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EAN : 9782234064126
192 pages
Stock (17/08/2011)
3.32/5   136 notes
Résumé :
2008, Gloucester, États-Unis. Dix-sept jeunes filles d’un même lycée tombent enceintes en même temps. Stupeur dans la ville. La rumeur publique fait état d’un pacte. Les gamines se seraient concertées pour faire et élever leurs enfants ensemble. Qu’en est-il exactement ?
À une journaliste venue enquêter sur l’événement, quatre d’entre elles se racontent.
Il y a Lana, la meneuse, dont le père a disparu un jour, la laissant seule avec une mère devenue ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
3,32

sur 136 notes
Une vingtaine d'adolescentes de quinze ans enceintes en même temps à Gloucester, bizarre, non ? On en compte maximum deux par an dans cette petite ville du Massachusetts. Est-ce l'oeuvre d'un serial ki(ki-en-cha)leur ? Même pas, rien d'accidentel ni de contraint dans ces grossesses, tout a été prévu. Trente participantes, dix-sept toucheront le gros lot : un gros ventre. Et les hommes, dans tout ça ? Leur contribution s'est limitée à quelques gouttes gagnantes. Pour le reste, ces jeunes filles entendent bien se débrouiller : leurs bébés, elles les élèveront ensemble, et sans adultes.
L'événement fait grand bruit, on imagine bien, la presse et les réalisateurs s'en emparent, les gens raffolent de ce genre de faits divers croustillants qui les confortent dans l'idée qu'ils ont une famille formidable, des enfants bien élevés et épanouis, et qu'un truc pareil n'arriverait jamais chez eux.

Témoignages par bribes et en alternance de quatre de ces jeunes filles - dont Lana, la meneuse du groupe. Issues de milieux différents, elles ont quand même beaucoup de points communs : immatures, paumées, mal entourées, et en grand manque affectif. Elles n'ont pas choisi leurs familles bancales, mais elles peuvent choisir leurs ami(e)s. Retour à la case départ, ou plutôt seconde chance : elles vont se créer une famille entre amies – joli mirage adolescent – en faisant des bébés là, tout de suite, maintenant, qu'elles élèveront ensemble. « Quand elle m'a parlé la première fois de tomber enceintes en même temps, j'ai immédiatement dit oui. […] Pas parce que je fais tout comme Lana […] mais parce que c'est le sens qui manquait à ma vie. »

Roman facile à lire, intéressant, qui m'a d'abord paru froid. Mais à mesure que les filles gagnent en confiance auprès de la femme qui les écoute sans les juger, leurs portraits se précisent et leurs confidences sont de plus en plus émouvantes.
Bonne surprise. le genre d'ouvrage que l'on a envie de faire lire à de jeunes adolescents, garçons ou filles.
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En 2008, dans une petite ville du Massachusetts, 17 adolescentes de 15 à 17 ans, tombèrent enceintes. Elles fréquentaient toutes le même lycée et la presse révéla qu'elles avaient fait un « pacte » pour avoir et élever leurs bébés toutes ensembles.
La journaliste Vanessa Schneider s'est inspirée de ce fait divers dans ce roman qui raconte le parcours de 4 de ces jeunes filles.
Lina et Cindy ont connu le placement dans des services sociaux, Sue est la fille d'un couple très religieux et Kylie est le fruit de l'ambition démesurée de sa mère, qui l'a inscrite à des concours de mini-miss depuis toute petite. Toutes les 4 dévoilent la difficulté d'être une adolescente dans des familles éclatées ou trop rigides.
Elles évoquent l'envie de partager quelque chose d'unique sans réaliser du tout les conséquences de leur grossesse. Ces gamines très immatures vont peu à peu comprendre qu'un bébé change non seulement le regard des autres sur elles mais aussi leur vie, la vraie et surtout leur avenir.
Un roman qui se lit très vite, très bien, mais qui nous laisse un peu sur notre faim, les vies de ces filles n'étant que survolées, pas vraiment approfondies.

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Je suis très friande des histoires qui ont, comme dit l'expression, "défrayé" la chronique.

Je me souviens d'être tombée une fois sur un téléfilm qui relatait ces faits, alors quand j'ai su que le roman qui avait inspiré ce téléfilm était proposé dans le cadre du match littéraire PRICEMINISTER, j'ai donc sauté sur l'occasion.



