ce livre soit quelque peu autobiographique, notamment de celle qui reste. L'autrice m'a rappelé mes études, métro Vavin, le jardin du Luxembourg, Port-Royal ; et tous ces fils à papa, la raie sur le côté, tous la même, et ce même barbour qu'ils portent comme un signe distinctif masculin d'appartenance à un monde vieillissant qui cherche à garder ses valeurs, son entre-soi. Pour le conformisme féminin, il suffit de lire l'inventaire de ce livre, c'est risible et tellement juste. Ces rallyes d'un autre temps, cette compétition à être toujours mieux ou meilleur. J'ai adoré cette description du conformisme bourgeois, de cette condition féminine attendue. On a tous croisé de ces vies photocopies-clichés.

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Ils en ont, de la chance, les bourgeois. Un magnifique et immense appartement à Paris, une villa chic en Normandie, des vacances à l'étranger, des clubs huppés dans lesquels envoyer leurs enfants pour être certains de rester dans cet entre-soi si cher à leur coeur. Il ne s'agirait pas de laisser n'importe qui entrer dans la famille. Ils en ont de la chance. En apparence. Parce que derrière les voiles sur mesures qui couvrent les hautes fenêtres de ces bâtisses autour du jardin du Luxembourg, la vie n'est pas aussi belle qu'il n'y parait. La bourgeoisie, aussi, meurt de cancers. Chez eux aussi, les amitiés se font et se défont sur fond de jalousie mal placée. On idéalise l'autre, le parquet est toujours mieux lustré dans l'appartement d'à côté.

Héloïse et Esther sont amies depuis leur plus tendre enfance. Si Héloïse est issue d'une longue lignée de bourgeois, Esther, elle, fait partie des « nouveaux riches ». Et si pour les néophytes les deux jeunes filles sont issues du même milieu, il n'en est rien lorsque l'on connaît les us et coutumes de cette classe sociale. Amies depuis leur plus tendre enfance, elles se jalousent et se manquent, s'estiment et se dénigrent. C'est l'amitié, quoi. le « je t'aime, moi non plus! ».

Seulement voilà, Héloïse est morte, bien trop tôt, laissant derrière elle une Esther perdue, qui n'a plus que ses souvenirs pour se rendre compte de la relation incroyable qu'elle a pu nouer avec Héloïse ces cinquante dernières années.

Ce court récit est une petite merveille qui décrit avec beaucoup de justesse et de finesse ce qu'est l'amitié et comment ce sentiment nous permet de nous construire et d'évoluer. Mais Colombe Schneck nous livre également une description à la fois piquante et pince-sans-rire de la bourgeoisie d'hier et d'aujourd'hui.

Une pépite littéraire à ne pas manquer. Un coup de coeur.

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C; Schneck a déjà écrit une quinzaine de romans dont certains primés.

Peut-être voit-elle bouger la société(comme tout le monde) bourgeois ou pas, et de ce pas la voilà partie comme une entomologiste avec une même sécheresse d'écriture dans cette partie là d'ailleurs à expliquer au lecteur ce que sont les bourgeoises, voire même les différences entre "héréditaires" ou non. Elles peuvent souffrir et affronter la mort comme le vulgum pecus, mais ça nul ne l'ignore! Elles peuvent même être fidèles en amitié, c'est le cas d'Esther et d'Héloïse. La seconde partie est un peu plus "charnelle" heureusement.

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critiques presse (4)
LeFigaro
27 mai 2021
La bouleversante histoire d’amitié de deux gamines de la grande bourgeoisie séparées par la maladie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
SudOuestPresse
17 mai 2021
Les livres de Colombe Schneck ont toujours un parfait dosage de charme et de mélancolie.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
LaLibreBelgique
14 mai 2021
Plus général chez Astrid Eliard ( Les bourgeoises) qui signe, d'une plume mordante, huit nouvelles, en autant de caractéristiques qu’elle a choisies pour cerner cette classe sociale.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox
10 mai 2021
Intitulé Deux petites bourgeoises aux éditions Stock, il raconte l’histoire de deux amies : Esther et Héloïse. Bourgeoises de souche, elles ont eu exactement la même enfance, la même vie dans de grands appartements, fréquenté les mêmes écoles prestigieuses, porté les mêmes marques de vêtements, etc.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation

Esther et Héloïse se rencontrent donc en sixième, elles sont dans la même classe à l'école alsacienne, une école privée parisienne, une école pour bougeois libéraux, les pires, ceux qui ont toutes les chances, sans les règles, qui pensent être du bon côté parce qu'ils sont de gauche, qu'ils échapperaient à cette accusation, " Bourgeois ! " . Sale race.

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Héloïse et Esther se connaissent depuis qu'elles ont onze ans. Ensemble, c'est ce sujet, l'amour, plus que les élections, plus que le réchauffement climatique, plus que l'avenir du monde, qui leur importait. Elles n'étaient pas des filles cool, engagées, militantes, elles étaient des filles qui recherchaient l'amour des garçons.

Esther, qui préfère l'illusion à la réalité, mettra des années à admettre que ses parents sont riches (enfin, pas très riches, mais plus riches que la moyenne), l'argent ne l'intéresse pas, elle n'en parle pas, n'en cherche pas. Et ce désintérêt est bien la preuve qu'elle est une bourgeoise, il faut ne pas avoir eu peur de manquer pour être dans l'illusion que l'argent n'a pas d'importance.

L'amitié est pour Esther facile, évidente, sans effort, durable, quand l'amour à chaque fois se fragmente.

Héloïse l'a connue avec un appareil dentaire et ne l'a jamais quittée. Elles se voyaient beaucoup, puis moins, puis à nouveau, sans heurt, sans rupture, sans reproche. Elle n'exigeait rien d'elle, Esther avait le droit d'avoir d'autres amis, Héloïse n'était pas jalouse, il n'y avait ni rivalité ni règles, car l'amitié vous engage et vous protège sans les corsets et les obligations du couple. Il y a mille façons d'être ami alors qu'il y a peu de façon d'être en couple.

Esther n'a pas encore construit d'amour durable, mais est entourée d'amitiés qui le sont,  Héloïse en était une des plus anciennes, un des grands témoins de sa vie.

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Nos morts sont aussi injustes que nos vies mêmes, certaines douloureuses, longues, pénibles, cruelles, violentes, et d'autres tranquilles, le coeur qui s'arrête d'un coup d'une femme assise sur un fauteuil en rotin dans son jardin, un homme entouré qui vient de se coucher, pousse un léger cri, voilà, c'est terminé.

Il y a l'âge acceptable et celui qui ne l'est pas.

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Au Moyen Âge, la crainte était de mourir brutalement, sans pouvoir se préparer, sans être accompagné par des paroles et des gestes, sans parler une dernière fois à ses proches, dire ce qu'on avait à leur dire, la mort était apprivoisée (selon l'expression de Philippe Ariès). Et mourir seul et sans adieu était la plus grande crainte. Cette mort innommée, sauvage, est aujourd'hui la nôtre.

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En mai, François Mitterand est élu président de la République, les parents d'Héloise son effrayés ; ils ont voté pour Valery Giscard d'Estaing. Ils avaient été invités à prendre le café par Anne-Aymone à Brégançon en voisins, le président avait pris quelques minutes pour les saluer, ce qui avait alimenté leurs dîners en ville pendant plus d'une année.

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Vidéo de Colombe Schneck
Colombe Schneck vous présente son ouvrage "Deux petites bourgeoises" aux éditions Stock.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2526569/colombe-schneck-deux-petites-bourgeoises
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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