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ISBN : 2234081831
Éditeur : Stock (03/01/2018)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 57 notes)
Résumé :
« Quand j’évoque mon père devant ses proches, bientôt trente ans après sa mort, ils sourient toujours, un sourire reconnaissant pour sa générosité. Il répétait, il ne faut laisser que des bons souvenirs. Il disait aussi, on ne parle pas des choses qui fâchent. À le voir vivre, on ne pouvait rien deviner des guerres qu’il avait traversées. J’ai découvert ce qu’il cachait, la violence, l’exil, les destructions et la honte, j’ai compris que sa manière d’être était un é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  07 mars 2018
« Pendant les cinq ans de l'Occupation, Gilbert a rencontré ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'humanité. de toutes ses forces, il a décidé qu'il ferait semblant d'oublier le pire et se tournerait vers le meilleur.
Ces héros l'ont porté tout au long de sa vie. »
L'histoire de Gilbert est si mystérieuse pour Colombe Schneck, que vingt-cinq ans après sa disparition, elle part sur les traces de ce père tant aimé. Dans les archives et avec sa grand-mère, Colombe fouille, interroge et découvre la vie d'exil et de rejets de sa famille paternelle. Des Juifs hongrois, qui pour certains comme Gilbert, ont survécu grâce aux Justes périgourdins et occitans.
Une période terrible expliquant pourquoi son père, chirurgien brillant et joyeux, portait en lui une angoisse profonde et un sentiment d'illégitimité. Mais pas seulement. Gilbert a eu à faire d'autres guerres. La guerre d'Algérie avec ses saloperies des deux côtés. La guerre contre la honte de la mort de son père. La guerre avec Hélène, sa femme qu'il aimait à sa façon, sans exclusivité, ce dont elle souffrit énormément. Il était comme ça Gilbert, généreux, bon et tendre, mais avec trop de gens, trop de femmes.
Voilà un bel hommage rendu à un père, à ses proches et à ceux qui les ont aidés. Colombe Schneck, profonde et émouvante, nous emporte dans les grands tourments de l'histoire pour retracer leur passé. Tout en s'interrogeant sur ce qu'est être juif, ce retour en arrière parait indispensable pour qu'elle s'autorise enfin, à rebours de son père chéri, longtemps après sa disparition, à vivre pleinement, à aimer et à être aimée.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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fanfanouche24
  21 mai 2018
Un moment chavirant...Un hommage à un père adoré, et même adulé...
Un père joyeux, séducteur, chirurgien estimé, mort prématurément... dont une fille, l'auteure, n'a pas accepté le décès.. durant des années...
25 années avant la publication de cet ultime
hommage,cicatrice se fermant peu à peu !
Cette fille chérie, adorée d'un père brillant et sociable... n'empêche pas une mère dépressive, en mal-être, des secrets, des non-dits...leur judaïcité, les traumatismes pendant la seconde guerre...Une très, très lourde
histoire familiale...
"Gilbert avait arbitré que cela n'était pas possible. Dans les récits destinés à ses enfants, un héros ne pouvait pas mourir.
Pendant les cinq ans de l'Occupation, Gilbert a rencontré ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'humanité. de toutes ses forces, il a décidé qu'il ferait semblant d'oublier le pire et se tournerait vers le meilleur.
Ces héros l'ont porté tout au long de sa vie. "(p. 134)

Colombe Schneck... après un ouvrage d' enquête sur l'assassinat de son grand-père paternel... poursuit les recherches familiales du côté paternel, ! Elle repart en quête et en enquête,... pour questionner et remercier tous ces Justes, ces êtres bienveillants, anonymes, ou proches, qui ont aidé, protégé, sauvé son père, Gilbert, lorsqu'il était petit garçon et jeune adolescent. Notre auteure-journaliste aura dépouillé des masses d' archives ...pour parvenir à reconstituer la jeunesse et le parcours de son père...
Le choix du très beau prénom de cette écrivaine n'a pas manqué de me marquer, tant la symbolique de Paix me paraît frappante, lorsque l'on sait que les deux parents étaient juifs, survivants, expatriés.....