Le lycée de Gloucester se retrouve confronté à un scandale hors norme, 17 jeunes filles se retrouvent enceintes en même temps.

La question qui brûle aux lèvres des habitants de cette petite bourgade , l'ont elles fait exprès? Et si c'est le cas dans quel but, qu'est ce qui a bien pu motiver ces jeunes filles à vouloir un enfant toutes ensemble?

On sent, malgré leurs avis contraire, qu'elles s'ennuient dans leur petite ville, ça les poussent à trouver des occupations pas toute légale et aux moeurs assez douteuses.

Je retrouve une façon d'écrire que j'affectionne tout particulièrement, j'avais découvert cette façon dans le roman Une scandaleuse affaire d'Anita SHREVE, là encore on se sent très proches des protagonistes, on a l'impression d'une vraie interview, j'imaginais les jeunes filles au téléphone et se confiant à la journaliste, c'est une manière très intéressante cette forme de narration, c'est une manière de vivre entièrement l'histoire j'avais l'impression d'assister à l'interview.



Tout au long du roman, la parole est donnée à quatre jeunes filles parmi les 17 enceintes, tour à tour on découvre leur ressenti sur leur grossesse, on découvre leur personnalité, leur craintes et leur peur.

On découvre Lana qui est très clairement la meneuse pour ainsi dire, on découvre que c'est l'instigatrice de ce pacte elle a un très fort caractère, c'est une battante, elle m'a par moment agacé dans sa manière d'être, mais il faut lui reconnaître qu'elle sait mener toute sa petite bande à la baguette et qu'elle n'a pas peur d'affronter les gens, homme ou femme elle rentre dedans peu importe la personne qu'elle a devant elle. On comprend mieux pourquoi elle s'est forgé un tel caractère, sûrement une carapace utile quand on doit s'occuperer de sa propre mère complètement abruti par les cachets et incapable de faire autre chose que de manger et de rester affalée sur le canapé.

Kylie subit les rêves de gloire de sa mère, elles courent toute les deux après le succès, sa mère souhaite voir sa fille devenir une star pour vivre son rêve par procuration. On sent un besoin omniprésent chez Kylie d'être aimée, elle est en recherche constante d'admiration.

Sue qui vit au sein d'une famille très croyante et très pratiquante doit faire face à un père qui recherche absolument l'identité du père de l'enfant, il cherche surtout à s'assurer que le père n'est pas noir ou d'origine étrangère ce serait apparemment pour lui un drame, sans parler du fait que les parents souhaitent élever l'enfant eux mêmes et faire croire que Sue est sa grande soeur.

Cindy est la seule fille à avoir un vrai petit ami dans cette bande et c'est d'ailleurs le père de l'enfant, c'est pour cela qu'elle s'imagine bientôt en famille avec son bébé et son copain, bien que celui ci à certain moment se sentent très paniqué face à cet engagement on peut le comprendre ce jeune va devoir tout quitter, abandonner ses rêves à l'université et devoir travailler dans une usine de la banlieue de Gloucester, mais malgré ses rêves envolés il soutient Cindy et son amour pour elle est vraiment touchant, il assume sa paternité er rejoins bientôt la vision de la jeune fille de se retrouver ensemble dans un petit appartement en famille avec leur bébé, une vie que Cindy se voit davantage vivre de cette manière plutôt que d'élever son enfant entre copine.



La question de savoir pourquoi ce pacte a été organisé reste en suspens tout au long du livre et pour être franche on nous donne pas la réponse nettement, je dirai que celle ci est suggérée et que c'est au lecteur de se faire sa propre réponse.

Mon impression globale c'est que ces jeunes filles ont toutes un point commun, c'est de vouloir se faire remarquer, d'attirer en quelques sorte l'attention sur elle.

J'ai vraiment aimé cette histoire et ce fut une lecture agréable, l'écriture est très fluide et le ton donné est très sobre, on ne nous donne pas forcément l'occasion de s'attacher à ces jeunes filles je pense que c'est pas le but de l'auteur de vouloir qu'on est une quelconque empathie.

Je ne me suis pas attachée à un personnage en particulier mais plutôt à leur ensemble à ce qu'elles essaient de faire de leur vie et ce qu'elles ont malheureusement déjà vécu pour leur jeunes âges, elles donnent en quelque sorte l'impression d'être en détresse affective.

