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ISBN : 2246856086
Éditeur : Grasset (07/01/2015)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 147 notes)
Résumé :
« On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J’ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter.
J’y pense toujours, je n’en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? »
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Critiques, Analyses & Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
Aela
04 mars 2015
C'est un récit autobiographique court mais très chargé en émotion et en finesse psychologique.
L'auteur , à l'instar d'Annie Ernaux à qui elle rend hommage ici, raconte comment elle a dû subir un avortement à l'âge de 17 ans, pendant l'année 1984, juste au moment où elle passait le bac.
Le contexte était très différent de celui qu'avait vécu Annie Ernaux qui parlait d'un événement similaire mais survenu, lui, en 1964, à l'époque où avorter était encore illégal.
Le mérite de ce livre est avant tout de rappeler que les conquêtes "féministes" peuvent être fragiles et qu'il faut être vigilant pour veiller à ce que certains droits soient maintenus.
L'héroïne du livre vit dans un milieu aisé, "intellectuel", "progressiste", ouvert et tolérant. Elle avait librement accès à la contraception et cependant, un "accident" est survenu.
Que deviendraient ses projets d'avenir, de faire Sciences Po, de devenir une journaliste réputée, si elle gardait le bébé?
D'emblée la décision est prise: il faut interrompre la grossesse.
Même si ses parents jouent un rôle non négligeable d'appui et d'écoute, le ressenti reste douloureux.
Longtemps après, ce "bébé" non né laissera des traces dans la mémoire et la conscience de l'héroïne. Inconsciemment elle lui parlera en l'appelant "l'absent".
Le fait de donner une identité, même incomplète à ce bébé non né, est vraiment émouvant à mon sens.
C'est un beau livre courageux et qui traite d'un sujet encore difficile avec beaucoup de délicatesse.
C'est le premier livre de Colombe Schneck que je lis mais je pense qu'il y en aura d'autres...
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Annette55
17 mars 2016
Voici un récit autobiographique concis, sec, sobre, sans fioritures ni pathos, vrai, simple, un texte épuré, déchirant, riche d'émotions .....
Colombe a dix sept ans, des parents médecins qui votent à gauche. Ils la choient, la gâtent, la respectent, l'entourent ,ne lui refusent rien.
Elle est insouciante, impertinente, trés libre sexuellement.
A l'instar d'Annie Ernaux à qui elle rend hommage, elle nous conte comment elle a dû subir un avortement l'année de son bac.
Physiquement, elle n'a pas souffert, ce fut une opération silencieuse, glacée,....
Cette confession intime n'est en rien un apitoiement sur soi, au contraire trente ans après, elle n'éprouve ni remords , ni regrets.
Elle rend hommage à l'enfant qu'elle n'a pas eu , elle est consciente que cette absence qui l'accompagne depuis près de trente ans......cette décision lui a permis d'être la femme et la mére qu'elle est aujourd'hui. Elle nous rappelle avec pudeur que le geste d'avorter n'est ni banal, ni anodin.
Un court récit touchant et émouvant !
J'avais lu : Val de Grâce en 2008 avec bonheur!j'ai découvert cet ouvrage presque par hasard......
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rabanne
05 février 2016
90 pages. Des mots qui ne noircissent même pas toute la page. L'auteure nous livre un témoignage sous forme de confession intime, mais également d'hommage posthume. Épuré, authentique, poignant.
A 17 ans, gâtée, choyée, la vie lui sourit. Insouciance, impertinence, liberté sexuelle, et le bac comme objectif. La vie s'ouvre devant elle en 1984. Mais elle se découvre enceinte...
Pas de reproches ni blâmes. Pas de consolation, puisqu'elle ne pleure pas. Juste les avertissements d'un père aimant. Ensuite, l'ordinaire, la vie qui s' accomplit avec cette amnésie partielle. Et puis, trente ans après, l'omniprésence de l' "absence", vouloir donner la vie et la recevoir comme un cadeau. Apprendre à se pardonner, et surtout LUI demander pardon...
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Shan_Ze
10 août 2017
Dix-sept ans, c'est l'âge qu'a Colombe Schneck quand elle avorte. A l'époque, elle n'était qu'une jeune fille pleine d'insouciance, de liberté. Elle a pris la bonne décision, sans regrets et pourtant, le temps passe et rappelle toujours ce petit acte qui sur le moment lui paraissait insignifiant. Cette petite graine qui aurait pu être quelqu'un, une personne. Ce témoignage qui en rappelle d'autres, n'est ni une diatribe contre l'avortement ni son contraire mais un rappel sur une décision qui doit être mûrement réfléchie. Simplet et touchant.
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QueLire
02 mars 2015
Dix minutes, c'est ce qu'il aura fallu à Colombe Schneck pour coucher sur le papier des pensées qui auront mis trente ans pour arriver à maturation.
« J'ai dix-sept ans et j'ai un amant. Je ne suis pas amoureuse, mais j'ai un amant ».