Avec "Soeurs de Miséricorde", et "Les Guerres de mon père", que j'ai lus en parallèle, il existe des thèmes récurrents qui se rejoignent [ même si les contextes sont différents]: l'exil, l'isolement , l'exclusion dans un pays étranger, les enfances blessées, la résilience, garder espoir, se construire, avancer, survivre envers et contre tout, l'état de survivant ...!
Se sentir "survivant" n'est pas seulement lié aux traumatismes de la guerre, aux racismes multiples. Il existe des précarités existentielles, des sentiments d'être un survivant dans des histoires plus souterraines, plus sournoises...
Ce qui est troublant au plus haut point, c'est de constater que l'absence d'amour induit autant de dégâts, de déconstructions que l'excès d'amour [ vécu par l'auteure, par exemple; père très aimant , irremplaçable qui laisse la fille , aussi veuve que l'épouse ...]
Colombe Schneck nous relate fort bien sa tristesse infinie, son
incapacité et grandes difficultés à aimer et à recevoir de l'amour...après la disparition de ce père vénéré...adoré !
Texte magnifique d'intelligence et de sensibilité...où la Grande histoire et la "petite histoire" des individus se rejoignent dans des chocs, des tragédies parfois insupportables....
Mais qu'il est difficile de GRANDIR...La résilience comporte des milliers de visages...
Un écrit chavirant où Colombe S. montre la nécessité de rappeler combien la vie est précieuse, miraculeuse...Qu'il faut se battre constamment contre la barbarie, l'exclusion de communautés.Un ouvrage percutant qui nous interroge de plein fouet sur le Bien et le Mal; ce Mal que nous pouvons engendrer parfois, simplement par ignorance ou indifférence. Ouvrage qui me semble avoir de nombreux échos dans notre époque...où il
faut continuer à combattre des barbaries, ayant pris de nouveaux
visages !!...
Il est aussi fascinant que dérangeant de constater à quel point l'histoire de nos parents, grands-parents influent durablement sur nos parcours , nos vies, et nos choix personnels !!
Très , très heureuse d'avoir enfin lu et fait connaissance avec les écrits, les sujets chers à Colombe Schneck...

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Gwen21
  01 février 2018
Cela fait plusieurs années que je souhaite lire une oeuvre de Colombe Schneck que j'aimais entendre à la radio dans ses chroniques et dont la personnalité a toujours piqué ma curiosité.
"Les guerres de mon père" est le premier titre que je découvre mais je crois savoir qu'il réunit beaucoup des enjeux qu'elle place dans l'écriture : mieux connaître l'histoire de sa famille pour mieux la comprendre, pour entretenir sa mémoire et surtout pour tirer de ses expériences un sens à sa propre existence.
Partant de là, son style est fatalement très personnel, tout comme son sujet est intime. Ici, la frontière entre l'auteur et le narrateur est quasi inexistante. de sa famille juive dont les origines se situent "dans des pays qui n'existent plus", aux confins de l'Ukraine, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Pologne, Colombe - au prénom prédestiné - cherche à apaiser le passé à multiples visages en rendant hommage à chacun de ses membres. Une famille marquée par l'exil et la migration.
Dans la forêt généalogique ainsi explorée, a vécu un arbre noble, peut-être un chêne, d'abord robuste puis rendu frêle par différentes calamités (humaines, pas naturelles) : Seconde guerre mondiale, l'Occupation, la vie cachée, secrète, la Résistance ; mort du Père, mystérieuse, violente, honteuse ; guerre d'Algérie, l'illusion coloniale, la torture, la culpabilité. Cet arbre, c'est Gilbert Schneck, son père. Colombe a follement aimé Gilbert et a été follement aimée par Gilbert. A travers ce roman-quête, moitié chronique, moitié documentaire, elle se livre énormément en dévoilant la personnalité de son père. le récit est touchant, souvent émouvant.
J'ai ressenti de nombreuses émotions fortes au cours de ma lecture. D'abord parce qu'il est rare qu'un lecteur puisse rester indifférent au spectacle inlassablement retracé des séquelles du nazisme, ou de la guerre en général, quel que soit son nom. Ensuite, et à ma grande surprise, peut-être ai-je également été émue par le fait que mes grands-parents portent les mêmes prénoms que les parents de l'auteure, Gilbert et Hélène, et sont nés comme eux en 1932. Au fil des pages, je n'ai ainsi pu m'empêcher de juxtaposer en filigrane le visage de mes grands-parents sur ces deux personnages, et bien que n'étant pas juifs, eux aussi ont vécu ces conflits et ces traumatismes. Enfin, j'ai eu la sensation de replonger dans l'atmosphère du roman-enquête de Patrick Modiano, "Dora Bruder", que j'avais beaucoup apprécié.