Je suis vraiment satisfaite de ma lecture même s'il est vrai que c'est n'est pas un sujet très gai, c'est tout à fait le genre d'histoire que j'aime découvrir.

5/5

5/5
Lien : http://aupaysdeslivres.over-..
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Elles sont dix sept jeunes filles, issues du même lycée et toutes enceintes en même temps. La rumeur évoque un pacte qu'elles auraient fait pour élever leurs enfants ensemble...
A partir de ce fait divers survenu dans une petite ville des États-Unis en 2008, l'auteure a basé son roman sur le récit entrecroisé de quatre de ces jeunes filles.

Quelle est la part de fiction ou de réalité dans cette histoire ? A vrai dire, j'ai du mal à le déterminer car j'ai trouvé peu d'informations sur ses jeunes filles.

Le livre est court et se lit très facilement (un peu plus de longueur et et de profondeur ne m'aurait pas déplu).
L'alternance entre les points de vue de chaque jeune fille permet d'avancer dans le récit de manière réaliste et assez dynamique.

Elles sont un peu agacantes au début, ces petites inconscientes ! Et puis elles nous racontent leurs parcours de vie, tous chaotiques, et surtout, on les voit évoluer au fil de leur grossesse et mûrir. Et elles finissent par devenir attachantes, leur idéalisme et leur volonté farouche de s'en sortir sont touchants.

Au-delà de cette histoire particulière, le livre a le mérite d'aborder un certain nombre de thèmes propres à l'Amérique d'aujourd'hui: les carences du système de soin, le puritanisme...

A titre personnel, j'aurais aimé que l'histoire soit plus développée, le destin de ces filles un peu plus creusé, même si dans le fond, on se doute malheureusement de la suite...
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Lana a 15 ans (ou presque) et dit avoir déjà pas mal vécu. C'est notre premier contact et elle va nous mettre tout de suite dans le grand bain. Elle se sent plus âgée, peut-être plus mûre que d'autres jeunes filles. Elle est directe et ne mâche pas ses mots, elle joue la dure comme elle se définit elle-même. Elle n'a pas eu vraiment d'autres options.
C'est avec elle que l'on donc débute la lecture de ce roman. Elle qui ne s'adresse pas vraiment à nous les lecteurs, mais à la journaliste qui est venue la rencontrer, ainsi que les autres lycéennes tombées enceintes au même moment.
Une sacrée affaire ! Pensez donc, 17 jeunes filles d'un coup dans une bourgade où rien ne se passe d'ordinaire.

On poursuit avec Sue. Radicalement différente comme une fille. Presque tout le contraire de Lana.
Chaque chapitre est dédié à une de ces adolescentes qui accepte de parler et on en comptera quatre sur les dix-sept qui poursuivent une grossesse alors. Un découpage simple, mais nous permet de bien suivre l'évolution, qui dit quoi. On ne se perd pas.

Cindy prend ensuite la parole. Encore une autre façon de s'exprimer, de penser, de voir cette aventure car oui, c'en est une et avant toute chose : humaine.
On découvre peu à peu la communauté qui entoure ces jeunes filles. La religion est importante. Elle l'est toujours assez aux USA, mais plus dans certains états que d'autres. Elle modèle les âmes, mais pas seulement.
Tout le monde se connait et a des opinions sur les autres. Voilà typiquement un climat d'ambiance que je détesterai (pour avoir déjà connu cela à plusieurs reprises. Les petites villes, c'est la plaie côté commérages). Et puis que dire des histoires familiales de ces ados qui ont encore un pied dans l'enfance, mais l'autre dans le monde sans pitié des adultes ? Brrrr c'est pas le pays des Bisounours.

Vient le tour de Kylie.
Niveau culturel, on reste un peu au ras des pâquerettes, mais bon, ce sont des gosses quoi. La maturité n'a pas frappé à toutes les portes non plus, enfin ce n'est que mon avis (et il changera au fil des pages), mais je ne suis pas là pour les juger ces jeunes filles. Je suis là à les écouter comme la personne qui recueille leurs propos, pour savoir, pour comprendre peut-être.
Et puis, et puis… le temps va passer et les choses vont évoluer tout comme ces jeunes filles qui vont se poser mille et une questions. Elles vont se livrer, vivre leur grossesse ensemble, mais aussi individuellement. Il y aura des mutations, des changement et tout ne sera pas dû aux hormones. Les chrysalides vont se fissurer…
Ce livre est bien un roman car des éléments ont été modifiés, arrangés, changés. La fiction est présente dans un tableau réel. Où est le vrai, le faux ? Un peu ici, un peu là et encore là. Est-ce si important ? Oui et non. Tout est sujet à interprétation et l'essentiel est bien présent. le reste n'est qu'enrobage et autres fioritures.