Des mots qui résument simplement la vie de cette adolescente, fille de dentistes votant à gauche, baignant dans un environnement intellectuel et financier aisé. Des mots qui décrivent l'insouciance, je dirais même l'ignorance de Colombe qui a bénéficié d'une éducation libérale prônant la libre pensée où les droits ont étés plus souvent abordés que les devoirs.
Dix-sept ans et l'avenir devant elle. Elle qui rêve d'aller à l'université, de voyager, de devenir envoyé-spécial à New York pour le compte d'un grand journal, et si l'envie s'en fait sentir de fonder une famille le plus tard possible.
Dix-sept ans et insouciante ou plutôt confiante. Et l'avenir qui lui sourit à elle qui sait qu'il n'y a qu'à souhaiter pour obtenir, qu'il n'y a qu'à rêver pour concrétiser. Tout est simple, tout a toujours été simple comme se faire prescrire la pilule. Une formalité, des conseils qui ennuient et bien vite une contrainte que l'on zappe si on a mieux à faire. Jouer à l'adulte c'est bien, mais pas trop longtemps.
17 ans et maintenant, Vincent et elle peuvent explorer leurs corps, découvrir le plaisir et profiter de leur adolescence. Elle se sent intouchable, elle sait que le mal existe, mais elle sait aussi qu'il ne l'atteint jamais. le sentiment de liberté qui règne sur le début des années 80, conforte celle qui a été arrosée de pensées positives depuis son plus jeune âge dans le fait qu'elle sera actrice de sa vie et non une spectatrice mi-soumise, mi-résignée comme peut l'être sa mère.
Arrive l'impensable puis tout s'enchaine. L'annonce au père qui pensait lui avoir donné toutes les cartes en mains pour qu'elle profite sans risque et à la mère, présente de corps, mais dont l'esprit semble être insondable.
Vient le jour de l'avortement dont seules des bribes resteront ancrées dans la mémoire. Et cet absent, qui trente ans plus tard, se rappelle toujours à celle qui aurait dû être sa mère. Il est là, quelque part, faisant partie de la famille tout en gardant ses distances. Se priver physiquement de sa présence aura été le prix à payer pour rester libre de ses choix et maître de son destin.
Un récit court, trop court même pour un sujet si sensible. Se peut-il que cela soit si facile sur le moment? Un simple, je n'en veux pas, une visite à l'hôpital et la vie reprend son cours. Une erreur de jeunesse dont on évite les conséquences immédiates sans penser à celles qui nous poursuivront peut-être toujours.
Un témoignage poignant d'une femme qui trente ans plus tard donne vie à cet absent au travers de ces quelques pages.

Lien : http://que-lire.over-blog.co..
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Les critiques presse (3)
LeFigaro27 février 2015
Colombe Schneck a écrit son récit en dix minutes, ça parle de son avortement. On n'est pas sérieux quand on a 17 ans.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeSoir18 février 2015
Il faut qu’elle raconte ce printemps 1984. Et Colombe Schneck le fait avec son écriture simple, sèche, sans fioritures, à l’os. Sans effets, mais terriblement déchirant. Sans aucun apitoiement sur soi, mais ça touche, ça émeut. Pour que ce qui lui est arrivé serve aux autres, aujourd’hui, dit-elle.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox05 janvier 2015
Le ton sonne juste. Les lecteurs-trices de Colombe Schneck y reconnaîtront les signes de reconnaissance des beaux quartiers parisiens, à l'aube des années 80. Les T-shirts Agnès B, les vacances dans le Lubéron, une sexualité qui se pensait libre, avant l'arrivée des années SIDA.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette5517 mars 2016
"J'y pense toujours, je n'en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager avec une amie proche. Et puis non, je renonce.
Pourquoi ce silence?"
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Marti94Marti9413 janvier 2015
L’an dernier, dans un entretien accordé au quotidien l’Humanité, Annie Ernaux rappelait qu’ « une immense solitude entoure les femmes qui avortent ».
Cette solitude, elle l’a vécue en 1964. Elle avait vingt-trois ans. A l’époque, avorter était un crime puni par la loi.
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JmlyrJmlyr23 octobre 2016
Aujourd'hui Vincent est un homme, un père de famille.
Pense-t-il à ce printemps 1984, à l'hiver 1985 où il aurait pu devenir père ? A-t-il des regrets ? Des remords ? Eprouve-t-il de la gêne, de la honte, de la tristesse . En a-t-il parlé à la mère de ses enfants .
Commenter  J’apprécie          90
BazartBazart11 janvier 2015
« On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J’ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter.
J’y pense toujours, je n’en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? »
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres12 mai 2015
J’étais si insouciante. J’avais un corps de femme, c’était nouveau, je ne savais pas encore que ce corps limite gestes, mouvements, libertés, impose des règles. Il ne vous appartient pas entièrement, peut devenir celui d’un autre. Je me suis sentie trahie par lui. Il m’a dépossédée de ma liberté.
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