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ISBN : 2246761816
Éditeur : Grasset (24/08/2011)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 14 notes)
Résumé :
C’est l’histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur impossible amour, de leurs rivalités secrètes, de leur enfance, de leurs guerres. C’est aussi l’histoire de la fascination du narrateur pour son aîné disparu. M. Schneider entrelace deux récits : l’enquête du narrateur et la chronique, à la troisième personne, de leurs deux vies dans les années 1950-1960 au moment de la guerre d’Algérie.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  17 novembre 2011
"Cet inconnu vêtu de noir qui me ressemblait comme un frère".
Un vers de Musset qui habille Michel "devenu l'ombre de Bernard, son survivant abject".
Huit ans de différence, mais point d'indifférence, un sentiment de haine et d'amour mélangés,un fossé à franchir, une mort à dépasser, celle du frère ainé demiurge à la "beauté des anges et des maudits", celle du soldat de la 2° section du 3° régiment des chasseurs parachutistes" qui a eu vingt ans en Algérie quand il le fallait pas et celle de l'épave qui y a survécu encore quelques années.
Un récit autobiographique entre présent au "je" et passé aux "ils", lui et l'autre pour mettre la distance (les souvenirs des coups bas fraternels et des coups tout court au coeur d'une famille nombreuse de sans trop de coeur de bourgeois déchus alcooliques, le vice d'un violent jaloux qui perverti le "p'tit con", la musique transmise "sa seule façon d'aimer).
Michel Schneider-Michel Forger écrit car "seuls les mots sont réels", il existe à travers mots.
Suite à l'ouverture de Manfred de Schumann et à la lettre d'une femme "Luc" l'ayant entendu évoquer Bernard à la radio, il va essayer de remplir les trous de sa mémoire en écrivant l'émergence du passé et en imaginant les scènes de la guerre d'Algérie où il n'était pas.
Un livre qui remue, qui dénonce,qui essaie de trouver des explications à l'autre et au soi. Un livre qui explique l'écriture,acte purificateur,expiatoire,exutoire,boulimique pour dépasser les maux et l'autodestruction.Un livre vrai et fort!
Michel Schneider a reçu le prix Médicis de l'essai 2003 pour Morts imaginaires et le prix Interallié 2006 pour Marylin dernières séances.Je souhaite que comme une ombre soit primé car il le mérite!
(autre critique du même livre : Comme une ombre: une nouvelle histoire autobiographique de frère perdu, à rapprocher d' Olivier de Jérome Garcin, dont le souvenir vit encore au présent dans le survivant qui se dédouble en quelque sorte.
Mais Olivier, le jumeau idilyque et idéalisé, mort dans un accident de voiture à l'âge de six ans, de l'un est Bernard, un ange noir pervers dans Comme une ombre.
Un ainé de huit ans dont les cruautés au jour le jour ont pesé lourd sur les épaules de Michel et dont l'implication au moment de la guerre d'Algérie, exacerbant violence et autodestruction, a été sans doute difficile à admettre.
Alors pour ne plus vivre dans l'ombre de celui qui un jour s'est fait éclater la poitrine faute de pouvoir s'envoler sur les ailes de la musique qu'il aimait tant, Michel Schneider va écrire ce frère pour enfin vivre et non survivre.)
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mimipinson
  24 août 2011
« - Tu vas lui écrire cette histoire ? Pourquoi ton frère ? Et maintenant ? – Je ne sais pas bien. Pour lui rendre justice. Ou me faire pardonner quelque chose. Parfois j'ai l'impression ne n'être que son écho, son reflet, son ombre. »
Voilà un roman bien singulier, mais passionnant qu'il m'a été permis de lire presque malgré moi, si j'ose dire, tant j'ai jusque là eu tant d'appréhension à aborder le moindre ouvrage de Michel Schneider.
Mais au fond, est-ce vraiment un roman ? Peut-on parler uniquement de fiction ? Je n'ai que trop peu d'éléments de la vie de l'auteur, mais je ne peux m'empêcher de penser que ce que je viens de lire ne comporte pas une bonne part d'autobiographie …
La note de l'éditeur a, à mon sens, tendance à éloigner le lecteur de cette idée, mais…à postériori, j'ai tendance à penser que cette note peut jeter une certaine confusion.
Il n'empêche, dans une construction originale et méthodique, Michel Schneider emporte son lecteur dans son histoire familiale, et fraternelle.
Ils étaient plusieurs frères et soeurs, pas tous du même père. Mais il y avait surtout Bernard et Michel. Bernard est son ainé, a " fait " l'Algérie, en est revenu, est mort prématurément.
Michel, écrivain, a en commun le goût de la musique avec son frère, et par le biais de l'écrit part à sa recherche.
Dans les chapitres impairs, c'est Michel qui s'exprime sous forme d'enquête. Les chapitres pairs sont rédigés sous forme d'un récit, impersonnel.