Les faits sont durs. On nage dans des eaux plus ou moins troubles, la réalité sociale aux Etats-Unis, on se la prend en pleine figure. Certes, ce livre n'est pas un portrait sociologique de toute l'Amérique, mais quand même, il y a des éléments qui font frémir, qui ne me plaisent guère, qui me révoltent même. Cela me fait également penser que ce n'est peut-être pas plus reluisant en bas de chez moi. et je dis cela en connaissance de cause puisque mon mari est proviseur d'une cité scolaire. Il ne faut pas croire, dans le milieu scolaire, on en voit des choses et qui ne sont pas toutes directement lié avec l'éducation…

L'écriture donne l'impression que l'on regarde un documentaire avec essentiellement (exclusivement) des interviews montées les unes à la suite des autres et qui ainsi nous livre toute ou presque l'histoire. C'est très télévisuel, c'est troublant, c'est parlant et touchant.
Le dénouement, du moins la fin de cet ouvrage m'a laissé sans voix. Je m'y attendais un peu, mais non, je ne voulais pas y croire. Je l'avais sentie depuis l'intérieur, je le vivais presque en même temps que Lana. J'avais envie de la bouger, de la prévenir, mais c'était impossible.

Cet ouvrage de 190 pages, je l'ai lu d'une traite. Je n'ai pas pu m'arrêter, je ne voulais à aucun moment couper la parole à ces jeunes adolescentes presque mère qui avaient tant à dire au fond, même dans ce qu'elles ne nous livraient pas. Parfois, ce sont les silences les plus éloquents !
On ne ressort pas tout à fait indemne de cette lecture. Je n'ai pas pu dormir après avoir reposer le bouquin terminé sur ma table de chevet. Cela tournait dans ma tête. J'avais une foule de sentiments qui m'assaillaient, j'étais bouleversée et le terme n'est pas trop fort. Je ne pleurais pas, mais pas loin.
J'ai forcément repenser à ce que je voulais, souhaitais à leur âge même si forcément les époques étaient quelques peu différentes (je ne suis pas une mammite, je n'ai que 36 ans, mais quand même et puis, je suis française et elles américaines. Qu'on le veuille ou non, même avec la mondialisation, il y a une différence de culture indéniable.). Il est clair qu'à 15/16 ans, je ne pensais pas vraiment trop à avoir des enfants. Je voyais cela pour plus tard et une grossesse aurait été la pire des catastrophe pour moi à cet âge. J'avais une amie qui en parlait et elle se sentait prête. Moi, pas du tout.
Ensuite, j'ai repensé à mes grossesses, mes filles, ce bébé qui n'est pas venu au monde et tant d'autres choses encore. Pour le coup, c'est une lecture qui m'a bousculé et pas que dans mon côté hormonal !
C'est un coup de coeur, même si j'ai du mal à le définir ainsi. C'est plus viscéral…
Voilà un livre qui bouscule sous dans airs de presque pas y toucher.
Lien : http://espace-temps-libre.bl..
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critiques presse (1)
LeFigaro
02 septembre 2011
Dans Le Pacte des vierges de Vanessa Schneider, dix-sept adolescentes tombent enceintes simultanément : un roman tiré d'une histoire vraie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
[Ma mère] passe dix heures par jour devant la télé à boire des sodas et à manger des beignets. Avec tous les médocs qu'elle s'enfile depuis des années, elle a perdu son regard, elle n'écoute plus quand on lui parle. Elle ne dit rien non plus d'ailleurs. Elle est devenue silencieuse. De temps en temps, elle m'attire à elle sur le lit et elle me serre très fort dans ses bras en me demandant pardon. Ça me bouleverse quand elle fait ça. J'ai envie de chialer moi aussi, mais je me retiens car c'est déjà suffisamment angoissant et puis je n'ai pas envie qu'elle sache que ça me rend horriblement triste de la voir comme ça [...]. (p. 88-89)