Mes seuls reproches concernent le style en lui-même, je l'ai trouvé globalement trop égocentré même s'il reste plaisant à lire, et paradoxalement, alors que la trame est chronologique, j'ai parfois jugé la narration dispersée.

Challenge PLUMES FEMININES 2018
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge ABC 2017 - 2018
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hcdahlem
  19 février 2018
La gloire de mon père
Colombe Schneck est partie sur la trace d'un père qui avait pris soin d'occulter son passé. Pour lui rendre hommage et pour l'Histoire.
« Il m'a fallu vingt-cinq ans pour être capable d'affronter ce qu'il cachait. Il avait honte et nous avions honte, il était coupable et nous étions coupables, il manquait quelque chose, je ne savais pas quoi, ma seule certitude d'enfance était que son amour était aussi indéfectible qu'irremplaçable.
J'ai cherché de manière absurde, partout, son amour et son passé.
Conversations oubliées, notes perdues, dossiers administratifs, archives publiques. »
La confession qui ouvre le nouveau livre de Colombe Schneck nous livre aussi le mode d'emploi de la romancière. Ce n'est en effet pas uniquement avec ses souvenirs et les témoignages de la famille et des proches, mais aussi en généalogiste et en archiviste qu'elle est partie à la recherche du véritable visage d'un homme qui offrait à sa progéniture « un amour sans limites. Seules semblaient compter pour lui la beauté et la bonté. Il était prêt à nous laisser sans armes, dans l'illusion. Il suffisait de fermer les yeux. Nous étions des exilés sans mémoire s'accrochant aux joies du présent. » À l'image de cette photo de vacances sur le bandeau de couverture où Colombe trône sur ses épaules. Une joie de vivre et une insouciance qui ne sont pas feintes, mais qui sont nées d'un passé qu'il cherchait à oublier, à occulter.
La vérité, c'est qu'il « avait survécu aux destructions et aux rafles, aux morts injustes et à la torture, aux terreurs, à l'humiliation et à la peur, à la honte, à l'exil, à la perte encore; il avait été confronté, enfant, adolescent, jeune homme, à la violence et l'inhumanité. Face aux guerres, il avait construit un état de résistance, refusant l'amertume et la désolation, la plainte et la tristesse, la nostalgie. Il venait de pays qui ont disparu et dont il subsiste si peu de traces. Il était facile de nous faire croire qu'"avant n'existe pas" ».
Voilà donc la généalogiste remontant l'arbre généalogique – qu'elle a eu la bonne idée de reproduire au début du livre – pour essayer de mieux comprendre qui sont les personnages rencontrés au fil de cette enquête.
À la première génération, celle de ses parents, on imagine ce que le romanesque d'une histoire proche du «Jules et Jim» de Henri-Pierre Roché a pu être accompagné de frustrations et de non-dits, même si l'arrangement entre les deux amis se partageant la même femme semblait avoir eu l'assentiment de la grand-mère parternelle et de son second mari. Voici donc Pierre présentant son épouse Hélène à son ami Gilbert. Ce dernier, le père de Colombe, tombe immédiatement amoureux d'elle et finira par l'épouser. le couple aura trois enfants, Antoine, Colombe et Marine.