Chacun des chapitres raconte l'histoire de ces deux frères, mais sous un mode différent, voir parfois antagoniste, comme si l'histoire n'était pas toujours la même selon l'endroit où l'on se place.
Cette quête n'est, en réalité, rien moins qu'un cri d'amour à un frère tant aimé, que la guerre d'Algérie a abimé profondément.
Les femmes, qu'ils ont parfois partagées, et la musique occupent une large place sans pour autant (pour la musique) que l'on puisse l'expliquer clairement.
« Jamais Michel ne saura s'il a aimé Bernard pour la musique, ou la musique pour Bernard. Jamais il ne saura ce que la musique lui disait, à lui. Son frère parlait peu de celle qu'ils partageaient. Il disait : Tais-toi, écoute ça ! »
Cette construction permet une lecture fluide et rapide, et permet de ne pas tomber dans l'écueil d'une narration linéaire qui retirait tout le charme de ce livre. le sujet somme toute assez banal, prend, à mon sens, une tout autre dimension ; et de plus laisse toujours un doute quant à la possible note autobiographique. On referme le livre avec cette interrogation obsédante, mais absolument pas gênante. Ce livre est intrigant, et vaut au moins pour cela d'être lu.


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jostein
  09 novembre 2011
" Pour oublier, il faut que j'écrive."
Michel veut éclaircir cet amour qu'il avait pour son frère Bernard de huit ans son aîné. Car il fallait trouver sa place dans cette famille de 9 neuf enfants nés de quatre pères différents, tous élevés par Laurent, pianiste homosexuel, père de deux des enfants. Marthe, sa femme, est une mère volage, absente qui sombre dans l'alcool. Elle a toutefois une adoration particulière pour Bernard et Michel. Bernard adulait son père qu'il voyait comme un héros de la résistance. Michel adorait Bernard, ce demi-frère qui, pourtant, n'hésitait pas à le frapper et l'humilier.
Près de cinquante ans après, Michel reçoit une lettre de Luc, une femme sulfureuse, premier et seul véritable amour de Bernard. C'est le déclic pour enfin essayer de comprendre et d'écrire la vie de son frère. Il aimerait en savoir plus sur ce qui s'est passé en Algérie lorsque Bernard était dans les paras. Il aimerait comprendre pourquoi il a choisi de se suicider en 1976, par le biais de ces armes qu'ils aimaient tant.
L'auteur alterne les chapitres où Michel s'exprime à la première personne, ceux que je préfère parce qu'ils sont plus dynamiques et empreints de sentiments et les chapitres où sont racontés à la troisième personne les souvenirs des deux frères.
Est-ce parce que ces parties sont recréées à partir d'un lien évoqué précédemment, qu'elles m'ont parues plus ennuyeuses, détachées du réel?
En tout cas, j'ai beaucoup aimé le style très sensible qui effleure cette histoire, qui montre toute l'ambiguïté de la relation avec son frère.
"Michel, enfant, le suivait comme son ombre : faites qu'il m'aime."
Ce frère qu'il admire, qu'il imite jusqu'à aimer la même femme ou s'engager dans les parachutistes, qu'il renie aussi en prenant le contre pied sur L'Algérie.
Ce frère qu'il ne comprend pas quand il tombe dans l'alcool. Est-ce cet amour destructeur avec Luc, est-ce la nostalgie qu'il éprouve pour Laurent ou le souvenir des atrocités vécues et perpétrées en Algérie? Autant de questions que Michel se posent et qu'il voudrait évacuer en les écrivant dans ce roman.
Les personnages sont très fuyants. Il est difficile de les aimer. Sauf, peut-être Luc qui m'a émue par la fragilité de sa vieillesse, par le souvenir de cet amour ravageur, par son attachement aux Liaisons dangereuses.
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Gwordia
  02 septembre 2011
Abandon en page 160. de ce livre, pourtant très bien écrit, je n'ai pas réussi à trouver ce petit quelque chose m'accrochant jusqu'au bout. L'auteur n'est pas parvenu, dans son récit à deux voix - la sienne mais d'un point de vue de deux époques différentes - à me plonger dans l'intimité de sa famille aux relations torturées. de plus, je dois dire que je ne suis pas fascinée par l'époque évoquée ; ce d'autant plus après ma lecture, également abandonnée en cours de route, du livre Les vieux fous de Mathieu Belezi.
Cet hommage au frère suicidé est le pari risqué qui taraude chaque auteur : la tentation autobiographique à double tranchant. Un succès manqué pour moi mais qui a su convaincre une large partie de la critique.