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Lorsque mon père s'est retrouvé à son tour au chômage, ça a empiré. Plus il gueulait quand il était ivre, plus elle se taisait, avalait ses pilules et s'abrutissait devant la télé. C'est pour ça que je déteste la télé, et Kylie, elle m'énerve à parler tout le temps de ce qui se passe à la télé et de tous les programme bidon qu'elle se tape avec sa mère. Tout ça pour dire qu'au moins, je ne suis pas embêtée avec maman. Je lui ai installé un grand écran dans sa chambre, comme ça je n'ai plus besoin de la voir.
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J'étais assise sur la canapé du salon en train de lire un magazine, lorsque [mon père] est arrivé et a éteint la télé. Quand il fait ça, c'est qu'il y a quelque chose de super important dans l'air parce que chez nous, on n'éteint quasiment jamais la télé sauf pour dormir, et encore, ça arrive qu'on oublie et qu'on la laisse allumée. (p. 73)
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Maman dit toujours qu'il faut être respectueux avec les gens qui viennent d'ailleurs, même avec les Noirs. Je me suis toujours demandé ce que les Noirs pouvaient bien venir foutre là-dedans puisqu'ils sont chez eux quand même, mais avec maman, quand on ne comprend pas quelque chose, il vaut mieux laisser tomber sinon elle se lance dans de grandes explications et après c'est pire.
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Je suis désolée que la mère de Lana ne vous ait pas laisée assister à l'enterrement. Je sais, c'est pas cool, mais bon elle a sont lot de problèmes et perdre Lana, ça lui a fait un sacré choc. Quand je suis arrivée à l'hôpital, elle était déjà morte... J4ai du mal à en reparler, c'est trop dur ce qu'on a vécu à ce moment-là. Au moins, il paraît qu'elle ne s'est pas sentie partir. C'est ce qu'ont dit les médecins, peut-être pour qu'on arrête de pleurer. Elle souffrait tellement qu'ils l'avaient anesthésiée pour sortir le bébé. Ils espéraient le sauver, mais c'était trop tard. Hémorragie généralisée, ils ont dit. Quand je me suis pointée à l'hosto dès que vous m'avez prévenue, c'était déjà fini pour Lana comme pour la petite. Vous étiez au courant qu'elle aussi devait avoir une fille ? C'est dingue non ? Sur les dix-sept, on est les seules à avoir attendu des filles. Les autres ont toutes accouché de garçons. Vous savez à quoi j'ai pensé quand j'ai vu Lana morte sur son lit d'hôpital, je me suis dit : "Pourquoi ça lui arrive à elle ?" Bon, je, sais, c'est dégueulasse, mais j'aurais préféré que ça tourne mal pour une autre. Sue ou une des filles que vous ne connaissez pas et dont je me sentais moins proche. Pas Lana. Elle était comme ma sœur. Pendant tout le temps de la grossesse, jamais on a imaginé que ça pourrait mal se finir pour l'une d'entre nous. Ça ne nous a même pas traversé l'esprit. C'est stupide, non ? Et Lana qui était si forte, qui ne se plaignait jamais, il ne pouvait pas lui arriver un truc pareil. C'est IN-JUSTE comme dirait Sue. C'est ce que je me répète tous les jours : c'est IN-JUSTE. Vous comprenez, putain, vous l'avez bien connue vous. Je sais que vous l'appréciiez malgré son caractère de cochon. Je l'ai toujours senti : quand vous parliez d'elle, ce n'était pas de la même façon que des autres.
Il n'y a pas une journée où je ne pense pas à Lana. Je me souviens parfois de moments gais qu'on a eus toutes ensemble à la caravane ou ailleurs, chez moi, quand elle venait se blottir dans mon lit. Mais, le plus souvent, c'est cette image terrible de son visage si pâle, comme vidé de son sang, qui me hante. Lana morte ne ressemblait pas à Lana. C'est une fille qui n'était pas faite pour être morte.
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On a appris ce matin la mort de maître Georges Kiejman, grand ténor du barreau de Paris qui a traversé un demi-siècle de notre histoire contemporaine. On en parle avec Vanessa Schneider avec qui il avait publié “L'Homme qui voulait être aimé” aux éditions Grasset.
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