Avant de revenir à Gilbert, qui est le personnage central de ce livre, remontant une génération de plus,celle des grands-parents. Cette fois, on se rapproche du Romain Gary de «La Promesse de l'aube» avec Majer, L'increvable Monsieur Schneck, et Paula: « Paula Hercovitz, la mère de Gilbert, ma grand-mère paternelle, est née à Bistriţa le 14 juillet 1909, une petite ville de la Transylvanie hongroise. le père de Paula, comme 138 juifs de Bistriţa, s'engage en 1914 dans l'armée hongroise, il est tué en 1915. À sept ans, Paula est orpheline de père. Par le traité du Trianon, la Transylvanie devient roumaine. À l'âge de dix ans, Paula la petite Hongroise change de nationalité, de langue. Elle parle allemand, yiddish et hongrois, elle doit apprendre le roumain et une nouvelle forme d'antisémitisme, le modèle hongrois est plus feutré, presque invisible, l'antisémitisme roumain est lui violent, visible, physique. En 1922, la famille Hercovitz fuit vers la France. Qui est-on, quand on apprend dès l'enfance que rien ne reste? Qu'il faut toujours être prêt à tout perdre, même sa langue maternelle? Rien, même les murs d'une maison, une liste de camarades de classe, des habitudes, des goûts, rien ne tient. À Strasbourg, Paula devenue Paulette a suivi un cours de secrétariat ainsi qu'une école ménagère tandis que Majer, devenu Max devient voyageur de commerce pour un grossiste en porcelaine et cristal.
C'est dans cette France qui n'a pas encore pris la juste mesure des périls qui montent que naît Gilbert. le petit garçon va très vite comprendre que le principe d'incertitude est durablement ancré dans la famille et, lié à ce dernier, le besoin de fuir, de chercher un abri ailleurs.
C'est alors à l'archiviste de prendre le relais, de rechercher dans les administrations les documents et les noms des acteurs qui sont alors intervenus pour aider ou au contraire pour nuire à la famille. Si certains lecteurs seront rebutés par la transcription brute de ces dossiers, lettres et fichiers, on sent combien le devoir de mémoire l'emporte ici sur le souci d'écriture. Et ce qu'elle trouve est édifiant, met quelquefois du baume au coeur sur des blessures encore vives ou ravive le chagrin et la colère. Faisons ici le choix de citer les Justes, ces personnes qui ont rendu possible la survie de Gilbert et, par voie de conséquence, rendu possible la naissance de l'auteur. Merci à Charles Schmitt, directeur de l'école communale de Nontron, merci à Marguerite Eberentz, du réseau de Résistance de la préfecture de Périgueux et merci aux anonymes habitants de Trélissac.
Grâce à eux, Colombe peut rendre hommage à son père et, se faisant, ajouter à son travail d'archiviste et de généalogiste, celui d'historienne.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Sallyrose
  01 janvier 2018

Gilbert, le père de la narratrice, était enfant pendant la seconde guerre mondiale. Et juif. Il a bénéficié de tout un réseau de ce qu'on appellera plus tard Les Justes qui lui permettront d'éviter les camps, la mort.
Mais comme il en a entendu, vu, vécu…
« Pendant les cinq ans de l'Occupation, Gilbert a rencontré ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'humanité. de toutes ses forces, il a décidé qu'il ferait semblant d'oublier le pire et se tournerait vers le meilleur. »
Plus tard, il fera son service militaire en Algérie, pendant la guerre civile, en tant que médecin puisque c'est la voie qu'il a choisi pour ses études. Là encore, il assistera, sans pouvoir intervenir, au racisme, à la violence inhérente au pouvoir, aux tortures, à l'absurdité des hommes, seulement 10 ans après la découverte des camps nazis par le monde entier.
La narratrice retrace la vie de son père à ces époques à travers des archives d'origines diverses et variées : dossiers scolaires, liste de familles juives françaises ou non dont le sort prenait des voies différentes (en tout cas, jusqu'à un certain moment), dossiers administratifs de toutes sortes.
« « Moscou » regroupe l'ensemble des dossiers sensibles de l'administration préfectorale volés par les Allemands en 1945 puis volés aux Allemands par les Soviétiques, et rendus à la France en 1993. »
Ce que recherche la narratrice est une meilleure connaissance de son père, dont elle n'accepte pas la mort alors même que décédé depuis 25 ans.
Cette femme a été aimée par cet homme d'un amour immense, intégral avec pour dogme paternel : « les parents doivent tout à leurs enfants, leurs enfants ne leur doivent rien ». C'était « (…) un homme délicieux et généreux, (…) cette manière d'être au monde était une forme de politesse ».