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Alienor
  12 décembre 2011
Trente ans après la mort de son frère Bernard, Michel Forger reçoit une lettre qui le ramène brutalement en arrière. Vers ce frère qui ne voulait pas se laisser aimer et se rendait détestable. Cette missive, écrite par la maîtresse de Bernard, fait ressurgir tous les souvenirs partagés, et toutes les questions restées en suspens et qui le resteront, puisque Bernard a choisi de mettre fin à ses jours sans la moindre explication. La seule certitude pour Michel, c'est que la guerre d'Algérie aura achevé la destruction d'un homme déjà fragile et inapte au bonheur. Un homme qui ne trouvait pas les mots pour parler, et ne s'exprimait que par la violence. Un homme qui ne trouvait le calme et le repos que dans la musique.
La suite sur mon blog...
Lien : http://tassedethe.unblog.fr/..
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critiques presse (8)
Lexpress   24 octobre 2011
[L'auteur] prend un malin plaisir à feindre de buter sur les lapsus ou les jeux de mots involontaires, pour mieux les sonder et en extraire d'hypothétiques clefs. Celle de son oeuvre, articulée autour de l'enfance et de la mort, de la trahison et de la musique, est sans doute dans cette confession tardive, noire comme un jour sans lendemain.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   09 septembre 2011
Michel Schneider, dans ce livre à l'émotion sèche, donc terrible, et pour qui la musique est sa seule mémoire, a bousculé la chronologie, brouillé la suite des jours, interchangé les millésimes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   07 septembre 2011
Qu'est-ce qu'un beau livre, si ce n'est un livre habité, porté par la nécessité - nécessité dans laquelle l'auteur était de l'écrire, sans de ce geste attendre pourtant consolation. Soulagé, apaisé, Comme une ombre ne l'est pas : il y a dans ce roman autobiographique de Michel Schneider tant d'intensité, de douleur intacte, de fièvre sous-jacente.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   02 septembre 2011
Le roman familial qu'on découvre à travers ce texte mystérieux est si incroyable qu'il ne peut qu'être vrai.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   02 septembre 2011
Ce "Tombeau de Bernard", de cette ombre redevenue, par le roman, une personne, est un beau livre sur l'amour, sur la folie d'aimer "et la folie plus grande encore de croire qu'on est aimé".
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   01 septembre 2011
Le miracle est que, d'une telle détresse, Michel Schneider, qui joue du français comme Glenn Gould du Bach, ait tiré un livre si équilibré et si musical.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   29 août 2011
Avec la quête de Michel Forger, Michel Schneider donne à lire un texte fort et entêtant. Le portrait d'hommes à la fois meurtris par leur folie familiale et par la violence de l'Histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   27 juillet 2011
Passant de la première à la troisième personne au gré de courts chapitres, Michel Schneider, psychanalyste et écrivain, […] raconte l'enquête de son narrateur sur les traces de son double perdu.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   17 novembre 2011
On ne commence à écrire que quand il est trop tard.Quand il n'y a rien d'autre à faire.Quand c'est mieux que rien.Quand on n'en est pas sûr.Quand on n'est plus sûr de rien.On écrit sur ce qui s'est passé ou sur le contraire de ce qui s'est passé;on retourne les souvenirs comme les doigts d'un gant;on efface les silences infinis sous des dialogues bavards;on ravaude par des phrases les trous d'une vie,avec la patience de Loné raccommodant les pulls des petits Forger.
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BibaliceBibalice   07 septembre 2011
J'aimais mon frère caché dans cette musique. Je l'aimais comme on n'ose même pas aimer Dieu, et comme je n'ai jamais aimé une femme. Je mens [...] Quand on pense à quelqu'un en écoutant de la musique les larmes aux yeux, ce n'est pas sur lui qu'on pleure, mais sur la musique, ou sur celui qu'on était quand il était encore là.
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josteinjostein   09 novembre 2011
J'ai pensé : c'est ça, les vies. Ça ne se brise pas sur le coup, à un moment précis. Après, avec surprise, on constate la brisure.
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brigittelascombebrigittelascombe   17 novembre 2011
Jamais je ne saurai ce qui s'est réellement passé.C'est pour ça que j'écris.Sur ce que je ne sais pas,sur des trous de mémoire,des mensonges,des silences,des mots insensés,des gestes absents.Pour représenter ce qui n'a jamais été présent et faire voir des scènes où je n'étais pas.
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brigittelascombebrigittelascombe   17 novembre 2011
On ne devient pas écrivain.On l'a toujours été et on ne le sera jamais vraiment.On ne décide pas ces choses là.Pas plus que le reste.On ne décide rien de nos petites affaires.On survit,à force de gestes,de travail,d'oubli.
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Videos de Michel Schneider (8) Voir plusAjouter une vidéo
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Michel Schneider - Miroirs des princes .Michel Schneider vous présente son ouvrage "Miroirs des princes" aux éditions Flammarion. Notes de Musique : "Leaving" by Kai Engel (http:kaiengelmusic.wix.com/kaiengel)
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