Accepter sa mort, c'est accepter le bonheur d'être aimée : « je ne consens à être aimée que par ceux qui me trompent, me rejettent, m'oublient, rejetant à mon tour ceux qui m'aiment avec bonté. Ils ne seront jamais à la hauteur. »
Ce roman a donc une double facette. Celle des guerres traversées par un homme qui refusera de garder le pire au profit du meilleur mais dont le coeur lâchera bien jeune. Celle de la quête des nuances de la vie de son père si aimant afin de le circonscrire et de se donner la chance d'être heureuse.
Intéressant car très documenté, ce roman/récit est bouleversant.
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critiques presse (2)
LeFigaro   13 février 2018
Colombe Schneck signe un livre en forme d'enquête tendre et obstinée sur la vie de son père.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   19 janvier 2018
Poursuivant l’exploration de son histoire familiale, Colombe Schneck dresse le portrait intime et universel de son père.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   15 mai 2018
La littérature nous a sauvés et nous a aussi protégés de ceux qui jugent sans comprendre.
Il lit une première fois- Tristes tropiques- à sa sortie, il a vingt-trois ans, c'est alors le livre que tous autour de lui lisent.
Claude Lévi-Strauss est un ethnologue qui n'est pas encore retenu. Il a échoué deux fois à l'entrée au Collège de France. Il publie dans la nouvelle collection "Terres humaines" ce récit, autobiographie où il raconte son parcours, mais aussi ses recherches afin de trouver sa place en dehors de celle assignée à un jeune normalien, philosophe de formation. Il justifie son refus de l'ennui et de la répétition :"Mon esprit présente cette particularité, qui est sans doute une infirmité, qu'il m'est difficile de le fixer deux fois sur le même sujet ".
Gilbert n'en revient pas qu'un aîné, Claude Lévi-Strauss a vingt-ans de plus, un universitaire sage, reconnaisse son impatience, son incapacité à toute sérénité, à sa peur d'être là, impassible, son inquiétude de rater ce qu'il y a à vivre. (p. 315)
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palamedepalamede   06 mars 2018
Peu de gens veulent de manière délibérée le mal, ont conscience de détruire. Ils détruisent en pensant faire le bien, c’est d’ailleurs la manière la plus puissante de faire le mal, vouloir faire le bien. Je ne fais que citer Vassili Grossman : « Là où se lève l’aube du Bien, les enfants et les vieillards périssent, le sang coule.  
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palamedepalamede   08 mars 2018
Ce que l’on peut désigner comme des avancées de la science, de la médecine, de la mécanisation, de la fin du travail manuel ardu, nous conduit vers la dévastation de nos richesses, de nos cultures, de notre faune et de notre flore, de notre diversité humaine. ... Lévi-Strauss lui apprend à se défier de ses croyances dans un monde de progrès qui irait « vers l’avant ». Il dévoile les dévastations qui conduisent vers d’autres dévastations. 
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Gwen21Gwen21   29 janvier 2018
Les parents de Gilbert, avant de se nommer Max et Paulette, avaient pour prénoms Majer et Paula. Ils avaient émigré de pays qui n'existent plus, la Transylvanie hongroise, la Galicie polonaise, la Bessarabie russe. Ils n'avaient pas fait d'études, mais ils parlaient à eux deux sept langues couramment, l'allemand, le hongrois, le russe, le roumain, le yiddish, le polonais et le français. L'allemand était la langue de l'administration, le hongrois, celle de l'école, le roumain, pour ma grand-mère, la langue de l'occupant, le russe, la langue du commerce, le yiddish, la langue de la cuisine et de l'amour, et le français, celle dans laquelle ils avaient élevé leur fils.
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Gwen21Gwen21   05 février 2018
Dix ans après la fin de la guerre, une troisième guerre mondiale, une guerre nucléaire, encore plus destructrice, semble possible. Les progrès techniques, le développement économique de ces années 50 qui pourraient le rassurer, lui offrir une sorte de protection optimiste, le passé était atroce mais l'avenir sera beau, Claude Lévi-Strauss lui écrit pour lui dire qu'il ne doit pas y croire. La croissance et le progrès ne sont que des signes supplémentaires de destruction de notre civilisation. Ce que l'on peut désigner comme des avancées de la science, de la médecine, de la mécanisation, de la fin du travail manuel ardu, nous conduit vers la dévastation de nos richesses, de nos cultures, de notre faune et de notre flore, de notre diversité humaine.
+ Lire la suite
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